Le skipper des trimarans Groupama, revient sur les problèmes de foils que rencontre actuellement Groupama 3 : « Jeudi matin, au retour de notre sortie d’entraînement, nous avons constaté un décollement de la peau extérieure du foil tribord. Après une inspection minutieuse du foil bâbord, nous avons du admettre que ce problème de matériaux était également valable sur le deuxième foil. Dans cette histoire, la mise en oeuvre n’est pas en cause car nous sommes face à une défaillance de collage dû aux tissus utilisés » précisait Franck avant d’ajouter : « Depuis notre retour de navigation, jeudi, les équipes travaillent sans relâche pour refaire la peau extérieure des deux foils. Mais ces travaux nécessitent une semaine d’atelier »
Ce contretemps technique vient modifier les plans de la cellule météo de Groupama 3, composée de Franck Cammas, Franck Proffit, Yves Parlier et de Sylvain Mondon. En effet, depuis plusieurs jours les quatre hommes travaillaient sur un créneau qui aurait dû permettre au géant de 31,50 mètres de s’élancer dès mardi à l’assaut du Trophée Jules Verne. « Ces problèmes techniques nous empêchent de prendre la bonne fenêtre météo qui se présente mardi au large de la Bretagne. En effet, nous avions deux solutions : effectuer une réparation sommaire et prendre cette fenêtre ou, refaire les foils comme il se doit pour un Tour du Monde d’au moins 50 jours et faire une croix sur ce créneau météo. Nous avons choisi le deuxième cas de figure car les foils sont vraiment des pièces maîtresses de Groupama 3 et qu’il nous faut être à 100 % pour espérer battre le record d’Orange 2 » concluait Franck Cammas.
Comme à son habitude, le team Groupama a donc fait des choix guidés par la sagesse et le sens marin qui caractérisent ce projet depuis sa genèse.
* Il faut rappeler que Groupama 3 est le premier maxi multicoque doté de foils à s’aventurer dans les mers du Sud. Une innovation largement inspirée des multicoques Orma.
La fenêtre météo du mardi 18 décembre vue par Sylvain Mondon « C’est un créneau intéressant mais délicat. La première nuit devrait, en effet, proposer des conditions difficiles, avec une mer croisée et beaucoup de vent. Puis, pour l’heure, il existe toujours une transition à négocier au large des Canaries avec une dorsale à traverser entre l’archipel espagnol et les îles du Cap Vert. Par contre, cette fenêtre offre une descente rapide vers l’Equateur car on constate l’absence de Pot au Noir et, en théorie, ce créneau peut permettre d’atteindre le 5° Sud en 5 jours et demi … »
Magnifique victoire pour le nouveau plan Farr de Loick Peyron, construit en Nouvelle Zélande par Southern Ocean Marine. Mis à l’eau et mâté à La Trinité/mer en juillet dernier, Gitana Eighty a donc enchaîné deux courses océaniques en un mois et demi. Après une transat Jacques Vabre en demie teinte suite à un passage du Pot au Noir difficile, Loïck Peyron a remarquablement maîtrisé cette course retour entre Salvador de Bahia et Port la Forêt : alors que huit solitaires étaient encore à touche touche après l’équateur, le Baulois a parfaitement géré la traversée Sud-Nord du Pot au Noir et sortait de cette zone de calmes et de grains avec plus de quarante milles d’avance. Une avance qu’il a conservé pendant presque toute cette remontée de l’Atlantique Nord, inquiété seulement quelques jours par le retour de Marc Guillemot (Safran) et de Yann Eliès (Generali). Mais ces deux concurrents connurent des problèmes techniques plus pénalisants que ceux de Loïck Peyron… Ce dernier n’a en effet eu comme souci à bord que l’arrachement de sa girouette en tête de mât, un incident qui pourrait paraître anodin mais qui a sérieusement handicapé le skipper. Car les données vent n’étaient plus fournies à la centrale de navigation et surtout, elles ne pouvaient plus être couplées au pilote automatique. Le solitaire a donc dû être très présent sur le pont dès que la brise était variable, ce qui s’est reproduit plusieurs fois, d’abord dans les alizés de secteur Est , puis au passage des Açores, enfin lors de la zone de transition au large de l’Espagne.
Kito de Pavant deuxième
Loïck Peyron n’aura donc mis que quatorze jours neuf heures treize minutes vingt cinq secondes entre Bahia et Bretagne sur cette transat Ecover-BtoB, soit une moyenne sur ce parcours de 4 120 milles de 11,94 nœuds par rapport à l’orthodromie. Longtemps incertain, le duel des dauphins a finalement tourné à l’avantage de Kito de Pavant sur Groupe Bel, qui s’est adjugé la seconde place de cette transat Ecover-BtoB en franchissant la ligne d’arrivée à Port la Forêt à 3 heures 22 minutes 49 secondes ce vendredi, soit seulement trois heures et neuf minutes après Loïck Peyron. Une très belle preformance pour le Méditerranéen sur son tout nouveau monocoque dessiné par VPLP et Guillaume Verdier et mis à l’eau seulement quelques semaines avant le départ de la transat Jacques Vabre, en novembre. De plus, c’était la première sortie en solitaire sur ce bateau de Kito de Pavant qui a parfaitement géré sa course malgré des soucis techniques dès le départ de Salvador de Bahia. Groupe Bel a parcouru les 4 120 milles de cette transat Ecover-BtoB en 14j 12h 22′ 49” à 11,83 noeuds par rapport à l’orthodromie.
Michel Desjoyeaux 3e… mais une belle frayeur
Alors que Loïck Peyron était en approche de la ligne d’arrivée devant le sémaphore de Beg Meil, le CROSS indiquait à la Direction de Course que Foncia avait percuté un petit bateau de pêche au large de Penmarc’h! Michel Desjoyeaux n’a rien pu faire et n’a pu que constater que son outrigger sous le vent (tube en carbone qui permet de tenir le mât latéralement) était cassé. Sans pouvoir virer de bord au risque de démâter, Michel Desjoyeaux a alors choisi de naviguer légèrement au vent du cap direct pour aller sur la ligne d’arrivée devant Port-la-Forêt. Il s’y ‘est finalement adjugé la 3e place de cette Transat Ecover B to B, à 4h43 ce matin.
Les deux prochains bateaux attendus sur la ligne sont deux anciens leaders de cette transat, tous deux handicapés par des avaries qui les ont empêché de défendre toutes leurs chances dans le derniers tiers de course : le Generali de Yann Elies qui devrait prendre la 4e place vers 9h30 ce matin et le Safran de Marc Guillemot, qui s’adjugera donc la 5e place.
Les premiers mots de Loïck Peyron :
" Bien ! Belle arrivée, nocturne et fraîche… Une course très intéressante à plusieurs niveaux : d’abord parce qu’on avait tous besoin de faire une transat en solitaire sur ces bateaux là. J’avais vraiment envie de refaire du solitaire : je n’en avais pas fait depuis la première transat Jacques Vabre en 1993 ! Et puis c’est une confirmation que ces monocoques sont physiques mais en le gérant bien, on arrive à s’en sortir. Il ne faut pas se laisser dépasser par les évènements… Les ennuis peuvent venir très vite : c’est arrivé à Michel Desjoyeaux juste après mon arrivée puisqu’il a percuté un petit bateau de pêche… Et moi, la nuit dernière, j’ai bien failli faire une grosse bêtise ! Il faut passer son temps à réfléchir à ce qui va se passer et il y a beaucoup de gamberge. La bagarre s’annonce intense dans les mois qui viennent car le niveau des marins a franchement changé ! Il n’y en a pas un qui veut lâcher… Et moi non plus ! Quand on est tout seul, c’est vraiment plus compliqué et il y a beaucoup de travail. Le premier virement de bord devant Bahia, m’a pris une bonne demie heure… C’est dire qu’il ne faut pas chômer et le temps passe finalement très vite à bord puisqu’il y a toujours quelque chose à faire. Ce sont des bateaux assez durs à mener, passionnants et finalement assez véloces. Gitana Eighty est un très bon bateau, bien préparé et quand on voit que son sistership sur la Barcelona World Race, Paprec-Virbac, est en tête, cela démontre qu’il a un très bon potentiel ! "
Le podium :
1-Loïck Peyron (Gitana Eighty) en 14j 09h 13′ 25” 2-Kito de Pavant (Groupe Bel) en 14j 12h 22′ 49”, à 3h09’24” du 1er 3-Michel Desjoyeaux (Foncia) en 14j 13h 43′ 24", à 4h29’59 du 1er
Veolia va donc faire un arrêt aux Kerguelen. C’est en tous cas ce qu’annonce un communiqué diffusé à 23h15 cette nuit par l’équipe de communication à terre de Veolia Environnement qui affirme que le duo Roland Jourdain-Jean Luc Nélias va faire route vers cette terre française en plein Océan Indien. Sans préciser la nature des problèmes rencontrés à bord.
Le communiqué dit : "A 19h, heure française, Roland Jourdain contactait son équipe à terre en vue d’une escale suite à des problèmes techniques rencontrés à bord de Veolia Environnement. Au moment de l’appel, le monocoque rouge se trouvait à 200 milles au sud ouest des Iles Kerguelen et s’apprêtait à franchir en 2nde position la deuxième porte des glaces du parcours de la Barcelona World Race. L’équipe d’assistance de Veolia Environnement, actuellement en contact avec les autorités du district de l’archipel, prépare à distance l’arrivée du bateau. Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias devraient rejoindre la station de Port-aux-Français située au nord-est de l’île principale des Kerguelen demain en milieu de journée."
Espérons pour Roland Joudain et Jean-Luc Nélias que les "problèmes techniques rencontrés" ne sont pas trop graves et peuvent être gérés essentiellement par les navigateurs aux-mêmes. Car il ne faut pas s’imaginer les Kerguelen comme l’endroit idéal pour faire escale, avec grande rue commerçante bordée de shipchandlers et de voiliers…. Rien de tout cela au programme : les Kerguelen sont inhabitées, excepté donc à Port-aux-Français qui est en fait une base scientifique où vit seulement une soixantaine de personnes. Elles se relaient par missions d’hivernage, sur ces "îles de la désolation", comme le prétend leur peu engageant surnom. Pour l’anecdote, on peut aussi presque s’y sentir à la maison tout de même car là bas aussi, il y a un "golfe du Morbihan"… totalement désert et inhabité celui-là.
Veolia Environnement annonçait cette nuit "plus de précisions ultérieurement".
A suivre, donc… car côté compétition, si cet "arrêt au stand" se confirme, cela va donner un peu d’air au toujours leader Paprec-Virbac de Jean Pierre Dick et Damian Foxall. Au dernier pointage d’hier soir, Veolia était 2e à 144 milles et Hugo Boss 3e à 222 milles. Ce dernier pourrait fort bien en profiter pour récupérer la place de dauphin de cette Barcelona World Race.
Kito de Pavant : "entre le marin du siècle et le marin de l’année!"
La course : "j’ai beaucoup appris sur cette Transat. Petit à petit, j’ai gagné en confiance, je me suis laissé prendre au jeu jusqu’à entrer en bagarre avec Michel. Finir devant Michel Desjoyeaux n’est jamais simple, finir devant lui en solitaire est presqu’impossible… Comment ne pas être content, j’aurais pu être plus mal encadré sur ce podium." Le bateau : "c’est la grosse satisfaction de cette course. Groupe Bel est vraiment bien né. Il est véloce, plutôt facile à manier et fiable. Malgré une préparation très courte, je n’ai rien cassé d’important."
La fin de course : "les derniers milles étaient stressants. On a vraiment traversé un champ de mine. Il y avait des centaines de planches qui flottaient entre deux eaux, je ne sais pas combien j’en ai tapé…"
Le mot de la fin : "Je finis entre le marin du siècle et le marin de l’année. Et moi là dedans ? Je suis le marin du Sud…"
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Michel Desjoyeaux : "Le Vendée Globe va être monstrueux"
L’abordage de Foncia : « je n’ai pas eu le temps d’avoir peur. J’étais en train d’enfiler mon ciré à l’intérieur quand le choc a eu lieu. Le chalutier a ripé contre mon flanc bâbord et cassé l’outrigger sous le vent. Mais cela aurait pu être pire… La seule chose, c’était qu’il ne fallait pas que je vire avant l’arrivée. Chaque fois que je devais mettre le pilote, je le branchais sous mode vent pour éviter une claque qui aurait pu prendre les voiles à contre. »
La course : « après deux jours de course, on naviguait avec huit bateaux à vue. Ambiance Figaro… Une chose est sûre, le niveau est très élevé et sacrément homogène. Le prochain Vendée Globe va être monstrueux. »
Ses adversaires : « je ne suis pas surpris de retrouver Loïck à ce niveau. De même que Kito. On ne gagne pas un Figaro et une Transat AG2R par hasard. S’il fallait un prix du fair-play, c’est à Kito qu’il faudrait le donner. Alors qu’on est en bagarre pour la deuxième place, il prend le temps de m’appeler pour me donner les positions des saloperies qui traînent dans l’eau et qu’il vient de croiser… »
Le bateau : « je suis ravi de Foncia. Il correspond à ce que j’attendais. On a cherché à gagner en puissance et en largeur tout en restant dans les limites de ce que peut supporter un navigateur solitaire pour faire marcher au mieux sa machine. Je pense qu’on a trouvé le bon compromis. Un détail cependant : il faut que je révise mes aménagements intérieurs : il me manque un support adapté pour poser ma tasse de thé en navigation… »
Du près, du débridé, un peu de portant, puis un Pot au Noir… et de nouveau du près, du débridé et un peu de portant avant une zone de molle espagnole… et du près, du débridé pour finir… Bref, quasiment toute cette remontée du Brésil à la Bretagne s’est déroulée selon le même schéma, avec plus de 90% sur la même amure (tribord) et pratiquement les mêmes conditions météorologiques pour tout le monde, à l’exception de ces quatre derniers jours où les retardataires n’ont pas été favorisés. Et ils vont l’être encore moins pour cette fin de semaine ! Mais ce qu’il faut aussi retenir, c’est le grand nombre d’avaries sur tous les bateaux, à l’exception de celui de Samantha Davies (Roxy), et ces problèmes techniques concernent presque tous les postes : gréement (démâtage de Brit Air, étai cassé sur Maisonneuve), voiles (focs délaminés sur Generali, voiles perdues sur Maisonneuve et Spirit of Canada), appendices (quille bloquée pour Safran), électronique (girouette arrachée sur Gitana Eighty), ballasts (Groupe Bel, Akena Vérandas, Ecover), drisse (Cervin EnR), moteur et pilotes (Ecover), blessure (main infectée pour Jean-Baptiste Dejeanty) et même abordage (percution de Foncia avec un bateau de pêche)…
Après les calmes, la tempête
Et bien que handicapés plus ou moins sensiblement, les hommes du trio de tête n’ont pas chômé et les écarts sur le podium restent tout à fait réduits : au final, le vainqueur n’a mis qu’une journée de plus que le temps de référence de la transat Jacques Vabre (2005 : 13j 09h 19′), course majoritairement courue au vent portant ! C’est dire si ces nouveaux prototypes conçus pour le prochain Vendée Globe ont encore gagné en performance et en puissance… Mais toutes les équipes techniques auront du travail cet hiver pour fiabiliser les machines et optimiser la vie à bord car les navigateurs ne cachaient pas que le confort est plus que portion congrue sur ces 60 pieds qui tapent énormément contre le vent. 14j 09h 13′ 25” pour Loïck Peyron (Gitana Eighty), c’est aussi plus de deux jours de moins que la précédente course retour entre Bahia et La Rochelle en 2003 que Mike Golding avait remportée en 16j 14h 24’… Bref, le rythme a été particulièrement soutenu et aucun des solitaires n’a imaginé réduire l’allure pour simplement se qualifier pour le Vendée Globe…
Derrière ce triumvirat (Loïck Peyron, Kito de Pavant, Michel Desjoyeaux) qui faisait bel effet lors de la conférence de presse organisée à Port la Forêt vendredi à 10h00 juste avant l’inauguration de la nouvelle zone d’accueil des grands tirants d’eau dans un bassin creusé spécialement, Yann Eliès (Generali) réalise un très beau parcours pour sa première transatlantique en solitaire. A suivre, Marc Guillemot (Safran) peine un peu pour remonter contre le vent vers la Bretagne, et son arrivée est programmée vers 21h00, et Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) lui concède toujours 60 milles (ETA : 3-5h00 samedi). Mais c’est vers la queue de la flotte que les regards se tournent car les trois anglo-saxons vont se faire très fermement secoués après une période de vents faibles qui dure depuis quatre jours ! Une dépression très active arrive de Terre-Neuve et passe sur les Açores dimanche soir : il faudra alors que ces trois concurrents filent le plus vite possible vers le Nord-Est pour éviter une mer très grosse et des vents de secteur Sud supérieurs à quarante nœuds en avant du front. De plus, la traversée du golfe de Gascogne ne va pas être de tout repos avec un flux d’Est très froid (températures inférieures à zéro) et très musclé (plus de 35 nœuds). Du vent contraire, une mer très dure, un temps glacial : tous les ingrédients sont réunis pour que Dee Caffari (Aviva), Derek Hatfield (Spirit of Canada) et Rich Wilson (Great American III) soient violemment ballottés par les flots !
Arrivées à Port la Forêt : 1-Loïck Peyron (Gitana Eighty) en 14j 09h 13′ 25” 2-Kito de Pavant (Groupe Bel) en 14j 12h 22′ 49”, à 3 heures 09 minutes 24 secondes du premier 3-Michel Desjoyeaux (Foncia) en 14j 13h 43′ 24", à 4 heures 29 minutes et 59 secondes du premier 4-Yann Eliès (Generali) en 14j 19h 22′ 02”, à 10 heures 07 minutes 37 secondes du premier
Loïck Peyron (Gitana Eighty) : vainqueur de la transat Ecover-BtoB " C’était un départ superbe devant Bahia et les transats Sud-Nord sont finalement assez intéressantes. Surtout quand il y a un plateau de coureurs de ce niveau-là ! C’était assez agréable de se retrouver tout seul avec un bel objectif : il y a un dialogue qui s’installe tout doucement entre le skipper et le bateau… La bagarre a été intense sur des bateaux certes complexes mais qui restent finalement maniables : il faut juste bien anticiper les problèmes… "
Kito de Pavant (Groupe Bel) : second à 3 heures 09 minutes 24 secondes du premier " J’étais un peu angoissé au Brésil parce que c’était ma première transat en solitaire sur ce type de bateau. Mais au fil des milles, j’ai commencé à prendre confiance en moi. En tous cas, les bateaux sont validés parce qu’après la Jacques Vabre en bâbord amures, on n’a fait que du tribord amure pour revenir ! Je suis très content du résultat… "
Michel Desjoyeaux (Foncia) : troisième à 4 heures 29 minutes et 59 secondes du premier " Je venais de me réveiller et je n’ai pas eu le temps de me poser de questions : j’ai entendu un grand bruit de carbone cassé et j’ai senti que j’avais touché quelque chose… Un chalutier d’une douzaine de mètres. J’ai tout de suite vu sous le vent que l’outrigger qui tient le mât avait été rompu ! Je savais alors que je ne pourrais plus virer de bord. Pas de dégâts humains et j’ai pu aller sur un bord jusqu’à la ligne d’arrivée. "
Yann Eliès (Generali) : quatrième à 10 heures 07 minutes 37 secondes du premier " C’était bien pour une première transat en solitaire. Les conditions ont été propices aux performances du bateau et le résultat est correct ! Mis part les voiles, c’était un bon test et une bonne mise en bouche avant le Vendée Globe… "
Mike Golding (Ecover) " J’ai eu beaucoup de problèmes ! Le plus gros était le moteur qui perdait de l’huile… Difficile d’avoir de l’électricité et j’ai dû terminer à l’huile d’olive ! Ensuite avec mes pilotes automatiques qui ne marchaient pas bien et je suis parti plusieurs fois en vrac à cause de ça. Ce fut très difficile d’arriver aux Canaries mais le bateau est vraiment bien. "
Armel Le Cléac’h (Brit Air) " Cela fait neuf jours que j’ai démâté et je m’approche enfin de l’archipel du Cap Vert. Il me reste cinquante milles et j’y serai ce soir. Je n’ai toujours pas trouvé les raisons de cet incident mais ça va me faire du bien de toucher terre… "
Marc Guillemot (Safran) " Il y a un peu d’impatience à bord de Safran ! Surtout avec ces températures plus que fraîches… Là, j’ai 17-20 noeuds mais le vent est passé à l’Est et j’atterris sur Penmarc’h : je vais devoir tirer des bords jusqu’à l’arrivée… Du près, toujours du près et une ETA vers 20h00… "
Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) « Un peu de près serré pour le bouquet final. Ça tape, ça plante des clous et ça n’avance pas très vite, d’accord, mais ça avance sûrement et pour l’instant sur la route, donc tout va bien. Bravo à Loïck et je serai très content d’arriver à mon tour. Je vais devoir tirer un contre bord pour rejoindre Port La Forêt, donc, on se voit au petit matin… Fait et plus à faire, parce que ces qualifications légitimes et obligatoires sont souvent un peu lourdingues à caler dans nos programmes. Quand ? Quoi ? Où ? Cette transat retour du Brésil était une opportunité idéale. Pour moi, elle s’est jouée en second rideau pratiquement dès le départ. En étant contre le vent, Cheminées Poujoulat a, pour le moment, un déficit de vitesse par rapport aux bateaux plus récents et plus puissants, même si le podium sur la Transat Jacques Vabre nous a rassurés sur le potentiel de Cheminées Poujoulat. Nous avions identifié ce trou de vitesse dès le tour des îles britanniques en juin quand nous avons pris ce nouveau bateau. Très vite après mon arrivée en Bretagne, nous attaquons un gros chantier de plusieurs mois sur le gréement, les appendices, le poids, l’ergonomie générale, les ballasts… Bref, un programme de taille que nous allons pouvoir honorer sereinement, une fois cette qualification faite. »
Derek Hatfield (Spirit of Canada) " Ca va bien même s’il n’y a pas trop de vent : 5-6 noeuds mais la brise commence à s’installer de Sud-Est. Les calmes de ces derniers jours ont été terribles ! Maintenant, la mer est plate, le ciel est bleu, le température est élevée et je fais route directe vers Port la Forêt… En espérant qu’il n’y aura pas trop de vent ! "
Samantha Davies (Roxy) "Toujours une belle bagarre avec Yannick. Ca marche fort en ce moment à 18 noeuds sous gennaker, trinquette et grand voile dans un flux de Sud. Parfaites conditions mais il faut en profiter parce que la fin sera longue et très froide. Je devrais arriver dimanche soir ou lundi matin… "
Alors que le trimaran IDEC flirte avec les Cinquantièmes hurlants, entre les Kerguelen et le Cap Leeuwin (à 750 milles devant les étraves), c’est un Francis Joyon en pleine forme qui répondait à la vacation ce vendredi, au terme de son 21e jour de course. En pleine forme et n’hésitant pas à manier l’humour pour faire état de sa situation. « Oh, et bien disons que je ne suis plus habitué à n’avancer qu’à 15, 17 nœuds et ça me fait tout drôle de ne plus voir le bateau entièrement recouvert par les embruns »… Pas du tout inquiet par le petit « tricotage » qu’il doit faire en cette deuxième moitié d’Océan Indien et toujours très serein. Il faut dire que le ralentissement d’aujourd’hui n’est que temporaire. Francis Joyon explique : « ça ne va durer qu’une journée. En ce moment je me positionne pour le vent à venir en faisant un petit contre-bord vers le sud, mais je vais retrouver du vent dans 24 heures et de nouveau galoper… » En apprivoisant les pétrels… Galoper. Encore et encore. Après tout, cette journée d’aujourd’hui est peut-être une bénédiction aussi ; en ce sens qu’elle permet au marin de souffler un tant soit peu, de s’occuper de la machine, de prendre du plaisir aussi. « Je n’étais jamais passé aussi près des Kerguelen », raconte Francis, « et j’ai de la chance car normalement on ne voit jamais le soleil dans le grand sud, c’est toujours brumeux, avec du crachin… mais là j’ai même eu droit à un petit rayon de soleil et des centaines de pétrels m’accompagnent. C’est sympa, c’est vivant, j’essaie de les apprivoiser avec un sifflet que je me suis fabriqué mais pour l’instant je n’y suis pas encore arrivé …»
Ainsi va Francis Joyon, l’homme qui « marche avec ses rêves », le marin qu’on n’a pas encore entendu se plaindre une seule minuscule fois depuis 21 jours : ni du froid ni de son bateau, ni de la fatigue, ni de rien d’ailleurs… Son moral ? La question est presque incongrue : « le moral est bon, merci, le bateau est en bon état tu vois… j’ai fait ma petite révision, renforcé des points d’amarrage de gennaker, des points de ragage et voilà… c’est reparti pour un tour… »
C’est reparti pour la suite du tour, donc. Il est vrai qu’à en croire le navigateur d’IDEC, les perspectives à court et moyen terme n’incitent pas à la mélancolie. Dès dimanche, peut être avant, IDEC va boucler le parcours historique entre les deux caps en plus ou moins 7 à 8 jours… c’est à dire peu ou prou aussi vite que le temps d’Orange II en équipage, qu’on pensait imbattable. C’est à dire aussi deux ou trois jours de mieux sur cette portion que le chrono à battre d’Ellen MacArthur. La suite ? « Les perspectives à 4 et 5 jours ne sont pas défavorables : il y a un risque de dépression se creusant dans le mauvais sens mais ce risque est assez faible ». Conclusion ? « on devrait pouvoir enchaîner, dans des vents restant toujours plutôt de secteur nord-ouest ». Voilà. Limpide. Il suffit d’enchaîner. La voile est un sport simple.
La course est finie pour Estrella Damm Ainsi, après les retraits de PRB (8 décembre) et Delta Dore (11 décembre), tous deux victimes de leur mât, c’est au tour d’Estrella Damm de jeter l’éponge. Le bateau rouge skippé par Guillermo Altadill et Jonathan Mc Kee s’était détourné vers Cape Town (Afrique du Sud) le 9 décembre pour cause de safrans cassés. Ce matin, le tandem a annoncé son retrait officiel de la course et ce pour plusieurs raisons. Si la réparation des safrans a bien été effectuée, le bateau souffre de multiples soucis techniques (moteur, voiles endommagées) et Guillermo Altadill ne voulait reprendre la mer qu’à bord d’un bateau fiabilisé. L’équipage souhaitait également tester la réparation de son système de barre avant de retrouver le chemin des cinquantièmes hurlants. Or, ce test n’aurait pu être réalisé dans des délais raisonnables et le tandem serait alors reparti avec plus de 2500 milles de retard sur la tête de course… sachant que leur objectif était de monter sur le podium à Barcelone. L’autre raison invoquée est la sécurité, liée au mauvais temps qui sévit actuellement au large de Cape Town…
Arrêt au stand pour Veolia Environnement Hier soir, on apprenait également que le plan lombard skippé par Roland Jourdain et Jean Luc Nélias se détournait vers les Kerguelen pour y faire une escale technique. A 15h35 (heure française) ils étaient amarrés à Port-aux-Français, une station située au nord-est de l’île principale des Kerguelen… dans une grande baie appelée « Golfe du Morbihan » ! Apparemment, ce sont des problèmes de moteur qui ont poussé l’équipage à s’arrêter. Ils vont donc procéder aux travaux nécessaires mais doivent respecter une pénalité de 12 heures avant de pouvoir reprendre la mer.
Vitesse et atmosphère glaciale Côté course, Paprec-Virbac 2 s’approche du 55e degré de latitude. Jean Pierre Dick et Damian Foxall sont en effet obligés de plonger dans le sud pour éviter une zone de vents faibles à l’arrière d’un front. Leur vitesse, toujours très élevée cette nuit (autour de 18/19 noeuds) a d’ailleurs légèrement chuté aujourd’hui. Mais cette descente vertigineuse n’est que provisoire car ils doivent respecter la 3e porte de sécurité australienne, située vers le 47e sud. En attendant, le froid est toujours aussi mordant dans ces parages : à bord, le moindre mouvement prend de l’énergie et du temps tandis que les couches de polaires s’accumulent des pieds à la tête. Avec la température de l’eau qui descend inexorablement, le danger des glaces reste permanent.
‘Profitant’ des ennuis de Veolia Environnement, les hommes en noir d’Hugo Boss occupent désormais la place du dauphin, 244 milles derrière le duo franco-irlandais. A leur tour, ils devront certainement descendre en latitude pour ne pas être ralentis.
Loin derrière, Temenos II (à 1122 milles) et Mutua Madrileña (à 1873 milles) sont eux aussi en plein 50e hurlants. Ces deux concurrents continueront de progresser ce week-end dans des vents plus musclés que la tête de course. Dans un message, Javi Sanso et Pachi Rivero nous décrivaient les conditions à bord : « Vent 28 à 35 noeuds… grains de neige. Température de l’eau à 0,67 degrés, air à 2 degrés à l’extérieur, 6 à 7 degrés à l’intérieur. Nous avons le radar allumé 24 heures sur 24 pour surveiller d’éventuels icebergs sur la zone. Ce matin, au cas où, nous avons fermé tous les compartiments étanches… ».
Enfin, Educacion Sin Fronteras ne devrait plus tarder à passer la porte 4 (Bonne Espérance). Sous spi, l’équipage se régalait dans les surfs et demeurait le plus rapide de la flotte en fin de journée.
Une nouveauté Harken 2007-2008 : le Système Battcars C CB incluant la technologie approuvée de roulements à billes captives (CB). Les guides en fil d’acier inoxydable assurent la recirculation en douceur des billes et les maintiennent captives. Le Système C offre des roulements à billes à circulation libre et des chariots monoblocs en aluminium anodisé Hardkote, qui facilitent l’entretien, l’endraillage, accélèrent le hissage, l’affalage et les prises de ris dans n’importe quelles conditions ! Les plaques de têtière Web On à sangle en aluminium facilitent la pose du système par les maîtres voiliers, les rails se montant de plus sur la plupart des mâts à l’aide d’un système exclusif de manchons qui permet l’installation sans démâtage ni perçage. Les chariots sont fournis avec un goujon fileté Ø 12 ou 14 mm qui correspond à un grand nombre de réceptacles de latte. Pour dégréer la grand-voile, appuyez sur le bouton de déverrouillage, extrayez la goupille captive et dégréez la voile. Tout ceci pour les bateaux de 60 à 90′. Wild Oats XI, Océans Leopard 3 et Skandia en sont déjà équipés ! Plus de renseignements quand à l’adaptation de ce système sur votre bateau chez votre maître voilier ou chez Harken France.
Ainsi que Francis Joyon l’expliquait hier, faisant écho aux propos de son conseiller météo à terre Jean Yves Bernot, c’est une seconde partie de l’Océan Indien plus stratégique qu’aborde à présent le maxi-trimaran IDEC. Entre l’archipel des Kerguele – paré hier en boulet de canon, record du monde des 24 heures pulvérisé (616,07 milles) – et le continent Australien évolue un vaste système de hautes pressions qu’il convient de contourner par le Sud.
20 jours de sprint
On devrait ainsi voir la grande flèche rouge incurver peu à peu sa trajectoire et gagner les 50 degrés de latitude sud, le jeu pour Francis consistant à glisser sous l’anticyclone pour aller retrouver le plus vite possible des vents de Nord Ouest. Après avoir tenu tête 5 jours durant à ce front dépressionnaire qui lui a imposé une folle course poursuite depuis le passage à Bonne Espérance, Francis va à la fois pouvoir lever le pied physiquement en se ménageant de plus longues tranches de repos, tout en restant extrêmement concentré à l’évolution de son baromètre. On l’aura compris, après avoir craint les colères d’Eole, c’est jusqu’au cap Leuwin à la pointe occidentale de l’Australie, aux pièges anticycloniques et à leurs calmes que Francis doit dorénavant veiller. Sa vitesse de la nuit, moins débridée qu’hier, demeure très élevée, à plus de 24 noeuds de moyenne cette nuit, soit des journées comptables à plus de 578 milles. Leuwin est encore à plus de 1 500 milles. Ellen Macarthur en avait atteint la longitude au terme de 29 jours, 14 heures , 5 minutes de course. Francis Joyon, lui en terminera à 11 heures avec son 20e jour de sprint. Il y a de la marge donc, les quatre jours d’avance à Bonne-Espérance étant toujours pour l’instant dans l’escarcelle d’IDEC.
Ce sont les derniers milles, pas forcément les plus agréables même si pour Loïck Peyron (Gitana Eighty), ce sont ceux qui vont marquer sa première victoire sur ce plan Farr dédié au Vendée Globe. Une victoire annoncée qui a peu de chances d’être mise en ballottage puisque le skipper possède plus de quarante milles sur son poursuivant immédiat, Kito de Pavant (Groupe Bel) alors qu’il ne reste que 150 milles à parcourir… Celui-ci est en revanche moins assuré de sa place de dauphin, bien que celle-ci commence à se construire : Michel Desjoyeaux (Foncia) n’est qu’à seize milles de son tableau arrière et le vent qui est actuellement de secteur Sud-Est dans le golfe de Gascogne doit tourner à l’Est en fin de journée, ce qui obligera ces deux solitaires à tirer des bords pour terminer cette transat Ecover-BtoB. Et qui dit louvoyage, dit plus de possibilité de refaire son retard à l’occasion d’une bascule de vent ou d’un courant de marée favorable. D’accord les chances sont faibles mais reste la parabole marine : " ne préjugeons de rien tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie… "
Les échelons du final
Sans "plomber" une course qui a démontré tout son intérêt pour les solitaires, leurs équipes techniques et surtout le public, il y a désormais peu d’opportunités pour les navigateurs de bouleverser la hiérarchie ! Tous vont bénéficier des mêmes conditions météorologiques qui s’annoncent comme un flux de secteur Sud entre les Açores et la péninsule ibérique, une petite phase de transition au large du cap Finisterre, et une brise d’Est pour traverser le gofe de Gascogne. Donc pas franchement de manoeuvre, pas franchement d’options de route, pas franchement de possibilités de refaire son retard. Ainsi, Derrière Kito et Mich’, qui devraient arriver à Port la Forêt trois heures et cinq heures plus tard que le vainqueur annoncé, Yann Eliès (Generali) semble assuré de la quatrième place en franchissant la ligne vendredi midi, puis Marc Guillemot (Safran) le suivra à la tombée de la nuit… Et il faudra patienter jusqu’à samedi matin pour accueillir Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) qui a réalisé un superbe parcours sur le premier plan Farr conçu pour le Vendée Globe.
En revanche, l’intérêt va se tourner vers le duel Yannick Bestaven (Cervin EnR) et Samantha Davies (Roxy) car là, il y a un réel match à 1 000 milles de l’arrivée : les deux solitaires ne sont pas éloignés de plus de dix milles depuis plus de quatre jours et ils vont pouvoir s’exprimer pleinement dans des conditions plus musclées : du portant dans la brise entre les Açores qu’ils viennent de dépasser, et la pointe espagnole. Une belle journée en perspective entre l’ex-Aquitaine Innovations et l’ex-PRB… Pour les suivants, la fin de course ne sera pas de la même couleur car les écarts sont tellement conséquents que le moral va en prendre pour son grade ! L’objectif sera essentiellement de boucler cette transat qui sert de parcours de qualification pour le Vendée Globe, sans agraver la situation à bord. Tous connaissent ou ont connu des problèmes techniques, et il faut avant tout "rentrer à la maison" pour préparer le chantier hivernal. Avec plus de 1 200 milles d’écart, les trois derniers concéderont au minimum cinq jours de décalage devant le sémaphore de Beg Meil par rapport au premier, Loïck Peyron, attendu entre minuit et 4h00 du matin devant Port la Forêt… Bigoudènes et Cornouaillaises, à vos cassettes !
Armel Le Cléac’h (Brit Air)
« Ca fait aujourd’hui exactement une semaine que Brit Air a démâté. Depuis, je vis mon opération retour sur terre tant bien que mal, pas à pas. J’avais rapidement pu mettre en place un gréement de fortune afin de stabiliser le bateau et avancer un peu plus vite. J’ai ainsi parcouru environ 400 milles (près de 750 kms) en une semaine… mais contre vents et courants, mon rapprochement vers les îles du Cap Vert était finalement nul ! Tout a changé depuis hier soir et mon ravitaillement… Dès le démâtage, mon équipe technique et Brit Air ont tout mis en œuvre pour faciliter mon retour. Ils ont remué ciel et terre pour trouver une solution. Entreprise difficile car la région n’est pas particulièrement fréquentée. Mais les Morlaisiens ont de la suite dans les idées et c’est finalement de Bretagne Nord qu’est venue la solution : Akela, un 50’ de croisière basé à Morlaix et skippé par Yann De Kerdrel était justement en escale technique au Cap Vert. Il a très gentiment accepté de venir à ma rencontre pour me ravitailler en vivres et carburant. Akela et son équipe sont partis dimanche matin de l’ile de Sal et c’est mardi soir juste avant le coucher du soleil que nous avons pu faire la jonction. Le transbordement a duré environ 1h30 et n’a pas été si simple car il y avait un peu de mer. Hier soir c’est comme si j’avais eu droit à la visite du Père Noël ! Au milieu de l’océan atlantique, il passe le soir du 11 décembre. il était sur un 50’ jaune avec un spi rouge. Il m’a offert 520 litres de gasoil, 40 litres d’eau, 8 oranges, 8 pommes, 15 crêpes fraiches, un cake aux fruits et il m’a prêté trois bouquins ! Plus sérieusement, au-delà du ravitaillement lui-même, ça fait vraiment du bien de voir du monde… En plus, Akela est un bateau que je connais bien : il faisait l’assistance sur la Solitaire du Figaro et je l’avais revu il y a peu de temps lors du Trophée Tresco. Nous avons échangé de tout cela avec Yann et son équipage, c’était sympa. La nuit tombant et le ravitaillement achevé, Akela a poursuivi son chemin vers les Antilles tandis que je pouvais enfin démarrer mon moteur et faire route en direction de Sao Vincente. Grâce à leur aide, j’avance maintenant réellement : j’ai parcouru 60 milles en direction du Cap Vert depuis mardi soir, je progresse lentement, mais sûrement. Surtout, j’envisage vraiment désormais la fin de ma galère…»