Vendée Arctique. En route vers l’Islande

Le départ de la Vendée Arctique a été donné ce dimanche dans de belles conditions permettant aux foilers d’accélérer rapidement plein ouest. En tête ce matin, on retrouve les favoris Apivia, Charal, Bureau Vallée et LinkedOut. A noter la belle performance de Guyot Environnement qui a suivi le rythme les premiers heures. Le passage de la dorsale en fin d’après-midi devrait marquer le premier point de passage stratégique de la course.

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La première nuit de la Vendée Arctique a été très dynamique ! Dans un flux de 20-25 nœuds, les concurrents ont déboulé au vent de travers, une configuration dans laquelle les foilers sont particulièrement à l’aise.

« La meilleure vitesse moyenne sur 15 minutes a été de 29,4 nœuds », souligne Yann Chateau, directeur de course adjoint. « Le bateau marchait très fort cette nuit », indique pour sa part Alan Roura (Hublot). « C’est un peu compliqué de trouver un rythme. J’ai grignoté des carottes car faire chauffer de l’eau est difficile. Côté sommeil, j’ai juste réussi à grappiller 20 minutes. » Louis Burton raconte de son côté avoir fait des pointes de vitesse à 35 nœuds !

Louis Burton (Bureau Vallée) a été très rapide cette nuit. Il raconte cette folle chevauchée : « Le début de course a été engagé sur Bureau Vallée et le reste de la flotte je pense, avec un bord très rapide au vent de travers, avec des pointes à 35 nœuds ! Il faut se mettre dans le rythme tout de suite, pas le choix. J’ai dormi trois fois 20 minutes. Je vais attaquer la dorsale assez sud, là où je voulais rentrer. »

Sébastien Marsset (Cap Agir Ensemble #SponsorsBienvenus) livre ses premières impressions : « La nuit s’est bien passée sous une belle lune dans des conditions ventées. Le bord de reaching a été tonique. Il fallait rester bien attentif car il y avait des bonnes risées à gérer. Le vent mollit un peu avec le lever du jour. Tout va super bien à bord, il a fallu se remettre des émotions du départ, ce n’est jamais facile de quitter la terre. Il va falloir réfléchir stratégie ce matin en fonction de la position des concurrents et des prochains fichiers météo. Il y a un truc qui me préoccupe un peu : j’ai déjà eu froid cette nuit. Je me demande comment ça va se passer là-haut ! »

Antoine Cornic (EBAC Literie) revient sur le début de course et explique pourquoi il a opté pour une route nord : « C’était un départ chargé en émotions, assez fort, un avant-goût du Vendée Globe. Je n’ai pas eu trop de mal à me mettre dans le rythme de la course mais ensuite j’ai eu deux-trois soucis sur le bateau dont un black-out complet d’électricité mais c’est revenu. Un peu de gasoil a coulé aussi, ce qui a laissé une odeur nauséabonde à l’intérieur. Il y a eu du vent cette nuit, ça a bien avancé, je n’ai pas beaucoup dormi, je vais aller faire une petite sieste avant que le jour se lève et que les conditions changent vraiment. La stratégie pour aborder la dorsale me semble claire, je suis le concurrent le plus au nord de la flotte. La dorsale a l’air moins épaisse là-haut, c’est pourquoi j’ai pris la décision de « monter » pour essayer de la traverser vers le nord. »

Le marin suisse Alan Roura (Hublot) revient sur la première nuit en course :« Le départ s’est très bien passé, on a eu des conditions plutôt clémentes au début c’était vraiment chouette, parfait pour se mettre dans la course dès le début. C’est un peu compliqué de trouver un rythme, cette nuit les conditions ont été sportives avec un vent soutenu, le bateau marchait très fort. J’ai grignoté des carottes car faire chauffer de l’eau est compliqué. Côté sommeil, j’ai juste réussi à grappiller 20 minutes. Pour la stratégie de la suite, c’est loin et proche en même temps, la situation est très complexe devant ! Il va falloir trouver le trou de souris, je ne veux pas révéler mon option maintenant (rires). »

Un net ralentissement à partir de ce soir

Deux options se dessinent ce matin. Certains bateaux à dérives droites ont choisi une route plus au nord, plus courte mais moins ventée. La grande majorité de la flotte (dont tous les foilers) est partie plus au sud pour avoir un meilleur angle et favoriser la vitesse. La quatuor le plus attendu est au rendez-vous. Charlie Dalin (APIVIA), Jérémie Beyou (Charal), Louis Burton (Bureau Vallée) et Thomas Ruyant (LinkedOut) se tiennent en moins de 5 milles ce matin (au pointage de 7h). A noter le petit décalage au nord de Romain Attanasio (Fortinet-Best Western), leader à 7h. Les concurrents vont incurver leur trajectoire vers le nord tout au long de la journée. Le rythme devrait commencer à ralentir à partir de la mi journée et les leaders vont vraiment aborder la dorsale anticyclonique dès ce soir. La nuit prochaine s’annonce compliquée, dans des tous petits airs. La sortie de la dorsale est espérée demain matin pour la tête de flotte.

Le Hongrois Szabolcs Weöres va-t-il repartir ?

Un marin est revenu à quai aux Sables d’Olonne la nuit dernière, Szabolcs Weöres, après avoir constaté un problème avec le système hydraulique qui contrôle la quille basculante de son IMOCA Szabi Racing. « Nous ne savons pas quelle est la solution pour le moment. J’espère que nous pourrons réparer. Nous n’avons pas encore de plan fixe mais nous y travaillons », a déclaré le skipper hongrois sur le ponton. Il doit impérativement repartir avant demain mardi à 17h pour rester en course.