Figaro. Xavier Macaire et Morgan Lagravière vainqueurs de la première étape de la Sardinha Cup

Xavier Macaire et Morgan Lagravière remportent le Trophée Naomis en franchissant la ligne d’arrivée en premiers à 5h58 ! Photo: JB D'Enquin
Leaders hier à 17h, Xavier Macaire et Morgan Lagravière (Tem SNEF) ont franchi la ligne d’arrivée de la première étape de la Sardinha Cup en tête ce vendredi 9 avril à 6h après un jour 13 heures et 52 minutes de course. Partis de St Gilles mercredi 7 avril à 16h08, les skippers du Figaro Groupe SNEF passent la bouée de dégagement en deuxième position avant de prendre la tête de la flotte dès le début de nuit ; tête de flotte qu’ils ne lâcheront pas jusqu’à l’arrivée ce matin. Xavier et Morgan savourent pleinement leur victoire à leur arrivée au ponton à Saint Gilles Croix de Vie, une victoire qui vient couronner un duo efficace et complémentaire, et se tournent déjà vers la seconde étape dont le départ sera donné dimanche.
Xavier raconte :

« On est vraiment content car cette étape n’était pas simple. Mais elle était intéressante et bien réussie de notre côté donc c’est cool ! On a eu une bonne gestion de la vitesse, de nos trajectoires, des choix de voile, ça nous a permis de prendre la tête dès la première nuit et de tenir le coup pendant le reste du parcours. Nos manœuvres ont bien roulé, nos choix stratégiques ont été bons, même si ce n’était pas toujours simple et qu’on s’est quand même posé beaucoup de questions. On a eu des doutes parfois mais on a trouvé les bonnes solutions.
On a nos rôles préétablis, ça tourne bien : Morgan gère principalement la marche du bateau, les vitesses, les réglages et, de mon côté, je m’occupe des manœuvres, de la navigation et de la stratégie. On est un binôme très complémentaire, c’est top ! Et puis tu colles Morgan à la barre et c’est parti, ça galope !
»

L’ordre d’arrivée du Trophée Naomis (300 milles) :

  1. Team SNEF (Xavier Macaire/Morgan Lagravière), arrivé à 6h
  2. Région Normandie (Alexis Loison/Guillaume Pirouelle), arrivé à 6h05
  3. Bretagne CMB Performance (Tom Laperche/Loïs Berrehar), arrivé à 6h06
  4. Primeo Energie-Amarris (Achille Nebout/Ambrogio Beccaria), arrivé à 6h07
  5. Gardons la Vue-Fondation Stargardt (Martin Le Pape/Yann Eliès), arrivé à 6h07
  6. Macif (Pierre Quiroga/Erwan Le Draoulec), arrivé à 6h13
  7. Bretagne CMB Espoir (Gaston Morvan/Ronan Treussart), arrivé à 6h19
  8. Bretagne CMB Océane (Elodie Bonafous/Corentin Horeau), arrivé à 6h20
  9. Quéguiner-Innoveo (Tanguy le Turquais/Corentin Douguet), arrivé à 6h25
  10. Ma chance Moi aussi (Robin Marais/Christian Ponthieu), arrivé à 6h36
  11. Devenir (Alan Roberts/Violette Dorange), arrivé à 6h54
  12. Génération Sénioriales (Benoît Mariette/Antoine Lauriot-Prévost), arrivé à 6h58
  13. Charente Maritime (Alexis Thomas/Robin Follin), arrivé à 7h08
  14. RLC Sailing (Estelle Greck/Laurent Givry), arrivé à 7h19
  15. Cybèle Vacances/Team Play to B (Pep Costa/Will Harris), arrivé à 7h21
  16. Mercyships.org (Marc Mallaret/Sébastien Marsset), arrivé à 7h27
  17. Marine Nationale/Fondation de la Mer (Philippe Hartz/Benoît Hochart), arrivé à 8h03
  18. Team Vendée Formation (Charlotte Yven/Pierre Daniellot), arrivé à 8h30
  19. G-Alok (David Paul/Damien Cloarec), arrivé à 8h36
  20. RL Sailing (Kenneth Rumball/Pamela Lee), arrivé à 8h41

Xavier Macaire (premier sur Team SNEF) : « C’était une super étape, bien menée, avec quelques petites frayeurs sur la dernière phase du parcours, le tour de l’île d’Yeu, on a eu peur plusieurs fois avec Morgan, parce qu’il y a eu des dévents, de la molle, du refus… Plusieurs fois on a vu les bateaux revenir et les attaques de nos concurrents, on s’est dit que ça allait être chaud. Les bateaux étaient vraiment groupés à l’arrivée, nous étions tous hyper proches, avec 8 à 10 bateaux en un ou deux milles, alors que tout au long de la course, c’était plus étalé. Le vent mollissait en approchant de l’arrivée, on voyait les autres arriver, mais Morgan a super bien géré le truc, il a été aux petits réglages, aux petits oignons, pour ne rien lâcher du millimètre qu’il fallait garder pour gagner, bravo ! Il y a eu beaucoup de vitesse sur cette étape, un peu de choix de voiles et de trajectoires aussi qu’il a fallu affiner. Il y a eu plus de vent que ce que qui était prévu, avec des bords qui mouillaient pas mal, le bateau allait vite, c’était sympa de voir qu’on allait plus vite que les routages et de faire avancer le bateau vite, on s’est bien débrouillés là-dessus, on avait une bonne vitesse. C’est vraiment sur la dernière phase du parcours qu’il y a eu pas mal de rebondissements, c’était un peu stressant. »
Morgan Lagravière (premier sur Team SNEF) : « C’était cool de concrétiser le travail qu’on a pu mettre en place avec Xavier depuis l’année dernière, on avait à cœur de mettre tous nos entraînements en application en compétition, on l’a plutôt bien fait pour une première. Ça devait théoriquement bien fonctionner, on l’a prouvé, le fonctionnement global a été bon, j’ai déjà hâte d’être à la deuxième étape pour voir si on est capables de réitérer les choses. Avant le tour de l’île d’Yeu, on s’était fait un scénario approximatif avec les éléments qui dataient du départ, donc qui commençaient à être un peu périmés, il s’est avéré que dans la réalité, ça n’a pas été franchement le même, comme bien souvent, il a fallu jongler avec ça et garder la tête froide, ce n’était pas évident. A plusieurs reprises, nos concurrents ont essayé de mettre le clignotant d’un côté ou de l’autre, mais on su faire ce qu’il fallait, je pense que les expériences des différentes courses qu’on a vécues chacun en amont font qu’on sait que dans ces moments, il faut rester lucide et concentré, on peut râler un bon coup, mais pas longtemps, pour pouvoir bien faire avancer la machine. »

Alexis Loison (2e sur Région Normandie avec Guillaume Pirouelle) : « C’était une première étape très agréable, on a vraiment eu de super conditions, variées, avec de la glisse facile, du soleil, du jeu, on s’est régalés. On a toujours été aux avant-postes, jamais à cette place de deux sauf à la fin, mais c’est à la fin que ça compte. On en a profité, ça ne s’est pas joué à grand chose, ça a pas mal distribué dans le paquet de cinq, à part Xavier Macaire et Morgan Lagravière qui ont bien survolé l’étape. Nous, on était à l’affût d’une opportunité, quand elle s’est présentée, on l’a saisie. Au moment d’attaquer Yeu, on était quatrièmes ou cinquièmes, on a choisi de virer assez tôt pour rejoindre la ligne d’arrivée, ça a permis de croiser devant les deux ou trois bateaux qui étaient devant nous, ça s’est joué sur une décision en 30 secondes. On a même cru à la victoire à la toute fin quand Xavier et Morgan se sont arrêtés dans une zone sans vent, mais ça n’a pas suffi, ils méritent cette première manche, on espère pouvoir les embêter sur la seconde. »

Tom Laperche (3e) sur Bretagne CMB Performance avec Loïs Berrehar) : « On a pris pas mal de plaisir, c’était un beau parcours, avec des conditions plutôt agréables, quasiment que du soleil, beaucoup de crème solaire, c’était super sympa. Au niveau sportif, on est super bien partis sur la ligne de départ, je pense que la photo est très belle, mais deux minutes après, on était dans les derniers. Après, on est revenus tranquillement pour être pas mal placés à la bouée d’Arcachon, sur le retour, on a marché fort, on passe deuxièmes avant le tour de l’île d’Yeu, mais on s’est arrêtés sous le vent dans le dévent, Yann et Martin (Eliès et Le Pape) nous passent, puis Alexis (Loison, Région Normandie) et Achille (Nebout, Primeo Energie-Amarris) sur une bascule, heureusement, on arrive sur la ligne à redoubler Achille. »

Achille Nebout (4e sur Primeo Energie-Amarris) : « Le sentiment est un tout petit peu mitigé, parce qu’on a vraiment très bien navigué 99% de la course, on était deuxièmes à moins de 2 milles de l’arrivée, et on est tombés dans une petite bulle sans vent, on s’est fait piéger, on a sûrement fait une petite erreur, on termine quatrièmes. C’est un peu frustrant, mais on est super contents de cette première, c’était la première en Figaro Beneteau pour Ambrogio, on a été dans le coup tout le long, quasiment dans les cinq en permanence, ça navigue quand même très très vite autour de nous, on a vraiment bien tenu le rythme et on a fait un bon petit coup après l’île d’Yeu en virant un peu plus tôt, ça a failli être un gros hold-up, ça ne l’a pas fait, mais ce sera pour la prochaine ! Grand respect à Xavier et Morgan qui ont vraiment été impériaux ; à un moment, on a été limite de leur passer devant, ça n’aurait pas été très juste, parce qu’ils ont vraiment été très forts, mais on le savait, moi, ce sont mes favoris, ils ont tenu les promesses. »
Ambrogio Beccaria (4e sur Primeo Energie-Amarris) : « La bataille sur l’eau était vraiment géniale, tu es entouré de bateaux qui vont à la même vitesse que toi tout le temps, du coup, ça se joue à la bataille, et finalement, on perd le podium pour 10-15 mètres. Mais c’est vraiment intéressant, car tu vas vraiment dans les détails, c’est que je suis venu chercher sur ce circuit. J’ai été impressionné aussi par Achille qui est super à l’aise, toujours tranquille. »

Martin Le Pape (5e sur Gardons la Vue/Fondation Stargardt) : « Il y a eu des hauts et des bas, on a eu des moments pas top au départ, parce qu’on était derrière, donc il a fallu qu’on cravache pour revenir, on est revenus, on était heureux, on fanfaronnait parce qu’on était deuxièmes, mais on a fait une petite boulette à 5 milles de l’arrivée, et non seulement, on a perdu la deuxième place, mais en plus, on en perd trois au final, donc j’ai clairement les boules… C’est frustrant, parce que cette deuxième place était vraiment à portée de main et qu’on avait tout fait pour que les autres soient derrière, on avait creusé l’écart, ils étaient dans l’axe derrière moi, je pensais qu’il ne pouvait pas nous arriver grand chose, et voilà, je me suis trompé, ça me servira pour la suite. Après, il faut relativiser, parce que c’était une course pendant laquelle on pense qu’on a plutôt bien navigué, on a fait de belles choses, donc il faut retenir le positif pour la suite, je pense qu’on a vraiment les armes pour jouer aux avant-postes. On va digérer notre boulette et puis, ça ira mieux. »
Yann Eliès (5e sur Gardons la Vue/Fondation Stargardt) : « On a fait une erreur tactique sur le dernier coup pour aller vers la ligne d’arrivée : dans ces cas-là, tu dois faire en sorte de protéger ta position quel que soit le scénario qui arrive, en gros être entre l’adversaire devant lequel tu veux terminer et la ligne d’arrivée, on a oublié ce chapitre important de la régate qui consiste à marquer ses adversaires. On a un peu joué de malchance aussi, mais on a surtout manqué de clairvoyance. C’est dommage, parce que toutes les autres décisions, on les avait plutôt bien gérées, on avait plutôt un petit temps d’avance sur les autres, avec des petits gains, c’est pour ça qu’on est déçus. »

Pierre Quiroga (6e sur Macif avec Erwan Le Draoulec) : « On n’est pas mécontents du résultat, surtout quand on voit où on était en bas (à Arcachon). On était venus pour tester des voiles de portant VMG, quand tu as des bords de reaching, ces voiles marchent forcément moins bien, ça a été un peu dur sur la descente sur Arcachon, parce qu’on passe en tête là-haut (à la bouée Vendée), mais après, on ne pouvait rien faire, les voiles n’étaient pas faites pour ça, donc on a vu Xavier (Macaire) partir et le reste de la flotte revenir sur nous, voire nous doubler. Ça a été dur, mais ça a été un bon exercice et on a réussi à recoller sur la fin du bord de près en revenant sur les Sables. Et sur le tour de l’île d’Yeu, on a voulu prendre l’intérieur pour couper un peu le virage, ça a failli ne pas payer parce qu’il y avait moins de vent, mais au final, c’est passé, on a pu doubler deux Bretagne CMB, l’honneur est sauf, ça a permis de sauver la fin de course. C’était une course de vitesse, notre première course en double, on ne s’est pas tapés dessus, on a bien mangé, bien dormi, c’était un petit hors d’œuvre pas mal avant la deuxième étape. »