Oryx Quest 2005 : Un océan d´écart

Deadealus
DR

Une nouvelle dépression est en train de se former dans les terres, au nord-ouest du catamaran. Elle devrait se creuser progressivement en se déplaçant vers le sud-est, c´est à dire droit sur la position de Tony Bullimore et de ses équipiers. Daedalus peut donc s´attendre à une mer agitée et à des vents violents et très instables, les mêmes conditions rencontrées par Doha 2006 deux semaines plus tôt. Cette région est connue pour ses Pamperos, des grains d´une intensité telle qu´ils peuvent désemparer un équipage inconscient du danger. Ces coups de vent se développent dans les terres où ils puisent leur énergie dans l´air sec et chaud de la Pampa argentine, avant de se déplacer vers l´océan. Un nuage allongé en forme de cigare indique souvent l´arrivée de ce phénomène. La mer devient alors très calme et plate avec une soudaine augmentation de l´humidité. Puis le vent commence à souffler, de plus en plus fort et en rafales. Les embruns sont projetés avec violence sur le pont. L´équipage peine à réduire la toile et à mener le bateau dans la bonne direction… Mais Tony Bullimore connaît bien cette région et il garde les yeux grands ouverts sur les signes avant-coureurs de ces coups de vents « made in Argentine » ».

De l´autre côté de l´océan Atlantique, Doha 2006 accuse son premier revers météo depuis plusieurs semaines. Après un passage forcé sous l´anticyclone de Sainte-Hélène, le maxi-catamaran a du poursuivre sa route vers l´est sous un autre anticyclone en formation dans l´océan Indien. Hier, Brian Thompson espérait encore pouvoir contourner ce système par le sud et par l´est. Mais cela ne sera pas le cas. L´anticyclone n´a cessé de grossir, faisant grimper la pression atmosphérique au point de constituer un véritable obstacle entre Doha 2006 et Madagascar. Brian Thompson et ses équipiers se sont donc résignés à passer dans l´ouest de ce système. Mais ce dernier recours stratégique implique une remontée au près dans des vents assez forts et pendant plusieurs jours, jusqu´à ce que le bateau Qatari approche de Madagascar, actuellement 1500 milles devant ses étraves. L´heure est à la prudence, car c´est précisément ce type de conditions qui a eu raison de Geronimo le mois dernier. D´après Olivier de Kersauson, le trimaran a heurté un objet immergé. Mais la pénible remontée face au vent et face aux vagues n´a évidemment pas arrangé les choses. Devant cette crainte de casser, Doha 2006 ralentit. Il n´a parcouru que 245 milles en 24 heures. Une aubaine pour son poursuivant Daedalus, qui en profite pour réduire l´écart d´une centaine de milles. «