Transat Jacques Vabre. Démâtage de Bureau Vallée 3, la flotte à l’arrêt

Jean Marie Liot

Bureau Vallée 3 a démâté après 10h de course. L’IMOCA skippé par Louis Burton et Davy Beaudart était 2e de la course. L’équipage est sain et sauf et devrait se diriger vers St-Malo son port d’attache. Le reste de la flotte est à l’arrêt et se regroupe, englué dans peu de vent et un fort courant de Ouessant à Cherbourg.

Depuis le milieu de nuit, tous les bateaux tamponnent dans une cellule anticyclonique et ne touchent donc plus de vent. En plus de cela, ils doivent faire face à de forts courants de face qui les forcent même à faire marche arrière. Deux stratégies sont en train de se dessiner. D’un côté, Banque Populaire XI, qui essaye de passer à l’intérieur de la mer d’Iroise, au plus près de la pointe Finistère, tandis que les quatre autres optionnent vers le Nord. Joint ce matin à la vacation, Franck Cammas (Maxi Edmond de Rothschild), nous racontait la situation. “Depuis le milieu de la nuit, nous sommes arrêtés face au courant, nous avons même commencé à reculer donc nous avons décidé de faire marche arrière. Nous allons tenter de passer par le nord de Ouessant, mais pour l’instant nous n’arrivons pas à progresser.” La situation devrait s’améliorer dans les prochaines heures ce qui leur permettra de se dégager de cette zone. 

Côté Ocean Fifty aussi arrivent sur cette pointe Bretagne au ralenti. Sébastien Rogues et Matthieu Souben ont pris les devants, mais ne comptent que un petit mille d’avance sur leurs premiers concurrents. Les sept multicoques de cinquante pieds sont bien groupés et aucun jeu n’est encore joué sur ce passage stratégique puisque les fichiers météo restent encore incertain. “Une petite heure qu’on tourne en rond et depuis on a attrapé du vent. On ne sait pas si on va pouvoir s’en extirper rapidement, les fichiers météo sont incertains et on est encore en pleine hésitation.” Expliquait Quentin Vlamynck à la vacation ce matin. Il va falloir être dessus ! 

Encore un bon coup de l’Imoca Apivia. Parti du Havre avec l’étiquette de favoris, le monocoque a réussi à s’extirper de ses chasseurs au passage du Cotentin et compte désormais une avance de 13 milles. Derrière Charlie (Dalin) et Paul (Meilhat), la bataille est rude : 11th Hour Racing Team – Mālama, LinkedOut, Charal, Corum L’Epargne et 11th Hour Racing Team – Alaka’i tricotent bord à bord dans moins de 4 milles, avec leur autres concurrents à leurs troussent. Chacun peine à avancer dans dans cette zone sans vent critique. Une fois le courant inversé, ils devraient tous retrouver de belles vitesses de progression.

La flotte de Class40 s’est dispersée entre les îles Anglo-Normandes au gré des options stratégiques choisies. Amélie Grassi (Le Boulangère Bio) racontait la nuit dernière. “Pour l’instant ce n’est pas très course au large. Nous tricotons dans les cailloux et voyons toutes les lumières des mâts de nos concurrents . Je peux vous dire qu’ici personne ne doit beaucoup dormir car nous voyons les frontales sur les ponts des bateaux en permanence !” Les prochaines heures seront difficiles pour les Class40 qui toucheront à leur tour très peu de vent et des courants forts. L’heure est donc au repos pour garder des forces pour la bataille annoncée en baie de Morlaix !