Louvoyage le long des côtes iraniennes

Doha 2006
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La bonne nouvelle est que pour l’instant ils ont du vent. La mauvaise est qu’une nouvelle fois, ils ont le vent dans le nez. Ce vent s’engouffre dans le détroit entre l’Iran et l’Oman. Brian Thompson et son équipage tirent de petits bords de près le long des côtes iraniennes pour atteindre le haut du détroit. Ils pourront alors ouvrir les écoutes pour le dernier bord vers le Qatar. Aujourd’hui est le 60e jour de cette odyssée planétaire et l’équipage attend avec impatience de toucher la terre ferme. La navigation au près n’est guère réjouissante comme le souligne Paul Larsen dans son journal de bord. « Pendant notre dernier quart, le vent a tourné pour se mettre de face et est monté à 17 nœuds. Pendant quelques minutes, la mer était encore plate. Doha 2006 a ensuite commencé à “tailler du petit bois“ dans les vagues. Ces bateaux n’ont pas été dessiné pour être confortables au près. Les formes sous-marines de ces catamarans sont très tendues. Il y a de grandes parties planes du milieu du bateau jusqu’à l’étrave et lorsque le bateau commence à tanguer, l’ensemble tape sur l’eau violemment. Ce n’est ni doux, ni joli, ni rapide. Toutes les notions romantiques des derniers jours en mer se sont rapidement évaporées. Une fois de plus, nous avons légèrement ralenti pour préserver le bateau au fur et à mesure que le vent refusait. Chaque à-coup nous rappelle que nous ne sommes pas encore arrivés. »