Figaro. Départ de la deuxième étape de la Sardinha Cup

Le départ de la seconde étape de la Sardinha Cup (la Saint Hilaire-Sardinha Cup) a été donné dimanche à 17h12 dans un vent de 15-20 nœuds de secteur nord avec un aller vers les Scilly soit 775 milles et environ cinq jours de mer.

Après 15 heures de mer, la flotte s’est scindée en trois avec 17 des 21 bateaux partis au large pour contourner un anticyclone centré sur la pointe de la Bretagne, 4 francs-tireurs ont choisi d’aller plus près des côtes et pointent en tête ce matin mais vont commencer à être ralentis à la mi-journée.

Les marins l’avaient tous annoncé avant de quitter le ponton de Port la Vie dimanche, il allait falloir choisir sa route vers les Scilly dès le passage de la bouée des 5 Pineaux, qui marquait la fin du parcours côtier en Pays de Saint-Gilles. 6e de la première étape avec Erwan Le Draoulec, Pierre Quiroga estimait qu’en Figaro, « la meute nous dirige un peu, je pense que la meute ira au large, à part peut-être un ou deux bateaux un peu derrière au classement qui vont aller jouer à la côte ». Le skipper Macif a vu presque juste : 17 des 21 Figaro Beneteau ont tout de suite mis le cap à l’ouest, avec l’objectif de contourner un anticyclone qui, ce lundi, se présente sur la pointe de la Bretagne avant de progressivement se décaler vers l’est, ce qui devrait leur ouvrir la porte des Scilly.

A l’inverse, ils ne sont pas un ou deux, mais quatre francs-tireurs, qui ont choisi d’entrée de passer à l’intérieur de l’île d’Yeu et de faire une route plus directe vers la pointe de la Bretagne. Les plus radicaux sont ceux qui, ce lundi matin, occupent les deux premières places du classement, à savoir le duo anglo-espagnol composé de Will Harris et de Pep Costa (Cybèle Vacances-Team Play to B) et le tandem Tanguy Le Turquais/Corentin Douguet (Quéguiner-Innoveo), 9e de la première étape, tandis que deux équipages sont dans une position intermédiaire : David Paul/Damien Cloarec (G-Alok) et Charlotte Yven/Pierre Daniellot (Team Vendée Formation).

Ces quatre-là devraient peu à peu être ralentis au fur et à mesure que les hautes pressions vont s’installer sur la pointe de la Bretagne, ce que confirme Etienne Saïz, adjoint au directeur de course Guillaume Rottée. « L’anticyclone va gonfler pile sur le groupe du nord, la difficulté pour eux, ça va être de ne pas douter avant mardi matin et d’être capables de tenir leur option, sachant qu’ils ne savent pas du tout où sont les autres. » Le reste de la flotte est en effet trop loin pour être visible à l’AIS (le radar du bord), tandis que les marins ne reçoivent ni classements ni informations météo, autres que celles qu’ils peuvent recueillir en appelant les sémaphores à la VHF ou en recevant des cartes isobariques peu précises via la BLU.

Dans le groupe de l’ouest, à l’inverse, les 17 se voient quasiment tous à l’œil nu et peuvent se comparer en vitesse, les mieux placés lundi matin étant Martin Le Pape/Yann Eliès (Gardons la Vue-Fondation Stargardt) devant Alexis Thomas/Robin Follin (Charente Maritime). « Le gros du paquet va progressivement arrondir sa trajectoire au fur et à mesure de la rotation du vent vers l’est, c’est ce qu’on appelle la route naturelle, poursuit Etienne Saïz. Après, il va falloir trouver le trou de souris pour rejoindre les Scilly. » Où la flotte est attendue mardi en début d’après-midi, reste à savoir dans quel ordre…

Pour la plupart des marins interrogés, le classement aux Scilly pourrait peu changer d’ici le terme de l’étape au Pays de Saint Gilles, prévu vendredi : « Je pense que le premier qui passera aux Scilly devrait être le premier à l’arrivée, parce qu’il ne devrait pas y avoir par la suite de coups aussi tranchés que sur les premières heures de course », analyse Morgan Lagravière, vainqueur de la première étape avec Xavier Macaire sur Team SNEF.

« Si la première partie de la course a généré de gros écarts, les jeux seront en grande partie faits aux Scilly, car le retour va être un bord de bûcheron », ajoute Corentin Douguet, co-skipper de Quéguiner-Innoveo aux côtés de Tanguy Le Turquais. Reste que l’étape, avec ses 775 milles, s’apparentera aussi à une course d’usure, avec une gestion sur le long terme à ne pas sous-estimer. « On n’a jamais fait une aussi longue étape, on sait que les bateaux sont durs et exigeants, il va falloir garder du jus pendant cinq jours, prévient Yann Eliès. On est certes en double, mais il y en a qui vont lâcher le morceau petit à petit et d’autres qui vont réussir à garder le bon rythme jusqu’au bout. »

Robin Marais, 10e de la première étape sur Ma chance Moi aussi, conclut : « Ça va être une étape longue, humide et froide, donc ce sera important de bien se reposer et de trouver d’entrée le bon fonctionnement et le bon rythme. Certes, une partie de la course va se jouer aux Scilly, mais ça ne sert à rien de d’être bien placé aux Scilly si c’est pour être cramé sur la deuxième partie. »

Le bateau des marcheurs déjà dans le coup !

Comme les 21 Figaro Beneteau 3 inscrits sur la deuxième édition de la Sardinha Cup, le bateau des marcheurs a repris la mer dimanche, propulsé, lui aussi vers le large, par la centaine de participants s’étant inscrits sur l’application Kiplin. Rappelons que l’équipe qui aura fait le plus de pas remportera ce jeu, dont l’objectif est de contribuer à la lutte contre la sédentarité en entreprise.
Ordre de passage à la bouée des 5 Pineaux, 1ère marque de la deuxième étape de la Sardinha Cup :