Sardinha Cup. Une deuxième étape à venir compliquée et éprouvante pour les 44 skippers

Sardinha Cup photo : JB D'Enquin

Le départ de l’étape retour de la Sardinha Cup est donné ce mardi à 13h de Figueira da Foz à destination de Saint-Gilles-Croix-de-Vie (560 milles). La météo étant très incertaine sur le parcours, les 22 duos s’attendent à une étape compliquée, longue et éprouvante.

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Après deux jours détendus, passés à récupérer de la Course 1 Pays de Saint-Gilles Tourisme, à réparer voiles et petites casses pour certains, à profiter de la météo et de la gastronomie locales pour tous, la concentration était de retour ce lundi sur les visages des 44 skippers engagés sur la troisième édition de La Sardinha Cup. Car si la première étape a été éprouvante, avec beaucoup de près dans sa première partie, un bord de portant sauvage la dernière nuit, la seconde s’annonce elle aussi exigeante, mais cette fois en raison d’une météo très aléatoire.

« Il va y avoir un peu de tout, les modèles ne sont pas synchrones. Ils peuvent s’attendre à un début de course au près dans pas beaucoup de vent, avec des risques de brume tout le long de la côte de la péninsule ibérique parce qu’il fait très chaud, des risques d’orages aussi ; ensuite peut-être un petit coup de vent très localisé et de courte période au nord du Cap Finisterre. Pour la seconde partie d’étape, c’est assez difficile de se prononcer aujourd’hui », explique le directeur de course, Guillaume Rottée
« Ça va être une étape bien tordue météorologiquement, assez simple au niveau du parcours, avec une bouée de départ et une bouée d’arrivée [le contournement de l’île d’Yeu à l’arrivée a été supprimé, NDLR], mais par contre, une situation globalement orageuse, donc incertaine, avec des retournements de situation possibles, commente Alexis Loison, septième de la première étape avec Elodie Bonafous (Quéguiner-La Vie en Rose). Je fais mon « vieux » skipper, mais je me souviens très bien m’être retrouvé dans le même genre de configuration orageuse, planté dans une molle à regarder des bateaux passer à côté de moi à 10 nœuds, à 500 mètres d’écart, ça avait été très long avant que je redémarre, il peut se passer des trucs similaires. »
« Il va falloir être souple sur les pattes arrière ! sourit, avec son sens de la formule, Julien Pulvé, co-skipper de Violette Dorange (Devenir). Ce n’est pas évident parce que d’habitude, on a souvent un plan d’action en tête, on visualise ce qu’on va faire, alors que là, c’est un peu plus aléatoire, on ne sait trop à quelle sauce on va être mangés. »
Quelle stratégie adopter dans ces conditions très incertaines ? « Ça va être électrique, orageux du début à la fin, avec des vents difficiles à prévoir et à anticiper, je pense qu’il faudra surtout être opportunistes, avoir les yeux bien ouverts, justement ne pas faire trop de plans sur la comète et plutôt être dans la réactivité», répond Gaston Morvan (Région Bretagne-CMB Espoir), onzième de la première étape avec Benjamin Schwartz.
« Comme on part avec des fichiers météo qui seront probablement erronés au bout de 24 heures, il va peut-être falloir revenir aux fondamentaux du Figaro Beneteau 2, à savoir faire la route la plus directe, ajoute de son côté Pierre Quiroga, co-skipper d’Amarris-Primeo Energie aux côtés d’Achille Nebout. Souvent, quand tu es perdu, c’est ce qu’il faut faire, tout en tentant des micro-décalages, parce qu’à un moment donné, si tu veux gagner, il faut faire quelque chose de différent. »
Si cette incertitude génère du stress chez certains, d’autres s’en délectent à l’avance, à l’image du Britannique Alan Roberts qui, avec l’Irlandais Tom Dolan (Smurfit Kappa-Kingspan), rêve de bons coups stratégiques : « C’est hyper intéressant, les modèles ne sont pas totalement d’accord, avec des zones de basses pressions qui se forment sur la terre et se déplacent sur l’eau. Pour s’en sortir, il va falloir savoir lire la météo en mer, ça me plaît ! » Peut-on dans ces conditions s’attendre à voir des francs-tireurs tenter de décrocher le jackpot en sortant du lot ?
« S’ils se chauffent, oui, répond Guillaume Rottée. Le scénario n’est pas écrit du tout, contrairement à la première étape où on s’est aperçus que ce qui s’est passé sur l’eau était globalement assez conforme à ce qui était prévu au départ. Là, ça risque de ne pas être le cas. Soit ils ont peur et ils restent tous ensemble, soit ils vont tenter des coups et ça pourra éventuellement payer pour certains. »
Résultat des courses samedi soir, au mieux, soit une étape d’au moins quatre jours…