Mini-Transat. Trouver le bon compromis

Cette deuxième étape s’annonce assez longue sans surf endiablé. Comme depuis 36 heures déjà, la flotte de la 23e Mini Transat EuroChef – exception faite de trois concurrents qui privilégient une trajectoire au plus près de l’orthodromie – poursuit sa route en « escalier » pour à la fois gagner vers le sud afin de toucher davantage de pression, puis se recaler dans l’ouest pour ne pas trop rallonger la route.

Chacun tente de trouver le meilleur compromis et de se positionner au mieux en vue d’une longue bande de calmes qui s’étend largement au beau milieu de la route des Antilles. L’enjeu, pour les solitaires, va être d’éviter au mieux cette zone de molle qui descend jusqu’au 20° Nord et de viser un couloir de vent juste en dessous. Cela signifie que ce n’est qu’à partir de demain soir que les uns et les autres vont commencer à infléchir franchement leur route à l’ouest.

Le jeu est ouvert en grand pour les 84 solitaires toujours en lice dans la Mini Transat EuroChef, en témoignent les écarts au sein de la flotte, à la fois en nord-sud et en est-ouest, qui se sont accentués depuis hier et qui vont continuer de le faire lors des prochains jours. En cause : une petite dépression stationnaire plantée au milieu de l’Atlantique avec, dans son sud une bande de calmes qui s’étire sur plus de 100 milles. Pour l’éviter, les marins ne vont avoir d’autres choix que de la contourner, ce qui va les obliger à descendre au moins jusqu’au 20° parallèle Nord, soit à environ 150 milles au nord de la latitude de l’archipel du Cap Vert. Dès lors, ils vont pouvoir commencer à pousser dans l’ouest et ainsi se rapprocher plus franchement des Antilles. En attendant, ils tentent de trouver le meilleur compromis pour gagner vers le sud tout en grappillant doucement du terrain dans la bonne direction, et le fait est que le bon équilibre n’est pas simple à trouver. Dans l’immédiat, les concurrents les plus au sud bénéficient d’un léger avantage en vitesse mais globalement, à tous les étages de la flotte, ça cavale bon train, entre 7,5 et 11,5 nœuds de moyenne.

Plus de pression au sud

Chez les Proto, François Champion (950 – Porsche Taycan) pointe en tête grâce à un positionnement plus à l’ouest que ses adversaires directs qui lui donne logiquement l’avantage au classement, ce dernier étant établi par rapport à la distance au but. Il est cependant trois nœuds moins rapide que la petite bande composée de Tanguy Bouroullec (969 – Tollec MP/Pogo), Sébastien Pebelier (787 – Décosail), Fabio Muzzolini (945 – Tartine sans Beurre) et Pierre Le Roy (1019 – TeamWork) qui navigue à vue, 70 milles plus au sud, et affiche des vitesses à deux chiffres. Les différentiels sont, il est vrai, moins flagrants chez les bateaux de Série, catégorie dans laquelle Cécile Andrieu (893 – Groupe Adré) a chipé la première place à Brieuc Lebec (914 – Velodrade) à la mi-journée, ce lundi. La navigatrice crapahute à 8,3 nœuds de moyenne, c’est-à-dire exactement à la même vitesse que ses rivaux 100 milles plus au sud, Loïc Blin (871 – Technique Voile – Les Entrepreneurs du Golfe, Giovanni Mengucci (1000 – Alpha Lyre), Giammarco Sardi (992 – Antistene), Miguel Rondon (1006 – Kristina II) ou Valentin Foucher (990 – Mini Chorus – CARE BTP).

Le pari d’un trou de souris au nord

Alors à qui l’avantage ? La question devrait trouver sa réponse d’ici 24 ou 36 heures. Il va falloir, en revanche, être un peu plus patient pour savoir qui des « sudistes » ou qui des partisans de la route directe vont marquer le plus de points. Dans l’immédiat, proche de l’orthodromie, l’Australien Christiaan Durrant (1015 – Little Rippa) mais aussi Victor Eonnet (525 – Fondation Arthritis – Amiens Naturellement) et Antoine Bos (825 – Rhino), sont un peu moins rapides que le reste du peloton mais ils continent d’avancer à plus de 5 nœuds de moyenne. Le but, pour eux, est d’engranger maintenant le plus de milles possibles car d’ici quatre ou cinq jours, ils vont imparablement butter dans les calmes. L’enjeu, pour eux, sera alors de réussir à trouver un trou de souris dans lequel se faufiler sans trop s’arrêter et ainsi, peut-être, toucher les bénéfices d’une trajectoire nettement plus tendue.