Saint-Nazaire/Cuba : la première transat solo en Figaro…

Générali Solo 2004
Générali Solo 2004

Vous voilà directeur de course. C’est le marin qui passe de l’autre côté de la barrière ?
Lionel Péan : « Oui incontestablement et c’est une bonne évolution pour les navigateurs comme moi, qui atteignent un âge respectable… (rires). Le Figaro reste un territoire que je connais bien, tout comme le nouveau bateau d’ailleurs. Je pense pouvoir être un bon interlocuteur tant pour les coureurs, que pour les organisateurs ou encore les médias. Je vais vivre cette toute première Saint-Nazaire Cuba de la terre, mais je ne lâche pas complètement la barre puisque je me suis inscrit pour participer à la prochaine Solitaire. »

Cette épreuve unique en son genre, c’est une grande première ?
L.P : « Cette Saint-Nazaire/Cuba, cela fait longtemps que les coureurs en rêvent, qu’ils réclament une épreuve de ce type. D’ailleurs avec le Figaro Bénéteau 2, la classe a fait naître un vrai bateau océanique, suffisamment sain et raisonnable pour pouvoir lancer une telle transatlantique en solitaire. Et il est déjà acquis que celui qui s’imposera à l’issue de cette première édition – au terme d’une régate hauturière exacerbée avec des belligérants survoltés ( on peut faire confiance aux figaristes !) – fera un très beau vainqueur. Et il sera à coup sûr salué comme tel. »

Combien de bateaux attendez-vous au départ ?
L.P. : « Pour des raisons de sécurité et aussi pour répondre à des obligations liées au rapatriement des bateaux en temps et en heure par cargo pour la Générali Solo dont le départ sera donné le 7 juin, nous avons limité le nombre de concurrents à 30. On compte déjà 25 pré-inscrits, dont un certain nombre de vainqueurs de la Solitaire. »

Justement, quels grands noms de la voile attendez vous au départ ?
L.P : « Il y a d’abord Dominic Vittet, le premier à faire acte de candidature haut et fort. Gildas Morvan et tous les principaux activistes de la série seront de la partie.Jeanne Grégoire et Sam Davies nous permettront d’assurer le quota de filles habituées.On espère que l’Australienne Liz Wardley sera là également. Sinon on voit de grands anciens qui tournent autour – à l’image de Philippe Poupon et de Florence Arthaud – avec un réél intérêt non dissimulé. Sinon, même s’il ne m’en a pas parlé directement, j’ai pu lire dans vos colonnes que Loïck Peyron, qui possède un bateau, envisageait de s’inscrire… »

Un système de qualification obligataire est-il prévu pour cette traversée en solitaire ?
L.P. : « La plupart des inscriptions – celles de coureurs qui sont déjà bien connus du comité de sélection pour avoir déjà participé à la Solitaire, à la Transat AG2R ou encore au Trophée BPE (St Nazaire-Dakar)… – seront validées sur dossier. Pour les autres, qui n’ont pas forcément le profil ou qui n’ont pas l’expérience, ils devront s’acquitter d’un parcours de 800 milles en solitaire à exécuter à plus de 5,5 nœuds de moyenne. »

Sur le plan de la sécurité, quel dispositif avez-vous prévu ?
L.P. : « Il n’y aura pas de bateaux accompagnateurs. L’organisateur Match Racing – même s’il dispose d’un budget raisonnable – ne peut pas armer un bateau sécurité et un bateau comité de course pour rallier Cuba. Au-delà de l’armement de sécurité obligatoire et d’Argos, les concurrents seront tenus à un certain nombre de vacations. À la différence de la dernière Transat AG2R, c’est eux qui devront appeler, depuis leur téléphone Iridium. Cela nous permettra aussi d’exploiter des sons enregistrés pour répondre aux exigences médiatiques.»

Le parcours aura quelle physionomie ?
L.P : « Long de 4259 milles, il est très libre. Les concurrents devront laisser l’île de Flores à tribord (la plus occidentale de l’archipel des Açores, ndlr). Ensuite, il y a un passage prévu au sud de Turck Island dans les Bahamas, et ce pour répondre à des questions de sécurité : pour que le flotte ne navigue pas aux abords des côtes haïtiennes, mais privilégient les côtes de Cuba où elle est bienvenue. Il y aura par ailleurs, aux abords des récifs antillais, une bouée virtuelle, la bouée des Bretons, du même nom que le phare qui se situe à côté. Le dernier tronçon entre les cailloux des Bahamas et l’arrivée à Cenfuegos court sur 650 milles, cela signifie que sur les 3609 premier milles, c’est figure libre ! Stratégiquement, cela sera passionnant ! »

Laure Faÿ