Après 11 jours 1 heure 15 minutes et 9 secondes de course à la vitesse moyenne théorique de 16.36 nœuds, Yvan Bourgnon et Jacques Vincent sur Brossard ont coupé la ligne d’arrivée de la Transat Jacques Vabre à 14 heures 17 minutes et 9 secondes (heure française) soit 10 heures 17 minutes et 9 secondes, heure locale ce jeudi 15 novembre.
Cheminées Poujoulat prend la tête de la flotte Imoca
Joli tableau de deux marins tout à l’heure sur le ponton. Drôles, vifs d’esprit et en pleine forme. Evidemment déçus de cette quatrième place mais extrêmement ravis d’en avoir terminé sans grosse casse. Un foil bâbord qu’il a fallu bricoler « et que qu’on a failli perdre dix fois et un gennaker en mauvais état », constatait Yvan Bourgon. Sinon quoi d’autre à déplorer, mis à part cette quatrième place sur laquelle Yvan Bourgnon est longuement revenu ? « C’est ça joué à peu. A la sortie de Manche on avait 50 milles de retard. On cravaché pour refaire notre retard. A Gibraltar on était quatre bateaux alignés. Malheureusement notre décalage Ouest par rapport à Gitana 11 à ce moment là, allez! pas plus de 30 milles en latéral, donne au bout du compte 500 milles dans la gueule à l’arrivée. ».
Les gars de Brossard on raconté un joli planté au Cap Finisterre. « Un seul », souriait Jacques Vincent, le visage mangé par la barbe, "mais il avait vraiment de la mer." Yvan est revenu sur la course de Groupama 2 et sa faculté « à fermer la porte », comme il l’avait déjà dit dans une vacation : « Groupama est passé au Canaries, pas nous. Ca c’est joué à une poignée d’heures. Tous nos passages ont été en retard : Madère, les Canaries, le Cap Vert. En plus le Pot au Noir, on l’a passé à 13 nœuds de moyenne. Donc aucune chance de revenir dans le match pour nous! Pour le moral ça été parfois un peu dur mais on s’est accroché. On n’a jamais lâché ». Jacques opinait du chef en se marrant. Ils sont ensuite revenus sur leur entente qui, à les écouter, fut parfaite : « Il a réussi à me supporter pendant 11 jours ; pour ça Jacques est un mec exceptionnel », a dit Yvan.
Et Jacques, qu’est qu’il a dit ? Il s’est marré encore une fois. Sûrement pour ça qu’il est qualifié de meilleur équipier du monde : ultra compétent, bosseur infatigable et toujours d’une humeur joyeuse. L’arrivée des deux hommes fut un peu triste toutefois parce qu’elle marque la fin du partenariat de Brossard. Pas d’amertume, mais une réflexion, qui en dit long, faite par Jacques Vincent : "Au Havre il y avait quinze personnes qui bossaient sur le bateau et là il n’y en a plus que deux : nous. »
Yvan a tenu toutefois à remercier son sponsor « pour ces trois ans de partenariat. Je vais repartir sur d’autres aventures : la Québec Saint-Malo, le record de l’Atlantique en solitaire ». Yvan a avoué qu’il avait le projet de s’attaquer « au tour du monde à l’envers en multi » Ce qui n’a jamais été fait. A cette nouvelle, sortie sur le ton de la conversation, Jacques Vincent, pas le genre de mec à se laisse démonter, a sifflé : « Tudieu ! ».
Imoca : Cheminées Poujoulat passe devant
Le triangle isocèle du Pot au Noir n’est plus qu’une boule qui déplace et qui joue des tours de cochon à la flotte. La tête de la flotte n’a plus de vent. Ecover III avait empanné ce matin pour se recaler sur la route directe. Gitana Eighty, qui à l’instar de son aîné Gitana 11 qui avait coupé le fromage du Pot au Noir, se trouve collé sur le papier tue-mouche. Sale coup ( 2 noeuds ce matin et 5, 4 ce soir). Chemininées Poujoulat ( Stamm-Cariou) a pris le commandement à 16 heures. Le vent revient dans l’Ouest. Bon pour les gars de VM Matériaux ? Faut voir car ensuite la route se fait au près. Dans tous les cas cette course est exaltante pour les suiveurs. Pour les équipages c’est une autre paire de manches car les hommes sont vraiment à la peine.
Multi 50 pieds : Crêpes Whaou ! passe en boucle son grand tube
C’est un peu toujours la même litanie. Crêpes Whaou, à présent dans le Pot au Noir, mène deux flottes, la sienne et celle des Imoca, Laiterie de Saint-Malo s’accroche, mais à 225 milles, Croisières A Caseneuve suit, quoiqu’un peu distancée aujourd’hui, elle est 220 milles de Laiterie de Saint-Malo, Nim Intérim Management joue au chat et à la souris avec Négocéane et d’ailleurs est passé devant les Langevin cette nuit. Enfin, le couteau Suisse, Victorinox fait un peu cavalier seul, parce qu’il a peu à craindre de DZ Energie.com et que Négocéane a trop d’avance sur lui (plus de 150 milles).
Class40 : Telecom Italia, toujours souverain
Les Class40 poursuivent leur descente vers l’archipel du Cap Vert dans l’alizé, toujours de secteur nord-est, qui se renforce peu à peu. La course de vitesse continue : chacun des 30 duos se concentre sur les réglages et enchaîne régulièrement les empannages. "Telecom italia" reste le maître à ce jeu, toujours en phase avec les petites variations de vent.
Ligne d’arrivée à portée d’étraves pour les 60′ Orma
186 milles à avaler et l’affaire sera bouclée pour Groupama 2 (Cammas/Ravussin), attendu comme prévu en milieu de journée. Les cinq arrivées vont se succéder en moins de 48 heures, avec pour unique suspense de savoir qui va boucler la marche. Avantage Brossard, mais les « petits jeunes » de Sopra Group n’ont pas dit leur denier mot…
Hier soir, lors d’une émission radio, Marc Guillemot (Safran) a révélé que son grand spi avait rendu l’âme depuis deux jours. Dans l’impossibilité de suivre la même trajectoire qu’Ecover III (Golding/Dubois), Safran s’est donc déporté vers la droite du plan d’eau, jusqu’à passer hier entre les îles du Cap Vert. Une stratégie adaptée par cette nouvelle donne, ce qui change également la « donne ». « C’est uniquement pour cela qu’on a quitté notre trajectoire initiale, explique dans une vacation trop tôt coupée Marc Guillemot. Ceci expliquant cela, le recul au classement du monocoque gris est net : 81 milles, contre une poignée deux jours plutôt. « J’ai appris la nouvelle, commente Loïck Peyron (Gitana Eighty), deuxième ce matin derrière Ecover III (Golding/Dubois). C’est bien triste pour Marco car nous sommes toujours sous spi, pendant au moins 24 heures. Mais on devrait être embêtés par le Pot au Noir dès ce soir ». Si devant cela les premiers se battent comme des diables, derrière le niveau de jeu est aussi élevé, comme le prouve la très belle course de Roxy (Davies/Grégoire) qui glisse actuellement au milieu de l’archipel du Cap Vert. « La nuit est magnifique mais on ne voit pas les îles. On a juste senti à un moment les senteurs de la terre. Sinon, il y a du vent, c’est nickel. Je n’en dirai pas plus. Là je suis à l’intérieur et je guette le moment où l’on va empanner, raconte Jeanne Grégoire. D’après cette dernière, toute la flotte devrait descendre « vite fait bien fait » vers le Pot au Noir et, toujours selon son analyse, ce dernier ne serait pas si « méchant » que cela.
« Prompto ? Tu peux me rappeler dans deux minutes », demande Giovanni Soldini (Télécom Italia). Comme d’habitude, cela manœuvre ferme sur les voiliers de la Class40 qui enchaînent les empannages pour descendre dans l’alizé du Nord-Est. Une navigation douce, agréable mais également exigeante. « C’est super, il y a de vraies conditions, on arrive à bien bouger. Je marche à 9 nœuds, la vie est belle, la température est fantastique. Moi, j’aime bien le chaud». Quant aux français qui courent après le duo italien depuis le départ, « qu’ils y restent, mais je comprends que cela les énerve ». Bien évidemment, tout ce joli monde regarde comment ils vont passer l’archipel, comment ils vont se positionner face à l’entrée du Pot au Noir. En bateau à voile, les coups se jouent longtemps à l’avance. Ce qui n’empêche pas une vraie incertitude, comme la date possible de l’arrivée des 40 pieds à Bahia. « Au pif, je dirai 10 jours, peut-être 12, peut-être 8, cela va dépendre ». L’éclat de rire de Giovanni signifie à lui seul le bonheur d’être en mer. Ce qui est plus que parfait.
Groupama 2 remporte cette 8e édition
Après 10 jours 0 heure 38 minutes et 43 secondes de course à la vitesse moyenne théorique de 18,03 nœuds, Franck Cammas et Stève Ravussin sur Groupama 2 ont coupé la ligne d’arrivée de la Transat Jacques Vabre à 13 heures 40 minutes et 43 secondes (heure française) soit 9 heures 40 minutes et 43 secondes, heure locale ce mercredi 14 novembre. C’est la troisième victoire pour Franck Cammas en cinq participations à la Transat Jacques Vabre. Record battu de 1 jour 22 heures 31 minutes et 58 secondes (ancien record en 2003 : 11 jours 23 heures 10 minutes et 41 secondes).
Groupama enfin à terre… les autres, encore en mer
Gitana 11 attendu en fin de journée et Banque Populaire dans la nuit. Brossard en fin de matinée demain jeudi, heure locale (4 heures de décalage). Et Sopra ? En fin de journée jeudi. Côté Imoca, Ecover III est toujours devant. Les bateaux les plus à l’Ouest (VM matériaux ou Safran par exemple) devraient avoir moins de vent arrière ces prochaines heures. Il va falloir slalomer entre les nuages pour toute flotte. Alors ? Ben, plus on ressort Est plus le vent sera favorable pour le sprint final. Mais la route est encore longue : 1600 milles jusqu’au but et 500 milles pour franchir l’Equateur. Ecover, Bel, Gitana Eighty descendent Sud mais faudra bien se recaler sur la route. Ceux de l’Ouest ont moins de route à faire. L’Equateur ? Allez, à la louche, dans 50 heures. Rien de neuf chez les Multis 50 pieds. Crêpes Whaou ! commence à ressentir les effets du Pot-au-Noir, super épais. Enfin côté Classe40, maîtrise des Italiens de Telecom Italia en tête et qui font route vers le Cap Vert.
Franck Cammas a pris la parole pour raconter les dernières heures de mer : « C’était vraiment pas simple de gérer cette avance de 300 milles alors que tu sais que le mât peut te tomber dessus. C’est quand même un sport mécanique… On ne sait pas s’il fallait continuer à attaquer ou pas. On leur a laissé finalement 150 milles (rires) ».
Puis le skipper est revenu sur les passages clés de la course : « L’avance s’est construite à l’entrée des Canaries et en sortie du Cap Vert. Banque Populaire est alors trop parti dans l’Est, option qui n’a a pas été trop payante pour eux. Dans la nuit, vers le Cap Vert, on alors vachement empanné et les trois derniers jours on a passé notre temps à gérer les grains. »
Stève poursuit de son côté en racontant que cette traversée s’est faite sous le signe de la prudence : « Le passage du Pot-au-Noir avait un côté traversée du Golfe de Gascogne. Mais le bateau était super préparé, c’est un bateau validé, fiable, solide. Dans le Pot au Noir on a été 3 ris-trinquette, c’est dire…. » Franck est revenu rapidement sur le comportement de Groupama 2 qui a peut-être disputé sa dernière course puisqu’un circuit de trimarans 70 pieds monotypes devrait voir le jour l’an prochain : « Dans le dernier sprint on n’aurait pas été avantagé mais Groupama 2 est un bateau qui marche bien aux allures intermédiaires. Puis on s’aperçoit aussi que les arrêts ne sont pas rédhibitoires que ça puisque Gitana (11) n’a finalement pas tellement perdu avec leur arrêt, au bon moment et au bon endroit. Puis, faut être clair, quand on a de l’avance comme ça on prend de toutes les façons moins de risques » a expliqué le recordman de victoires sur cette Jacques Vabre (3). Chacun des marins a voulu y voir une revanche sur le sort. Stève avait chaviré dans l’édition du Rhum 2002 et tous les deux dans la 7ème édition de la Jacques Vabre (2005). Dès lors il était assez naturel de parler « de revanche. C’est vraiment un super moment pour nous deux », ont-ils poursuivi et de conclure : « On gagné en vitesse parce qu’on a eu du portant dès le début et que le bateau, sous gennaker, c’est deux à trois noeuds plus vite. Puis faut dire que nous tous progressé dans la façon de les faire avancer ».
IMOCA : Ecover III devant. L’Equateur dans 50 heures ?
La zone de converge tropicale offre, comme toujours, la même problématique aux équipages. Plus on se positionne sur une longitude Est, plus le vent est théoriquement faible mais cette position offre une meilleure sortie par rapport à l’alizé du sud-est, avec un angle « plus ouvert » pour rejoindre Salvador de Bahia. Ces quelques centimètres de mou dans les écoutes se traduisent facilement en un ou deux nœuds de vitesse supplémentaire. Plus on se positionne à l’ouest, plus la pression reste élevée, mais évidemment, l’angle de sortie est cette fois moins favorable. « Tout le jeu actuel est là, expliquait Bruno Dubois (Ecover III), à l’évidence plus préoccupé par la position Ouest adoptée par le gros de la flotte, les deux à l’Est étant Gitana Eighty (Peyron/Le Vaillant) et Groupe Bel (De Pavant/Col). On essaye de marquer tout le monde, aussi on descend actuellement plein sud, mais il est encore tout à fait possible que l’on se recale un peu dans l’ouest ». Les grandes manœuvres se poursuivent donc sous un alizé d’une quinzaine de nœuds, avec les premiers prémices du Pot-au-Noir qui s’annoncent sous forme de grains sombres de plus en plus présents dans le ciel. Multi 50 pieds : Crêpes Whaou ! au bord du pot, derrière, duels en hémisphère nord.
Crêpes whaou ! ouvre la voie vers le Brésil à la flotte des 50 pieds multis et à celle des Imoca. C’est ce soir que le duo Escoffier/Fauconnier commencera à souffrir des affres de la zone tant redoutée. « Qui n’a pas l’air très active » se rassurait Karine à la vacation du milieu de journée. Parce qu’il fait moite et que chaque souffle d’air est le bienvenu. Peur des calmes donc. Derrière, ce sont des duels qui se sont organisés et ce, sur une distance qui va du sud des Canaries à l’archipel du Cap Vert. Croisières A Caseneuve chasse Laiterie de Saint Malo, Nim Intérim Management ne lâche pas Négocéane et Victorinox file devant DZEnergie.com.
Class40 : Telecom Italia gouverne la flotte d’une main de fer
La flotte poursuit sa descente vers le Cap Vert – que les premiers devaient atteindre d’ici 36 heures environ -, désormais poussée par un alizé de secteur nord-est plus régulier. A l’image des dernières 24 heures, cette journée de mercredi est placée sous le signe des empannages et pour chacun des 30 duos, chaque point de manœuvre doit être choisi avec minutie pour gagner ou grappiller quelques milles. Pour l’heure, au classement, le duo Giovanni Soldini et Pietro d’Ali sur Telecom Italia est toujours aux commandes avec maintenant plus de 50 milles d’avance sur Chocolats Monbana de Damien Grimont et Erwan Le Roux, 2e, qui se livre à une belle bagarre avec A.ST Groupe de Marc Emig et Bertrand de Broc, 3e.
Groupama seul vers la victoire quand les monos se battent
« On a fait un beau planté, pile poil sur l’équateur. Rien de grave, c’était juste un peu surprenant, tout cela par la faute d’un grain qui traînait. Depuis le départ on a pas de lune, les nuits sont noires de chez noires » raconte Yann Guichard (Gitana 11) qui file à 28 nœuds vers le but, définitivement débarrassé d’un Pot au Noir qui leur a donné plein de boulot en raison de sa forte activité. « Notre option a payé, on ne va pas prendre de risque inconsidéré. Banque Populaire va s’aligner derrière nous et nous derrière Groupama 2 ». Si le classement semble ce matin figé dans la Classe ORMA, une avarie, une sortie de route peuvent arriver à tout moment. Cette dernière ligne droite est rapide, donc dangereuse, même si les équipages se sont promis d’être prudents.
« Nos adversaires sont tous un peu plus sud que nous. On n’est pas mécontent de ce qui se passe actuellement. Ce qu’il faut, c’est croire à ce qu’on fait et nous, on y croit. Le Pot au Noir sera un nouveau moment de tension, mais il ne sera pas plus déterminant que tout ce que nous venons de vivre, déclare Marc Guillemot (Safran) qui a travaillé sur ce décalage depuis trois jours déjà. Nous allons le passer à l’endroit que nous jugeons le plus favorable. On verra plus tard si nous avions raison où non. Personne ne détient la vérité sur cette zone d’incertitude qu’est le Pot au Noir. » A la fin de la vacation, Marc confirmait qu’il s’apprêtait à passer entre les îles du Cap Vert. Mais, une nouvelle fois, c’est dans 48 heures, voir plutôt 72 heures, une fois le Pot au Noir dans le sillage, que nous verrons si le classement actuel sera ou non chamboulé.
A l’est, le long des côtes Africaines, Dominic Vittet et Thierry Chabagny (Atao Audio System) jouent sur la route prise avant eux par Sopra Group (Koch/Gendron) et Foncia (Desjoyeaux/Le Borgne). Avec succès pour le premier, un peu moins pour le second. « Les italiens ont pris un risque important en passant à l’ouest des Canaries, nous on continue de suivre notre option à l’est, explique Dominic qui, avec Thierry, était l’un des équipages très bien placés sur la liste des favoris au Havre. Cela va glisser jusqu’au Pot au Noir, dans un alizé plus ou moins mou. Cela va être de la micro météo et on va faire avec ». Avec encore plus de 2 600 milles à parcourir, la Class40 n’a pas fini d’effectuer empannages et autres grandes manœuvres pour rejoindre Bahia.
Groupama attendu demain à Bahia
En 2003, suite au report du départ en raison d’une forte dépression Atlantique, les multicoques avaient tiré tout droit vers Salvador de Bahia, soit le parcours emprunté cette année. En 11 jours, 23 heures et 10 minutes, Franck Cammas et Stève Ravussin avaient remporté la mise sur Groupama premier du nom. Ce même duo s’apprête à effacer des tablettes ce temps de référence. Groupama, deuxième du nom, est peut être bien parti pour passer sous la barre des dix jours. Pour ce faire, il doit franchir la ligne avant demain mercredi 13 heures. Derrière, Gitana 11 (Lemonchois/Guichard) a fait un beau planté ce matin et va jouer lui aussi la carte de la « prudence ». Fort de ses 125 milles d’avance sur Banque Populaire (Bidégorry/Ravussin) à 16 heures, il va surtout s’appliquer à gérer celle-ci, aller « chercher » Groupama 2 relevant du domaine de l’utopie.
Imoca : Une troisième partie d’échec
On peut dire aujourd’hui que la partie d’échec dans la Classe IMOCA, entamée au passage des Canaries, est en train de rendre son verdict. « Il n’y a plus rien de fondamental à jouer, explique Michel Desjoyeaux (Foncia) lors de la vacation de midi. Maintenant c’est tout droit, avec réglage et vitesse ».
Si la première partie, entre le Havre et les Canaries, a été remportée par le duo Marc Guillemot/Charles Caudrelier (Safran), celle-ci est à mettre sur le compte du duo Mike Golding/Bruno Dubois (Ecover III). Dans cet alizé qui n’avait que le nom, ils ont scotché tout le monde. « Je pense qu’ils avaient un spi mieux adapté que nous pour ce type de vent. Les nôtres sont taillés max pour descendre dans la brise, le sien doit être plus petit, offrant un meilleur angle de descente dans la force de vent que nous avons eu ». Une manière comme une autre de masquer une légitime déception, puisque le « gauchiste » Michel Desjoyeaux n’a, à l’évidence, pas été récompensé de son option le long des côtes africaines, tout comme Cheminées Poujolat (Stamm/Cariou).
Cette troisième partie qui vient de débuter avec le passage au Cap-Vert est capitale pour la victoire finale et pourra être jugée à la sortie du Pot au Noir, soit d’ici trois à quatre jours selon la « vélocité / méchanceté » de celui-ci. Après, ce sera tout droit jusqu’à Bahia, avec une navigation au près-bon plein dans l’alizé du sud-est qui ne laissera guère d’opportunité. Un retard supérieur à 30 milles pourrait être du coup rédhibitoire .
50 pieds, les IMOCA ouvrent la route
Crêpes Whaou ! est sorti de l’archipel du Cap Vert après être passé entre Maio et Santiago. Il se recalle actuellement vers l’ouest pour sortir du triangle encore un pétoleux dans lequel ils sont et pour trouver le meilleur passage pour franchir le Pot au Noir. Le trimaran rouge et jaune ne profitera pas du balisage de la zone du Pot au Noir qu’effectueront les Imoca, en effet, il continue de leur ouvrir la route. En revanche, Laiterie de Saint Malo, à plus de 300 milles de là, file enfin vers le Cap Vert qu’il devrait atteindre cette nuit et ainsi se caller en fonction de l’expérience de ses prédécesseurs. Le reste de la flotte s’étale sur près de 1000 milles entre Croisières A Caseneuve et DZ Energy.com.
« Nous sommes enfin sortis du Cap Vert » soufflait Karine Fauconnier (Crêpes Whaou !) à la vacation du milieu de journée. «On a tiré des bords dramatiques dans des vents mollissants, on était un peu énervé d’être là. Avec des empannages tous les cinq minutes pour trouver le bon angle de vent, c’était une vraie galère. A présent, on va pouvoir enfin avaler les milles dans ce que j’appellerai des bébés alizés, parce que ça souffle à 15/18 nœuds et que les vrais alizés sont plus forts. C’est comme les poissons volants, ils sont minuscules en ce moment. Nous filons à une moyenne de 18 nœuds, c’est pas mal, on devrait arriver dans cinq jours, enfin, on espère, sinon, on manquera un peu de tout. Le Pot au noir, notre dernière barrière avant Bahia a l’air franchissable, pas très étendu. Jusqu’ici, on peut dire que cette transat aura été lente, mais clémente ».
Crêpes Whaou ! qui devance les Imoca ne profitera pas de leur expérience du Pot au Noir pour baliser la zone trouver le bon passage, contrairement aux autres 50 pieds de la flotte. Mais la route est directe et derrière le Pot au Noir, Franck-Yves Escoffier et Karine Fauconnier vont pouvoir bénéficier enfin de vrais alizés. Ceux de l’hémisphère sud, de secteur Est à Sud Est, générés par l’anticyclone de Sainte Hélène qui, lui, n’est pas aux abonnés absents.
40 pieds
La flotte Classe40 de cette 8e édition de la Transat Jacques Vabre poursuit sa descente vers le Cap Vert dans un flux de nord-est qui devrait finir par s’appeler "vrai alizé" d’ici 24 heures. En attendant, le jeu des empannages continue. Côté classement, le tandem Giovanni Soldini et Pietro d’Ali n’a pas été localisé au pointage (ni à 12h, ni à 16 h) et toute la question est de savoir si "Telecom Italia " a concédé ou non, son leadership au duo Dominic Vittet et Thierry Chabagny à bord de "Atao Audio System", auteur d’un joli coup le long des côtes africaines.
Foncia – Michel Desjoyeaux (6ème au classement de 12h00)
« Les problèmes de vent sont maintenant réglés, c’est tout droit vent arrière, il n’y a plus de coups tordus, plus de variations de vent jusqu’au Pot au Noir, c’est de la vitesse pure désormais. On est à 10/12 noeuds avec des surfs de 14 noeuds. C’est assez contraignant car notre spi ne comprend pas toujours ce qui lui arrive. Concernant la vitesse d’Ecover III, je pense qu il n’a pas le même spi que nous, il en a un plus adapté que nous, moins grand en surface. VM Matériaux en un comme ça aussi et il aurait pu tirer son épingle du jeu avec. Sur l’écart qu’il a creusé, on ne comprend pas, je pense qu’il a une bonne vitesse et qu’il y a eu aussi des anomalies météo. Pour les prochaines heures, on a simplifié le travail météo puisqu’on a presque plus de gas-oil donc l’ordinateur est éteint. La route est assez simple, on va dans l’Ouest avec 1 ou 2 empannages à faire d’ici au Pot au Noir. Puis Cap au Sud ensuite. »
VM Matériaux – Jean Le Cam (7ème au classement de 12h00)
« Le vent est très instable, très variable avec des bascules très instables aussi. La direction oscille beaucoup. Nous sommes toujours au milieu de l’Archipel du Cap Vert, on aperçoit vaguement les îles. Concernant notre positionnement Ouest, pour l’instant ça ne semble pas être très favorable pour nous. Mais il y aura encore des coups à jouer après. C’est pas très reposant mais par contre très intéressant. Y a rien de fait, ça joue et on est joueur. La transat est épuisante mais franchement passionnante. On arrête pas de barrer comme en compet’. On fait des quarts de 3 heures variables. Sur le passage du Pot au Noir, je n’en sais, on verra. »
Class40
A.ST Groupe – Marc Emig (5ème au classement de 12h00)
« On est entre 2 fronts, avec Chocolats Monbana et Deep blue qui sont à vue depuis 2 heures maintenant. On a des conditions assez faibles de Nord / Nord-Est et on marche à 8,5 noeuds. On joue au chat et à la souris avec l’anticyclone. Très au large c’est nul, à la côte c’est nul aussi. Y a pas beaucoup d’options possibles, la situation va s’éclaircir quand cet anticyclone va enfin remonter, on aura alors un vent de Nord-Est plus soutenu. Depuis ce matin on a fait pas moins de 12 empannages, mais les conditions sont clémentes donc on arrive quand même à se reposer. »


















