Transat Jacques Vabre. Bataille d’empannages

Photo du bord envoyée par Class 40 Milai, skippers Suzuki Masa and Beaugé Anne, pendant la Transat Jacques Vabre 2021, le 18 Novembre 2021. - Milai

Le Maxi Edmond de Rothschild conforte son avance en Ultime alors que les écarts se sont resserrés en Ocean Fifty où Primonial lutte pour maintenir son leadership. En Imoca, les 3 favoris sont en moins de 50 milles. Les ETA donnent les Ultimes mardi, les Ocean Fifty mercredi, les imoca jeudi et les Class40 le 1er décembre.

Ultime : Franck Cammas et Charles Caudrelier caracolent toujours en tête du classement des Ultime. Ils passent ce jour le dernier way point de l’archipel São Pedro avant d’attaquer le sprint final vers la Martinique. Ils sont attendu à Fort-de-France mardi soir prochain alors que le duo des Thomas Coville-Rouxel pourrait amarrer deux jours plus tard. Entre ces deux extrémités, le duel se poursuit entre Banque Populaire XI, actuellement deuxième, et SVR – Lazartigue qui se tiennent en moins de 100 milles. Avantage ce vendredi matin à Armel Le Cleac’h qui ont augmenté de 20 milles leur avance depuis le passage du dernier way point. François Gabart et Tom Laperche, à bord de SVR – Lazartigue, savouraient cet emballage final jeudi après-midi : “Avec Banque Populaire XI, nous voyons sur les différents pointages et les vitesses que nous sommes assez proches, et ça nous stimule. Nous avons des bateaux fantastiques à faire naviguer, nous sommes souvent en train de voler. Les conditions sont assez exceptionnelles, c’est une grande magie !

Ocean Fifty : quelle bataille d’empannages !
Alors que Primonial avait réussi à prendre un avantage (200 milles) avant le Pot-au-noir, tout est absolument relancé chez les 50 pieds, et le suspense s’annonce insoutenable jusqu’à mercredi prochain ! La nuit dernière, les quatre premiers bateaux ont enroulé leur marque de passage, et c’était au tour d’un cinquième, Les P’tits Doudous, d’atteindre Fernando de Noronha à la mi-journée. Ce jeudi soir, tout ce petit monde se tient en 120 milles nautiques (alors qu’ils en ont tous avalé environ 500 sur les dernières 24 heures). Pour le moment, le duo Sébastien Rogues – Matthieu Souben, à la barre du trimaran rose, résiste toujours. Mais le Leyton de Sam Goodchild et Aymeric Chappellier est revenu comme une balle depuis la sortie du Pot-au-noir, pour figurer aux côtés de Koesio. Comme prévu, cette bataille à cinq se joue à coups d’empannages, pour toucher le meilleur vent, le long de la zone interdite brésilienne (voir cartographie). Et ce sera le jeu jusqu’au Rocher du Diamant ?

N’oublions pas que la flotte des Ocean Fifty comporte sept bateaux au total. Malheureusement deux d’entre eux sont largement distancés, et ne peuvent plus se mêler à la lutte pour la gagne. Groupe GCA – 1001 Sourires et Arkema 4 n’ont pas encore atteint Fernando de Noronha. Ce matin, Quentin Vlamynck (Arkema 4) exprimait son spleen dans son mot du bord : “La journée d’hier a été incroyablement monotone. Pendant que nos concurrents fusaient, nous n’avancions pas un caramel. Cette nuit, nous avons dû traverser des zones orageuses, avec des instabilités qui continuent de nous poursuivre au réveil. Alors oui, ce matin on en a marre… Marre de cette météo particulièrement difficile pour nos nerfs depuis 3 jours. Mais cela ne nous empêche pas d’être toujours à fond, pour enfin sortir de cette zone, et réduire notre distance vers l’arrivée !”

Imoca : le trio de tête ne se lâche pas à la sortie du Pot-au-noir
Thomas Ruyant et Morgan Lagravière tiennent bon. Les écarts sont infimes avec les poursuivants, mais LinkedOut mène toujours la danse des 60 pieds. La fin du Pot-au-noir s’annonce pour la tête, qui peut filer en direction de Fernando de Noronha, le point de passage obligatoire. Pratiquement dans la même foulée que LinkedOut, on trouve Charal et Apivia, qui ne se quittent plus depuis 48 heures. Ce duo de duos ne risquent pas de réécrire la même histoire qu’en 2019, tant ils naviguent collés-serrés dans la zone de convergence intertropicale. A 25 milles du leader, tant Charlie Dalin et Paul Meilhat que Jérémie Beyou et Christopher Pratt n’ont certainement pas dit leur dernier mot pour lever les bras, à l’arrivée en Martinique, jeudi prochain.

600 milles en arrière, d’autres bateaux sortent tout juste du Cap Vert et s’apprêtent, eux, à entrer dans un Pot-au-noir qui pourrait se révéler plus capricieux ces prochains jours. A bord de La Mie Câline, pour le moment, on profite – “Nous avons 15 noeuds, c’est un temps idéal pour faire marcher le bateau, depuis le départ nous avons dû prendre une seule fois ou deux un ris, ce sont des conditions assez originales, mais il paraît que les marins s’adaptent, alors nous nous adaptons”, raconte Arnaud Boissières – et on rêve déjà de la suite – “De voir que les premiers Ocean Fifty ont passé l’archipel Fernando de Noronha, ça nous motive à mettre les bouchées doubles, à accélérer pour passer cette marque de parcours et rejoindre au plus vite la Martinique” se projette Rodolphe Sépho.

Class40 : deux de moins avant le Cap Vert
La flotte des 40 pieds a perdu deux des siens, ce matin. HBF – Reforest’Action a abandonné suite à une avarie de bout-dehors, et fait désormais route vers le détroit de Gibraltar. Joint ce midi, le skipper du bateau Kito de Pavant était très déçu : “Cette avarie tombe au pire des moments, et à un endroit où nous n’avons pas tellement envie de rebrousser chemin. C’est dur à encaisser, la course était belle, il y avait du jeu. Nous sortons de 2 ans un peu compliqués avec la Covid et toute l’année 2020 qui a été annulée, donc nous avions à coeur de faire une jolie Transat, de raconter une belle histoire aux partenaires qui nous ont soutenus. Ils sont aussi déçus que nous.” A la mi-journée, la course de Lenzi – Lanternes de Paris s’arrêtait également à La Palma (Canaries), suite à des avaries de spis.

En ce qui concerne la course, les premiers bateaux arrivent ce jeudi soir au Cap Vert. C’est l’île de Sal, au nord-est de l’archipel, qui définit le point de passage obligatoire du parcours. Mais les Class40 pourraient aller chercher encore plus de sud avant de mettre le clignotant à droite et de filer droit sur la Martinique. Ce sont toujours les deux mêmes, Volvo (Jonas Gerckens – Benoit Hantzperg) et Redman (Antoine Carpentier – Pablo Santurde del Arco) qui se tirent la bourre en tête. Mais le jeu est encore très ouvert, puisqu’il reste encore près de deux semaines de course à ces monocoques.

Les classements de 18h
Ultime

  1. Maxi Edmond de Rothschild
  2. Banque Populaire XI
  3. SVR – Lazartigue

Ocean Fifty

  1. Primonial
  2. Leyton
  3. Koesio

Imoca

  1. LinkedOut
  2. Apivia
  3. Charal

Class40

  1. Volvo
  2. Redman
  3. Edenred

Les dates d’arrivée estimées en Martinique (au 18/11) :
Ultime : Maxi Edmond de Rothschild attendu le mardi 23 en fin de journée

Ocean Fifty : Primonial attendu le mercredi 24 au petit matin

Imoca : LinkedOut attendu le jeudi 25 au matin

Class40 : Volvo attendu le mercredi 1er décembre l’après-midi