Transat Jacques Vabre. Clément Giraud et Erik Nigon, le feu sacré

Banque image en vue de la Transat Jacques Vabre 2021

Clément Giraud aura donné une belle leçon de ténacité au Havre. Depuis l’incendie de son bateau qui le cloua dans le bassin normand il y a tout juste deux ans, l’eau a coulé sous les ponts, pas suffisamment pour éteindre le feu sacré avec Eric Nigon qu’ils ont su entretenir et faire grandir. Une incroyable aventure…

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Le 21 octobre 2019, dans le bassin Paul Vatine, en début de nuit, une épaisse fumée s’échappe du monocoque IMOCA de Clément Giraud. Le skipper et son équipe, arrivés sur place avec les pompiers, ne pourront que constater l’impensable… Le bateau, très endommagé, ne prendra pas le départ. « Cela aurait pu arriver à d’autres. C’est tombé sur nous. Une pile au lithium défectueuse. La faute à personne. La faute à pas de chance », se rappelle Clément. Son sponsor prend la fuite illico. Son projet de Vendée Globe part en fumée…

Clément brûle de revenir au Havre

Le skipper toulonnais met sa main au feu qu’il sera là dans deux ans, et mieux encore, qu’il aura alors bouclé ce Vendée Globe dont il rêve. Sans bateau… Sans sponsor… Le serment aurait pu ne pas faire long feu…
A cet instant, Erik Nigon, qui a déjà 10 transats à son palmarès et un bateau pour le Vendée Globe, s’émeut et propose à Clément, qu’il connait à peine, de lui prêter son 60 pieds pour la mythique course vendéenne. Bingo ! L’équipe de Clément fait feu de tout bois, active ses réseaux, frappe à toutes les portes, enquille des journées à rallonge. La suite… on la connait. La Compagnie du Lit, Jiliti et beaucoup d’autres feront le tour du monde avec Clément et l’achèveront en 99 jours. Clément brûle alors de revenir au Havre.

« On pète le feu ! »

Aujourd’hui, Erik et Clément sont associés sur la Transat Jacques Vabre, à bord de La Compagnie du Lit / Jiliti, un bateau ultra prêt, éprouvé. Entre le skipper et le propriétaire, une belle histoire est née. On ne va pas parler de coup de foudre… mais quand même ! « Ces deux années intenses sont d’abord une histoire d’amitié et pour moi, ce n’est pas anodin de revenir au Havre que j’avais quitté en échec et totalement impuissant ; j’y reviens avec une certaine fierté du chemin parcouru. Aujourd’hui, on pète le feu ! Avec Erik on a 20 ans d’écart mais on s’est trouvé. On ne parle pas que bateau. On parle de la vie. Il a beaucoup de sagesse. »

« On va se lâcher ! Tout feu, tout flamme ! »

Même son de cloche du côté d’Erik : « Je suis très serein. Le bateau est prêt. Nous sommes dans un niveau de détails très fins. Quelles que soient les conditions, on a un bateau pour le gros temps donc pas de stress. Partir avec Clément, c’est rassurant. On va se lâcher ! Tout feu, tout flamme ! »
Erik disputera sa 11ème transat en course et sa troisième Transat Jacques Vabre : « Je suis déjà allé à Itajai et Salvador de Bahia (Brésil), je suis ravi d’aller en Martinique sur un parcours que je trouve très équilibré et sur lequel on aura deux tiers de soleil. La remontée depuis l’archipel Fernando de Noronha jusqu’à Fort-de-France devrait nous offrir de belles glissades. On va se régaler. Dans nos derniers entrainements, on a bien tiré sur le bateau et même fait quelques cabrioles. Tous les feux sont donc au vert. »