Vice-président de la Classe Figaro qui va devoir changer de nom, Marcus Hutchinson réagit à la décision d’OC Sport de faire courir la Solitaire du Figaro en Ocean Fifty à partir de 2028. S’il dénonce la méthode employée et la transmission de l’héritage de l’épreuve à une autre classe, il assure que la classe va s’organiser pour préparer la suite.
Le communiqué publié par OC Sport, vendredi 17 juillet au matin, n’a pas totalement surpris la Classe Figaro. Mais il l’a tout de même cueillie à froid. Depuis l’annonce du changement de support de la Solitaire du Figaro, elle a reçu le soutien du Groupe Beneteau, de la Fédération française de voile et de Paprec, partenaire titre de l’épreuve actuelle.
« Nous avions eu connaissance de cette orientation prise par OC Sport il y a déjà quelques mois, mais rien n’avait jamais été clairement annoncé, explique Marcus Hutchinson, vice-président de la Classe Figaro. Ils ont joué la montre et fait traîner les discussions sur l’avenir de l’épreuve pendant très longtemps. »
« Nous avons dû réamorcer la pompe »
Pour comprendre les tensions entre la Classe Figaro et l’organisateur de la Solitaire, Marcus Hutchinson revient sur les années qui ont suivi la crise sanitaire. « Pendant les deux années de Covid, OC Sport a réussi à organiser la Solitaire malgré la complexité de la période. Mais il y avait peu de concurrents, notamment parce que le circuit manquait de bizuths. Nous avons ensuite dû réamorcer la pompe. »
La Classe a alors créé une académie et renforcé le programme des courses préparatoires afin de faciliter l’arrivée de nouveaux navigateurs sur le circuit. « Cela a bien fonctionné, même si ce type de travail prend du temps. Aujourd’hui, la Classe va très bien. Beaucoup de bateaux naviguent et nous avons de nombreux coureurs et de nouveaux avec beaucoup de talents. »
Selon Marcus Hutchinson, les relations se sont dégradées lorsque l’organisateur a envisagé d’avancer la Solitaire en début de saison.
« OC Sport a signé avec Paprec en présentant la possibilité d’organiser la course plus tôt dans l’année. Mais cela nous posait un problème pour former les bizuths. Un tel calendrier les aurait, de fait, éliminés de la course. Ils nous ont mis beaucoup de pression pour avancer la date, mais nous avons bloqué ce projet avec le soutien de la Fédération française de voile et des coureurs, qui prennent les décisions par vote. »
Un contrat arrivé à son terme
Le vice-président de la Classe rappelle également l’existence d’un accord quadripartite signé en 2017 entre OC Sport, le Groupe Figaro, la Classe Figaro et Beneteau. Ce contrat garantissait l’organisation de l’épreuve en Figaro Beneteau 3 pendant dix ans et accompagnait la mise sur le marché du monotype. Cet accord arrive à son terme en 2026. « Depuis plusieurs années, nous discutions de la suite, mais les échanges étaient déjà très tendus. Nous avons tout de même réussi à signer une convention pour 2026 et 2027. C’est pour cette raison qu’il y aura encore une Solitaire du Figaro disputée en Figaro Beneteau 3 en 2027. »
Lors de la signature de cette convention, les différentes parties s’étaient engagées à se rencontrer régulièrement afin de définir une vision commune pour l’avenir de l’épreuve. « Ils nous ont expliqué que la Solitaire ne rapportait pas d’argent et qu’elle n’intéressait plus personne. Mais ils ne proposaient pas davantage de solutions. Nous avons eu le sentiment qu’ils jouaient la montre. Finalement, ils ont décidé de ne pas renouveler la convention avec nous. »
Une nouvelle course à construire
La Classe Figaro dispose désormais de deux ans pour préparer l’après-Solitaire. Son ambition est claire : organiser une épreuve comparable, mais sous un autre nom. « Le Groupe Beneteau reste à nos côtés, mais nous allons devoir modifier le nom de la Classe et trouver un autre nom à l’épreuve phare du Championnat de France de Course au large. Nous ne voulons pas polémiquer, car il faut maintenant préparer la suite. Nous sommes dans le sport business et l’on oublie parfois que les noms et les droits ont une valeur. Mais ce qui est dur, c’est de voir tout ce que représente le trophée de la Solitaire depuis ses débuts être vendu à une autre classe. Ils ont pris cette valeur pour la transmettre à une autre. C’est « vendre » réellement tous les efforts accomplis par les coureurs depuis trente ou cinquante ans. »
« Nous savons comment faire »
La Classe Figaro entend tourner la page. Elle va devoir changer de nom de classe et de nom de bateau également. « La Classe est désormais maîtresse de son destin. Ces discussions avec OC Sport nous ont mobilisés pendant très longtemps. Maintenant, nous allons consacrer toute notre énergie à un meilleur futur. Nous savons comment faire et nous ne manquons pas de soutiens. »
Reste à définir le calendrier de la future épreuve et à lui trouver un nouveau nom. Elle pourrait être organisée à la même période que la Solitaire du Figaro nouvelle formule, disputée à partir de 2028 en trimaran Ocean Fifty.
















