Vendée Arctique. Accalmie propice aux réparations

Les premières 24h ont été rapides pour l’ensemble de la flotte jusqu’à ce que celle-ci ralentisse au passage d’une dorsale anticyclonique. Plusieurs bateaux déplorent de la casse à bord. Les favoris, les plus à l’ouest devraient réaccélérer dans la journée.

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Cette Vendée Arctique permet aux skippers de cumuler des milles en vue de se qualifier pour le Vendée Globe mais surtout d’apprendre davantage de leur bateau et notamment pour ceux qui découvre leur monture. La course est également le meilleur moyen de le fiabiliser. Plusieurs skippers ont déjà déploré quelques casses.

Benjamin Dutreux s’est montré véloce à bord de son nouveau foiler Guyot Environnement avant de déchirer le bas de sa grand-voile. “J’ai eu des soucis sur des voiles la nuit dernière. Là je suis au ralenti, j’essaye de réparer pour repartir dans de bonnes conditions. On est dans du vent assez faible donc c’est l’occasion de faire ça. J’ai eu un problème sur une voile d’avant, je pense qu’elle a tappé dans la grand-voile. L’arrière du bas de la grand-voile est déchiré. Depuis ça, je suis bloqué avec un ris. J’attendais des conditions plus clémentes pour essayer de réparer. Ma stratégie, c’est d’essayer de couper la dorsale au plus droit possible pour essayer de faire le moins de distance dans cette zone. En gros, faire du nord-ouest. Après, ce n’est pas évident car dans les dorsales, le vent tourne dans tous les sens et on a du mal à trouver l’angle que l’on souhaite. Au début de la course j’étais un peu patraque. Au final, on est parti avec peu de vent mais ensuite, c’est monté rapidement, le bateau bougeait beaucoup. Mais ça y est, je commence petit à petit à prendre mes marques. La suite s’annonce assez stratégique.”

Sébastien Marsset a eu des problèmes d’hydrogénérateur: “J’ai des petits travaux de mise en route, comme mes soucis de connexion internet… Les pales de mon hydrogénérateur bâbord se sont arrachées, j’ai dû toucher quelque chose. J’ai aussi eu de l’eau par le capot avant dans la nuit, à cause d’un problème d’étanchéité d’un joint. Mais rien de dramatique, juste quelques seaux ! Je vais profiter que ça mollisse pour remettre tout ça en ordre à bord.

Les concurrents ont profité des conditions plus calmes pour tenter de réparer les avaries plus ou moins importantes subies en début de course. C’est notamment le cas de Fabrice Amedeo. « J’ai eu des soucis de pilote automatique, le système est encore tout neuf à bord et il y a quelques bugs », raconte-t-il. « J’ai profité de cette accalmie pour essayer de le remettre d’aplomb. Il marche parfaitement sur mer plate mais il perd un peu les pédales dans la mer formée. »

Le scénario attendu est que les premiers qui parviendront à franchir la dorsale vont pouvoir s’échapper très vite au nord. Les favoris Apivia, Charal, LinkedOut et Bureau Vallée devraient être les premiers à le faire.

« On connaissait le scénario et on avait tous imaginé cet arrêt. Il ne faut pas être fataliste mais philosophe », considère Arnaud Boissières (La Mie Câline). « On a choisi un point d’entrée et maintenant il faut sortir perpendiculairement à l’axe de la dorsale », indique de son côté Jérémie Beyou (Charal). « J’ai des concurrents à vue, cela donne des repères même si dans la molle c’est au petit bonheur la chance. » Au pointage de 7h, les skippers les plus au nord ont les faveurs du classement, celui-ci étant calculé par rapport à la distance restant à parcourir avant d’atteindre la porte située à l’est de l’Islande. Mais les « vrais » leaders sont les marins décalés dans l’ouest car ce sont eux qui vont toucher les premiers le vent à la sortie de la dorsale, espérée en début d’après-midi.