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Cap sur la ligne d’arrivée pour Gitana Eighty

gitana eighty
DR

Les trois leaders n’en ont plus que pour quelques heures avant de franchir la ligne devant le sémaphore de Beg Meil : difficile d’imaginer un retournement de situation en tête de la flotte car Loïck Peyron maintient à distance (40 milles) ses deux plus pressants poursuivants et avec un vent stable de Sud-Est d’une vingtaine de noeuds dans le golfe de Gascogne, il n’y a aucune opportunité de ralentissement ou d’options tactiques. Seuls les derniers milles entre Penmarc’h et Port la Forêt pourrait être un peu moins rapides avec une brise d’Est d’une douzaine de noeuds. Pas de quoi révolutionner une hiérarchie bien installée depuis le Pot au Noir ! Mais du côté de la seconde place, le scénario n’est pas aussi limpide : au fil des milles, Michel Desjoyeaux (Foncia) a grappillé des mètres et le "local de l’épreuve" n’était plus qu’à moins de dix milles de Kito de Pavant (Groupe Bel). Quelque soit l’issue de ce rush final, les deux solitaires vont réserver un dernier mano a mano de toute beauté pour une arrivée aux alentours du lever du jour vendredi…

En plein jour !

Derrière ce triumvirat, les navigateurs ne sont pas tous à la fête en raison de multiples problèmes techniques qui les handicapent comme Yann Eliès (Generali) qui n’a toujours pas de grandes voiles d’avant pour traverser le golfe de Gascogne : " Aujourd’hui ça gèle ! On a l’impression d’être comme il y a une semaine mais pas avec la même température… Journée et nuit difficiles hier avec la molle qui devait s’installer au large de l’Espagne. J’ai mis du charbon et j’ai bien fait parce que Marc Guillemot a peiné derrière moi ! Maintenant je traverse un rail de cargo : il faut rester en veille. Je suis accroché à un espace temps appelé ETA (heure d’arrivée)… Evidemment, j’ai hâte d’arriver : j’ai tapé un truc il y a trois heures qui a relevé le safran. Si proche du but, il ne faudrait pas casser quelque chose… " Et du côté de Marc Guillemot (Safran) qui doit composer avec sa quille dans l’axe : " Ca va : j’ai retouché du vent et je fais route vers Port la Forêt mais il y a eu une molle devant l’Espagne. Il y avait l’option de passer par le Nord mais comme je ne peux pas bouger la quille et qu’il fallait terminer au près, j’ai préféré traverser cette zone de vent faible : je m’en sors bien… Safran est un superbe bateau et ce problème de quille devra être bien cerné : j’ai l’intention d’en faire part aux autres concurrents pour des raisons de sécurité avant le Vendée Globe. La vie va bien à bord depuis que le vent est rentré : solent et un ris dans la grand voile, ballasts remplis, chili con carne ! Je fais avancer le bateau… "

Duel mixte

Mais si les premiers ont hâte d’en finir après quatorze jours de mer, qu’en est-il du peloton ? Certains comme Samantha Davies (Roxy) et Yannick Bestaven (Cervin EnR) ont au moins l’opportunité de se bagarrer à quelques milles l’un de l’autre, même si la Britannique a choisi de se décaler un peu plus au Nord pour des raisons stratégiques : " Cela fait une belle bagarre et c’est toujours mieux d’être avec un solitaire à deux milles d’écart ! Les deux bateaux ont une belle histoire ensemble depuis huit ans. Nous ne suivons pas la même route : j’ai regardé la météo et j’ai préféré être plus au Nord où il y aura plus de vent. Après le dernier classement, j’ai eu une bascule de vent de 20° qui a été bénéfique… Et puis j’écoute mon feeling… et mon poisson volant ! Les conditions actuelles sont parfaites sous grand voile et gennaker avec 17-20 noeuds de vent, du soleil et une bonne température… " Et en écho, l’Arcachonnais confirmait que ce duel est bienvenu pour entretenir la motivation : " Belle bagarre avec Sam depuis le Pot au Noir ! Elle avait 70 milles d’avance et c’est la troisième fois que je reviens à son contact mais à chaque fois, j’ai un problème qui me relègue de nouveau derrière. Cette fois, c’est la drisse de spi qui a cassé : la voile est tombée à l’eau, il a fallu que j’y aille aussi puis en tête de mât pour repasser une drisse… Je suis super content d’en être là et d’être dans le match face au bateau double vainqueur du Vendée Globe. C’est de bon augure pour la suite puisque Cervin EnR va être optimisé cet hiver avec un nouveau gréement. Je travaille sur la liste des travaux à faire ! Il faut organiser le chantier et malgré que ce soit le plus ancien bateau de la flotte, il y a encore des choses à améliorer, en particulier au près. Hier, j’étais fatigué, tétanisé par les efforts fournis après mon bain et mon ascension ! Mais je n’ai pas de gros dégâts sur le bateau malgré ma préparation tardive. "

La blessure de Jean-Baptiste

A l’occasion de la vacation radio en public organisée à Port la Forêt entre 15h et 16h, le groupe du milieu a révélé quelques soucis personnels ou techniques. Ainsi Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) indiquait qu’il avait dû faire appel au médecin des océans, le Docteur Chauve : " Ca va bien avec la bonne accalmie qu’on a eu depuis trois jours : j’ai eu le temps de ranger ! Ces derniers temps ont été pénibles avec du vent très faible mais ça redémarre tranquillement sous spinnaker à 10-11 noeuds. Je passe en ce moment les Açores à la latitude de Santa Maria. J’ai encore eu des soucis : j’ai attrapé une infection à la main et j’étais en contact avec le docteur Chauve. Ma main avait gonflée mais c’est à peu près résolu. C’est important ces consultations par téléphone et j’ai dû prendre des antibiotiques.. Et puis je n’ai toujours pas d’étai et j’ai perdu mon foc solent… Ce n’est pas très drôle d’être en mer quand on sait que les premiers arrivent ! " Quant à Arnaud Boissières (Akena Vérandas), il n’a pas eu le loisir d’appliquer la directive de Bolkestein ! Pas de "plombier polonais" en plein milieu de l’Atlantique… " Il fait froid mais c’est du soleil. Il y a un peu de molles et j’en profite pour sècher le linge. J’ai fait de la plomberie parce qu’il y a une tuyauterie énorme sur Akena Vérandas et il m’a fallu réparer. Et pendant de temps, les écarts ne font qu’augmenter ! Et en plus nous aurons du vent d’Est pour finir : ça ne va pas arranger les choses… Bon, le côté positif, c’est que la transat Ecover-BtoB est ma première course en solitaire sur un 60 pieds et cela me mets en confiance. "

Si les six premiers incluant Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) devraient arriver avec moins d’une journée d’écart, il n’en sera donc pas de même pour les suivants : il y aura un break jusqu’à dimanche soir ou lundi matin avant d’accueillir Sam et Yann, alors que pour les trois retardataires, Derek Hatfield (Spirit of Canada), Dee Caffari (Aviva) et Rich Wilson (Great American III), il faudra patienter jusqu’à mardi soir au minimum. Il faut dire que les trois anglo-saxons cumulent les situations météorologiques défavorables puisqu’ils sont encore dans des vents faibles et qu’ils doivent grimper jusqu’aux Açores pour espérer retoucher du vent stable et portant. Mais malheureusement, ils devront terminer cette transat Ecover-BtoB contre un vent d’Est ! Enfin, Mike Golding (Ecover) n’était plus qu’à 50 milles de Tenerife et devait être remorqué dans les heures qui viennent pour rallier un port aux Canaries. Le Britannique est en panne totale de moteur et donc d’électricité depuis maintenant près d’une semaine…

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Le peloton de tête au sud des Kerguelen, Estrella Damm à Cape Town

Paprec virbac
DR

Sentiment d’isolement
Pas de routine lorsqu’on navigue dans les 50e hurlants. Les seuls automatismes envisageables sont justement de demeurer en état d’alerte permanent et de prendre toutes les précautions qui s’imposent lorsqu’on déboule à 20 nœuds dans un vent glacial, une mer formée, à 2000 milles de toute terre habitée. C’est ce qu’expérimente depuis plusieurs jours la tête de course, rejointe dans les basses latitudes par Temenos II. A bord d’Hugo Boss, Alex Thomson insistait sur son sentiment d’isolement, sur la tristesse et l’hostilité de cet endroit et sur le jeu de roulette russe, la nuit, avec les glaces alentours. On comprend mieux pourquoi l’archipel des Kerguelen fut surnommé les Iles de la Désolation…

Dick et Foxall à la barre, sur le pont
Dans cette course de vitesse au portant, où l’équilibre délicat entre performance et sécurité doit être respecté,  les écarts entre les leaders demeurent stables. Pourtant, même avec 136 milles d’avance sur Veolia Environnement, Jean Pierre Dick et Damian Foxall ne cessent de mettre du charbon. Le secret de leur moyenne (presque 19 nœuds sur 4 heures) a été élucidé à la visio conférence du jour par Jean Pierre Dick lui-même : « nous sommes sous spi et nous nous relayons à la barre toutes les quatre heures. Il fait froid, la mer est croisée. C’est dur, mais on prend sur soi, on n’est pas venu là pour ramasser des fraises ! ». Quatre heures de barre, seul sur le pont, alors que la température de l’air et de l’eau est proche de zéro… la performance force le respect. Mais pourront-ils tenir longtemps à ce rythme ?

En attendant, nos trois chefs de file ont du empanner la nuit dernière pour remonter en latitude, et respecter la deuxième porte de sécurité glace. Les voici obligés de grimper encore vers le nord pour parer une autre porte, appelée ‘sécurité Australie’, située au 47e Sud. Sur leur chemin, dès cette nuit, ils pourraient trouver un peu de répit avec des vents plus faibles, à l’arrière d’une petite dépression. Veolia Environnement et Hugo Boss pourraient alors revenir légèrement sur Paprec-Virbac 2, sans pour autant modifier l’ordre établi.

Plusieurs courses dans la course
Désormais cette Barcelona World Race est le théâtre de plusieurs courses dans la course. Derrière le triumvirat au pouvoir, Temenos II fait son chemin, dans un système météo relativement similaire. 700 milles plus loin, Javier Sanso et Pachi Rivero, à bord de Mutua Madriliña, ont franchit ce matin (vers 06h00) la porte 4 du parcours. Ils auront mis plus de 14 jours entre Fernando de Noronha et le Cap de Bonne Espérance, soit 4 jours de plus que l’équipage le plus rapide sur cette portion de parcours (Hugo Boss).Educacion sin Fronteras n’est pas encore en vue de Bonne Espérance mais vient de passer la porte de sécurité glaces A.

Estrella Damm à Cape Town, Delta Dore bientôt assisté
Guillermo Altadill et Jonathan Mc Kee sont arrivés mercredi vers minuit dans le port sud-africain et s’attèlent depuis à la réparation de leurs safrans. Contacté à la vacation cet après-midi, le skipper espagnol confiait procéder à une vérification complète du bateau (électronique en panne, voiles à renouveler) avant de prendre la décision de repartir en course.

Toujours de Cape Town, le trimaran à moteur Ocean 7 est parti à 10h00 TU ce matin, à la rencontre de Delta Dore. Jérémy Beyou et Sidney Gavignet progressaient alors vers le nord sous gréement de fortune, à 4 nœuds de moyenne, à 935 milles de la pointe sud-africaine. Le bateau assistance affrété par l’équipe de Delta Dore devrait être sur zone samedi après midi.

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Karver sur tous les fronts !

Monotype VeoliaOcean
Monotype VeoliaOcean

Made in Normandie !
Le premier monotype Veolia Oceans® est sorti des chantiers cet automne. Il part en tour du monde de reconnaissance dès maintenant. Karver est fier d’avoir participé à ce projet impliquant les entreprises normandes liées à la course au large. La dynamique récente, lancée par toute la région Normandie, entreprises et institutions, visant à faire de la Région ce qu’elle est, un Pays de la Mer, porte ses fruits. Karver adhère totalement à ces initiatives régionales et espère voir naître de plus en plus de projets de ce type, d’autant plus que la Normandie compte des acteurs extrêmement impliqués dans le monde de la voile haute performance. Parmi ceux-ci, Karver aimerait remercier V1D2 (services aux bateaux de course), Kalibee (assistance tactique électronique), JMV (chantier) et les différents Yacht Clubs et structures éducatives (comme Voile Performance Manche) pour l’étroite collaboration mise en place depuis son arrivée à Honfleur.

K6.50: Juan K. et Marin C. sont dans un bateau…
Une rencontre lors des phases finales de la Coupe de l’America, et 6 mois plus tard, les moules d’un monotype de 6.50 m sont terminés. Le premier bateau est annoncé pour mars 2008. 12 exemplaires sont déjà commandés. Design Juan Yacht Design et accastillage Karver (dont le dernier système de hook) promettent un bel avenir à ce bateau.

Félicitations à Ocean Express…
Pierre-Yves Moreau et Benoit Lequin ont battu le record du monde de la traversée de l’Atlantique sur un catamaran non habitable de 20 pieds. Les deux marins viennent d’arriver à Pointe-à-Pitre. Ils ont mis 11 jours 11 heures 25 minutes et 42 secondes pour traverser l’Atlantique depuis Dakar jusqu’à Pointe à Pitre. Ils battent ainsi le précèdent record de plus de 50 heures! Karver est partenaire technique de ce projet.

L’Hydroptère : objectif 50 noeuds !
L’objectif annoncé pour l’année 2008 est de battre le record de vitesse absolue sur 500 mètres (actuellement 48,7 noeuds de moyenne). Le bateau est équipé des emmagasineurs et hooks Karver, bientôt l’accastillage marin le plus rapide du monde? Rendez-vous dans 4 mois pour le savoir.

Karver propose deux nouveaux modèles de poulie…
KB à attache rapide, intégrant un guide pour maintenir la manille textile. Le guide, réalisé en matière composite, supprime l’utilisation du bout de maintien du lashing. Le guide est cependant amovible pour permettre de toujours n’utiliser que du textile, comme sur la gamme KB existante. Le design a lui aussi été revu: diamètre d’écoute supporté supérieur, flasques en "goutte d’eau" et charge de travail plus importante (sur la base d’une KB10).
La poulie KBs communiquante est la grande nouveauté Karver de cette fin d’année. Dans une KBs12 standard (à droite sur image de fin d’article), les ingénieurs Karver ont intégré un capteur de charge, un émetteur et une batterie. Le système (étanche) communique (sans fil) à l’ordinateur de bord les données concernant les charges enregistrées. Cet outil permet aux skippers et architectes de connaître les charges dynamiques appliquées en temps réel. La poulie est opérationnelle, elle sera commercialisée après tests en situation.

… et les tous derniers projets :
– Voile légère (dont K6.50) : étude d’accastillage spécifique pour bateaux de 16 à 23 pieds (poulies, emmagasineurs et hooks).
– Volvo 70: travail en collaboration avec les boats captains pour optimiser les 70 pieds.
– Class G: design d’un emmagasineur exceptionnel pour l’un des plus grands yachts de course (100 T rupture).
– Class America: études sollicitées et lancées !

Source Karver
www.karver-systems.com

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Slam gagne aux Antipodes.

Slam
Slam

La marque Slam continue de tester ses produits et prototypes aux antipodes à bord de ces bateaux qui accumulent toujours plus de trophées lors de compétitions.

Une fois encore, le Mascalzone Latino-Capitalia Farr 40 Team fait les gros titres depuis son retour spectaculaire à Sydney pour participer et gagner le Rolex Trophy One Design.

Tour cela en portant les shorts Hissar Bermuda, les Bistrow T-shirts, les chaussures New Mistral, les gilets Buldir et vestes noires Albatron.

A noter de plus une brillante première et seconde place pour les teams Slam à la Etchells Piana Cup, la première régate de la Jaguar Cup 2007-2008 à Miami.

Source : Slam
www.slam.com

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616 milles : Francis Joyon pulvérise le record des 24 H

Idec
DR

Chaque heure depuis tôt ce matin, Francis Joyon améliore le record des 24 heures jusqu’à aujourd’hui détenu par Yan Bourgnon. Poussé depuis son entrée dans l’Océan Indien par la menace d’un front dépressionnaire virulent (celui qui fait souffrir les concurrents de la Barcelona World Race), Francis Joyon et IDEC, à force d’aligner les journées à 600 milles, ont donc fini par faire tomber ce nouveau fabuleux record, arrêté à 15h sur le chiffre impressionnant de 616,07 milles! a en croire le navigateur trinitain, c’est surtout la résultante de sa volonter de rester devant une dépression. Il expliquait ce midi : . « Le jeu consiste pour moi depuis plusieurs jours à faire marcher le bateau à fond pour ne pas me faire dépasser par le front. Tant que je reste en avant de la dépression, j’ai un vent de Nord Ouest pour 25/30 noeuds parfait pour le bateau, et surtout une mer plate idéale pour aller vite. Mais je sais que d’ici 24 heures le vent va commencer à tourner Sud Ouest et c’en sera terminé de la grande cavalcade… »

« Ce n’était pas au programme… »

Francis Joyon s’est montré évidemment ravi mais au demeurant peu surpris de ce record ; « Je n’avais pas l’intention d’aller chercher ce record des 24 heures, mais puisque les conditions m’y obligent, autant y aller…Ce n’était pas au programme de ce tour du monde. En restant en avant du front, c’est 600 milles par jour. Le front me rattrape petit à petit et je dois encore accélérer jusqu’à demain. Le record, c’est la cerise sur le gâteau. Les conditions sont quand même exceptionnelles car aucune dépression n’est venu perturber l’état de la mer. J’ai une houle de Sud Ouest de 2 mètres, ce qui est très raisonnable… »

Hommage à Raymond Rallier du Baty

« Je dédie ce record à Raymond Rallier du Baty (2), qui a écrit un joli livre ‘Aventures aux Kerguelen’ que j’avais emporté il y a 4 ans » a poursuivi Francis Joyon. « Je pense à lui car je suis au Nord des Kerguelen. Ce garçon était parti avec son frère et un petit équipage de 5 personnes à bord d’un voilier. Ils avaient cartographié les Kerguelen au tout début du 20ème siècle. Il est parti dans l’inconnu, pour l’aventure et il a, grâce à ses relevés, apporté une réelle contribution à la marine.»*

"Je me reposerai dans 24 heures"

Les remontées de fonds à proximité des Kerguelen ont naturellement rendu l’état de la mer plus chaotique. Avec un vent toujours aussi soutenu, 30 noeuds ce matin, c’est un moment plutôt musclé que vient de connaître Francis Joyon. Avec deux ris dans la grand voile et le tourmentin de 45 m2 à l’avant, il n’a pour autant pas levé le pied, plus que jamais concentré pour gagner toujours et encore le plus loin dans l’est. « Je suis travers au vent et ça allume pas mal. IDEC lève souvent la coque. Je fais alors un petit choqué « et cela passe sans problème ». Dieu que cela semble simple ! Francis espère conserver ce vent pendant encore 24 heures avant de connaître un petit ralentissement « Il faut que je reste encore 24 heures devant le front. Je dois contourner l’anticyclone par le Sud pour espérer retrouver à nouveau du Nord Ouest." « je me reposerai dans 24 heures… »

Par le travers des Kerguelen, le trimaran IDEC continue ainsi d’arpenter à pas de géant l’Océan Indien. A 1 800 milles de Leeuwin, une nouvelle donne météo se présentera cependant à lui dans les prochaines 24 heures, qui devrait perturber et ralentir sa belle trajectoire, avec des zones moins ventées à négocier. Mais son avance sur le parcours référence d’Ellen MacArthur augmente toujours : elle tutoie cet après-midi les 2 000 milles…

Mer & Media

(1) Ce « chrono » devra faire l’objet d’une ratification par le World Sailing Speed Record Council. Le précédent record avait été établi le 6 août 2006 par le trimaran de 60 pieds « Brossard » d’Yvan Bourgnon avec une distance de 610,45 milles.

(2)Raymond Rallier du Baty
Fils d’un capitaine de vaisseau et neveu d’un amiral, Raymond Rallier du Baty commence sa carrière à bord du "Français" de Jean-Baptiste Charcot. Ayant par goût choisi la Marine marchande, il embarque comme "matelot élève" et il participe à la première expédition de Charcot. Dès son retour en France, Raymond Rallier du Baty (alors seulement agé de 25 ans) organise avec son frère Henri (jeune capitaine de de 27 ans) une expédition aux îles Kerguelen, "Une campagne, la plus audacieuse que l’on puisse imaginer, foi de Breton". Il demandent l’aide de la Société de Géographie, du Muséum et des frères Bossière, mais, malgré le soutien de Charcot, pour réunir les fonds Raymond vend une propriété familiale.
Leur navire sera un vieux ketch de pêche de 18 m. renommé "J.-B. Charcot". Ils prévoient d’exploiter l’huile de phoques pour payer l’équipage de 4 hommes. Partie de Boulogne en Septembre 1907 pour arriver à Melbourne en Juillet 1909, cette expédition, malgré les difficultés financières, fera la première exploration systématique des Kerguelen. Ils vendront le"J.-B. Charcot" en Australie pour payer le voyage de retour… mais leur seule idée est de repartir! Après une brève parenthèse aéronautique, Raymond Rallier du Baty fait construire un nouveau voilier, "La Curieuse" de 16,6 m. seulement, mais robuste et marin. L’équipage est de 5 hommes et 3 officiers, le second est le capitaine Jean Loranchet (Lieut. Georges Saint-Lanne-Gramont, maître d’équipage Serrandour, matelots Yves André, Albert Seyrolle, Louis Rabre, Henri Boudoux). Le 16 Juillet 1912 ils appareillent encore de Boulogne pour une nouvelle campagne aux Kerguelen, qui durera d’Octobre 1913 à Mai 1914 et pendant laquelle ils dresseront une excellente carte de l’archipel.

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Loïck Peyron en approche du cap Finisterre

gitana eighty
DR

Ce mercredi matin, la tête de la transat Ecover B to B progresse encore à une douzaine de noeuds dans un flux de secteur Sud d’une douzaine de noeuds… Mais dépasser la pointe espagnole pour entrer dans le golfe de Gascogne ne va pas être une sinécure ! La brise va mollir et tourner progressivement au Sud-Est en se renforçant de nouveau, une fois la longitude de La Corogne atteinte. Un nouveau coup d’accélérateur est donc prévu la nuit prochaine, mais le lever du jour au milieu du golfe demain s’annonce particulièrement frais ! Si ce ne sont pas les Quarantièmes, ça y ressemblera côté température… Y aura-t-il une ouverture pour Kito de Pavant (Groupe Bel) et pour Michel Desjoyeaux (Foncia) ? Difficile à dire car la seule réelle opportunité se joue ce mercredi dans cette phase de transition. Ensuite, une fois attrapé le flux de secteur Sud-Est, c’est tout droit dans un vent stable et travers… Plus d’options, que de la vitesse pure et pour l’instant, Loïck Peyron n’a jamais montré de déficit de potentiel. La place de dauphin est en revanche plus "open" puisque ses deux poursuivants sont à touche touche, à une cinquantaine de milles du leader.

Pour la suite, Yann Eliès commence à prendre de la marge sur Marc Guillemot (Safran) et le fait que la quille de ce dernier soit bloquée dans l’axe sera un handicap pour traverser le golfe de Gascogne, plus que l’absence de grandes voiles d’avant sur Generali. Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) est déjà trop éloigné pour espérer un retour tandis que le match est intense entre Samantha Davies (Roxy) et Yannick Bestaven (Cervin EnR). Tout comme celui entre le duo Arnaud Boissières (Akena Vérandas) et Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve). Quant aux trois anglo-saxons, à 1 000 milles du premier, la situation n’est pas de tout repos ! Arriver à gagner dans le Nord alors qu’ils naviguent entre 1 et 8 noeuds n’est pas pour améliorer le moral du bord… A ce rythme, il leur faudra bien une bonne journée pour accrocher les vents de Sud des Açores mais s’ils auront ensuite le plaisir de surfer pendant 24 heures, la fin de course s’annonce beaucoup moins engageante avec du près face à un vent d’Est dans le golfe de Gascogne…
DBo

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Un septième bateau pour la Volvo Ocean Race

Volvo Ocean Race : ABN AMRO ONE
DR

Le syndicat irlandais, Green Team a confirmé ce matin sa participation à la Volvo Ocean Race 2008-09. Le bateau, un plan Reichel Pugh, qui est sous construction chez McConaghy en Chine, sera skippé par le Britannique, Ian Walker. Après la confirmation de Galway comme escale pour la prochaine édition de la course, cette équipe a été mise en place par Jamie Boag et Eamon Conneely. Ce sera le premier tour du monde d’Ian Walker, mieux connu pour ses succès aux J.O. où il a remporté deux médailles d’argent en 470 et en Star et pour sa participation à la Coupe de l’America avec GBR Challenge en 2002-2003 et avec +39 en 2007. Depuis trois ans il est à la barre du TP 52 d’Eamon Conneely, Patches. Glenn Bourke, PDG de la Volvo Ocean Race est heureux de confirmer la participation de cette septième équipe et envisage que d’autres inscriptions restent encore possibles, surtout si la Coupe devait être reportée.

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Yves Parlier sera le navigateur de Groupama 3

Yves Parlier portrait
DR

L’équipage composé par Franck Cammas et Franck Proffit pour s’attaquer prochainement au Trophée Jules Verne à bord de Groupama 3, affichait jusqu’alors neuf noms. Manquait celui du navigateur arrivant en remplacement du hollandais Marcel Van Triest, contraint de rester à terre pourraisons personnelles. C’est le navigateur arcachonnais, Yves Parlier qui a finalement été choisi pour occuper ce poste clé du bord. Un profil atypique qui s’est imposé pour son expertise météo, mais aussi pour son expérience des circumnavigations et son enthousiasme. Surnommé l’Extra-terrestre, Yves Parlier aura la lourde charge de tracer la meilleure des routes pour aller chercher le temps record d’Orange 2 autour de la planète.

"J’aime les mers du Sud"

Vainqueur de la Mini Transat 1985, de la Solitaire du Figaro 1991, de la Route du Rhum 1994, de la Transat Jacques Vabre 1997… Les victoires et les places d’honneurs ne manquent pas à Yves Parlier, qui promène son allure rêveuse sur tous les circuits océaniques depuis une vingtaine d’années. Du marin, il faut aussi retenir sa détermination à aller au bout de ce qu’il entreprend, quitte à terminer un Vendée Globe quasiment sans vivres après un remâtage par ses propres moyens au sud de la Nouvelle-Zélande. « Le rôle que me confie Franck sur cette aventure est un poste que j’adore et dans lequel je me sens à l’aise. Groupama 3 est un bateau magnifique, abouti et à la pointe de ce que l’on peut faire de mieux aujourd’hui. Je n’avais pas forcément le Trophée Jules Verne à l’esprit mais je suis foncièrement attiré par le Tour du Monde. J’aime les Mers du Sud et je n’étais pas sûr de pouvoir y retourner un jour. Alors cette proposition tombe comme un gros cadeau de noël … d’autant plus sur un bateau comme celui-là ! »

Pour le responsable opérationnel du maxi trimaran, en charge du recrutement des équipiers, Franck Proffit : "Yves est un très bon navigateur, un très bon marin et il a une réelle expertise au niveau de la stratification, ce qui est un vrai plus si d’aventure nous rencontrons un problème de ce genre pendant le Trophée Jules Verne. Son expérience des navigations longues fait qu’il a également une grande capacité à gérer son sommeil et du coup à être opérationnel quand il le faut. Il est arrivé parmi nous la semaine dernière et s’est déjà parfaitement intégré au groupe.»

Yves Parlier a d’ores et déjà endossé son ciré de navigateur embarqué et pris ses quartiers à Lorient, base du maxi-trimaran. Pendant la tentative, l’arcachonnais sera hors quart et passera le plus clair de son temps à la table à cartes, avec pour interlocuteur privilégié à terre, Sylvain Mondon de Météo France.

Le Point météo du mercredi 12 décembre par Sylvain Mondon :

« Aujourd’hui nous observons un flux perturbé sur l’Atlantique Nord ainsi que l’absence d’Anticyclone sur les Açores. Ce dernier constat entraîne également à ce jour l’absence d’alizés dans l’hémisphère Nord (généralement situés au Sud du Portugal). Nous resterons dans ce régime de temps jusqu’au lundi 17 décembre inclus. Par contre, dès mardi les choses évoluent et pourraient donner lieu à une configuration intéressante. Une des dépressions qui balayent l’Atlantique Nord devrait prendre un peu de Sud-Est dans sa route pour aller se positionner sur Madère. Cela s’accompagnera d’un flux de secteur Est, compris entre 20 et 35 nœuds, dans le Golfe de Gascogne sur au moins trois jours. L’inconvénient de ce centre dépressionnaire est qu’il vient perturber l’établissement des alizés de Nord-Est, en les plaçant assez bas, au-delà du 25° Nord. Les hommes de Groupama 3 auraient donc une dorsale à franchir entre les Canaries et le Cap Vert. C’est une situation qu’il faudra surveiller dans les prochains jours.»


L’équipage « Jules Verne » de Groupama 3 :

Chef de quart – barreur : Franck Cammas (Skipper) / Franck Proffit / Stève Ravussin
Deuxième Barreur : Frédéric Le Peutrec / Loic Le Mignon / Sébastien Audigane
N°1 : Ronan Le Goff / Jan Dekker / Jacques Caraës
Navigateur : Yves Parlier
Expert météo à terre : Sylvain Mondon (Météo France)

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Duel de dauphins derrière Loïck Peyron

foncia
DR

Tout le monde savait que les vents de plus de 100 km/h qui ont balayé l’Atlantique Ouest le week-end dernier avaient provoqué plusieurs avaries sur des navires de pêche et de commerce, et en particulier, plusieurs cargaisons sont parties à la mer. Certaines ont directement coulé, d’autres sont en train de le faire, mais quelques unes flottent entre deux eaux : ananas, réfrigérateurs, camions, billes de bois, paquets de tabac… et bien d’autres chargements se dispersent ainsi au gré des vents et des courants dans le golfe de Gascogne. Les services de sécurité maritimes (CROSS) diffusent régulièrement des bulletins d’alerte pour indiquer aux bateaux la position de ces dangers mais s’il est relativement facile de situer certaines épaves, d’autres sont beaucoup plus éparpillées. C’est le cas d’une cargaison de madriers de bois qui peuvent provoquer des avaries très graves sur un monocoque de 60 pieds en carbone, absolument pas conçu pour percuter un obstacle en pleine mer…

Attention aux OFNIS

Mais du côté des solitaires, l’alerte a été donnée et chacun se penche sur son ordinateur pour repérer les zones de danger : seul Michel Desjoyeaux (Foncia) qui remettait en marche son Inmarsat, découvrait à la vacation radio cette nouveauté maritime… Le problème va en fait se poser seulement demain jeudi sur les 150 derniers milles et d’ici là, les moyens d’informer les navigateurs se seront affinés. Car pour l’instant, c’est une zone de transition que le trio de tête doit négocier au large des côtes ibériques. Le front açorien est derrière eux et n’arrive pas à pousser l’anticyclone installé sur la France : il faut donc passer progressivement d’une zone dépressionnaire à de hautes pressions avec entre les deux, un vent plus faible et plus instable. Un passage délicat mais relativement cerné géographiquement qui va lentement se déliter au profit des poursuivants. Loïck Peyron (Gitana Eighty) profitait en tous cas de conditions idéales : " Grand beau temps : mer bleue, ciel bleu, presque chaud, pas beaucoup de vent, mais ça va revenir tranquillement. J’en profite pour faire le ménage : ambiance Mère Denis… J’ai mes pantoufles : il ne me manque plus que le feu de cheminée ! " Le skipper apparaissait donc très serein et peu inquiet d’un retournement de situation au vu d’une ETA (prévision d’arrivée à Port la Forêt) programmée pour la fin de nuit de jeudi à vendredi.

En seconde position, Kito de Pavant (Groupe Bel) ne se faisait pas non plus d’illusion quant à un retour sur le leader et avait en sus, dépassé Michel Desjoyeaux dans la nuit : " Bonne nouvelle ! En fait, je profite des malheurs de Michel et les conditions sont belles pour aller vite sous gennaker. Il reste encore un peu de route avec des options différentes : Loick a beaucoup d’avance et il butte dans la zone de transtition mais il y aura élastique et il va repartir avant nous. Par contre, avec Michel, il y a de quoi se bagarrer parce qu’il a choisi de coller plus à la côte. Le problème est qu’il y a surtout plein de choses qui dérivent dans le golfe de Gascogne avec des chargements de cargos qui sont passés à la mer… Nous avons des positions approximatives et il va falloir prendre le large. Je note sur ma carte les positions qui sont données par les CROSS : c’est un vrai champ de mines ! " Le scénario final commence donc à être bien écrit et l’acteur principal de ce feuilleton maritime, Loïck Peyron, peut commencer à peaufiner son texte à l’arrivée d’une transat Ecover-BtoB qui aura été pleine de suspens…

Plus dure sera la fin…

Avec des écarts qui n’ont fait que grandir au fil des derniers jours, la hiérarchie s’avère presque établie, ce qui n’empêche pas certains de profiter de conditions de navigation intéressantes pour affiner leurs réglages ou tester de nouvelles configurations de voile, voire même pour partir en vrac à l’impromptu comme Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) : " Je viens de faire un "vrac" parce que le safran sous le vent s’est relevé : mais ça avance bien ! J’essaye deux-trois petites choses pour valider le matériel et voir quelle est la meilleure solution. Là, c’est la première fois que je pars en "sucette" et il faut que je sache pourquoi le safran s’est relevé : il y a entre 20 et 25 noeuds de vent… " Et pour Yann Eliès (Generali) aussi, ce sprint final est encore plein d’enseignements : " Je sors d’un exercice physique assez intense : je suis passé sous grand gennaker et un ris ! Je suis trempé de sueur, j’ai faim, et je suis exténué… Je vais avoir une période difficile avec la brise qui mollit sans génois : il y aura 24 heures pénibles avant de retrouver du vent. La fin de parcours devrait un peu plus à mon avantage par rapport à Marc Guillemot. Je suis motivé pour arriver le plus vite possible ! Il va y avoir des cargos et il y a un paquet d’épaves qui flottent dans le golfe de Gascogne. Il faudra ouvrir l’oeil… Il y a notamment une bande de 15 milles avec plein de madriers de bois… "

Mais si pour ces six premiers solitaires, la situation météorologique n’est pas trop défavorable, voire même agréable, il n’en est rien pour le reste de la flotte ! Samantha Davies (Roxy) et Yannick Bestaven (Cervin EnR) arrivent encore à s’en sortir avec des moyennes d’une dizaine de noeuds, en approchant des Açores et donc, du flux de secteur Sud qui souffle sur l’archipel. En revanche, c’est terriblement laborieux pour les suivants qui sont toujours englués dans des brises erratiques et indécises à l’image de Dee Caffari (Aviva) : " C’est très lent et très frustrant : j’essaye de faire du Nord mais c’est difficile et pénible avec trois noeuds de vent. Je suis un peu démoralisée parce que je vois que les autres concurrents avancent vite vers le but ! Je n’attends plus que le vent… Quel qu’il soit ! J’ai de la nourriture, le bateau va bien… " A ce rythme, il faudra compter cinq à six jours d’écart entre le premier et le dernier arrivé à Port la Forêt !

Classement à 14h le 12 décembre :

1 Gitana Eighty Peyron Loick à 396.50 milles de l’arrivée
2 Groupe Bel Kito de Pavant à 37.10 milles
3 Foncia Desjoyeaux Michel à 47.10 milles
4 Generali Elies Yann à 121.40 milles
5 Safran Guillemot Marc à 156.40 milles
6 Cheminées Poujoulat Stamm Bernard à 333.40 milles
7 Roxy Davies Samantha à 733.60 milles
8 Cervin EnR Bestaven Yannick à 746.30 milles
9 Akena Vérandas Boissières Arnaud à 885.30 milles
10 Maisonneuve Dejeanty Jean-Baptiste à 923.50 milles
11 Spirit of Canada Hatfield Derek à 1022.00 milles
12 Aviva Caffari Dee à 1045.80 milles
13 Great American III Wilson Rich à 1195.90 milles
– Ecover Golding Mike – – – – ABD
– Brit’Air Le Cleach Armel – – ABD

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A l’épreuve du froid

temenos II
DR

Dominique Wavre (Temenos II) évoque, lui, le plaisir sans cesse renouvelé de ce grand sud sauvage. En verve, le skipper de Temenos II indiquait que les parages dans lesquels il vogue actuellement avaient "la beauté de leur dureté", exerçant ce mélange subtil d’inquiétude et de fascination qui pousse les marins – même ceux ayant juré de ne jamais y retourner – à s’y aventurer. "On ne s’y habitue pas", avouait Dominique, qui a déjà 6 tours du globe à son actif, "on est toujours surpris par la rudesse du coin." Temenos II progresse entre la limite des glaces, soit 52°Sud comme l’a indiqué hier soir le MRCC de La Réunion, et un anticyclone dans le nord. "Nous sommes agressivement conservateurs (…) il y a entre 25 et 35 noeuds de vent, le bateau est toilé pour 35 aussi lorsque ça tombe à 25, on est un peu plus lents." La prudence prévaut, et l’équipage de Temenos II, un peu isolé en milieu de flotte, avoue ne pas subir le même stress que ses petits camarades en tête de course.

Tête de course où, même si on conserve son sens de l’humour, les conditions restent très éprouvantes. Pas plus de 5° dans le bateau, une mer difficile et la conscience d’être dans une zone minée – voilà qui ne rend pas forcément bavard. "Le froid vous prend à la gorge chaque fois que vous montez sur le pont, et pompe toute votre énergie", relatait Bilou. Il faut également ajouter à cela une couverture satellite aléatoire, et les équipages qui feraient probablement volontiers un brin de causette avec la terre n’en ont pas forcément les moyens techniques ! Cet après-midi, Paprec-Virbac 2 se situait à environ 350 milles de la seconde porte glaces, située à 53° de latitude sud.

Des nouvelles de Delta Dore

Le tableau est quelque peu différent à bord de Delta Dore, où l’urgence a fait place à l’introspection et aux premiers bilans. Progressant tant bien que mal sous un gréement de fortune à peine utile, le monocoque démâté puise dans ses réserves de carburant pour faire route alors que Jérémie et Sidney sont passés en mode "contemplatif". "J’ai la sensation d’avoir fait quelque chose d’utile pour grandir", expliquait Sidney Gavignet que l’inspiration ne quitte plus… "L’aventure se termine prématurément, mais nous ne nous laissons pas abattre, et en tirons tout ce qu’il y a de positif. Je pense que cela permettra à Jérémie d’avoir une base technique et humaine plus solide en vue du Vendée Globe (…) Et de mon côté, même si l’écriture a toujours été importante, cette fois j’ai l’impression que c’est une vraie révolution personnelle qui a eu lieu, cela va prendre une place plus importante encore dans ma vie."
Et pendant qu’Estrella Damm approche de Cape Town, où McKee et Altadill devraient s’amarrer ce soir, le trimaran Ocean 7 armé par l’équipe Delta Dore est en passe de quitter ce même port pour partir à la rencontre du monocoque privé de mât, qu’il devrait rejoindre d’ici 36 à 48 heures.

Le classement du 12/12/07 à 17h
1 PAPREC-VIRBAC 2
2 VEOLIA ENVIRONNEMENT à 122 milles
3 HUGO BOSS à 206 milles
4 TEMENOS 2 à 922 milles
5 MUTUA MADRILENA à 1631 milles
6 ESTRELLA DAMM à 2043 milles
7 EDUCACION SIN FRONTERAS à 2363 milles
ADB – PRB
ABD – Delta Dore

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