Vendée Globe. Navigation engagée jusqu’au Cap Horn

Damien Seguin s'entrainant sur l'imoca Groupe APICIL pour le Vendée Globe 2020. (Photo Jean-Louis CARLI)

La tête de la flotte se fait secouée par une dépression. Maitre CoQ reste en tête suivi par Apivia et LinkedOut. Groupe Apicil mène le groupe de chasseurs qui s’est rapproché.

Les conditions météos sont devenues compliquées pour la tête de la flotte qui doit affronter de belles rafales de vent et des déferlantes. Yannick Bestaven reste toujours en tête ce matin avec 144 milles d’avance sur Apivia. Charlie Dalin tient le rythme même si il a du ralentir pour vérifier sa réparation sur sa cale de foil.

Charlie

Derrière lui, Thomas Ruyant revient tout comme Groupe Apicil avec un Damien Séguin qui a performé ces dernières heures avec un placement judicieux. Avec son bateau à dérives, il est revenu à la hauteur de LinkedOut. Il est le premier du groupe où l’on retrouve Jean Le Cam et 7 autres bateaux.

Tout le pack des poursuivants a gagné quelques dizaines de milles la nuit dernière (heure française) sur le duo leader : en dehors de ceux qui ont dû recadrer pour éviter la ZEA tels Maxime Sorel (V and B-Mayenne) et Louis Burton (Bureau Vallée 2), tout comme prochainement Giancarlo Pedote (Prysmian Group), les chasseurs ne sont plus qu’à une toute petite journée du premier. Il devrait donc y avoir embouteillage dans le détroit de Drake ! Surtout que le trio suivant devrait revenir très fort ces prochains jours grâce à cette nouvelle dépression qui devrait les porter jusqu’en Patagonie.

Le Diraison a trouvé la solution

Au grand large de la Nouvelle-Zélande par 56° Sud, un triumvirat s’est formé suite aux soucis techniques de quille du benjamin helvète, Alan Roura (La Fabrique) : il doit désormais compter sur la pression d’Arnaud Boissières (La Mie Câline-Artisans Artipôle) et de Pip Hare (Medallia) qui ne lui rendent que 70 et 110 milles le long de la ZEA. En bordure méridionale d’un anticyclone bienvenu, ils peuvent tous trois allonger la foulée dans un flux de secteur Nord-Ouest plutôt agréable.

Et à suivre, Stéphane Le Diraison (Time for Oceans) qui avait prévu de longer l’île Macquarie pour circonscrire ses problèmes de chariot de grand-voile, a finalement trouvé une solution avec le soutien de son équipe à terre. Il peut reprendre sa route dans le sillage de Jérémie Beyou (Charal) qui s’est fort bien sorti de la dépression tasmanienne et peut désormais tirer tout droit le long de la ZEA. Enfin, Alexia Barrier (TSE-4myplanet) a elle-aussi repris le fil de la course après une frayeur lorsque sa poulie de bastaque (câble qui tient le mât sur l’arrière) a explosé ! La navigatrice a pu réparer avant de passer le cap Leeuwin que le Finlandais Ari Huusela (STARK) a aussi franchi la nuit dernière.

Dorénavant, la balle est dans le camp des chasseurs qui, de l’avant à l’arrière de la flotte de ce neuvième Vendée Globe, a la possibilité de déstabiliser les chassés… L’envié trésor du cap Horn est à portée de lance-pierres et il faudra mettre en route l’appareil photo pour départager les prétendants (fort nombreux) au podium des Sables d’Olonne. Mais tout cela est une autre histoire : il restera tout de même plus de 7 000 milles à avaler après le long tunnel des mers du Sud ! Et la situation météorologique à venir après l’archipel des Malouines, ne semble pas très franche…