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Départ de nouveau repoussé pour Groupama 3

Groupama 3 pulvérise le record Miami-New York
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En stand-by depuis le 6 décembre, Franck Cammas et ses hommes avaient effectué une dernière sortie de mise au point pendant le Salon Nautique de Paris pour confirmer l’embarquement d’Yves Parlier, comme navigateur, et valider une dernière fois Groupama 3. Et c’est à cette occasion qu’ils avaient constaté un problème de stratification sur les foils. Un chantier d’une semaine suffisait à solutionner le problème dû à une mauvaise accroche des tissus carbone extérieurs sur l’âme en mousse.
Contraint de laisser passer un créneau de départ (celui choisi par Thomas Coville pour s’attaquer à son tour du monde en solitaire), ce n’est qu’à l’approche de Noël qu’une nouvelle opportunité se présentait… Une possibilité qui ne s’avérait finalement pas bonne car l’objectif pour une tentative sur le Trophée Jules Verne est d’abord de s’assurer que la descente entre Ouessant et l’Equateur va permettre de gagner des heures sur le temps de référence établi par Orange II en 2005 (50 jours 16 heures 20 minutes).

L’hémisphère Sud en cinq jours ?

Avec les analyses météorologiques disponibles actuellement, il est possible de prévoir avec une très bonne fiabilité une trajectoire optimale sur une semaine. Or Bruno Peyron et son équipage avaient mis 7 jours 2 heures 56 minutes pour atteindre l’Equateur alors que, lors de sa tentative infructueuse en 2003, Géronimo avait franchi la ligne de changement d’hémisphère en 6 jours 11 heures 26 minutes… Avec un bon enchaînement météorologique, Groupama 3 peut espérer descendre sous la barre des six jours ! La « fenêtre » du 3 janvier offrait une belle ouverture, avec l’installation éphémère d’une dépression centrée sur Biarritz provoquant un flux de secteur Est 15 nœuds sur la pointe de la Bretagne. En contournant ces basses pressions, Groupama 3 pouvait très rapidement attraper un flux de Nord-Ouest au large du golfe de Gascogne et atteindre les Canaries en deux jours ! Mais le centre de basses pressions s’est désagrégé avant d’arriver sur l’Europe, dissipant toute chance de proposer une situation intéressante pour attraper rapidement les alizés africains…
Une situation que Franck Proffit exposait aux équipiers dans le mail du matin : « Code rouge … la fenêtre du 3 janvier s’est refermée. Le centre de la dépression reste dans l’Ouest, au large de Ouessant et grossit sur tout le golfe de Gascogne. Cela fait un départ au près… pas propice au record. La mer est toujours très forte et dans cette configuration nous arrivons trop tard sur Saint Hélène pour passer. Nous sommes désolés pour les voyageurs (Jan et Ronan de retour d’Afrique du Sud et du Brésil ndlr), mais nous n’avions pas trop le choix… C’est la vie des chasseurs de records ! » Le programme de Groupama 3 reste établi pour les premiers jours de l’année : étude fine des prévisions avec l’expert météo à terre, Sylvain Mondon, en attendant une nouvelle ouverture, prochainement…
Franck Cammas ajoute : « Nous sommes en stand-by depuis près d’un mois, même s’il a été repoussé pendant une semaine à cause des foils. Tout est arrangé maintenant. Le fait de partir en début d’année est plutôt favorable pour l’enchaînement des phénomènes météo avec l’été austral et donc des nuits courtes : presque toutes les autres tentatives sur le Trophée Jules Verne se sont élancées en janvier ou février… Nous sommes donc dans les temps et plus motivés que jamais! »

L’équipage « Jules Verne » de Groupama 3 :
Chef de quart – barreur : Franck Cammas (Skipper), Franck Proffit, Stève Ravussin
Deuxième Barreur : Frédéric Le Peutrec / Loic Le Mignon / Sébastien Audigane
N°1 : Ronan Le Goff / Jan Dekker / Jacques Caraës
Navigateur : Yves Parlier
Expert météo à terre : Sylvain Mondon (Météo France)

Les chiffres à retenir:
Trophée Jules Verne : 21 760 milles, au départ d’une ligne définie virtuellement entre l’île de Ouessant et le Phare du Cap Lizard (Angleterre). Tour du Monde en équipage en laissant à bâbord les Caps de Bonne Espérance, Leeuwin, Horn.
Temps à battre : 50 jours 16 heures 20 minutes et 4 secondes – Vitesse moyenne : 17,89 noeuds. Record détenu par Bruno Peyron, à bord du maxi catamaran Orange II, depuis mars 2005

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IDEC entre anticyclone et dépression

idec
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« C’est marrant de voir que Thomas (Coville) et moi utilisons la même dépression, mais pas dans le même sens ». Symboliquement, la journée est importante à bord d’IDEC. D’abord, la route de Francis Joyon « croise » donc – à distance – celle de son concurrent Thomas Coville, qui, lui, fait route sur le cap de Bonne Espérance et entre dans les Qurantièmes Rugissants au moment où Francis Joyon s’apprête à en sortir. A cet instant de son parcours, Sodeb’O a un jour d’avance sur le chrono d’Ellen MacArthur mais quatre jours de retard sur IDEC.
Pour Francis Joyon, cette journée du 2 janvier 2008 est aussi celle qui achève son quarantième jour de solitude en mer à la poursuite du record du tour du monde. Et IDEC est déjà à la latitude du nord de l’Argentine… alors que par comparaison, au 40e jour de sa tentative de 2004 il était encore au beau milieu du Pacifique, tout comme Ellen MacArthur un an plus tard. Ce mercredi midi, IDEC conserve d’ailleurs 3400 milles nautiques d’avance – soit près de 6300 kilomètres – sur le chrono de référence de la navigatrice britannique.

Aller chercher les vents d’Est

La situation météo des deux jours à venir est néanmoins un peu plus complexe que ne l’évoquent ces chiffres : IDEC doit en effet faire sa route entre deux systèmes dans l’Atlantique Sud, et devra passer par des vents plus faibles avant d’atteindre les vents d’est, plus stables « d’ici 2 à 4 jours », prédit Francis Joyon. Le skipper du maxi trimaran rouge explique : « actuellement, j’ai 25 nœuds de vent portant dans une mer un peu confuse. J’ai bien marché ces deux derniers jours, avec des distances parcourues de l’ordre de 450 milles, mais en étant parfois obligé de faire plus d’Est que de Nord. Et je vais de toutes façons vers des zones où il y a moins de vent, car je dois naviguer dans un couloir entre un anticyclone à ma gauche et une dépression à ma droite. Je dois monter entre les deux.»
Deux solutions pour cela : ou bien continuer à faire une route dans l’Est pour tenter de longer l’anticyclone, ou bien se résoudre à traverser celui-ci. « La décision va être prise avec Jean-Yves Bernot (le météorologue-routeur d’IDEC) dans les heures qui viennent », indique Francis Joyon, « elle sera dictée par la vitesse de déplacement de l’anticyclone ». Et jusqu’ici, « nous sommes toujours arrivés à un consensus efficace entre Jean-Yves et moi ».
A bord d’IDEC, Francis Joyon s’attend donc à 48 à 96 heures un peu plus délicates que les grandes chevauchées à 500 milles par jour. C’est loin d’être rédhibitoire dans la perspective du record, compte tenu de l’avance engrangée par IDEC. Et derrière, il y a ces fameux vents d’Est, beaucoup plus stables : « l’idée c’est de gagner dans le Nord pour faire le raccord avec les vents d’Est, et être ensuite dans un système durable qui permet de monter jusqu’au Pot au Noir », confirme Francis Joyon.

Côté matériel, les réparations effectuées par le marin trinitain (deux jonctions chariot/grand’voile) tiennent le coup et le skipper d’IDEC n’est pas inquiet à ce sujet. Côté humain, Francis a pu enfin recharger les accus, après une dernière semaine très éprouvante pour l’organisme, entre la veille aux icebergs et le délicat passage du Horn : « j’ai bien récupéré depuis la venue du vent portant. Il y a tout de même eu un moment complètement confus cette nuit avec le vent qui partait dans tous les sens, où je n’arrivais pas à trouver un équilibre au bateau… mais à part ça j’ai quand même réussi à me reposer et ça va, oui.» Cela va tellement bien que pour son réveillon de la Saint Sylvestre, Francis Joyon a réussi à respecter sa tradition personnelle de la charlotte aux fraises maison. Raconter l’épisode le fait bien rire, d’ailleurs : « ma charlotte aux fraises du nouvel an n’a pas été grandiose. Avec uniquement des ingrédients déshydratés, c’était un peu délicat ! J’ai malgré tout réussi une espèce de magma… c’était tout a fait comestible, mais beaucoup moins joli que ce qu’on voit dans les vitrines des boulangeries ! » Il est comme ça, Francis Joyon. A 20 nœuds dans les Quarantièmes, seul sur un multicoque de 30 mètres qui vibre de toute sa vitesse, il trouve le moyen de se confectionner une charlotte aux fraises. Ce marin-là est décidément désarmant

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Coups de vent au menu sur la Barcelona

Jean-Pierre Dick qualifié
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Après avoir passé la nuit dans un véritable « champ d’icebergs » Paprec-Virbac 2 est sorti, pour l’instant, de la zone dangereuse : « C’était une route risquée, mais nous n’avions pas le choix. Nous ne pouvions faire autrement que de plonger si Sud », expliquait Jean-Pierre Dick à la vacation. De fait, Javier Sanso, interrogé sur sa stratégie à venir une fois le détroit de Cook franchi, prévoit de faire peu ou prou la même trajectoire que Paprec-Virbac 2 : « nous allons descendre jusqu’au 57e Sud puis remonter au 54e pour aller chercher du vent. »
Les icebergs et leur traîne de growlers font bel et bien partie du jeu stratégique d’un tour du monde à la voile. Il faut "faire avec" ces pièges fantômes, parfois détectés, parfois non, par le radar. « C’est vrai que cela nous fait peur, mais c’est le jeu ! », confirme le skipper de Mutua Madrilena.

Une dépression pour Hugo Boss…

Cet inquiétant mais lucide discours est conforté par la situation stratégique délicate dans laquelle s’est engagé Hugo Boss. Après avoir contourné des hautes pressions par une route Nord, Alex Thomson et Andrew cape se retrouvent à nouveau avec un système météo sur leur route. Il s’agit cette fois d’une dépression. Le système arrive vite et fort et, dans le Pacifique, ce type de situation n’est pas des plus réjouissant, pour les hommes comme pour le matériel. Comme toujours, ce n’est pas tant le vent mais la mer qui est redoutée dans ces cas là. Surtout dans ces contrées sans terres où les vagues sont reines.

… puis pour Paprec-Virbac 2

Ces basses pressions pourraient ensuite se décaler sur la route de Paprec-Virbac 2 dès vendredi : « le premier coup de vent est prévu pour le 4 janvier, mais ce ne sera pas forcément le plus fort de tous. C’est de toute façon difficile à dire. Les fichiers sont rarement d’accord selon les sources, et les systèmes météo évoluent très vite ici. Cela rend les décisions stratégiques compliquées, d’autant qu’il faut réfléchir sur le long terme pour maintenir sa position le plus longtemps possible », explique le skipper de Paprec-Virbac 2. Dans l’immédiat, l’objectif de Jean-Pierre Dick et Damian Foxall reste toujours le même : « passer la porte des glaces (passage prévu demain). Après, on verra ! » Malgré toutes ces interrogations et le « stress de l’iceberg », le moral reste bon à bord de Paprec-Virbac 2 : « tout va bien, nous avons profité de la mer calme pour nous reposer. Le bateau glisse sans trop de bruit. nous avons également pu checker le mât, les drisses et procéder à quelques petites réparations : nous sommes prêts pour les coups de vent à venir ! »

Mutua Madrilena au détroit de Cook

Mutua Madrilena est attendu dans le détroit de Cook la nuit prochaine pour un passage au large de Wellington demain matin (heure française). Javier Sanso dégustait ce moment à l’avance: « C’est une page qui va se tourner dans notre course autour du Monde ! Après Cook, nous entrons dans le Pacifique et ferons route vers le Cap Horn. Pour l’instant, nous dégustons avec plaisir la proximité de la civilisation. Nous allons prendre beaucoup de photos dans le détroit : c’est un endroit magnifique ! »
Pour Educacion sin Fronteras, bonne glisse au programme : toujours environ 600 milles dans le sillage de Mutua Madrilenal, Servane Escoffier et Albert Bargués glissent sous spi avec bonheur vers les côtes néozélandaises : « On a 15-17 noeuds de vent, c’est sympa ! Ca fait du bien de prendre un peu de repos et je me suis même lavé les cheveux», raconte Servanne. Dominique Wavre et Michèle Paret, eux, ont mis pied à terre hier soir (heure française) à Wellington. Après des réconforts terriens immédiats (douches et repas frais), ils se seront très certainement attelé dès que possible à l’expertise de leur quille. Pendant ce temps, au Cap Leeuwin, Jean-Luc Nélias, filmé par Roland Jourdain, a franchi le mythique cap australien…à pied. Il fallait oser.

Classement du 2 janvier à 13h

1. PAPREC-VIRBAC 2 à 9135 milles de l’arrivée
2. HUGO BOSS à 850 milles du premier
3. TEMENOS II à 2163 milles du premier (en escale à Wellington)
4. MUTUA MADRILENA à 2363 milles du premier
5. EDUCACION SIN FRONTERAS à 2959 milles du premier
ABD. VEOLIA ENVIRONNEMENT
ABD. ESTRELLA DAMM
ABD. DELTA DORE
ABD. PRB

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Dans la réalité de l´ExclusivE 76.

ExclusivE 76
ExclusivE 76

Les différents moules de l’Exclusive 76, propriété de la marque  ExclusivE Marine et construits chez Multiplast, sont arrivés au chantier King Cat / Vip Composite en Vendée. Les techniciens ont procédé à leur assemblage. A ce jour, la première coque est déjà construite et en cours d’aménagement.
 
Compte tenu de ses carènes et de son poids, ce plan Ollier offrira de belles performances de navigation dans un confort optimal grâce également à l’élévation du fond de nacelle (1m20) et à la hauteur de ses francs bords. L’ExclusivE 76 dispose d’un ensemble carré / salon de pont de 70m2, ce qui en fait le plus spacieux dans sa catégorie. Le process de fabrication (sandwich composite en infusion) garantit par ailleurs une maîtrise parfaite du déplacement. Enfin, l’ExclusivE 76 est modulable.
 
Après 4 années de réflexion au cours desquelles Georges Benarroch, fondateur d’ExclusivE Marine, a développé et affiné les spécifications, il a été décidé en octobre 2004 de lancer la construction et la commercialisation de cet ExclusivE 76, différent en bien des points des unités existantes ou en gestation. Sa spécificité "Semi Custom" permet de répondre à différentes demandes en terme de configuration.
 
Le choix rigoureux des partenaires, la modularité et l’optimisation des volumes de ce voilier sont la base essentielle de ce concept. La définition et la construction des moules de production ont été pensées à cet effet. La quasi-totalité du maxi-catamaran est modifiable selon les goûts et volontés des clients.
 
Au niveau de l’aménagement, de nombreuses configurations sont  donc possibles : version propriétaire (sous différentes variantes) ou quatre cabines, choix du designer, mât carbone ou aluminium, dérives escamotables  (tirant d’eau de 1m25 !) ou quillons, tender lift ou bossoirs composite,… l’ExclusivE 76 vise à l’évidence la qualité haut de gamme pour une clientèle exigeante.
 
Les deux premiers armateurs de l’Exclusive 76 ont opté pour des choix différents en fonction de leur programme respectif.
 

Source ExclusivE Marine
www.exclusive-marine.com

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Sodeb’O : encore un tour d’anticyclone à prévoir

sodebo
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Thomas Coville a envoyé ses voeux ce matin en indiquant qu’il avait retrouvé "du vent, de la vitesse et une mer formée". Le skipper du trimaran Sodeb’O en route pour sa tentative de record du tour du monde en solitaire a ainsi joué avec les mots : "chaque année est souvent plus qu’une remise à zero des compteur, la continuité de ce qui a été engagé l’année d’avant. Alors continuons dans la foulée et suivons les compteurs."
En plein milieu de l’Atlantique sud (par 35°24 Sud et 13°51 Ouest), Sodeb’O peut faire de l’Est depuis deux jours avec une dépression à des vitesses de l’ordre de 20 à 23 noeuds. "Poussé par un régime de nord ouest 20/25 nds Thomas Coville navigue juste à l’avant du front chaud, ce qui permet pour le moment de garder plus de nord dans le vent, et donc de faire quasiment enfin la route vers la pointe sud du continent africain", indique Richard Silvani, le météorologue de Sodeb’O, avant d’ajouter : "mais un anticyclone se dresse toujours devant les étraves du trimaran, au loin certes, mais à plus de 23 noeuds, Sodeb’O devrait dans la journé être obligé de mettre du sud dans sa route, dans un vent refusant au secteur Nord-est. Encore un tour d’anticyclone à prévoir !"
Au bout de 14 jours et 18 heures de course ce mardi 1er janvier 2008, Sodeb’O affichait 21 heures d’avance sur le chrono d’Ellen MacArthur mais 4 jours et 17h de retard sur le chrono de Francis Joyon quand ce dernier était à son 14e jour de course.

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Francis Joyon à moins de 6000 milles du but

idec
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L’année 2008 commence bien pour Francis Joyon. IDEC affiche toujours une avance de plus de 3450 milles sur le chrono de référence d’Ellen MacArthur. Tirant des bords au vent arrière pour garder un bon angle et donc de la vitesse (de l’ordre de 17 à 20 noeuds ces dernières heures), le maxi trimaran rouge navigue au très grand large de l’Argentine, par 46 degrés de latitude sud et 40 degrés de longitude ouest.
Francis Joyon, qui a joint brièvement son équipe à terre ce matin, a indiqué qu’il avait enfin pu se reposer et récupérer en début de nuit. Il a confirmé qu’il recevait du vent de sud-sud-ouest, et qu’après un contre-bord dans la nuit il faisait de nouveau cap au nord-est (60°). Enfin, le skipper d’IDEC a estimé que les conditions étaient bonnes encore pour les prochaines 24 heures.

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Veille permanente aux icebergs

Paprec virbac
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Deux icebergs en deux jours pour Paprec Virbac 2 : Jean-Pierre Dick et Damian Foxall naviguent toujours par 54° Sud dans une zone à risque. « C’est stressant, d’autant que la visibilité n’est pas bonne. Il y a du brouillard. Nous veillons au radar et lorsque cela est possible sur le pont », expliquait Damian Foxall à la vacation du jour. Heureusement pour eux, la météo est clémente : « nous en profitons pour bien nous reposer, bien manger, ranger et nettoyer l’intérieur et faire un check général du bateau », mais leur priorité du moment est bel et bien une veille assidue et le passage de la prochaine porte de sécurité située ce matin à 300 milles dans leur Nord Est.
Toujours nettement plus Nord, Hugo Boss commence à récolter les fruits de son option : « ça va vite, le bateau est sous pilote, il fait 12°C, du soleil : tout va pour le mieux ! », lançait Alex Thomson en ce 1er janvier. Les hommes en noir bénéficient donc de belles conditions météo mais ils doivent maintenant compenser les milles parcourus en plus par rapport à la route directe et trouver la meilleure stratégie pour « redescendre » vers le Horn. Le tandem Thomson/Cape n’est en effet pas tenu de traverser la porte de sécurité puisqu’ils sont au Nord de celle-ci : ils doivent la laisser à tribord.

40 noeuds attendus pour les leaders

Les conditions de demoiselles dont bénéficient aujourd’hui les leaders devraient sérieusement se corser d’ici deux jours avec l’arrivée d’une dépression très creuse accompagnée de vent établis à 40 noeuds ! Du fait des routes très divergeantes des deux leaders, ce système météo ne sera sans doute pas appréhendé de la même façon par ces deux équipages.

Enfin, Temenos II devrait rallier Wellington vers 16h, heure française, soit en pleine nuit de l’autre côté de la planète pour le verdict sur sa quille. Cela permettra à Mutua Madrilena de prendre la 3e place (lire en "brèves"). Educacion sin Fronteras, lui, a mis du Nord dans son cap depuis la nuit dernière. Servane Escoffier et Albert Barguès font route vers le détroit de Cook, quittant les froides et violentes dépressions de l’Indien. « Cette première journée de l’année 2008 a été bien agréable ! Ca fait du bien quand ça se calme ! Albert a pu monter dans le mât pour inspecter les drisses et d’éventuels points de raguages : tout est OK. De mon côté, je suis allé inspecter et faire quelques petites réparation sur les voiles d’avant. On a aussi pu faire sécher les vêtements. »Le tandem franco-catalan déguste donc avec plaisir ce doux début d’année, et même si leur vitesse a sensiblement chutée, Servane se réjouissait d’avoir « un bateau entier : le mât, les voiles, le moteur, la quille : tout est OK ! ».

Classement du 1er janvier à 13h :

1. PAPREC-VIRBAC 2 à 9 498 milles de l’arrivée
2. HUGO BOSS à 760 milles du premier
3. TEMENOS II à 1 827 milles du premier
4. MUTUA MADRILENA à 2 180 milles du premier
5. EDUCACION SIN FRONTERAS à 2 815 milles du premier
ABD. VEOLIA ENVIRONNEMENT

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Départ possible jeudi pour Groupama 3

Groupama 3 en navigation
DR

Groupama 3 pourrait donc s’élancer jeudi 3 janvier pour tenter de battre le record du Trophée Jules Verne, le Tour du monde en équipage. L’équipe de Franck Cammas, en stand-by depuis le 6 décembre, avait dans un premier temps été en alerte pour la nuit de Noël avant que la fenêtre météo ne se referme. La procédure suivante, si la fenêtre se confirme, est le passage en code jaune (départ sous 48 heures) puis code vert (départ sous 24 heures). Si elle se referme à nouveau, l’équipage repassera en code rouge (stand-by, RAS, météo non favorable). L’objectif ne souffre pas d’approximation pour battre le temps de référence des hommes de Bruno Peyron sur Orange 2 en 2005 : 50 jours, 16 heures, 20 minutes et 4 secondes.

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Paprec-Virbac à l’épreuve des icebergs

dickbareclonaieceberg
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Gare aux glaces ! Jean-Pierre Dick et Damian Foxall ont vu un iceberg ce lundi matin par 54° Sud. Les leaders ont depuis instauré une veille permanente mais poursuivent leur route vers la prochaine porte des glaces. Hugo Boss trace une trajectoire nettement plus Nord : deux stratégies. pour un ou deux gagnants ? Réponse bientôt. Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias sont à Fremantle depuis cette nuit, tandis que Temenos II devrait rallier Wellington la nuit prochaine. Derrière, la course continue.
« Damian a crié ! L’iceberg était à environ 1,5 milles de nous (moins de 3 km, ndr). C’est très impressionnant ! Nous avons été surpris. » On imagine aisément le stress à bord de Paprec Virbac 2 ce lundi 31 décembre lorsque Damian Foxall a aperçu un monstre de glace à quelques encâblures de leur bateau. « Il y a des glaçons dans le bourg ! », plaisantait Jean-Pierre Dick ce matin à la vacation, les yeux toutefois rivés sur son radar. « Désormais, on veille constamment. »
Jean-Pierre Dick et Damian Foxall évoluaient alors par 54° Sud mais l’iceberg rencontré n’était pas l’un des deux signalés il y a quelques jours par Francis Joyon. Signe que la zone est bel et bien dangereuse : s’il y en a trois, il peut y en avoir d’autres.

Nord ou Sud ?

L’équipage leader ne compte pour autant pas changer sa stratégie : « On a mis un peu de Nord dans notre route, mais nous n’allons pas changer notre stratégie maintenant ! Nous avons assez galéré comme ça ces deux derniers jours pour venir chercher de la pression et un meilleur angle de vent dans le Sud pour ne pas en profiter maintenant que nous y sommes ! Là, nous faisons route vers la prochaine porte.», expliquait ce matin le skipper de Paprec Virbac 2. Pour l’heure, la paire Dick/Foxall évolue à l’avant d’un front froid dans une faible brise mais cela ne devrait pas durer : un flux de 40 noeuds est attendu sur zone d’ici deux jours.
Par 45° Sud, soit près de 10° plus au Nord que Paprec Virbac 2, Hugo Boss progresse dans un système météo bien différent. Les hommes en noir cherchent semble-t-il à contourner par le Nord les hautes pressions qui leur barre la route. Du coup, ils s’éloignenent un peu de la trajectoire directe. Ainsi, même si, ces dernières heures, ils ont été les plus rapides de la flotte (avec Educacion sin Fronteras), leur gain sur les premiers n’est pas effectif. Les jours à venir diront laquelle de ces deux stratégies s’avère la plus payante.

Bientôt le verdict pour Temenos II

Temenos II est presqu’au bout de ses peines. La remontée le long des côtes néo-zélandaises s’est révélée longue et difficile pour le couple franco-suisse, mais Michèle Paret et Dominique Wavre devraient doubler cet après-midi le cap Farewell (au Nord de la grande île), et rallier Wellington la nuit prochaine. Temenos II sera sorti de l’eau et sa quille examinée par ses constructeurs, pour un diagnostic dont dépendra directement l’avenir de la course de Dominique Wavre et Michèle Paret. Quoiqu’il advienne, Michèle écrivait joliement hier que l’expérience vécue était riche et belle : « Que la course ait une suite ou pas, nous le saurons prochainement maintenant, nous avons déjà pris ces 50 jours-là. L’expérience maritime est considérable, et l’expérience humaine, géniale. Je ne veux pas croire qu’elle puisse peut-être s’arrêter là, à Wellington. Je balaye cette pensée de mon esprit et reste dans la course, avec Dom et le bateau bleu. »

De son côté, Mutua Madrilena approche du Sud de la Nouvelle Zélande. L’équipage espagnol a bien progressé la nuit dernière en reprennant 50 milles sur Temenos II. Dans la journée, ils vont pouvoir faire cap sur le détoit de Cook, mais les conditions météo restent faibles et instables.
420 milles parcourus sur 24h, à 17 nouds de vitesse moyenne : Educacion Sin Fronteras persiste et signe ! Servane Escofier et Albert Barguès exploitent pleinement les vents protants qui les poussent vers la mer de Tasmanie. Ils ont regagné 56 milles sur les premiers la nuit dernière et pourraient encore réduire leur écart sur le duo espagnol avant de tomber à leur tour dans les pièges de l’anticyclone austalien.

Enfin, Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias ont enfin mis pied à terre à Fremantle après 15 jours d’épopée sous gréement de fortune. Veolia Environnement devrait être embarqué sur un cargo en route pour la France d’ici une semaine. date à laquelle Jean-Pierre Dick envisage de doubler le cap Horn.

Classement du 31 décembre à 13h
1. PAPREC-VIRBAC 2 à 9 847 milles de l’arrivée
2. HUGO BOSS à 757 milles du premier
3. TEMENOS II à 1 616 milles du premier
4. MUTUA MADRILENA à 2 109 milles du premier
5. EDUCACION SIN FRONTERAS à 2 748 milles du premier
ABD. VEOLIA ENVIRONNEMENT
ABD. ESTRELLA DAMM
ABD. DELTA DORE
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Francis Joyon accélère… en écoutant son bateau

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Tout va mieux pour Francis Joyon depuis 4h ce matin (heure française), quand le vent est enfin redevenu favorable et autorise une route efficace vers le Nord-Est, à des vitesses qui permettent d’espérer 400 à 450 milles par jour. Il était temps car le bateau et le skipper étaient soumis à rude épreuve depuis une semaine entre les vents forts, la mer démontée, la trouille des icebergs et puis ce passage du « cap dur » – le fameux Horn – qui précédait des vents faibles et contraires qui ont forcément ralenti la progression. Joint ce midi au téléphone satellite, Francis Joyon racontait : « j’ai eu encore une nuit hyper difficile, ça a tourné au vent debout (de face, ndr) , et j’ai du renvoyer de la toile, tirer des bords la moitié de la nuit avant que le vent favorable ne rentre. Ensuite j’ai du trouver le bon angle pour ménager le bateau qui tapait, tapait dans le clapot… c’était horrible et là il y avait risque de casser du matériel. J’en ai cassé d’ailleurs : une jonction entre le chariot et la grand’voile et une écoute de trinquette. Alors j’ai lofé pour calmer le jeu. » Le tout sous des pluies torentielles…

«Je vais faire une charlotte aux fraises…»

Le marin a forcément souffert de ces conditions, même si «le torticolis est réparé grâce aux conseils du Dr Chauve », Francis Joyon s’avoue toujours en déficit de sommeil. Autrement dit, le changement de météo a été accueilli comme une bénédiction ce matin par le skipper d’IDEC. « Après avoir eu des pluies battantes, diluviennes cette nuit, le soleil éclaire et le vent est portant, les conditions deviennent enfin assez bonnes et même le clapot s’atténue progressivement. Du coup le bateau glisse beaucoup mieux, à 21, 22 nœuds sur la route directe, c’est de nouveau favorable… »
Les Malouines sont déjà dans le sillage. Au grand large de l’Argentine, Francis Joyon estime qu’il devrait enchaîner au moins deux bonnes journées : « je suis venu chercher le bord d’une petite dépression et je devrais monter avec elle en tricotant au vent arrière pendant environ 48 heures, de nouveau sur des moyennes de 400 ou 450 milles, cela permettra de gagner de la latitude assez efficacement ».
A 13 h ce lundi 31 décembre, IDEC naviguait par 49 degrés de latitude sud et 48 degrés de longitude Ouest et affichait une VMG (velocity made good, la vitesse efficace sur la route) de 100% à près de 22 nœuds de moyenne. Des chiffres qui donnaient forcément le moral au skipper d’IDEC. Jusqu’à lui donner des envies cuisinières en ce jour de réveillon : « si je suis courageux, je vais me faire une charlotte aux fraises, c’est quand même sérieux, ça ! J’ai tous les ingrédients, je suis en train de chercher un récipient… pour le réveillon, ce serait pas mal ! » Un peu de douceur sur l’océan, en somme et un réveillon qui offre l’occasion à Francis Joyon d’envoyer ses vœux avec quelques heures d’avance : « j’en profite pour souhaiter une très bonne année 2008 à tous ceux qui ont permis que ce projet existe et ils sont nombreux : IDEC, Patrice Lafargue, les architectes, les constructeurs, ceux qui m’ont aidé à préparer le bateau… et meilleurs vœux aussi à tous ceux qui ont la gentillesse de s’intéresser à ce projet ».

«Savoir écouter le bateau »

Lors de son précédent record de 2004, au 38e jour de course, IDEC passait à peine la Nouvelle-Zélande… quand on lui pose une fois de plus la question de son incroyable avance, Francis Joyon –toujours- évoque d’abord son bateau, « 30% plus rapide que l’ancien sans être beaucoup plus long, ce qui est beaucoup ». Et il faut le pousser dans ses retranchements pour lui faire admettre que, peut-être, le marin y est aussi pour quelque chose. « Peut-être qu’à force de faire du multicoque, je commence à comprendre comment ça marche… Je crois que ce sont des bateaux qu’il faut savoir écouter, comprendre. Bien souvent quand on navigue sur les multicoques on leur demande un cap et une vitesse, alors que parfois il faut savoir les laisser aller où ils veulent. On n’écoute pas assez les bateaux… »
L’homme qui parle ainsi écoute son bateau depuis 38 jours. Pour l’instant, ça ne lui réussit pas trop mal.

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