Il y a tout le savoir faire de la course au large française en arrière plan que l’on pourrait voir derrière la cérémonie d’inauguration de l’usine SolidSail Mast Factory qui s’est tenue ce 12 février à Lanester.
Fruit d’un partenariat entre Avel Robotics, CDK Technologies, Chantiers de l’Atlantique, Lorima, Multiplast, SMM, l’usine, dont la première pierre a été posée en janvier 2024, représente un investissement de plus de 18 millions d’euros. Ce projet a été en partie financé par l’État dans le cadre du plan France 2030, destiné à renforcer la compétitivité industrielle et à développer les technologies d’avenir, ainsi que par l’Union européenne à travers le programme Next Generation EU, intégré au plan France Relance.
SolidSail Mast Factory répond à un besoin identifié d’augmentation des capacités de production de pièces composites de grandes dimensions, notamment pour l’industrie navale. Depuis l’été 2025, elle produit les mâts SolidSail, éléments clés du système de propulsion vélique développé par Chantiers de l’Atlantique. Ce système équipe notamment le cargo à voiles Neoliner, ainsi que les navires de croisières Orient Express Corinthian et Orient Express Olympian, les plus grands voiliers du monde.
Avec des surfaces véliques comprises entre 800 et 1 500 m², SolidSail s’impose comme la solution de propulsion vélique la plus puissante du marché. Utilisée en propulsion principale ou auxiliaire, elle permet de réduire significativement la consommation de carburant et l’empreinte carbone des navires, qu’ils soient neufs ou existants, de transport de marchandises ou de passagers.
Au-delà de l’industrialisation des mâts SolidSail, l’usine ambitionne de structurer et renforcer la filière composite française et bretonne, afin de répondre aux besoins croissants d’autres secteurs industriels tels que l’aéronautique, le spatial, la défense, le transport ou encore l’éolien.
Avec l’industrialisation de ces grandes pièces en composite, les coûts de production seront divisés par trois, tandis que les capacités seront multipliées par cinq, à surface industrielle équivalente. Cette montée en puissance permettra de répondre, d’ici cinq ans, à la croissance des besoins des différents marchés.
S’appuyant sur un réseau de fournisseurs locaux, l’usine contribue à la transition énergétique de ces différents marchés tout en renforçant le tissu industriel du territoire. À l’échelle du Pays de Lorient, l’industrie représente entre 15 et 20 % de l’emploi local (hors agroalimentaire). En France, la filière composite représentait en 2024 un chiffre d’affaires de plus de 8,5 milliards d’euros et 27 312 emplois*. Grâce à la SMAF, plus de 35 emplois seront créés dans la région à l’horizon fin 2026.
Conçue autour de la réalisation de très longues pièces en composite, l’usine se déploie dans une vaste nef unique de 110 mètres sur 38, sans poteau ni pilier intérieur – une gageure architecturale indispensable pour la manipulation de pièces composites de très grandes dimensions.
Le site s’organise autour de quatre zones principales : le drapage robotisé, l’assemblage, l’usinage et la peinture. L’atelier est desservi par trois ponts roulants d’une capacité de 15 tonnes chacun. 300 m² de chambres froides assurent le stockage des tissus pré-imprégnés de composite carbone. L’atelier est aussi doté d’étuves adaptées à la cuisson de pièces de grandes dimensions.
L’un des principaux défis relevés par l’usine a été l’automatisation du drapage de ces pièces composites hors normes. Initialement réalisé à 95 % manuellement, ce procédé est aujourd’hui robotisé à 90%.
La SMAF disposera, dès 2026, d’une capacité de transformation de 250 tonnes de composite par an, soit plus d’un mât produit chaque mois. Cette montée en cadence marque un tournant majeur, en faisant passer la fabrication de grandes pièces composites, jusqu’ici largement artisanale, à une véritable phase d’industrialisation.
Stéphane Bourhis, représentant de Chantiers de l’Atlantique, Président de la SMAF, a déclaré au nom de tous les actionnaires « La SMAF incarne la synergie entre des entreprises expertes et visionnaires des matériaux composites — Avel Robotics, CDK Technologies, Lorima, Multiplast et SMM — et la capacité de Chantiers de l’Atlantique à piloter de grands projets industriels. C’est une aventure à la fois industrielle et humaine, menée avec l’agilité d’une start-up, capable de bousculer un secteur et de devenir un acteur de référence dans la réalisation des pièces composites de très grandes dimensions. Je tiens à adresser mes félicitations et mes remerciements à toutes et à tous pour votre engagement. »
« C’est une immense satisfaction de voir cette usine aujourd’hui pleinement opérationnelle, après avoir relevé de nombreux défis. Dès l’origine, nous avons fait le choix ambitieux de la mécanisation, en inscrivant le projet dans l’univers de la robotique. Cette approche a permis d’optimiser l’ensemble du processus industriel et de produire simultanément plusieurs pièces. Nous voyons naître aujourd’hui une usine d’avant-garde ». a complété Nicolas Abiven, le directeur des opérations de la SMAF.
Inauguration de l’usine SolidSail Mast Factory à Lanester
SailGP. Du vent fort attendu à Auckland !
Le deuxième Grand Prix de la saison s’annonce sous haute intensité à Auckland avec du vent fort sur un parcours très resserré avec 13 bateaux en course. Le DS Automobiles SailGP Team France mené par le pilote Quentin Delapierre espère réitérer sa belle performance à Perth alors que l’équipe néo-zélandaise et les Espagnols seront particulièrement attendus.
La journée officielle de practice, initialement prévue ce vendredi a été annulée en raison de conditions météorologiques trop fortes. Pour les mêmes raisons, les courses de dimanche ont été avancées à 11H30 — un avant-goût de l’intensité attendue sur le plan d’eau néo-zélandais.
Les courses se déroulent à Wynyard Point, Hammer Street, dans le Waitematā Harbour, véritable arène naturelle située au cœur du front de mer d’Auckland. Ce plan d’eau offre une proximité exceptionnelle avec le public, tout en restant exigeant pour les équipages. Protégé par la configuration du port mais ouvert aux influences du Hauraki Gulf, le site est réputé pour des vents soutenus et irréguliers, des effets de relief et un plan d’eau parfois haché. Des conditions idéales pour révéler la maîtrise technique des 13 équipes engagées … et offrir un spectacle de très haut niveau.
Les prévisions annoncent du vent soutenu ce week-end, avec des rafales pouvant pousser les F50 dans leurs retranchements. Dans ces conditions, les catamarans volants peuvent dépasser les 100 km/h, rendant chaque manœuvre décisive et chaque erreur coûteuse. Sur un parcours compact, les écarts se creusent vite et la moindre hésitation peut faire basculer une course. Pour Philippe Presti, team manager du DS Automobiles SailGP Team France, le travail engagé depuis Perth a été méthodique et approfondi :
« Depuis Perth, nous avons fait un débrief très approfondi, en capitalisant sur ce qui a fonctionné et en identifiant clairement nos axes de progression. La data a été analysée en détail par Lucas Delcourt et nous avons retravaillé la tactique à partir des onboard de la flotte. On sent que nous construisons quelque chose de solide.
À Auckland, les conditions s’annoncent musclées avec du vent fort, peut-être très fort. Cela pourrait nous amener à naviguer avec une petite aile et des petits appendices sur le F50. Mais nous sommes au milieu du Pacifique, loin des côtes, et les choses peuvent évoluer très vite. Quant à nos ambitions, elles ne changent pas : continuer à progresser et, si nous assemblons tous les éléments, nous ne serons pas loin du podium. »
En marge du Grand Prix, on a appris qu’American Magic a racheté de 100 % de l’écurie danoise Rockwool Racing pour un montant de 60 millions de dollars américains. L’équipe danoise navigante reste en place.
SAMEDI 14 FEVRIER – JOUR 1
04h00-05h30 heure de Paris (16h00-17H30 heure locale) : 4 courses en flotte
A suivre en direct sur Canal + Sport 360
DIMANCHE 15 FEVRIER – JOUR 2
23h30 (le 14)-01h00 le 15 heure de Paris (11h30-12h00 heure locale) : 3 courses en flotte puis finale à 3 bateaux
A suivre sur Canal + Sport 360
CLASSEMENT PROVISOIRE ROLEX SAILGP CHAMPIONSHIP SAISON 2026
- EMIRATES GBR, Dylan Fletcher – 10 pts
- BONDS FLYING ROOS, Tom Slingsby – 9 pts
- DS TEAM FRANCE, Quentin Delapierre – 8 pts
- ARTEMIS, Nathan Outteridge – 7 pts
- US. SAILGP TEAM, Taylor Canfield – 6 pts
- NORTHSTART, Giles Scott – 5 pts
- RED BULL ITALY, Phil Robertson – 4 pts
- ROCKWOOL RACING, Nicolai Sehested – 3 pts
- GERMANY BY DEUTSCHE BANK, Erik Heil – 2 pts
- MUBADALA BRAZIL, Martine Grael – 1 pts
- SWITZERLAND, Sébastien Schneiter – 0 pts
- LOS GALLOS, Diego Botin – 0 pts
- BLACK FOILS, Peter Burling – 0 pts
Figaro. Un plateau relevé en 2026 !
La saison de la Classe Figaro Beneteau2026 s’ouvrira officiellement avec la Solo Guy Cotten du 7 au 14 mars. Elle sera marquée à la fois par le retour de skippers expérimentés, venus se confronter à une jeune génération toujours plus compétitive, mais aussi par l’arrivée de navigateurs issus d’autres supports, témoignant de l’attractivité grandissante de la classe.
Référence incontestée de la course au large, la Classe Figaro Beneteau confirme une nouvelle fois son statut avec un plateau particulièrement relevé en 2026. Avec son programme de courses exigeant à bord du monotype Figaro Beneteau 3, « l’École des légendes » forme des marins complets, capables d’enchaîner les épreuves à un rythme soutenu et de repousser constamment leurs limites pour se distinguer. Ses deux circuits complémentaires, l’Académie Figaro Beneteau et le Championnat de France Elite de Course au large, offrent une occasion unique de confrontations entre jeunes talents et navigateurs confirmés, favorisant la transmission et l’apprentissage. C’est l’esprit « Figaro » : exigence, engagement, excellence, partage et convivialité.
Retour au combat
Tous sont unanimes, il est toujours intéressant de revenir se frotter au circuit Figaro Beneteau, un circuit exigeant et intense qui a vu naître les plus grands marins. Et c’est avec la plus grande humilité que ces anciens animateurs du Championnat de France Elite de Course au large reviennent cette année, après avoir usé leurs cirés sur le Vendée Globe ou la Route du Rhum.
Pour preuve, Nicolas Lunven, double vainqueur de la grande classique, avoue même se sentir de nouveau bizuth ! « Le niveau est extrêmement élevé, avec une flotte jeune, talentueuse, affamée. Je suis heureux de revenir dans cette classe qui m’a construit comme marin et qui m’a appris l’exigence, la rigueur, la remise en question permanente, mais aussi l’engagement et le goût de l’effort », explique le skipper de PRB.
Autre double vainqueur de la Solitaire du Figaro, Yoann Richomme, qui a repris les entraînements dès la fin janvier à bord de son Figaro Paprec, ne dit pas autre chose : « J’ai un lien très fort avec cette série. J’apprécie son niveau sportif, son exigence et sa capacité à faire émerger en permanence de nouveaux talents ».
Quant à Jérémie Beyou, qui participera aux courses de début de saison en attendant la mise à l’eau de son Imoca Charal en juin, il explique : « Mon objectif est de préparer la Route du Rhum et je considère qu’il faut sans cesse s’entraîner et se confronter, quel que ce soit le support. Le Figaro Beneteau 3 est le meilleur pour ça car il oblige à être bon sur tous les basiques : les réglages, le positionnement, l’assiette du bateau, la répartition des masses, les manœuvres, prendre un bon départ… De plus, il y a un gros niveau sur le circuit Figaro Beneteau, c’est intense sur l’eau, c’est tout ça que je viens chercher. »
La jeune garde mobilisée
Présents sur le circuit depuis quelques saisons, ils se sont très vite fait remarquer par leur talent et leur engagement. A commencer par Tom Goron, l’un des plus jeunes du plateau, qui participera à sa troisième Solitaire à seulement 20 ans. Cette pépite de la course au large est à surveiller, son instinct et sa détermination devraient le porter haut : « L’année dernière, j’aurais pu faire une très belle Solitaire.. J’ai donc envie de monter mon niveau de jeu pour réussir une course de bout en bout. »
Et on peut affirmer qu’ils attendent les anciens cadors de pied ferme, à l’image d’Arno Biston (Article 1), pur produit de l’Académie Figaro Beneteau, entré il y a seulement 3 ans, qui boucle la Solitaire du Figaro Paprec 2025 en troisième position : « Les voir revenir me conforte dans l’idée que ma démarche est la bonne : faire mes armes en Figaro avant de chercher à naviguer sur des projets plus gros. Ce qui est chouette aussi c’est de voir que le circuit leur paraît toujours aussi attirant. C’est un vrai signe que la Classe Figaro Beneteau est importante et c’est super pour nous d’avoir la chance de naviguer contre des marins de renom. Et puis, c’est bien qu’ils viennent se mettre à la page ! ».
Autre représentant de cette jeune garde, Jules Ducelier, deuxième du Championnat de France Elite de Course au large en 2025, revient avec beaucoup d’envie : « La Classe Figaro Beneteau est la seule classe monotype dans le monde de la course au large. Cela donne des courses très intenses, c’est cela que l’on vient chercher. Avec le retour d’anciens cadors du circuit cette année, la saison et la Solitaire vont être encore plus denses et disputées. Se mesurer à eux va être sacrément motivant. »
Le défi des bizuths
Qu’ils viennent du circuit Mini, Class40 ou de la voile légère, tous sont prêts à engranger un maximum d’expérience et à défier les meilleurs. A l’instar de François Jambou, vainqueur de la Mini-Transat en 2019, qui, après plusieurs années à entraîner et transmettre, revient à la compétition en intégrant le circuit Figaro avec son partenaire Yuman.io. L’occasion pour ce Concarnois de s’offrir « un défi stimulant en revenant à la compétition ! Je change de perspective en gardant la même intention : progresser, performer et me confronter aux meilleurs. »
Le Normand Pierrick Letouzé, lui, débarque directement du circuit Class40 : « J’ai toujours suivi avec beaucoup d’attention la Solitaire du Figaro. Et étant de Cherbourg, j’ai été influencé par Alexis Loison qui est un super ambassadeur du circuit Figaro Beneteau. C’est une école de l’excellence, la monotypie y est pour beaucoup, c’est le marin qui fait la différence, je pense que je vais prendre beaucoup d’expérience tout au long de la saison. Même si j’ai pas mal navigué en Class40, j’arrive avec beaucoup d’humilité car le Figaro Beneteau 3 est un support que je découvre et je pense qu’il faut beaucoup d’expérience pour être performant. Je suis aussi super content que de grands marins reviennent se confronter aux jeunes. On a beaucoup à apprendre d’eux et ça va être cool de tirer des bords ensemble. J’ai hâte de commencer ! »
Le bizuth Paul Loiseau, skipper de Région Bretagne CMB Espoir, lui, a peu d’expérience du large et n’a jamais passé une nuit en mer en solitaire, son objectif de la saison est donc avant tout de prendre ses marques. Ce Breton de 21 ans, habitué de l’inshore et du match-race, explique : « Je me retrouve parfaitement dans la monotypie de la Classe Figaro Beneteau, je ne navigue que sur des monotypes depuis que j’ai commencé la voile. Le fait que ce soit le marin qui fait la différence rend le niveau très élevé. Cela fait des années que la Classe n’a plus rien à prouver à ce sujet. En plus, avec tous ces grands marins expérimentés qui reviennent, ça va vraiment être une super expérience et une super saison. C’est vraiment top pour un jeune de naviguer au contact de ces légendes. »
A mentionner également, l’arrivée, parmi la douzaine de bizuths cette année, de Quentin Mocudet, deuxième de la dernière Mini Transat en série, de Jocelyn Creswell, skipper anglais qui, après avoir participé au Défi Paprec en 2025 avec son partenaire, l’a convaincu de le suivre sur le Championnat de France Elite de Course au large, d’Ivica Kostelic, skieur alpin croate, champion du monde de slalom en 2003, vainqueur du globe de cristal en 2011 et 4 fois médaillé d’argent, qui vient se frotter au Figaro Beneteau 3 après avoir participé à la Route du Rhum en 2022, ou encore de Thomas Dinas, ancien participant au Tour Voile, qui s’aligne cette année sur toutes les courses de l’Académie Figaro Beneteau.
Une saison 2026 qui s’annonce une nouvelle fois passionnante ! Et si la nouvelle génération affiche ses ambitions, l’expérience des anciens pourrait leur donner du fil à retordre. « Le Figaro, c’est comme le vélo, ça revient vite ! », sourit Yoann Richomme, deuxième du dernier Vendée Globe. Le décor est planté.
Vendée Globe. L’IMOCA Charal 2 coupé en deux !

L’équipe de Charal a pris la décision de changer son fond de coque plutôt que de construire un nouveau bateau. C’est un challenge technique aussi impressionnant qu’innovant. Ces dernières semaines, l’IMOCA Charal 2 a été coupé en deux afin de retirer le fond de coque qui sera bientôt remplacé. Encore jamais réalisée en IMOCA, cette opération imaginée depuis de longs mois a été entreprise après le retour victorieux de la Transat Café L’Or avec la collaboration de Gepeto Composite. Objectif ? Favoriser les phases de vol, gagner en performance dans certaines allures et faciliter l’usage du bateau en solitaire. Il devrait être remis à l’eau en juin prochain, ce qui laissera près de six mois afin de se préparer à la Route du Rhum, le grand objectif de la saison.
1/ Pourquoi avoir décidé de changer de carène ?
Au sein de l’équipe, la recherche d’optimisation est une préoccupation de chaque instant. Depuis sa mise à l’eau en 2022, Charal 2 s’est dès le début distingué par ses safrans en V qui permettaient de maximiser son temps de vol. « En faisant voler le bateau à plat, on s’est rendu compte que la forme de la carène, en scow (en arrondi) n’était pas la plus adaptée », raconte Jérémie Beyou. « C’est ce qui nous a poussé à vouloir adapter la carène afin de voler longtemps en étant à plat ». « Avec nos foils, la gite était plus faible que ce qu’on s’imaginait », ajoute Nicolas Andrieu, qui est à la tête du bureau d’étude. « C’est ce qui nous a poussé à réfléchir à une nouvelle carène ». Celle-ci permettra d’améliorer la glisse du bateau. S’il y aura mécaniquement une légère perte en puissance – qui est induite par la gite – le gain sera compensé en améliorant notamment la traînée hydrodynamique.

2/ Pourquoi ce chantier est hors-norme ?
« Il faut imaginer une maison où tu as tout : les murs, la cloison, la structure et la charpente mais pas le toit », sourit Jérémie. « Visuellement, c’est assez dingue. On a l’impression que le bateau a été tronçonné, il a deux trous béants dans le fond de coque ». Si des équipes en IMOCA, dont Charal, avaient déjà refait une partie de l’étrave, jamais l’une d’entre elles n’a décidé de le réaliser de façon aussi conséquente.
3/ Comment se déroule le chantier ?
Dès l’hiver 2024, le cabinet VPLP et l’équipe Charal ont travaillé de concert pour le design de la carène. Ils se sont associés au cabinet de structure Gurit pour les modifications structurelles, cabinet qui avait déjà réalisé la structure initiale de Charal 2. Ensuite, les deux nouvelles demi-coques ont été façonnées toute l’année dernière chez Gepeto Composite, à quelques centaines de mètres du hangar de Charal. Le chantier sur Charal 2 a ensuite débuté une fois le convoyage retour depuis la Martinique où Jérémie a remporté avec Morgan Lagravière la Transat Café L’Or. « Nous voulions commencer à assembler le puzzle dès le mois de décembre », confie Nicolas Andrieu. Ainsi, depuis mi-décembre, les équipes de Gepeto Composite se sont donc évertuées… À couper le bateau en deux ! « Pendant trois semaines, ils ont découpé le carbone et on voyait des morceaux tomber », raconte Nicolas Ferellec, chef de projet au sein du Charal Sailing Team. Un travail fastidieux, dans la poussière et le bruit où le monocoque a été métamorphosé. « C’est comme s’il ne restait plus que le squelette ».
Depuis janvier, les techniciens modifient la structure afin de l’adapter à la nouvelle forme de coque. Il sera alors temps de poser chaque coque, une phase particulièrement délicate. « Tout doit être fixé au millimètre près », assure le responsable de projet. En mai, dès que l’aspect composite sera achevé, les systèmes mécaniques et électroniques seront réinstallés et le bateau pourra être remis à l’eau en juin. « C’est un chantier conséquent mais on est tous très motivés : on se bat pour faire progresser le bateau », s’enthousiasme Nicolas Ferellec.
4/ Qu’est-ce que cela va changer en mer ?
Jérémie Beyou se veut confiant sur la prise en main de son monocoque après ce chantier hors-norme. « Il faudra forcément du temps pour comprendre précisément sa nouvelle attitude et trouver les bons réglages mais ça n’a rien à voir avec la prise en main d’un bateau neuf ». Cette nouvelle carène devrait permettre de progresser dans les vitesses supérieures à une quinzaine de nœuds ainsi que dans les conditions légères, deux des points actuellement perfectibles du bateau. Il pourrait également être légèrement plus facile à manier en solitaire. « Au fil de la saison dernière en équipage et en double, on a pu constater qu’on tirait plus facilement le meilleur du bateau qu’en solitaire », précise Nicolas Andrieu. « Le but, c’est de rendre le bateau plus tolérant pour qu’il soit à 100% en vue de la Route du Rhum et du Vendée Globe ».
5/ Quel est le programme de Jérémie cette saison ?
Charal 2 sera mis à l’eau en juin prochain. Cela laisse environ six mois pour être au meilleur niveau au départ de la Route du Rhum, le dimanche 1er novembre prochain. « On est convaincu qu’on a pris la bonne option pour avoir le meilleur bateau possible dès le Rhum », assure Jérémie. Afin de garder le rythme, Jérémie disputera des courses en Figaro. En revanche, il ne participera pas à la Solitaire du Figaro afin de ne pas accumuler de la fatigue et « être à fond » dès la mise à l’eau de l’IMOCA. « Ensuite, on va tout faire pour enchaîner les navigations et monter en puissance ». Un programme d’entraînements qui sera dense pour peaufiner ses automatismes et se préparer comme il se doit pour la Route du Rhum. 2e en 2014, 3e en 2022, Jérémie espère pouvoir concrétiser une victoire sur la plus connue des transatlantiques.
Source CP
Record. Guirec Soudée en approche du sud de l’Australie
Le tour du monde à l’envers de Guirec Soudée se déroule parfaitement. Revenu sur une trajectoire qui l’emmène désormais directement sur sa route, il a passé la Nouvelle-Zélande et devrait franchir le sud de l’Australie prochainement. Il devrait rencontrer des conditions un peu plus engagées pendant 24 à 48 heures avant de retrouver des vents plus cléments. Son avance est désormais de +900 milles nautiques.
La Généreuse du Morbihan, première régate caritative en France du 6 au 7 juin
L’association a organisé en mai 2025 la première régate caritative en France : « La Généreuse du Morbihan ». Pour sa première édition en 2025, les équipages ont réussi à collecter près de 25 000 € à destination de l’Institut du Cerveau. Cette année, La Généreuse élargira la possibilité aux donateurs de participer à la recherche sur la SLA (maladie de Charcot), mais également sur d’autres maladies neurologiques, comme Alzheimer, Parkinson, ou encore la Chorée de Huntington. La régate se tiendra du 6 au 7 juin au port du Crouesty. Plusieurs classes de monotypes et IRC régateront sur des parcours côtiers de 15 à 20 milles nautiques.
Comme en 2025, l’événement bénéficie du soutien du département du Morbihan, de la commune d’Arzon, du Port du Crouesty, du Yacht Club Crouesty Arzon, de l’association de bénévoles « Les Amis du Monténo », ainsi que du patronage du prestigieux Yacht Club de France.
Olivier Goy et Jérôme Deshayes, deux malades combatifs de la SLA, sont également les parrains de la régate.
Globe40. Record d’audience pour le tour du monde en double en Class40

La 2ème édition de la GLOBE40 bat des records d’audience. A mi-chemin de son tour du monde, la flotte actuellement en escale à Valparaiso au Chili se prépare pour un nouveau départ le 18 février prochain pour la 5ème étape en direction de Recife au Brésil. Pour les équipes participantes, les villes d’accueil, les projets qui s’annoncent déjà pour la 3ème édition, la GLOBE40 communique ses résultats d’audience à fin janvier.
Avec plus de 1200 retombées presse au 1er février 2026 la 2ème édition de la GLOBE40 a vu son impact médiatique se renforcer avec un inventaire détaillé des retombées internationales de chaque équipe qui reste encore à faire. L’intensité de la course, les duels en tête, le record de distance en 24 heures battu à 2 reprises, les arrivées à couper le souffle, les grands récits dans les mers du sud, les aventures ou difficultés de tous les équipages, les histoires en parallèle de la compétition, comme les difficultés mais aussi la détermination de l’équipage allemand NEXT GENERATION ou des réunionnais de FREE DOM expliquent cet engouement qui se retrouve également sur les réseaux sociaux avec 14 millions de pages vues. Une croissance multipliée par 4 par rapport à la précédente édition.
Le site internet donne les informations générales sur la course et la cartographie, FaceBook permet de traiter en simultané l’information, Instagram met en valeur la qualité des images, notamment celles à chaque étape de Jean-Marie Liot qui offrent toujours beaucoup d’émotion, qu’elles soient sportives ou des paysages.
Le travail de l’organisation est secondé par le travail de communication des équipes. Chacune, sans exception, s’attache à un récit quotidien et à un partage avec le monde extérieur. L’arrivée de plusieurs équipes professionnelles avec en support les spécialistes du récit et de l’image renforce encore cette tendance. Mais c’est d’abord la fraicheur, l’authenticité du récit, la passion d’être en mer, associés à de réelles qualités artistiques qui expliquent parmi tous les équipages “l’explosion” de Lisa Berger, skippeuse de WILSON avec son compagnon Jade Edwards -Leaney : la skippeuse autrichienne venu du mini a séduit un immense public avec chaque semaine en mer des sujets Instagram repris sur FB qui dépassent régulièrement le million de vues ( record 1,8 million de vues en un seul post), un total à faire en fin de course mais qui très probablement approchera les chiffres globaux de l’organisation; à suivre sans modération sur leesayo ( Insta) et Lisa Berger Sailing ( FB) pour ce grand récit sportif et cette grande aventure autour du monde.
America’s Cup. Interview Grant Dalton : « J’ai dû garder mon sang-froid au premier conseil ! »
Rencontré à Naples à l’occasion de la présentation officielle de l’America’s Cup Partnership et des équipes fondatrices, Grant Dalton s’est confié à Cuplegend.com sur ces 15 derniers mois et sur la difficulté à mettre en place ce changement. Nous faisons également le point sur l’équipe avec Kevin Shoebridge, directeur général.
La finalisation de l’America’s Cup Partnership n’aura pas été simple. Grant Dalton s’est livré à Naples sur les difficultés rencontrées pour aboutir au document final. « Nous avons failli échouer en juillet 2025 et nous commencions à réfléchir à la façon d’améliorer nos foils et notre bateau. Mais les deux commodores sont revenus vers moi à la dernière minute pour que l’on se donne plus de temps, jusqu’à décembre. »
Pour parvenir à ce document, différentes factions se sont formées : certaines équipes partageaient des intérêts communs et défendaient certains points. « À partir de juillet, cela a été plus collaboratif. Avant, le but était presque de détester l’autre, puis il s’est agi de trouver la paix et la sérénité. Tout le monde a dû faire des concessions. C’est aussi une question de génération. Je ne les aime pas, et eux non plus, mais c’était à notre génération de provoquer ce changement. Si nous ne l’avions pas fait, la Coupe ne serait pas morte, mais elle aurait été en difficulté. J’ai dû garder mon sang-froid au premier conseil, car on aurait pu tout gâcher en une semaine simplement en se disputant et en ne se mettant d’accord sur rien. »
L’America’s Cup Partnership est un document de 700 pages qui a été amendé 27 fois. Il est confidentiel et réservé aux associés, soit les cinq équipes fondatrices pour le moment. Grant Dalton y a travaillé pendant 15 mois, six heures par jour, sans rien faire d’autre, laissant la gestion de l’équipe à Kevin Shoebridge. « Cela a plus nui à mon état mental qu’à l’équipe. » Grant Dalton devrait prochainement laisser l’organisation de la Coupe à quelqu’un d’autre afin de se recentrer sur l’équipe.
Il est également revenu sur les changements à venir au sein de l’équipage, avec désormais la présence obligatoire d’un jeune et d’une femme à bord. « Nous avons été très contents et fiers d’avoir créé la Women’s Cup à Barcelone. J’étais contre au début l’idée d’instaurer un quota de femmes à bord des AC75, mais ce sont les Français qui le voulaient. Puis je me suis dit que c’était la seule façon de rompre avec l’habitude de n’avoir que des hommes à bord. Au final, c’était la bonne décision. »
AC40 et SailGP
Nous avons interrogé Grant à propos de l’AC40, pour lequel il était question d’organiser un championnat et une classe après Barcelone.
« Nous avions envisagé au début d’organiser un championnat en AC40, mais désormais c’est une décision qui doit être prise au sein du board de l’ACP. Cela ne peut pas être ma décision. Je pense que nous devrions multiplier les courses avec ces bateaux et organiser un championnat. » Grant Dalton a également évoqué le SailGP
« Nous ne sommes pas SailGP et nous ne voulons pas le devenir. Le circuit a toute sa place dans la voile. Mais la Coupe, c’est différent : c’est une compétition technologique. Nous devons trouver un meilleur équilibre. Nous avons besoin d’un rythme plus soutenu. Il faut du temps pour développer un bateau rapide grâce à la technologie, mais il faut aussi continuer à courir pour maintenir la dynamique auprès de l’équipe et des partenaires. Il nous faut trouver cet équilibre. » La Coupe doit-elle interdire aux skippers d’y participer en parallèle ? « Non, c’est une décision qui revient à chaque équipe. Nous avons pris la nôtre avec Pete. Pour Nathan, c’est différent : il a un contrat à durée déterminée avec Artémis. »
D’autres équipes attendues pour la 38e édition
S’il y a aujourd’hui cinq équipes fondatrices de l’ACP, elles pourraient être rejointes par de nouvelles formations d’ici mars. Le board de l’ACP a décidé de prolonger jusqu’au 31 mars la date limite d’inscription à la 38e America’s Cup. On parle d’une équipe américaine avec Riptide et Chris Poole, qui pourrait recevoir l’appui de Doug DeVos, mais aussi d’une équipe australienne menée par John Winning Jr., qui a financé l’équipe australienne lors des Youth et Women’s Cup à Barcelone. Enfin, Mascalzone Latino, l’équipe italienne, pourrait faire son retour dans la Coupe après Valence en 2007.
Ces équipes devront obligatoirement disposer d’un AC75. Des discussions sont notamment en cours avec Team New Zealand. Grant Dalton a confirmé qu’il pourrait vendre leur deuxième AC75 : « Il pourrait être utilisé par une autre équipe, mais il y a beaucoup de travail pour le mettre à la nouvelle jauge, environ 20 000 heures, soit l’équivalent du temps de construction d’un maxi. »

Team New Zealand ne s’est jamais arrêté de se préparer
Si Grant Dalton a été très pris par la mise en place de l’ACP, l’équipe, elle, ne s’est pas arrêtée de se préparer à défendre la Coupe. Kevin Shoebridge, directeur général, rencontré à Naples, s’est montré confiant. « Nous ne nous sommes jamais arrêtés. Sur la Coupe, il faut toujours être en mesure de repartir immédiatement. L’équipe s’est regroupée pour devenir encore plus forte. Certaines choses ont changé — notamment le départ de Peter — mais nous sommes une centaine de membres. Il y a énormément d’expertise. Nous repartons de là où nous nous étions arrêtés. Nous avons recommencé à naviguer et beaucoup travaillé sur les foils et le gréement. Les bateaux de la prochaine édition seront différents, avec de nouveaux foils, mâts et coques. Il y a encore beaucoup de marge de développement. Ce sont des bateaux très techniques, avec des systèmes de contrôle très pointus. Ils devraient être encore plus performants qu’à Barcelone. Nous naviguons avec nos deux AC40 à Auckland, davantage pour l’entraînement sur les départs et le match racing que pour le développement.»
L’équipe a renouvelé son partenariat avec Emirates et peut toujours compter sur le soutien du milliardaire De Nora.
L’équipage s’est également renforcé avec l’arrivée de l’Australien Iain « Goobs » Jensen, qui apporte une solide expérience du haut niveau. Médaillé d’or et d’argent en 49er aux Jeux olympiques de Londres 2012 et Rio 2016 avec Nathan Outteridge, et fort de nombreuses campagnes en Coupe de l’America, il s’est intégré rapidement à l’équipe. Il navigue aussi en SailGP avec les Australiens, après plusieurs saisons avec les Britanniques. Nathan Outteridge occupera le poste de barreur tribord avec Iain Jensen, tandis que Sam Meech et le médaillé olympique britannique Chris Draper seront au poste de barreur bâbord, accompagnés d’Andy Maloney, Blair Tuke et Joe Aleh.
Ludovic Sorlot
Figaro. Yann Eliès, directeur de course du Trophée BPGO
Yann Eliès sera le directeur de course de la 3e édition du Trophée Banque Populaire Grand Ouest, épreuve du Championnat de France Elite de Course au Large en Figaro qui se déroulera du 15 au 25 avril 2026 avec un départ et une arrivée à Concarneau.
Courue en double sur un parcours exigeant de 800 milles, entre les îles Chausey et l’île d’Aix, cette compétition s’impose comme un rendez-vous incontournable du circuit Figaro Beneteau. Depuis sa création, son succès ne cesse de croître : de 12 duos en 2022, elle a attiré 29 tandems en 2024, mêlant les légendes du circuit et les jeunes talents avides de défis. Ce format unique où stratégie, endurance et régate au contact se conjuguent sur 4 à 5 jours intenses.
Triple vainqueur de la Solitaire du Figaro et double champion de France Elite de Course au Large, Yann Eliès, l’un des marins les plus expérimentés et les plus respectés du circuit, apportera toute son expérience et son expertise à cette troisième édition. Après avoir brillé en tant que marin lors des deux premières éditions et désormais entraîneur au Pôle Finistère Course au large de Port-la-Forêt, il prend cette année les rênes de la direction de course, en duo avec Claire Renou.
Son engagement et sa parfaite connaissance du circuit Figaro Beneteau font de lui l’homme idéal pour perpétuer et amplifier l’esprit de cette compétition. Avec lui, le Trophée Banque Populaire Grand Ouest promet d’être encore plus captivant et inspirant avec un parcours qui pourrait évoluer un peu, donnant la part belle au large sur certains segments. L’occasion pour ce fervent ambassadeur du circuit de continuer à transmettre l’esprit Figaro auquel il demeure profondément attaché.
Yann Eliès : « Une continuité naturelle dans mon parcours »
Après y avoir participé deux fois en tant que marin, te voici directeur de course du Trophée Banque Populaire Grand Ouest. Pourquoi avoir accepté cette mission ?
« J’ai en effet participé aux deux premières éditions du Trophée BPGO et je me suis éclaté. J’ai vraiment adoré cette épreuve.
De plus, je suis très attaché à la Classe Figaro Beneteau et je pense qu’il est important, en tant qu’ancien Figariste, de transmettre et d’accompagner les nouveaux entrants. Pouvoir revenir sur le Trophée BPGO en tant que directeur de course représente donc, à titre personnel, une continuité naturelle. Cela me permet aussi d’être garant de l’esprit de la Classe Figaro Beneteau. J’ai démarré en 1997 avec les tauliers qu’étaient Michel Desjoyeaux et Jean Le Cam par exemple, et j’ai la sensation que c’est désormais à nous, la génération suivante, d’apporter notre pierre à l’édifice de la famille Figaro. On est là pour montrer le chemin, continuer à maintenir l’esprit Figaro et le niveau d’exigence important qui fait le sel du circuit. Être directeur de course du Trophée Banque Populaire Grand Ouest, qui est inscrit au calendrier officiel du Championnat de France Elite de Course au Large, y contribue. »
Justement, on a tendance à présenter le Trophée Banque Populaire Grand Ouest comme une course de purs Figaristes. En quoi le parcours est intéressant et parfaitement adapté au circuit Figaro Beneteau ?
« Le fait de devoir relier les îles Chausey à l’île d’Aix, au départ et à l’arrivée de Concarneau, oblige les participants à longer les côtes et donc à retrouver tous les ingrédients typiques des courses de Figaro : naviguer au contact, faire du rase-cailloux et donc gérer sa prise de risques, jouer avec les courants, établir une bonne stratégie météo entre les effets de relief, les thermiques, tout ce qui modifie le vent en général, etc.
De mon côté, en tant que directeur de course, j’aimerais y intégrer cette année un peu plus de large pour couper ce rythme de navigation côtière par une petite escapade au large. Être capable de s’éloigner de la côte et donc de s’intéresser aux systèmes météorologiques globaux, faire des choix stratégiques, perdre de vue ses concurrents, cela rendrait la course encore plus complète. »
Comment vois-tu ton rôle de directeur de course du Trophée Banque Populaire Grand Ouest ?
« Au niveau sécurité, je vais veiller, dans la construction de mon parcours, à ne pas envoyer les concurrents dans des zones risquées qui n’apporteraient pas grand-chose au volet sportif. Il me semble important de veiller à l’équité sportive.
Je vais aussi beaucoup me reposer sur mon adjointe, Claire Renou, qui maîtrise parfaitement les arcanes administratifs de l’organisation d’une course, afin de me concentrer sur le volet sportif et météorologique, apporter mon vécu de marin et de compétiteur pour en faire une course complète et intéressante pour les marins.
Comme elle se court en double, nous aurons plusieurs types de skippers : ceux qui participeront à la Solitaire du Figaro Paprec peu de temps après, certains qui découvrent le circuit, les anciens qui reviennent se frotter au Figaro, les experts qui aident à monter en compétences… Cela fait aussi partie de l’héritage et je pense qu’il est important de donner la bonne impulsion en tant que directeur de course. Je mets un point d’honneur à maintenir l’esprit Figaro : rester engagé et accepter de se faire mal, malgré une régate au contact, exigeante et difficile, pour devenir de grands marins. »
Source CP
Vendée Globe. Trois projets scientifiques lauréats en 2026 de la Vendée Globe Foundation
Le Vendée Globe Foundation a dévoilé, à l’occasion d’un point presse le 4 février 2026, au Département de la Vendée, à La Roche-sur-Yon, , trois projets scientifiques lauréats pour le cycle 2026.
Créé en 2024, le Vendée Globe Foundation s’appuie sur une légitimité scientifique forte, basée sur un Conseil scientifique reconnu, présidé par le Dr. Franck Zal, fondateur d’HEMARINA, et structuré avec une volonté claire : transformer l’engagement environnemental du Vendée Globe en actions collectives concrètes et durables pour la protection et la préservation des écosystèmes marins.
Pour Gilles Sallé, Président du Vendée Globe Foundation, cette première année particulièrement réussie, a été marquée par une phase de structuration solide, par le renforcement de son équipe permanente avec l’arrivée de Patrick Lonchampt, son Délégué général, l’engagement de 20 mécènes et trois projets soutenus : la Mission William dédiée à la protection de la mégafaune marine, l’initiative d’instruments scientifiques embarqués menée avec l’UNESCO, la classe IMOCA et le Consortium Share the Ocean, engagé dans la réduction des collisions avec les mammifères marins.
« L’océan est une gigantesque bibliothèque, donc il est urgent de prendre conscience que nous en brûlons les livres. »,
Gilles Sallé, Président du Vendée Globe Foundation
Dans cette dynamique, pour la saison 2026, le Fonds de dotation a retenu trois projets scientifiques, parmi 21 candidatures françaises et internationales reçues, à l’issue d’un processus de sélection rigoureux achevé à l’automne 2025 par Franck Zal et les quatre autres membres du Conseil scientifique.
CITIZENS OF THE SEA incarné en Europe par Fabrice Amedeo, skipper du Vendée Globe est un projet qui fera du Vendée Globe 2028 une mission scientifique planétaire. L’objectif est de construire la mémoire génétique de l’océan, découvrir de nouvelles espèces et mieux comprendre les effets du climat et les migrations, des capteurs installés sous la coque des bateaux collectent l’e-ADN des organismes marins en continu. En Europe, le projet est incarné par Fabrice Amedeo, skipper du Vendée Globe, qui confie que ce dispositif fait de son bateau un fabuleux « navire d’opportunité » pour davantage connaître l’océan et sa biodiversité, et donc mieux le protéger.
BIOLIT est une mission de sciences participatives allant de l’observation à la connaissance, et cela, en observant le littoral. Les citoyens participent à un relevé de données collaboratif sur les écosystèmes locaux, permettant de créer une véritable mémoire vivante du littoral. Nos plages sont des marqueurs de l’évolution climatique et de sa biodiversité.
BLUTOPIA, est une expédition marine de proximité, reliant Biarritz à Roscoff, qui propose 10 escales, lieux de rencontres, expositions, projections et débats pour mieux comprendre l’océan à travers l’humain, l’art et la science.
Pour Franck ZAL, Président du Conseil scientifique, le développement scientifique ne peut se penser que sur une alliance entre le territoire et ses acteurs et une mobilisation collective. « La science est notre boussole. Le Vendée Globe Foundation contribue à
transformer les connaissances en solutions concrètes pour l’océan. »
Après 18 mois de structuration, le Vendée Globe Foundation entre désormais dans une phase de montée en puissance, porté par l’engagement de ses 20 mécènes, de ses partenaires et membres, ainsi que par un territoire profondément tourné vers l’océan. Pour ce nouveau cycle, le Vendée Globe Foundation vise un budget de 300 000 €.
À cette occasion, Gilles Sallé tient à saluer et remercier l’ensemble des soutiens qui ont accompagné le Fonds dès sa première année et qui contribuent activement à la réussite de ses actions. « Nous souhaitons que nos mécènes soient de véritables partenaires, pleinement associés à cette dynamique collective. », souligne-t-il.
Pour Alain Leboeuf, Président du Département de la Vendée et de la SAEM Vendée et membre fondateur du Fonds, le Vendée Globe Foundation ambitionne de prolonger durablement les actions menées par les courses du Vendée Globe pour devenir un acteur de référence à l’échelle nationale, capable d’impulser un changement durable en faveur de la protection de l’océan, au bénéfice des générations actuelles et futures. « Ce Fonds prolonge l’esprit du Vendée Globe : inspirer, fédérer et soutenir des projets concrets pour l’océan. Cet engagement crée un cercle vertueux et un pont entre le sport, la science, le mécénat et le territoire de la Vendée. »
PROJETS LAURÉATS SOUTENUS EN 2025-2026
- ADN environnemental (Citizens of the Sea) : Quand la voile devient une mission scientifique planétaire pour la biodiversité
En étroite collaboration avec le skipper Fabrice Amedeo, ce projet vise à révéler la dimension biologique de l’observation des océans grâce à la collecte d’ADN environnemental (ADNe) lors des courses au large. S’appuyant sur les données recueillies durant le Vendée Globe 2024, le projet analysera les grands motifs de la biodiversité marine, développera un tableau de bord interactif destiné au grand public et testera une nouvelle génération de préleveurs automatiques d’ADNe, ouvrant la voie à leur déploiement sur plusieurs bateaux lors du Vendée Globe 2028. Ainsi, chaque mille parcouru permet de scanner le vivant, de recenser des espèces connues ou inconnues, de construire la mémoire génétique de l’océan et de mieux comprendre les effets du climat et les migrations.
Plus d’information : https://www.citizensofthesea.org/ - BIOLIT – Algues brunes et bigorneaux (Planète Mer) : Un projet de sciences participatives : de l’observation à la connaissance
En observant le littoral, les citoyens contribuent à un relevé collaboratif de données sur l’évolution des communautés intertidales rocheuses sur les façades Atlantique, Manche et Mer du Nord. L’objectif de ce projet est de mobiliser les scientifiques et les citoyens pour créer une mémoire vivante du littoral français pour mieux comprendre la réponse des écosystèmes côtiers face aux changements globaux. Ambitieux et innovant, ce projet articule sciences participatives, écologie du changement global et technologies numériques en proposant une réponse opérationnelle aux besoins croissants de surveillance écologique à long terme.
Plus d’information : https://biolit.fr/ - Les Voiles iodées (Blutopia) : Une expédition marine de proximité pour (re)mettre les algues au goût du jour, de Biarritz à Roscoff
En août 2026, l’association de préservation de l’océan Blutopia larguera les amarres de Biarritz en mettant le cap vers Roscoff. Leur objectif est de (re)mettre les algues au goût du jour, en partageant les connaissances scientifiques sur les algues et en faisant découvrir leurs incroyables pouvoirs. Au programme : 10 escales avec 10 avant-premières de leur nouveau documentaire Les bonnes vivantes, toujours accompagnées d’une dégustation et d’une exposition mêlant art, photographie et vulgarisation scientifique. Un goût d’espoir qui va vous donner envie de mettre les légumes de la mer dans vos assiettes !
Plus d’information : https://blutopia.org/
















