Vendée Arctique. Louis Burton : “Ce sera deux courses en une. Il faudra faire attention !”

Louis Burton à bord de l’IMOCA Bureau Vallée

Louis Burton 3e de la Guyader Bermudes 1000 races aborde cette Vendée Arctique avec toute la détermination qu’on lui connait mais avec précaution aux vues des conditions météos attendues qui s’apparentent à deux courses en une. La remontée au près s’annonce risquée pour les bateaux et la descente devrait se faire plein gaz. Interview.

Comment ça va sur Bureau Vallée 3?
L’enjeu pour le début de la saison était de se remettre en confiance et de valider tout le boulot effectué cet hiver. Le podium sur la Bermudes 1000 nous a remis dans un bon trend. On a toujours le mât de spare qui appartient à la Classe Imoca suite à notre démâtage sur la Transat Jacques Vabre. Il faut que l’on fasse gaffe de ne pas le casser. C’est un mât réparé. »

Comment vois-tu cette Vendée Arctique ?
Si le parcours prévu est respecté, cela sera un sacré dossier parce qu’il y a pleins de passage de fronts où on va se retrouver au près. Cela va être de la pétole, du vent, des accélérations. L’idée est d’arriver à 100% au nord de l’Islande et après si tout va bien redescendre en mettant les gaz et faire quelque chose de bien. La priorité est de terminer, engranger des milles, se mettre en confiance avec le bateau, valider les modifications que l’on a faites.

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Louis Burton à bord de l’IMOCA Bureau Vallée


On a fait beaucoup de trucs entre la Bermudes et maintenant, notamment sur toute l’ergonomie à bord. On s’est retrouvé par exemple au près dans 20-30 nds de vents et dans ces conditions, le bateau vole, tape. Je voulais des sièges baquets pour faire la veille, pour ne pas être en permanence sur mes deux jambes quand cela tape beaucoup. Physiquement c’est très difficile ; On a travaillé aussi la visibilité sur l’avant en modifiant la casquette, en ajoutant des bulles arrondies pour voir devant. On a fait un système pour dormir à proximité, travailler sur des systèmes de montée et descente de safrans. Tous ces éléments sont hyper importants pour la performance.
On a également travaillé sur l’électronique. Dans les passages de fronts tous nos systèmes d’anémomètres cassaient une fois sur deux en tête de mât dans les chocs. Des systèmes qui ne sont plus trop adaptés à nos foilers. Sur la Bermudes, les tiges carbones n’ont pas bougées mais les pâles ou les godets cassent. On a refait des pâles en carbone sur mesure. On a également une troisième perche, un aérien à poste à l’arrière. Avec notre système Madintec, celui-ci peut switcher automatiquement de l’un à l’autres en cas de perte de signal.

Comment se comporte le bateau ?
C’est hyper stable, mouille beaucoup moins et cela bombarde à toutes les allures. J’ai encore un peu de boulot pour trouver les bons réglages sur les voiles au portant. C’est une approche très différente. Le bateau a des chevaux. On peut lever un peu le pieds quand on sait que c’est limite et re accélérer après. Il faut gérer la puissance. C’est vraiment du pilotage. Avec le travail sur l’ergonomie, je devrai être capable de tenir un rythme plus soutenu plus longtemps. Le bateau reste très sensible dans toutes les allures de transition. La position longitudinale permet de décoller un peu plus tôt. Au VMG bas avec l’étrave arrondie, il faut essayer de ne pas pousser trop d’eau. On utilise l’arrière pour matosser où on a remplacé les toiles par des petits planchers en fibre de lin.

Louis Burton

Comment il se situe par apport aux favoris ?
Par rapport à Apivia, LinkedOut ou Charal, on est au niveau à toutes les allures de près et de reaching. Mais j’ai un peu de boulot au VMG portant bas. C’est un peu plus difficile dans la grosse molle dès qu’il y a moins de 8 nds de vent.

Echanges-tu avec Sam Davies et son équipe sur cette version 2 de ton plan Manuard ?
Avec son équipe on s’est dit qu’on essayerait de faire du développement en commun, de se tenir informé des différentes évolutions. On leur a donné pas mal d’infos. Cela sera intéressant de comparer les performances des deux bateaux. Le nôtre à l’ancienne jauge avec les bridages sur la quête de mât à 5° et le réglage d’incidence de foils limité à 3° et Sam qui peut avoir jusqu’à 7° de quête et peut régler ses foils à fond. Sa quille est un peu plus reculée, ses foils plus petits et n’ont pas la même implantation.

Ton objectif sur cette VALS ?
C’est hyper important de la finir. C’est la 2e course qui compte pour la sélection aux milles. Partir dans une zone comme celle-ci à quelque mois de la Route du Rhum c’est assez audacieux. Il ne faut pas casser le bateau, ne pas se mettre dans le rouge. La Route du Rhum est très importante pour moi. C’est la course complètement mythique, c’est un rêve. Je suis de St-Malo. J’ai envie de performer sur cette course et envie d’y arriver dans les meilleures conditions.
Après la Valls, on rentre. On fait une grosse révision, un check du bateau et on prendra un peu de repos pour attaquer la Route du Rhum dans les meilleures dispositions.