«Je retrouve le bateau en fin de semaine, explique Francis Joyon, j’emporte les drisses, l’électronique, et tous les petits morceaux qu’il faut remonter à bord. J’ai envoyé par avion les nouveaux gennakers, les voiles sont en révision chez Incidences Guadeloupe : il va falloir remonter tout ça, car le bateau est quand même un peu en pièces détachées à l’heure actuelle ! Enfin, les flotteurs et la coque centrale sont encore reliés, de ce côté il n’y a pas de problème. » Enjoué, Francis s’avoue impatient de renouer avec son imposant compagnon à trois pattes, et de retrouver le chemin du large – première navigation au programme, un convoyage vers New York, où le navire doit arriver dès la première semaine d’avril. Initialement, le skipper pensait effectuer le trajet en solo, et pourquoi pas en profiter pour tenter un record des 24 heures, mais des contraintes logistiques lui ont fait modifier ses plans. « En arrivant à New York, il va falloir changer de marina souvent, et les manœuvres de port sont impossibles à faire seul sur ce bateau. » Sans compter le risque de casse qui résulterait d’une telle tentative, juste avant de s’élancer sur New York – Cap Lizard… parcours exigeant s’il en est.
Le Vendée Globe à bout de souffle !
Du près et encore du près. Le vent est au Sud Est de Benefic qui remonte tribord amure vers les Sables d’Olonne. Karen, malgré tous ses soucis tant physiques que techniques, déploie une farouche énergie à rester dans cette veine de vent. Son pilote secondaire tient, mais la jeune femme a épuisé hier sa dernière goutte de gas-oil. Sans énergie, elle doit plus que jamais s’astreindre au douloureux exercice de la barre, sur une mer qu’elle qualifie de « démontée » au point de rendre tout mouvement sur le pont dangereux et fatiguant. En amarrant sa barre, la jeune femme parvient à grappiller quelques minutes de repos, tout en maintenant un cap acceptable. La proximité du rail des cargos ajoute à son inquiétude de voir une vaste zone de calme s’établir entre son étrave et la ligne d’arrivée. Plus que jamais, Karen Courage remet l’ouvrage sur le métier et gagne dans l’Est. Sur sa vitesse actuelle, Benefic pourrait pointer son museau rouge dimanche après-midi.
Entre molle au nord et marasme au sud, Raphaël Dinelli n’a guère le choix. L’anticyclone a pris ses quartiers à l’entrée de la Manche, retenant dans ses griffes Patrice Carpentier (VM Matériaux), concurrent hors course du Vendée Globe et stoppé net dans sa marche retour vers les Sables. Le vent est majoritairement orienté Sud Est et repousse systématiquement Akena Verandas vers l’Espagne. Raphaël cherche à se rapprocher en tirant des bords. Dès qu’il serre un peu trop le vent, son bateau fatigué hurle dans la mer chaotique à souhait. « Je me bagarre comme jamais » raconte t’il, « La mer est démontée et je dois préserver le bateau. J’ai cassé le premier ris cette nuit. Je dois le réparer pour avoir la voile du temps. A la veille aux cargos s’ajoute maintenant la veille aux pêcheurs. J’espère me présenter devant le chenal des sables samedi après midi.»Pour Karen comme pour Raphaël, les derniers bords seront les plus pénibles. Mais le compte à rebours semble bien avoir commencé pour ces deux valeureux concurrents en passe de s’approprier les 12ème et 13ème places du Vendée Globe 2004/2005.
Orange II retrouve du vent après la dorsale
Bruno Peyron, lors de la visioconférence, en début d’après-midi :
« Il y a 12 noeuds de vent, le bateau avance à 17 noeuds, mais ce n’est pas très régulier. C’est important que le barreur soit très concentré pour garder de la vitesse avec le vent apparent. Ça redémarre tout doucement. On a traversé une partie de la dorsale et il faut maintenant prendre notre mal en patience. On sort tout doucement de ce piège qui peut devenir pénible si cela dure trop longtemps ! La situation météo est la même qu’hier avec cette grande dorsale qui s’étend depuis le Portugal. Notre trajectoire va vers le nord-ouest pour en faire le tour. Après, on va rejoindre un système de dépression classique. On a un temps superbe, il n’y a pas trop de vent, mais on se contente de ce qu’on a. Il y a toujours le risque de subir un autre ralentissement car il y a une dépression au nord des Açores et on va faire des petits à-coups pour sortir de cette zone. Mais ça redevient mieux organisé que cela ne l’était. Ce n’est pas pour cela qu’on va aller plus vite mais on comprend mieux ce qui se passe sur l’Atlantique. »
La compréhension de ce qui se passe enfin sur l’Atlantique Nord permet à l’équipage de prendre cette situation avec philosophie. « Quand on comprend ce qui se passe et qu’on a pris la bonne trajectoire, c’est plus facile à accepter. On savait qu’on n’avait pas le choix et que l’on allait vivre 2 à 4 jours très très lents. Donc la situation est moins pire que le scénario catastrophe qu’on avait en tête il y a encore 3 jours. On met les bonnes voiles au bon moment et cela ne sert à rien de s’énerver car les gens qui s’énervent en régates ne gagnent jamais dans le petit temps ». Serein et confiant, le 14 d’Orange II a les qualités de grands marins et d’excellents régatiers. Ils ont parfaitement négocié le passage de la dorsale anticyclonique et préparent désormais leur retour en Bretagne. Une arrivée toujours prévue vers la mi-mars. « On y voit plus clair car un gros obstacle est derrière nous désormais, mais il en reste un autre, l’anticyclone. Notre prévision d’arrivée oscille entre le 15 et le 17 mars. Un routage nous fait même arriver le 15 au matin mais je n’y crois pas du tout. Moi je vois plutôt le 16 ou le 17. Encore une fois, on y verra plus clair après l’obstacle. » Réponse d’ici vendredi…
LA CROSSE TECHNOLOGY, La Météo sans Surprises
Basée dans les environs immédiats de Strasbourg dans la zone industrielle de Geispolsheim à proximité de l’aéroport, la filiale française affiche une croissance sereine et récurrente et une position enviable.
Sur un marché en plein essor, quoique encore méconnu, LA CROSSE TECHNOLOGY, grâce à une gamme complète, offre une réponse à l’intérêt passionnel que les français témoignent à la météo.
LA CROSSE TECHNOLOGY présente désormais la plus grande gamme « météo », de la station de température à la station professionnelle avec mémorisation et gestion informatique.
Chacune bénéficie de toutes les dernières innovations dans la collecte des données : batteries solaires, utilisation des fréquences 433 et 868 Mhz, capteurs ou senseurs multiples, gestion en temps réel et informatisée des données…
Cette formidable diversité, d’un usage accessible au plus grand nombre, permet de choisir l’appareil adapté aux besoins de chacun grâce aux multiples combinaisons offertes par les produits de la gamme LA CROSSE TECHNOLOGY.
La plupart des produits LA CROSSE TECHNOLOGY sont calibrés quotidiennement pour recevoir le signal de l’institut fédéral allemand de physique appliquée de Braunschweig qui exploite une horloge atomique dont l’exactitude est de l’ordre de +/- 1 seconde en 1 million d’années.
Le temps indiqué par cette horloge, horloge officielle allemande, est diffusé par un émetteur d’ondes longues situés à Mainflinguen près de Francfort.
Ainsi pour les stations météo, les horloges murales, les réveils,… il n’y aura plus de réglages fastidieux à faire, plus de boutons à tourner pour les changements d’heure en été ou en hiver et…
plus d’excuses en cas de retard !
Orange II ralenti pour quatre à cinq jours
Bruno Peyron, mardi matin à 5h00 : « Ça mollit tout doucement, le vent est très faible. On se prépare à passer quatre à cinq jours spéciaux. La situation n’a pas évolué. Il faut passer à travers la dorsale anticyclonique qui fait 200 milles d’épaisseur. Nous n’avons pas d’autre choix. Tout cela est très compliqué car l’anticyclone se met en place derrière. Cet anticyclone va passer sur nos têtes de la gauche vers la droite. Nous allons donc être très lents pendant quatre jours. Nous devrions parcourir 1000 milles pendant ces quatre jours (au lieu de deux jours habituellement, ndlr), ce qui ne va pas être très réjouissant. Ce sera la partie la plus lente de ce tour du monde. Habituellement, l’anticyclone est en position (au niveau des Açores, ndlr) et on peut faire le tour par la gauche avec de l’alizé en dessous. Mais tout le système est détruit par une dépression qui passe maintenant. Et cela reste compliqué derrière car la transition avec la dépression n’est pas très fiable non plus. Cela pourrait être pire encore. Ça fait un bout de temps qu’on sait que ça va être difficile. On s’y prépare et on fait ce qu’il faut. Tout cela peut nous faire perdre trois jours à peu près. »RepèresJournée de mer : 43eDate : 08/03/2005Heure (GMT) : 03h40Latitude : 13 09.64′ NLongitude : 37 21.64′ WVitesse instantanée : 11.4 ndsCap instantané : 334Vitesse moyenne : 12.1 ndsVitesse sur 24h : 17.5 ndsDistance sur 24h : 419 mnVitesse depuis départ : 23.0 ndsDistance totale : 23571 mnDistance restante : 2657.20 mn
Le Défi devient chinois ?
D´après le site internet mariantic.co.uk, spécialisé dans les bruits de couloir (bien étayés, il est vrai) concernant la Cup, ACM est en train de finaliser un communiqué de presse annonçant officiellement le rachat du Défi par l´homme d´affaires chinois Chaoyong Wang. Ce n´est pas la première fois que l´on évoque ces tractations, mais cette fois l´annonce finale ne devrait pas tarder à tomber.
Voici en substance ce que Mariantic nous livre comme étant le projet de communiqué d´ACM :
"Chaoyong Wang, Président de China Equity Investment Group, firme financière, et Xavier de Lesquen, co-fondateur du Défi, ont annoncé aujourd´hui que leur rapprochement ouvrait la voie à une première participation de la Chine dans l´America´s Cup
(…) L´équipe chinoise, baptisée China Team, bénéficiera de l´expérience accumulée par le Défi au cours de ces deux campagnes précédentes (…) le recrutement des plus grands talents chinois dans le domaine du sport, de la logistique, de la communication et du marketing, débutera en 2005".
Toujurs d´après mariantic.co.uk, voici la citation de Xavier de Lesquen qui prendrait place dans le communiqué : "c´est une extraordinaire opportunité et une aventure pour nous tous. En tant que membres du China Team impliqués dans la Coupe de l´America, nous ferons partie de ce pays immense et de sa civilisation; offrant des perspectives exceptionnelles aux entreprises soutenant le projet. China Team aura un accès direct à plus d´un milliard de chinois"
Plus d´informations sous peu.http://www.mariantic.co.uk/ac/six.htm#chinateam
Baisser de rideau dimanche ?
Raphaël en a marre. Il a déclenché hier soir son virement de bord pour ce qui devait être sa dernière ligne droite vers l’arrivée. Las ! Le centre des hautes pressions recèle de nombreux pièges qui se jouent aujourd’hui du navigateur. Le vent tourne brutalement et dans le mauvais sens; Raphaël qui se refuse à serrer outrancièrement le vent pour ne pas malmener son bateau affiche un cap désastreux vers les côtes espagnoles. Il insiste, multiplie les virements de bord à chaque refus, mais en vain. L’anticyclone ne le lâche pas. La route se rallonge devant les étraves d’Akena Verandas qui cherche plus au sud des vents réguliers. Les 400 milles qui le séparent des Sables, sur la route directe, s’allongent au rythme des virements de bord. Patience, Raphaël, patience…
K-Challenge de retour sur le plan d´eau !
L´équipe n´a jamais cessé de travailler depuis la fin du Louis Vuitton Act 3, qui a eu lieu à Valence en Octobre dernier. Après plus de quatre mois de travail sur la base de préparation de Gandia en Espagne, et un programme technique et de design plus que chargé, FRA 57 est le premier bateau prêt à commencer le programme de tests et à reprendre l´entraînement. En effet, ce dernier a subi les modifications nécessaires afin de passer à la nouvelle norme définie par la version 5 de la Règle de Jauge des Class America.
Thierry Peponnet, Skipper de K-Challenge : "cette première journée a été très positive pour nous. Tout d´abord, nous étions tous ravis de recommencer à naviguer pour ouvrir la saison 2005. C´était la première fois que nous commencions à tester la nouvelle version, et cela nous a donné une bonne idée des axes de travail que nous allons choisir pour améliorer et optimiser la configuration des bateaux. Nous retournons naviguer dès demain, et nous aurons déjà effectué les premiers changements pour débuter ce travail."
Dernière semaine en solitaire… enfin !
Extrait de la vacation de ce lundi matin entre Karen et le Team BENEFIC® :
« En ce moment je fais aller ! C´est vraiment violent. Je fais des pointes à 17 noeuds parfois alors même que je suis toujours sous trinquette seule. J´ai entre 35 et 40 noeuds de Sud Est. J´ai avalé 196 milles entre 17 heures hier et 10 heures ce matin, soit une moyenne de 11,5 noeuds. Le problème actuellement c´est que je ne peux pas lofer.
Je suis toujours sous petit pilote parce que je n´arrive pas à réparer l´autre. Je me suis couchée encore plusieurs fois, je dois rester en veille permanente, non seulement parce que le pilote décroche mais aussi parce qu´il y a beaucoup de cargos dans la zone dans laquelle je suis. Je les appelle un par un, ils me répondent tous régulièrement.
Il y a trop de mer et trop de vent pour faire des réparations, surtout sur la grand voile qui est abîmée, sans compter qu´il faut changer la drisse qui menace de céder.
J´ai toujours froid, c´est la fatigue qui gagne, du coup j´ai enfilé la TPS (combinaison de survie) de Guy Cotten pour essayer de rester au chaud. »
Si Karen Leibovici garde ce rythme là, elle pourrait pointer son étrave au plus tôt samedi 12 mars au matin. Mais compte tenu des évolutions météorologiques annoncées et du risque d´être ralentie, la jeune femme devrait selon toute vraisemblance en finir avec son premier tour du monde au mieux dimanche 13 au pire lundi 14 !
Ce lundi marque pour la navigatrice le début de la dernière semaine en solitaire à bord de BENEFIC®. Si tout se passe bien et si le mauvais sort ne vient pas semer le trouble, elle pourrait bien gagner son pari et être la femme la plus rapide autour du monde sur le Cigare Rouge, passant ainsi sous la barre des 140 jours signée par Catherine Chabaud.
Source Benefic
Plus que deux…
A deux reprises cette nuit, la force des vagues arrivant par le travers à coucher Benefic à l´horizontal. Karen Leibovici navigue cap vers la pointe occidentale de l´Espagne et le Golfe de Gascogne dans du vent fort, très fort de secteur Sud Est. " Peut-être l´un des plus gros coup de vent que j´ai connu depuis le départ reconnaît-elle. La vitesse est au rendez-vous pour la jeune femme qui aligne de belles journées vers l´arrivée. Mais le prix à payer semble exorbitant en souffrance et en dureté après 4 mois de mer. Le pilote de secours peine à résister à la force des éléments et la jeune navigatrice doit souvent barrer, sollicitant davantage encore son dos meurtri. Malgré la douleur, malgré les avaries qui se multiplient, Karen continue de réagir en marin, lucide à sa navigation, vigilante aux cargos qui croisent en nombre devant son étrave, et plus décidée que jamais à gagner mille par mille son ticket d´entrée aux Sables d´Olonne. La navigatrice attend un peu de répit ce soir, avant l´arrivée d´une dépression assez musclée en milieu de semaine. A 900 milles de l´arrivée, ce passage de vent fort pourrait propulser Benefic jusqu´à la ligne d´arrivée dimanche prochain…


















