Vendée Arctique. Fin de la course, les skippers se mettent à l’abri et… au frais !

Première photo de Charlie Dalin (APIVIA) à l'abri de la dépression sur la côte islandaise.

L’organisation a décidé de faire de la porte Islande la ligne d’arrivée de cette Vendée Arctique – Les Sables d’Olonne. A 23h ce samedi une partie de la flotte arrive à la porte virtuelle au sud de l’Islande. Le reste subit la dépression avec des vents violents.

Francis Le Goff, directeur de course, explique les choix de la direction de course : « La dépression est bien là, et certains vont avoir du mal à atteindre la porte Islande. Mais comme la situation n’est pas meilleure une fois cette porte franchie, nous avons préféré en faire la ligne d’arrivée afin que les solitaires puissent aussitôt faire en sorte de se mettre en sécurité. Des vents instables et forts arrivent sur zone ; les effets de site qui vont secouer le fjord où se sont abrités déjà deux bateaux ne rendent pas simple l’accueil d’IMOCA supplémentaires. Clore la course à la porte va permettre aux marins de trouver la meilleure solution pour chacun d’entre eux, avec le soutien permanent de la direction de course et avec l’expertise de leur équipe technique. L’objectif est que, samedi après-midi, quand le plus fort de la dépression sera passé, les skippers puissent rallier les Sables d’Olonne, ce qui ne sera pas si simple : ils ne seront pas à l’abri de nouveaux vents forts, mais ils pourront gérer en bons marins. Nous savions les changements de météo rapides et brutaux dans la région, mais nous avons eu le plus fort de ce que nous pouvions redouter. Sincèrement, ce que tous ont vécu sur les 1500 milles environ de la montée vers l’Islande – la difficulté de la navigation, le combat pour mener le bateau, la résistance aux forts éléments – représente une impressionnante mise en condition pour un Vendée Globe ».

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Alain Leboeuf, Président de la SAEM Vendée et du Département de la Vendée souligne que : « La raison nous intime de suivre la voie de la prudence. Ce ne serait pas raisonnable d’exposer les marins à plus de danger sans leur accorder la possibilité de se mettre à l’abri. Il est de la responsabilité d’un organisateur de course de ne pas faire courir de risques inutiles à ces solitaires. J’ai toute confiance dans les choix de bon marin qui ont été faits par la direction de course. La course au large reste une aventure, il faut savoir choisir ses priorités ».
Charlie Dalin (APIVIA), arrivé à la porte Islande à 2 h 23 min 20 sec ce vendredi 17 juin après 4 jours, 9 heures, 20 minutes et 26 secondes, est donc le premier à la ligne d’arrivée. Il a été suivi par Jérémie Beyou (Charal) arrivé à la porte Islande à 6 h 04 min, après 4 jours, 13 heures et 4 minutes, à 3 heures 43 minutes et 34 secondes du leader ; Thomas Ruyant (LinkedOut) arrivé à la porte Islande à 9 h 33 min, après 4 jours, 16 heures et 33 minutes, à 7 heures et 10 minutes du leader, était le troisième à avoir franchi ce qu’il convient d’appeler la ligne d’arrivée désormais. À l’heure d’écrire ces lignes, Benjamin Ferré (Monnoyeur – Duo For A Job) était en approche de la porte Islande.



Les skippers ont pour l’heure pour mission de franchir une porte virtuelle située au point le plus oriental de l’Islande, sur la côte sud-est, donc, pour ensuite se mettre à l’abri de la puissante dépression qui s’enroule autour de l’île.

Benjamin Ferré aura fait un très beau début de course avec une trajectoire presque parfaite. Joint ce jour, Benjamin Ferré (Monnoyeur – Duo For A Job) fait un état des lieux, avec le même sourire qu’au départ après près de cinq jours de mer.

Carte postale : « J’ai 50 espèces de cétacés autour du bateau. C’est un bonheur. C’est pour me fêter ma venue en Islande ? Cela fait 24 heures que je n’ai pas dormi. Pour l’instant, ça se passe plutôt bien, mais c’est dur, je suis fatigué. Je suis en plein milieu d’une petite dépression secondaire qui s’est calée devant la porte, je suis obligé d’en faire le tour et de bien la négocier. Il faut être dessus, des changements voiles. Je suis à 100 milles de l’arrivée, mais il peut se passer encore plein de choses ».

Joue-la comme Moitessier : « La décision de neutraliser la course vient de la direction de course, donc je n’ai pas à commenter : je m’exécute. Mais j’ai à bord La longue route, de Bernard Moitessier, et ça me donnerait presque envie de poursuivre et de faire le tour de l’Islande, quand même. Finalement, on va vivre un drôle de truc : il y aura 24 IMOCA dans un fjord, ce qui n’est sans doute jamais arrivé ».

Toujours aux avant-postes : « Je suis toujours 4e, juste derrière les trois favoris, pour ma deuxième course en IMOCA. C’est un truc de fou, c’est trop bien d’être là, mais il peut se passer des choses. Des faits de course ont fait cette place, et je prends cette info pour ce qu’elle est ».

Ministe pour toujours : « On n’a pas encore échangé avec le team. J’ai appris à faire du bateau en Mini, et je communique aussi peu en IMOCA que lorsque je faisais du Mini (où c’était impossible, ndlr). Je fais mes routages, mais je ne regarde pas mes mails, je lis à peine mes ‘Whatsapp’. J’ai vraiment des habitudes de ministe ».

Ouille : « J’ai pris un choc sur le visage. Le 15 juin, je suis parti au tas sous spi, le bateau s’est couché, j’ai chopé les écoutes. J’ai mouliné comme un taré, la tête baissée, et je me suis donné un coup de manivelle dans l’arcade. Rien de grave, mais ça a pissé un peu le sang. J’ai trouvé un truc dans la pharmacie, j’ai mis du scotch et le saignement a arrêté ».

Manuel Cousin (Groupe SÉTIN), un abandon de raison

Le skipper Manuel Cousin a annoncé son abandon ce vendredi 17 juin, quelques heures après avoir incurvé sa trajectoire, prenant la direction des côtes de l’Irlande. Ce vendredi, la situation météo semblait en effet musclée dans le sud de l’Islande, comme le raconte le skipper de Groupe SÉTIN : « On a été plusieurs à se poser la question de savoir s’il fallait aller dans cette grosse dépression. Les copains qui y sont essuient des vents à plus de 60 nœuds. Quant à moi, même en m’éloignant par le sud, j’endure des vents de 47 nœuds, c’est très chaud. Il pourrait s’en passer, des choses, au centre de la dépression… » À trois jours et demi de mer des Sables d’Olonne, il sera de retour entre la fin d’après-midi de lundi et la matinée de mardi prochain.