Spindrift en stand-by, mais aucune fenêtre en vue

Spindrift Racing
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A moins de 200 milles de New York et du phare d’Ambrose qui pointe la ligne de départ du record, l’écrin nautique de Rhode Island est une étape agréable qui permet aussi une préparation technique dans d’excellentes conditions. «Ce début de stand-by représente un moment très important pour l’équipe qui a beaucoup anticipé et préparé cette échéance,» explique Dona Bertarelli. «Le record de l’Atlantique Nord a atteint un tel niveau d’exigence qu’il nous pousse à l’excellence technique et sportive tout en gardant cette part d’incertitude météo qui peut devenir stressante, voire frustrante. Les équipiers rentreront chez eux en attendant le départ afin de rester les plus libérés possibles tandis que Yann, Erwan Israël (navigateur) et Richard Silvani (météorologue) ont la lourde responsabilité de choisir le meilleur moment pour larguer les amarres. »


Avant même de quitter sa base française lundi dernier, l’équipage voulait emprunter une route Sud pour aller chercher des vents portants afin de s’approcher des conditions de record et tester la nouvelle configuration du bateau, notamment le gréement modifié. «Nous avons fait le bon choix en partant au Sud,» confirme le skipper Yann Guichard. «Nous avons dû descendre presque à raser les Canaries avant de faire de l’Ouest mais cela valait le coup. Nous avons pu enregistrer des données intéressantes dans les angles et les forces de vent que nous souhaitions. Sur la remontée vers Newport, nous avons aussi enroulé une dépression très creuse par le Nord avec 35 à 40 nœuds de vent moyens, associés à cinq mètres de creux très désordonnés. Le bateau reste violent, c’est sûr, mais il a négocié ces conditions beaucoup plus en souplesse qu’auparavant et réalisé de meilleures vitesses moyennes, ce qui est vraiment très encourageant. Nous allons vérifier la structure mais Spindrift 2 semble en parfait état. S’il le fallait, on pourrait presque partir dans la foulée !»
 


Des icebergs sur la route


La mécanique de la veille météo se met en place. L’équipe fait tourner les logiciels de simulation de trajectoire pour voir si une traversée sous les 3 jours 15 heures est envisageable. Comme l’annonçait déjà il y a quelques jours le skipper Armel Le Cléac’h, en stand-by à New York actuellement mais pour le record en solitaire, les glaces dérivent encore très Sud à l’heure actuelle, conséquence d’un hiver particulièrement rude. «Nous prenons ce paramètre très au sérieux,» ajoute Yann Guichard. «Le record en solitaire peut encore tolérer une route un peu Sud comme l’avait d’ailleurs fait Francis Joyon, l’actuel détenteur. Mais en équipage, ça se joue au Nord sur l’orthodromie (la route la plus directe) là où sont les glaces en ce moment. L’eau se réchauffe et cela s’arrange de jour en jour mais, pour l’heure, il n’y a aucune fenêtre de départ possible dans les 10 jours à venir.»