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Le lièvre et le lapin …

Educacion Sin Fronteras
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« Rien ne sert de courir, il faut partir à point ! » Jean de la Fontaine va-t-il imposer sa morale sur ce tour du monde en double ? Who know… En tous cas, le duo franco-ibère peut savourer cette superbe journée « indienne » dans une belle brise de Nord-Ouest : il est le plus rapide de la flotte avec près de 450 milles en 24 heures ! De quoi revenir comme une balle sur les deux Espagnols et le couple franco-suisse qui peinent dans les hautes pressions néo-zélandaises… Et s’il est désormais acquis que Temenos II va faire une escale technique à Wellington, cela ne peut qu’encourager Albert Barguès et Servane Escoffier qui savent qu’en sus, cette bonne dépression sous l’Australie va les pousser au moins jusqu’en Tasmanie, et qui sait, jusqu’au détroit de Cook.

Le lièvre et le lapin
En tête de flotte, l’histoire n’est pas la même entre un Paprec-Virbac qui court comme un « lapin » dans un bon flux anticyclonique et un « lièvre » qui le pourchasse depuis son arrêt à Wellington. Et ça grappille des milles par derrière car la situation météorologique n’est pas des plus simples ! Hautes pressions à longer sans s’y engouffrer et dépression à venir et à éviter : ça zig et ça zag puisque Jean-Pierre Dick et Damian Foxall ont nettement obliqué au Nord-Est-ce dimanche matin, pour repiquer au Sud-Est l’après-midi. Des milles qui se perdent sans pouvoir y faire grand chose car l’objectif est bien de préserver l’acquis, en l’occurrence un bateau en état et une avance suffisante. Enfin, suffisante pour l’instant car ce sont quand même 90 milles qui ont été avalés par « l’ogre » Hugo Boss ! A ce rythme, le cap Horn va voir deux bateaux se partager (sic !) le droit de passer le « rocher » en leader…

« Nous avons de très bonnes conditions de navigation en ce moment. Le pilote automatique marche parfaitement et nous n’avons plus de stress à cause des safrans. Le leader est loin et nous aurons besoin du concours de la météo pour revenir sur lui. Et la situation n’est pas claire ni facile devant ! Il va falloir faire de l’Est puis du Nord pour passer une dépression qui vient sur notre route. En tous cas, c’est super de revenir dans le match ! » Précisait Alex Thomson à la vacation radio de ce dimanche de fin d’année.

La mouche du coche
A tout le moins, le scénario est aussi complexe entre les deux poursuivants qui s’approchent des côtes kiwis car c’est un « fruit acide » que Temenos II est en train de goûter avec un sérieux ralentissement à seulement 200 milles de Wellington où une escale technique est programmée, alors que Mutua Madrilena n’a que 500 milles de retard sur le bateau suisse. On peut d’ors et déjà prévoir que les deux monocoques seront proches l’un de l’autre en passant par le détroit de Cook… Reste à savoir si Dominique Wavre et Michèle Paret auront suffisamment de temps (arrêt de 24 heures minimum obligatoires) pour inspecter leur voile de quille et s’ils décideront de reprendre la mer si l’expertise est rassurante…

« Le voile de la quille qui pose problème a été fabriqué en Nouvelle Zélande et le constructeur ainsi que l’architecte seront là. C’est une structure assez sophistiquée avec de l’acier haute résistance soudé par plaques pour réaliser le profil. A part ce gros souci technique, le bateau est en parfait état. Mais il faudra faire des test, des radiographies : c’est un long processus… »

L’équipage espagnol toujours aussi enthousiaste sur ce tour du monde malgré ses déboires, a bien l’intention de rester « coller-serrer » au couple franco-suisse comme le requin et son poisson-pilote si l’opportunité se présentait en Nouvelle Zélande. « Nous sommes en plein dans les hautes pressions ! Le vent d’Est doit heureusement tourner demain. Il nous faut passer par le Nord mais les leaders vont encore s’échapper un peu plus. Maintenant, nous savons que nous nous rapprochons de l’arrivée à Barcelone puisque nous avons passé hier la mi-parcours et c’est toujours bon pour le moral ! Mais avant, il faut traverser le détroit de Cook et parer le cap Horn… Je pense que nous avons été le bateau qui est resté le plus longtemps en dessous des 50° et cela a été dix jours difficiles. Mais disons que nous avons passé la partie la plus dure de la course, d’un point de vue physique… et humide ! »
Alors que le 50ème jour de course se fait jour sur la nuit Pacifique, qui sera cigale et qui sera fourmi ? En tous cas, mieux vaut ne pas être la « grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bouf » !

Classement du dimanche 30 décembre à 14h00 GMT
1-PAPREC-VIRBAC 2 à 10 045 milles de l’arrivée
2-HUG BOSS à 793 milles du premier
3-TEMENOS II à 1 541 milles du premier
4-MUTUA MADRILENA à 2 063milles du premier
5-EDUCACION SIN FRONTERAS à 2 845 milles du premier
ADB. VEOLIA ENVIRONNEMENT
ADB. ESTRELLA DAMM
ADB. DELTA DORE
ADB. PRB

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9 jours, 11 heures d’avance au Cap Horn pour Francis Joyon

Start Idec
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Par comparaison, Ellen MacArthur, actuelle détentrice du record de la circumnavigation à la voile en solitaire, avait atteint ce même point en 44 jours 23 heures 36 minutes, meilleur chrono jamais réalisé en solitaire sur la distance. Francis pulvérise cette performance avec 9 jours, 11 heures d’avance.

Boulimique, Joyon s’adjuge par ailleurs un certain nombre de temps références intermédiaires :

Record entre le Cap Leeuwin et le Cap Horn : 12 jours, 20 heures, 58 minutes
Ellen MacArthur sur Castorama en 2004 : 15 jours, 09 heures, 31 minutes

Record de l’Océan Pacifique entre le Sud de la Tasmanie et le Cap Horn (en attente de validation par le WSSRC) : 10 jours, 14 heures et 25 minutes
Ellen MacArthur sur Castorama en 2004 : 12 jours, 13 heures et 39 minutes

A l’heure où il passe à l’ombre du Horn, l’avance de Francis Joyon sur Ellen MacArthur est de plus 3 500 milles.

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Qui l’emportera en temps compensé ?

Sydney Hobart 2007
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C’est accompagné par de nombreux voiliers spectateurs que le maxi australien Wild Oats a fait son entrée dans le port de Hobart. Cette nouvelle victoire marque une page dans l’histoire de la course. Pour la deuxième fois depuis la création de l’épreuve, un voilier arrive à s’imposer 3 fois de suite en temps réel. Avec un temps de course de 1 jour 21 heures 24 minutes et 32 secondes, Mark Richards réalise le troisième meilleur temps de l’histoire. En 1946, 1947 et 1948, Morna avait également réalisé ce premier triplé.

Mark Richards, skipper de Wild Oats depuis quelques années, est l’un des artisans de ce fabuleux triplé. « Je suis sur un nuage. Faire un triplé comme celui-ci sur ce parcours est sensationnel. Nous ne nous sommes pas vraiment reposés. Il y a eu de nombreux changements de voiles durant ces deux journées et l’équipage ne s’est pas ménagé. Nous avons, à plusieurs reprises, connu des zones difficiles à négocier. Tactiquement la course a été intéressante mais très stressante. » analysait Mark Richards dès ses premiers pas à terre.

Propriétaire de Wild Oats XI, Bob Oatley avait du mal à cacher sa joie : « Je n’arrive toujours pas à y croire. C’est merveilleux mais maintenant je ne sais pas ce que nous allons pouvoir faire de mieux. » A l’arrivée, les deux hommes ont reçu le J.H. Illingworth Trophy ainsi qu’une montre Rolex Yacht Master.

Malheureusement, City Index Leopard n’a jamais été en mesure de contester le suprématie du voilier australien. Beaucoup plus lourd que son adversaire, Leopard 3 n’a cependant pas à rougir de sa prestation. Avec 27 minutes de retard à l’arrivée, Mike Slade peut tout de même se vanter d’avoir décroché, la même année, une victoire dans la célèbre Rolex Fastnet Race avec un record ainsi qu’une seconde place en temps réel dans la Rolex Sydney Hobart. Un très beau palmarès pour ce voilier qui vient à peine de sortir des chantiers.

Interrogé à l’arrivée sur la prestation de Wild Oats, Mike Slade, propriétaire de Leopard, semblait un peu déçu mais fier d’avoir mené ce duel de cette façon. « Depuis le départ de Sydney, nous n’avons jamais cessé d’exercer une réelle pression sur Wild Oats. Nous n’avons pas à rougir de notre prestation car Wild Oats, suite à son démâtage dans la Maxi Yacht Rolex Cup en septembre dernier, a connu de grosses modifications au niveau de son gréement. La grand-voile a été adaptée au nouveau mât de chez Southern Spars et ça marche très très bien. »

Alors qu’il naviguait sous gennaker à plus de 20 nouds, le haut du mât de Skandia s’est brisé, anéantissant toutes ses chances de victoire. Skandia courrait pour une victoire en temps compensé. Mais la fierté des hommes du bord et plus particulièrement celle de Grant Wharington n’a pas flanché et c’est à la voile et encore en course que Skandia a regagné Hobart.

A 19 heures (heure locale), 5 voiliers se battaient pour une victoire en temps compensé. Selon les calculs du Cruising Yacht Club of Australia et grâce à un fort vent chaud de nord ouest de plus de 34°, ce groupe de poursuivants se dirigeait à plus de 15 nouds vers Hobart. Rosebud, avec une 4ème place en temps réel et leader provisoire hier soir, a du céder ce matin sa place à Quantum Racing, un Cookson 50 encore en course. Yendys, Ragamuffin et Chutzpah demeurent également des vainqueurs potentiels et les prochaines heures seront déterminantes.

Troisième en temps réel, Ichi Ban a connu une mésaventure qui aurait bien pu tourner au drame. Dans les dernières heures de course, Ichi Ban a heurté un OFNI, cassant net un de ses deux safrans. Heureusement pour eux, le bateau restait manoeuvrable et pouvait franchir la ligne d’arrivée sans encombre. Cet incident nous rappelle la triste fin de Loki dans la Rolex Middle Sea Race qui, suite au même problème, se retrouvait jeté sur une plage de la Sicile et détruit par les vagues.  

A l’heure actuelle, 4 monocoques sont arrivés à Hobart, 4 abandons sont à déplorer et 74 voiliers sont encore en course.

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Rosebud vainqueur de la Tattersall´s Cup

Rosebud
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La nouvelle est tombée hier après midi en Australie. Matta Allen, dans un communiqué officiel du CYCYA, annonçait la victoire du monocoque américain de Roger Sturgeon, Rosebud . Sturgeon devient ainsi le troisième américain, après Ted Turner sur American Eagle en 1972 et Kiaola III de Jim Kilrov en 1997, à s’imposer sur ce parcours.
 
« C’est incroyable. Nous n’arrivons pas à y croire nous même. Cette victoire est le résultat d’un long travail et depuis plusieurs années, cette course demeurait notre but ultime. C’est tout simplement inimaginable et nous nous sommes battus jusqu’au bout. » nous décrivait Sturgeon à son arrivée à Hobart.

Il aura fallu attendre de longues heures pour connaitre le dénouement final et l’attribution de la Tattersall’s Cup. Les calmes sur Hobart ont été favorables à Rosebud qui remporte donc le trophée devant Ragamuffin, le TP 52 de Syd Fisher et Quantum Racing, le Cookson 50 de Ray Roberts.

Bénéficiant d’un flux de nord ouest assez fort le long des côtes de la Tasmanie, les chances de victoire pour Yendys, Quantum et Ragamuffin se sont évaporées dans les 41 derniers milles avec une grande zone de calme. Les écarts à l’arrivée ont été minimes, pour preuve les 2 secondes séparant Quantum Racing de Yendys.

A 18 heures (heure locale), 21 monocoques avaient franchi la ligne d’arrivée et 58 étaient encore en course.

Zoom sur Rosebud
Rosebud de l’américain Roger Sturgeon est le premier ST 65 répondant à la nouvelle « box rule » formulée par le Storm Trysail Club et le Transpacific Yacht Club. Cette jauge suit les règles de la classe des TP 52, afin d’encourager la performance sur des bateaux à quille fixe et au déplacement léger, construit à la fois pour évoluer lors de régates côtières mais également hauturières.

Basé en Floride, Sturgeon a établi pour Rosebud un programme mondial qui a débuté en juin dernier par la Newport Bermuda Race. Lors de la Transpac Race de Los Angeles à Honolulu, le voilier américain a réalisé le troisième meilleur temps. Sturgeon a ensuite ouvert sa campagne australienne par une victoire en IRC lors de la SOLAS Big Boat Series et des Rolex Trophy Series.
 
Sturgeon aimerait, à l’avenir, voir plus de STP65 sur cette course. Cette victoire sera la meilleure des promotions et il n’est pas impossible que de nouveaux propriétaires suivent l’exemple de Sturgeon. « Je me ferai le porte parole de cette course pour les propriétaires de cette classe en leur vantant les mérites de l’accueil ici à Sydney et à Hobart et de la formidable aventure qu’est la Rolex Sydney Hobart. »
Selon lui, l’Australie offre les meilleures courses à cette époque de l’année et les enseignements à tirer sont très intéressants pour les prochains mois de course.

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Le retour dans l’Atlantique de Francis Joyon

idec
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RETOUR DANS L’ATLANTIQUE SUD DU MAXI-TRIMARAN IDEC    http://www.trimaran-idec.com

Se reposer d’abord…
Francis Joyon et son grand trimaran rouge IDEC poursuivent aujourd’hui le ‘tricotage" entamé hier au soir dès le passage du cap Horn. "De 7 mètres de houle, la mer s’est soudain aplatie" raconte Francis, "Le Horn est une formidable barrière qui casse la houle. C’est étrange de naviguer sur mer plate après des semaines et des semaines de mer formée." Le vent, comme pour saluer les exploits du marin de Locmariaquer, s’est lui aussi fait discret et seule une légère respiration pour 4 à 5 noeuds baignait ce matin les parages de l’Ile des Etats. "C’est un passage en douceur" poursuit Francis, "avec pas mal de manoeuvres cependant, de trois ris trinquette à toute la toile…" Pas inquiet outre mesure d’un si brutal ralentissement, Francis le philosophe y voit matière à reconditionner le bateau, et aussi "le bonhomme". "La mécanique est un peu rouillée" s’amuse t’il, "le bateau est en bien meilleur état que moi. Je souffre d’un torticolis bien gênant dans les manoeuvres. Heureusement, le docteur Jean-Yves Chauve m’a conseillé avec efficacité." A l’évidence, Francis aspire à quelque repos. Un "break" que le renforcement au secteur Nord attendu prochainement pourrait lui apporter ; "Dans le petit temps, on ne peut se permettre d’aller dormir car il faut guetter la moindre risée. Le près n’est pas une allure confortable pour dormir mais si le bateau est bien réglé dans un vent stabilisé, je pourrais récupérer." L’énormité de la tâche encore à accomplir ne lui échappe donc en rien. "Ellen avait 5 jours d’avance sur mon précédent record à ce même point de la course" se souvient-il, "Et pourtant, elle a failli tout perdre lors de la remontée  de l’Atlantique…"

Tout le mérite au bateau.
Déconcertant de simplicité et de gentillesse, Joyon dédie exclusivement ces deux tiers express du parcours au bateau et à ceux qui l’ont conçu. "Je crois que ce bateau est un "sans faute" tient-il a souligner en pensant à ses concepteurs Nigel Irens et Benoit Cabaret, et à tous ceux qui lui ont donné corps, de Christophe Houdet aux hommes de Samuel Marsaudon… "Le pari de la légèreté et de la simplicité était osé" insiste Francis. "Ma fierté va aux gens qui se sont investis pour que ce projet existe et qui, par leur savoir faire, ont prouvé qu’il était réaliste…"

Sous la double pression du record d’Ellen MacArthur et de la tentative en cours de Thomas Coville, Francis entame la longue remontée vers Brest et ses foyers. "Le record d’Ellen est extraordinaire et il demeure mon objectif. Je dois rester au maximum de mes possibilités et de celles du bateau". Toujours et encore….

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Oracle pour une America’s Cup en multicoques dès 2008

BMW Oracle Racing
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« Nous devons désormais avancer, et obtenir des garanties », a annoncé Russell Coutts, le CEO de BMW ORACLE Racing. « Nous avions espéré pouvoir négocier une régate conventionnelle, basée sur le principe du consentement mutuel. Mais le Defender nous a clairement démontré, ainsi qu’à toute la communauté de l’America’s Cup, qu’il n’allait pas négocier. Nous sommes désormais déterminés à disputer une régate en multicoques en 2008.  « Si nous parvenons à nous imposer, et que Valence et l’Espagne apportent leur soutien, nous nous engageons à organiser une America’s Cup conventionnelle à Valence en 2011, avec des règles justes et transparentes, acceptées par tous les compétiteurs par consentement mutuel », a-t-il déclaré.
 
Le 14 janvier, la Cour Suprême de l’Etat de New York va revoir et mettre en pratique la décision de justice établie le 27 novembre en faveur du GGYC. Le club souhaite disputer la régate « Deed of Gift » le plus rapidement possible, et a demandé à la Cour de le permettre.

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Wild Oats remporte la Rolex Sydney Hobart 2007

Wild Oats
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Au terme d’une course difficile, Mark Richards a une nouvelle fois imposé son style face à une concurrence qui n’a rien lâché. Quelques minutes après Wild Oats XI, City Index Leopard coupait à son tour la ligne d’arrivée. Les anglais n’ont malheureusement pas eu les conditions adéquates pour attaquer les australiens et contester cette suprématie. Ichi Ban et Rosebud devrait couper la ligne d’arrivée à Hobart dans la nuit.
 
Au dernier pointage et après de multiples changements, Rosebud semble le mieux placé pour remporter la victoire en temps compensé.
 
Mais le grand perdant de cette édition 2007 n’est autre que Skandia, vainqueur de l’épreuve en 2003, qui a démâté. Après avoir sécurisé le mât et le bateau, Grant Wharington a décidé de rejoindre Hobart en course. « Nous avons les moyens de terminer la course, nous n’allons pas nous en priver. » confiait Wharington très déçu par ce nouveau coup du sort. Pour mémoire, Skandia avait chaviré lors de l’édition de 2004 et après un long chantier Grant Wharington pouvait de nouveau retrouver le chemin de la course. En 2005, Skandia, impuissant, ne pouvait que regarder le duel entre Wild Oats et Alfa Romeo. En 2006, Grant Wharington connaissait une nouvelle fois des problèmes techniques et montait de nouveau sur la troisième marche du podium derrière Wild Oats XI et Ichi Ban.

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Du bricolage sur la Barcelona …

Hugo Boss
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Après la Nouvelle Zélande, c’est le grand désert Pacifique qui s’ouvre sans aucune terre en vue avant le mythique cap Horn. Un désert toutefois encombré d’objets flottants à l’origine incertaine mais en tous cas pas un growler (morceau de glace fondu d’un iceberg) puisque Paprec-Virbac n’est qu’à 600 milles des côtes néo-zélandaises par 47°40 Sud. Qu’est-ce qui a pu provoquer cette avarie de safran que Damian Foxall a réussi réparer ? Difficile à savoir mais voilà encore un argument de plus pour confirmer qu’avec 10 000 milles restant à parcourir, le duo leader n’est pas encore au bout de ses peines !
« Damian a recouvert de tissus de carbone et d’enduit la blessure sur le safran. L’idée était de créer une protection pour éviter que le carbone soit à l’état brut en contact avec la mer. A grande vitesse, il y avait un risque que le safran se délamine. Le plus dur était d’accéder à la partie basse du safran. Damian était en extension à l’extérieur du bateau avec un harnais. C’était assez acrobatique ! Nous sommes toujours en course. Il faut faire avancer le bateau de façon normale tout en étant prudent pour ne pas casser le bateau. Ce n’est pas parce que l’on va aller moins vite, que l’on ne va rien casser. Au contraire, être sous puissant dans ce type de mer peut être délicat pour le bateau. Sinon, nous essayons de nous reposer et de bien manger même s’il y a toujours quelque chose à faire : une réparation comme hier ou un passage de front avec ses changements de voiles comme cette nuit. » indiquait Jean-Pierre Dick.

Surtout qu’il y a devant les étraves du premier, un sacré piège à déjouer ! Le Pacifique ne mérite pas son nom, surtout en ce moment car sur la trajectoire normale de Jean-Pierre Dick et Damian Foxall se dresse un anticyclone qui va être balayé par une méchante dépression venue des tropiques pour étrenner l’année. Faire du Sud pour remonter au Nord, voilà la problématique inaugurale pour éviter de se faire prendre par cette perturbation qui amènera des vents d’Est, donc contraires, de plus de cinquante nouds au Sud du 50° ! L’autre alternative serait de plonger encore plus Sud mais tellement Sud que les glaces feraient barrage.
Et derrière, les soucis ne sont pas les mêmes : l’équipe technique de Hugo Boss travaille d’arrache-pied pour résoudre les problèmes de safran et pour offrir à Alex Thomson et Andrew Cape un monocoque revisité et opérationnel à 100% d’ici 24 heures. Le projet manager venu de Grande Bretagne explique : « Le plus gros problème concerne les safrans et leurs casques qui ont tendance à s’ouvrir et l’équipe technique travaille dessus depuis hier. Le groupe électrogène est maintenant opérationnel et nous sommes largement dans les temps pour qu’ils soient prêts à repartir avant les 48 heures d’arrêt obligatoires. Nous sommes trois de l’équipe technique avec le soutien de deux constructeurs locaux et de deux maîtres voiliers. Alex est plus décontracté maintenant qu’il sait que tout va bien à bord même s’il est désappointé par cette escale technique. Ces derniers jours, ils ont poussé le bateau très fort mais avec ces problèmes de safran, ils n’avaient plus confiance à 100%. Ils partiront sereins demain. »

Crever la bulle.
Autres lieux, autres temps : au Sud de la Tasmanie, Temenos II et Mutua Madrinela bénéficient encore de conditions favorables pour glisser rapidement vers le détroit de Cook. Mais devant leurs étraves, se dresse un anticyclone qu’ils ne pourront pas éviter : il leur faudra passer au travers et cela ne va pas être simple pour ne pas se retrouver pleine balle en pleine bulle ! Le réveillon s’annonce plus agité par la houle de l’Indien que par le zéphyr d’Eole. Et du côté de Servane Escoffier et Albert Barguès, c’est une bonne dépression qui propulse Educacion sin Fronteras vers la Tasmanie : « Nous avons trente nouds de vent et nous essayons de garder de l’énergie ! Le bateau va bien et nous avons une bonne vitesse. La nuit dernière, nous avons subi des déferlantes en fonçant à plus de 17 nouds de moyenne : avec la pleine lune, c’était magique. Et le jour, ce sont les albatros. De toutes façons, quand il y a une mer comme celle-là, il faut aller vite pour que ça ne devienne pas dangereux. »
Pas de quoi penser aux petits fours dans cette ambiance humide e t froide qui baigne les poursuivants d’un leader bien installé en tête : un Pacifique violent et un Indien placide, voilà un nouveau paradoxe des mers du Sud !

Classement du 28 décembre à 13h00 GMT
1-PAPREC-VIRBAC 2 à 10 650 milles de l’arrivée
2-HUG BOSS à 648 milles du premier
3-TEMENOS II à 1 560 milles du premier
4-MUTUA MADRILENA à 1 985 milles du premier
5-EDUCACION SIN FRONTERAS à 2 992 milles du premier
ADB. VEOLIA ENVIRONNEMENT
ADB. ESTRELLA DAMM
ADB. DELTA DORE
ADB. PRB

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Francis Joyon vers minuit au Cap Horn

Start Idec
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"J’ai encore pris une petite "raclée" cette nuit". Et nous qui, pauvres terriens, à l’examen des vitesses élevées, près de 23 noeuds de moyenne toute la nuit, pensions IDEC sorti des griffes de la dépression à grains chevauchées bride abattue depuis quatre jours! Que nenni! Aucun répit pour le marin solitaire. Un fort coup de vent de secteur Nord est venu cette nuit secouer brutalement, avec près de 35 noeuds, un Francis Joyon quelque peu las et meurtri par 11 jours d’océan Pacifique. "Il a fallu de nouveau prendre le troisième ris et envoyer le tourmentin" raconte Francis, "et c’est dans ces moments-là que je prends la mesure de ma fatigue." Et d’ajouter pourtant ; "L’efficacité du marin, c’est d’être à 100/% des capacités du bateau quelles que soient les conditions… je me suis surpris à n’être par moment qu’à 80%…" Visiblement, il y aurait donc "fatigue" du terrien, et fatigue du Joyon…

Car avec le passage du Horn, point de pause ni de récupération. L’arrivée sous le vent de la Cordillère des Andes alors que le vent a pris franchement du Nord, va mobiliser toute la vigilance et toute l’attention du solitaire. La mer, entre houle du Nord et houle de l’Ouest s’est faite chaotique et Francis, d’ordinaire si plein de compassion pour Dame nature, ne voyait aujourd’hui que peu de matière à émerveillement ; "Ce n’est pas très beau dehors ; la mer est confuse, le plafond est bas et gris…" En route directe vers l’île des Etats, Francis espère entrevoir avec le dernier jour ce soir la masse sombre du Cap Horn, ou tout au moins son fameux phare. En attendant, seul compte le pouls du bateau. "Je dois réduire un peu la vitesse car travers au vent, IDEC monte vite la patte…".

Le Pacifique et sa "force phénoménal" ne sera plus demain qu’un souvenir. L’Atlantique Sud est là, qui attend Francis avec des vents contraires. "Le début de la remontée ne sera pas très rapide" annonce Joyon. L’occasion alors, ne serait ce qu’un instant, pour notre étonnant voyageur de récupérer un peu, remettre de l’ordre dans cette "cours des Miracles" selon ses propres termes qu’est devenu IDEC après la tempête, avant de reprendre l’infernal rythme de la course aux records.

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Wild Oats en route vers une troisième victoire

Wild Oats XI
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Avec 19 milles d’avance sur City Index Leopard 3 et 32 milles sur Skandia, Wild Oats XI semble en mesure de l’emporter à Hobart. Actuellement, le super maxi navigue à 13 nœuds et se trouve à 186 milles de l’arrivée. Malheureusement, les conditions sur la fin de la course ne permettront pas de regagner le temps perdu en milieu de parcours et les chances d’un nouveau record s’évaporent bel et bien. Bob Oatley, propriétaire de Wild Oats XI, pourra peut-être se satisfaire de cette victoire en temps réel mais également de la victoire en temps compensé qui se profile à l’horizon pour les hommes du bord. Après un triplé historique en 2005 avec le record de l’épreuve, les victoires en temps réel et en temps compensé puis une victoire en 2006, Mark Richards, skipper du maxi australien, pourrait bien offrir à son propriétaire un doublé cette année et un troisième victoire consécutive. Mais la route est encore longue vers Hobart et les conditions, très variables sur le parcours, peuvent à tout moment décider le contraire. D’après les spécialistes, le temps de course de Wild Oats XI devrait être supérieur de 2 à 5 heures par rapport à son temps de référence de 1 jour 18 heures et 40 minutes en 2005.

Le gros de la flotte entame désormais la traversée du Détroit de Bass dans un vent léger et très oscillant en direction.
Seul accident à déplorer cette nuit, un problème technique sur le TP52 Cougar, contraint de se retirer de la course et qui porte désormais le nombre d’abandons à 3. 79 sont toujours en course et les premiers voiliers sont attendus à Hobart dans la nuit de jeudi à vendredi pour nous.

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