Route du Rhum. François Gabart et Le groupe Kresk dénoncent un acharnement injustifié et inéquitable

Guillaume Gatefait

François Gabart et le Groupe Kresk réagissent officiellement sont déterminés à faire respecter leur bon droit pour intégrer la Classe Ultim et participer à la Route du Rhum 2022, puis au Tour du Monde 2023.

François Gabart, fondateur de MerConcept et skipper du trimaran SVR-Lazartigue, Didier Tabary, PDG du Groupe Kresk et propriétaire du bateau, avec le soutien de VPLP, le cabinet d’architectes spécialisé dans la conception des trimarans Ultim, sont déterminés à faire respecter leur bon droit pour intégrer la Classe Ultim et participer à la Route du Rhum 2022, puis au Tour du Monde 2023.

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En effet, à quelques jours de la clôture des inscriptions à la Route du Rhum, le Trimaran SVR-Lazartigue, récent 2nd de la Transat Jacques Vabre, n’a toujours pas obtenu son homologation pour courir dans la Classe Ultim, qui ne regroupe à ce jour que 3 armateurs. Pourtant, toutes les démarches et vérifications nécessaires à la conformité du Trimaran ont été entreprises par la Classe et ce, depuis sa conception en 2019. Tous les plans ont été partagés. Le chantier a été suivi par le jaugeur de la Classe Ultim qui n’a à aucun moment fait valoir un éventuel problème de conformité à la Offshore Spécial Regulations 3.11 qui décrit la position des winches par rapport au pont. C’est cette même règle que la Classe met en avant aujourd’hui , une fois le bateau mis à l’eau, pour réfuter la conformité du Trimaran SVR-Lazartigue.
Il est à noter que plusieurs bateaux du Vendée Globe disposant d’une configuration similaire à celle du Trimaran SVR-Lazartigue se sont d’ailleurs vu délivrés des certificats de jauge ces dernières années, sans que cela ne pose aucune difficulté.

L’intérieur d’un bateau est nécessairement étanche et assure la flottabilité. Le cockpit du Trimaran SVR Lazartigue n’étant en aucun cas une zone étanche, il ne peut s’apparenter à “l’intérieur du bateau”. En effet, les bulles qui le surplombent ne sont pas étanches, de
même que les arrivées de drisses et écoutes dans le cockpit apportent nécessairement de l’eau. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le cockpit est équipé de nombreux trous (dalots) destinés à évacuer cette eau. Dès lors, les winchs du Trimaran SVR Lazartigue situés dans le cockpit ne sont pas à l’intérieur du navire. Ils sont à l’extérieur de la zone étanche et donc sur le pont. Le Comité de Surveillance de la Classe Ultim et le collège d’experts mandatés par la Classe ont ainsi conclu que le bateau était conforme à la règle 3.11. Lorsque François Gabart manœuvre dans le cockpit, il se trouve sur le pont. Ce cockpit et ses occupants sont protégés par une casquette non étanche, essentielle en cas de forte gîte, d’intrusion de bris d’espars ou de chavirage.

Un acharnement à l’encontre de l’homologation du Trimaran SVR Lazartigue en Classe Ultim
Fin 2021, la Classe mandate alors un groupe de trois experts indépendants, qu’elle a elle-même unilatéralement choisis, pour statuer sur la conformité du Trimaran. Une fois encore, la conformité du Trimaran est validée à l’unanimité. Cet avis est confirmé par le comité de surveillance de la Classe, composé du jaugeur de la Classe et d’un représentant de la Fédération Française de Voile. Non satisfait des résultats de cette expertise, le conseil d’administration de la Classe s’obstine à refuser l’adhésion du Trimaran SVR Lazartigue.
Une autre action visant au même projet d’élimination est alors portée devant World Sailing, la fédération internationale.
Les documents qui leur sont fournis sont inexacts et ne correspondent pas aux plans du bateau. Cette nouvelle démarche initiée à notre insu bouscule le calendrier et pénalise François Gabart et ses équipes dans leur préparation.

Une attitude incompréhensible, à l’encontre de l’esprit sportif
Cette situation est extrêmement dommageable pour l’intérêt sportif de la course, celui du public et de l’ensemble des acteurs du monde de la voile. Comme pour tous les compétiteurs, dans cette classe et dans les autres, la recherche de la performance, valeur propre à tous les sports de haut niveau, encourage l’innovation. Cette démarche n’est en rien incompatible avec le renforcement de la sécurité et le respect des règles. Comme l’a démontré le Trimaran SVR-Lazartigue.
Devant cet acharnement injustifié et inéquitable, le groupe Kresk et MerConcept se réservent le droit d’utiliser tous les moyens légaux à leur disposition pour faire valoir leur bon-droit et obtenir l’homologation du Trimaran SVR LAZARTIGUE dans la Classe Ultim.
Défenseur inépuisable de l’esprit d’innovation et d’aventure si cher à Éric Tabarly, le défi SVR-Lazartigue ne désespère pas de voir la Classe revenir à la raison face à l’incompréhension que suscitera sa position pour les millions de passionnés qui rêvent que ces bateaux volants puissent encore exister demain.