Vendée Globe. Thomas Ruyant :  » Je trouve ce Sud bien long ! »

Thomas Ruyant, LinkedOut, s'entraine pour le Vendee Globe au large de Groix, France, le 5 Juin 2020. (Photo Pierre Bouras / TR Racing)

Le resserrement craint et attendu par Thomas Ruyant s’est concrétisé ce matin en croisant devant Damien Séguin mais le nordiste est aussi revenu à 200 milles des deux leaders.

Les dernières 36 heures ont été tout sauf euphoriques pour le skipper de LinkedOut, confronté à une mer croisée, dans laquelle le plan Verdier venait buter au terme de chaque accélération. Ajoutez à cela un angle au vent d’Ouest Sud Ouest peu favorable, et vous percevrez une partie des difficultés rencontrées par Thomas pour contrer le retour d’adversaires un poil mieux loti en termes de mer et de vent. Et pourtant, les écarts derrière les deux leaders Apivia et Maitre Coq ont, à la résilience et à la volonté, été ramenés ce matin à environ 200 milles.

En limite de la Zone d’Exclusion Antarctique, le navigateur de la course au changement en faveur de l’Inclusion, une course accélérée par Advens et Swiss Life France, envisage avec délectation, suite à un nouvel empannage, un long bord bâbord amure, sur son foil valide, en capacité de lui offrir, enfin, et alors que les conditions se calment, les glissades Pacifique promises et qu’il est aussi venu chercher en ce point désolé du globe.

« Les trajectoires se croisent et convergent, puisque l’on va tous au même endroit » musait Thomas cette nuit. « On a tous bien cavalé en arrière de la dépression qui s’évacue dans le Sud. C’était très difficile pour moi de bien faire marcher le bateau dans une mer très creusée. LinkedOut venait s’y planter brutalement. Je passais régulièrement de 24 noeuds à… 13! Je pense que mes adversaires avaient un meilleur angle et une mer un peu plus plate. Je me projette déjà vers le cap Horn, que je pense atteindre samedi en soirée. Yannick (Bestaven) y sera dans la matinée du 2 janvier. C’est important pour moi de demeurer dans le même système météo que le leader. Les conditions y seront, semble t’il, conformes à la légende du fameux rocher, 35 noeuds d’un flux descendu le long de la cordillère des Andes et 5 à 6 mètres de creux.« 

« Je trouve ce Sud bien long. On n’est pas gâté. Je ne peux pas dire que je m’éclate en termes de navigation. Je prends mon pied dans cette régate au contact et dans le défi qu’elle représente. Mais je n’ai jamais été en mesure de me régaler entre les allures de près, la pétole, les mers formées… J’attends avec impatience le vent de Sud Ouest pour enfin glisser en bâbord amure. Je suis un peu déphasé par l’inversion des fuseaux horaires. Je vis en sauvageon, dormant quand je suis fatigué, mangeant n’importe quand. Je réponds aux besoins primaires quand ils se présentent, de jour ou de nuit. Le 31 décembre ne constituera pas un moment particulier. C’est plutôt le 1er janvier qui m’intéresse, l’anniversaire de mon fils Basile.«