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Solitaire. Fabien Delahaye ” On remet les compteurs à zéro”

Photo Vincent Olivaud

Le skipper du Figaro Groupe Gilbert accuse un retard de 2 heures et 23 minutes sur le leader au classement général provisoire mais il sait que tout peut encore arriver dans cette Solitaire qui ne fait que commencer. Prochain gros morceau, une deuxième manche longue de 490 milles et principalement côtière avec la pointe Bretagne et le Cotentin à négocier en restant en veille permanente pour surveiller cailloux, trafic maritime et autres pièges.

Fabien, comment appréhendes-tu cette deuxième étape ? Est-ce que tu as regardé le classement général provisoire ?
« Honnêtement quand on voit la difficulté de l’étape, le classement ne veut rien dire pour l’instant. Chaque étape est une course, on remet les compteurs à zéro à chaque fois. On n’en est qu’au début, les écarts sont faciles à faire et à défaire, on verra à la fin. Ma première étape est décevante en termes d’écart au premier mais il va encore se passer plein de choses. L’objectif est de la prendre comme une course à part entière. »

Que vous réserve cette manche entre Lorient et Fécamp ?
« C’est l’étape la plus courte de cette édition 2021. Au vu des conditions météo, elle risque également d’être la plus rapide, on devrait en effet arriver mercredi après trois jours de mer. Enfin sur le papier c’est presque la plus difficile aussi parce que le parcours est très côtier. On aura donc de grosses difficultés à passer : les algues qui peuvent distribuer beaucoup et qui plus est de manière aléatoire, des passages à fort courant comme la pointe Bretagne et le raz de Sein et le Four ou la pointe Cotentin avec le raz Blanchard et Barfleur. Le tout avec un vent de Nord-Est, au près, face à la mer. En gros, ça ne va pas être une partie de plaisir ! On risque d’arriver cassé à Fécamp, ça va être un sprint intense. »

Comment te sens-tu après cette escale à la maison ?
« En effet j’étais chez moi donc ce n’était pas une escale de Solitaire normale. D’habitude on part un mois sans revenir, là c’est la cerise sur le gâteau car on est dans la course mais avec nos repères habituels. J’ai pu passer à la maison, j’ai eu plus de temps pour préparer les manches suivantes. Je suis reposé, prêt à partir. »

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Louis Duc met à l’eau son IMOCA avec Marie Tabarly

Louis Duc et Marie Tabarly peuvent apprécier ce moment qui concrétise le travail accompli avec leur équipe et leurs partenaires : l’IMOCA Kostum – Lantana Paysage a été mis à l’eau ce jeudi à Caen. Il y a 10 mois tout juste, ce plan Farr de 2006 entrait au chantier V1D2, où Louis et son équipe lui ont donné une deuxième vie : elle commence aujourd’hui. Les premières navigations sont prévues la semaine prochaine, puis, très vite, viendra le parcours de qualification de Louis et Marie en vue de leur participation à la Transat Jacques Vabre Normandie – Le Havre.

A 9h22 ce jeudi 26 août, l’IMOCA Kostum – Lantana Paysage touchait l’eau. Après 10 mois de chantier, ce bateau lourdement endommagé par un incendie il y a deux ans, est à nouveau en mode course.

Louis Duc, skipper de l’IMOCA Kostum – Lantana Paysage
« À 9h, on a mis les sangles et à 10h30, le bateau était mis à l’eau et maté !
En avril 2020, on avait fait les premières offres pour acheter ce bateau, elles ont été acceptées début octobre. Et je me souviens très bien de la réflexion que je me suis faite lorsque nous l’avons sorti de l’eau, fin octobre, pour l’amener ici au chantier V1D2 :
« il n’est pas près de renaviguer celui-ci ! » Et voilà, 10 mois plus tard, il est à nouveau à l’eau. Et, dans quelques jours, il sera prêt à naviguer en mode course ! Et ça, ce n’était vraiment, vraiment pas gagné… »
5 à 7 personnes ont travaillé à ce chantier de réhabilitation, à plein temps, depuis mi-janvier.
ll a fallu être inventif !
« Il a fallu trouver le financement pour ce chantier, cela s’est fait via un emprunt participatif et l’opération Votre Epargne Autour du Monde, qu’il a fallu mettre en place. Nous avons, en parallèle, cherché les meilleures solutions de recyclage et d’optimisation du bateau avec les architectes et l’équipe technique, etc. Bref, il a fallu être inventif sur ce projet ! »

Marie Tabarly, co-skipper de l’IMOCA Kostum by Cadiou – Lantana Paysage
Je suis vraiment impatiente d’y aller !
« C’est un moment génial et un peu bizarre : on en parle, on a travaillé dessus et on se projette depuis des mois… et là on y est ! C’est beau de voir toute l’équipe qui s’affaire autour du bateau. En tous cas, ça commence à devenir sacrément réel cette histoire ! Même s’il faut patienter encore quelques jours avant de pouvoir naviguer. Je suis vraiment impatiente d’y aller ! »

Guillaume de Germay, fondateur du groupement de paysagistes, Lantana Paysage :
L’aboutissement d’un projet de longue date
« C’est impressionnant ! C’est une vraie fierté d’avoir notre logo sur un tel bateau et surtout avec un équipage de cette grande qualité : humainement, techniquement, c’est précieux et porteur.
C’est aussi beaucoup d’émotions parce que c’est un rêve de jeunesse pour moi, l’aboutissement d’un projet de longue date. Et, pour l’ensemble de nos adhérents, cette étape est importante : elle représente la concrétisation de notre engagement. Dans un mois, nombre d’entre eux viendront naviguer à bord ! »
Emmanuelle Cadiou, présidente directrice général de Cadiou Industrie
Ravis et impatients !
« Nous sommes ravis d’accompagner Louis Duc et Marie Tabarly dans ce beau défi ! Ce partenariat Kostum by Cadiou est une nouvelle étape de notre entreprise dans sa volonté de se faire connaître auprès du grand public.
Cette mise à l’eau marque le début de l’aventure que nous sommes impatients de partager avec nos collaborateurs et nos clients. Bon vent à Marie et Louis ! »

Au programme pour le team Kostum – Lantana Paysage
26 août : bateau mis à l’eau et mâté
27 août : mise en place de la dérive et de la bôme
31 août : tests de jauge
1er sept. : armement du bateau
3 sept. : première navigation possible

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Solitaire. Une belle entame pour Pierre Quiroga

Pierre Quiroga deuxième de la première étape de la Solitaire du Figaro Saint-Nazaire – Lorient aura été bien inspiré et rapide au près.

” Je réalise une bonne première étape pour entamer cette Solitaire du Figaro avec une belle 2e place au classement. Aller la chercher n’a pas été une partie de plaisir, c’était très physique sans trop dormir ni manger. C’est chouette d’arriver derrière un grand copain qu’est Xavier Macaire. Je suis très content de la copie que je rends, je n’ai pas fait de grosses erreurs, ce qui me permet de partir avec un peu d’avance. Je n’avais pas d’objectif de résultat, davantage de temps et c’est acquis. J’avais annoncé au départ que nous partions sur une étape d’école où il fallait naviguer proprement. Il n’y avait rien de compliqué mais il fallait tout bien réaliser sans avoir beaucoup de choix de trajectoire. La flotte s’est vite dispersée, il fallait réussir à rentrer dans le bon paquet, voire dans le groupe de tête. J’ai eu un petit moment de fatigue hier soir à l’arrivée des DST où j’ai rencontré une transition sans vent, j’ai mis du temps à envoyer mon gennaker alors que Xavier l’avait fait depuis longtemps et j’ai pris quasiment 1h de retard à l’arrivée. On a tendance à prendre pour acquis que les Figaro creusent peu d’écart et ce qui est arrivé aujourd’hui nous prouve le contraire. Je n’ai pas gagné cette étape, c’est un peu dommage car c’est un des objectifs que l’on s’est fixé avec Hans Roger (Directeur des Activités Mer de la Macif) mais c’est une très belle 2e place qui me met en confiance pour la suite. »

Les festivités reprennent dès dimanche ! Cette fois-ci, direction la Normandie à Fécamp. Pierre s’élancera sur un parcours de 490 milles en rade de Lorient dès 14h00. En attendant, place au repos bien mérité.

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Course Au Large partenaire du Offshore Film Festival

Le magazine Course Au Large est partenaire pour la 4è fois du Offshore Film Festival. Après une année de pause contrainte en raison du contexte sanitaire, le Offshore Film Festival s’annonce comme un événement phare de cette rentrée. Pour sa 4e édition, le Festival poursuit sa volonté d’immerger le public dans les océans du monde, de faire découvrir des paysages époustouflants et des personnalités hors-normes. Evasion, rêve et sensations garanties pour ces soirées 100% océan.

Le Festival qui a rassemblé plus de 15 000 personnes lors de la dernière édition est devenu au fil du temps une référence dans le monde des sports nautiques. Itinérant, il permet de partager avec le plus grand nombre. Chaque projection vise à apporter l’océan en ville et est l’occasion d’échanges passionnants avec les différents protagonistes des documentaires présentés. Quatre films ont été sélectionnés cette année et seront diffusés dans 47 villes en France et à l’étranger. La programmation 2021 est exceptionnelle ! Voile, surf et apnée seront les disciplines représentées pour des moments de vie, de sport ou d’aventure uniques et des récits drôles, émouvants, parfois inattendus.

Bande annonce Offshore 2021 from Offshore Film Festival on Vimeo.

Intensité de plongées en apnée dans le Yucatan, émerveillement de la vie sous la surface de l’océan, enthousiasme d’une famille de surfeurs… L’Offshore Film Festival invite au voyage avec ces films fascinants. Le point d’orgue du Festival sera sans nul doute Maiden qui raconte l’incroyable projet de la première équipe 100% féminine à avoir participé à la Whitbread. Un film bouleversant et des images spectaculaires qui ne laisseront personne indifférent !

Les inscriptions pour cette 4e édition du Offshore Film Festival sont ouvertes.

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Solitaire. Xavier Macaire en symbiose avec son bateau

Photo Vincent Olivaud

Le skipper de Groupe Snef a fait la démonstration de sa vitesse en grappillant place après place en direction des côtes espagnoles après un départ en demi-teinte, passant de la 10ème place dimanche soir à la première au passage de La Corogne mardi matin. Puis il a démontré sa capacité à mener la flotte et contenir ses concurrents, ne lâchant plus la tête de course jusqu’à l’arrivée, malgré une remontée du golfe de Gascogne au près difficile et usante, entre mer formée et vent soutenu.


Avec une avance de 47 minutes sur Pierre Quiroga, deuxième, et de 1 heure 28 minutes sur Tom Laperche, troisième, et même si la route jusqu’à l’arrivée finale est encore longue, Xavier Macaire prend un ascendant psychologique sur ses adversaires au terme de cette première manche.

« Je suis très heureux ce matin ! Et j’ai le sentiment du travail bien fait. C’était une belle étape qui a tenu ses promesses. J’ai réussi à donner et à produire ce que je voulais, je suis content. Je n’ai pas pris un excellent départ mais j’ai réussi à faire une belle descente du golfe de Gascogne, j’étais en phase avec mon bateau, j’ai pu faire le break à partir de La Corogne.
J’ai un bon feeling sur les réglages depuis la Sardinha Cup et mon association avec Morgan Lagravière. Cette course a été un déclic sur certains points. Maintenant je me sens vraiment en symbiose avec le bateau, j’arrive à comprendre ce qu’il faut faire ou non. Bien sûr ce n’est pas toujours facile, je cherche, je me pose des questions mais je trouve les réponses plus rapidement. Je croise les doigts pour que cela continue comme ça parce que ça se passe vraiment bien.
Je suis vraiment content, c’est une belle manche, ma deuxième victoire d’étape en deux ans, et j’ai pris de l’avance au classement général. Mais il faut garder la tête froide, ce n’est que le début de la Solitaire du Figaro, il reste trois étapes, tout peut arriver.
»

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Solitaire du Figaro. Xavier Macaire s’impose à Lorient sur la 1ère étape

photo Alexis Courcoux

Xavier Macaire (Groupe Snef) est arrivé en tête ce jeudi matin à 8h27 à Lorient et remporte la première étape devant Pierre Quiroga.

Grand favori de l’épreuve Xavier Macaire a pris la tête de la course au passage de la bouée espagnole dans la nuit de lundi à mardi pour ne plus la quitter jusqu’à l’arrivée. Mieux, il est parvenu à augmenter son avance sur ce dernier tronçon de parcours où il a fallu tricoter toute la nuit le long de la zone interdite à la navigation (pour cause d’essais militaires par la Marine Nationale).

Pierre Quiroga (Skipper Macif 2019) a coupé la ligne d’arrivée de l’étape 1 de La Solitaire du Figaro en 2e position à 09:14:36. 

Tom Laperche (Bretagne – CMB Performance) a coupé la ligne d’arrivée de l’étape 1 de La Solitaire du Figaro en 3e position à 09:55:25. 

Classement de la 1ère étape Saint-Nazaire / Lorient (avant jury) :

1. Xavier Macaire – Groupe SNEF : 08h 27 minutes 21 secondes  
Temps de course. : 3j 14h 30min 21sec  
Distance parcourue : 721.87 nm

2. Pierre Quiroga – Skipper Macif 2019 : 09h 14 minutes 36 secondes  
Temps de course : 3j 15h 17min 36 sec à 0j 0h 47min 15 sec du premier
Distance parcourue : 722.29 nm

3. Tom Laperche – Bretagne – CMB Performance : 9h 55 minutes 25 secondes –
Temps de course : 3j 15h 58min 25sec à 0j 1h 28min 4 sec du premier
Distance parcourue : 725.63 nm

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Immersion à bord de l’IMOCA MACSF sur la Fastnet

Embarquez à bord de l’IMOCA MACSF pour 72h sur la Rolex Fastnet Race avec ce superbe film de Ronan Gladu. Vivez comme si vous y étiez le départ dans 30 nœuds de vent et le passage du mythique rocher. Une immersion avec le duo Isabelle Joschke et Fabien Delahaye en 12 minutes.

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Palermo-Montecarlo. 4e titre pour Guido Miani du Yacht Club de Monaco

Start

Organisée par le Circolo della Vela Sicilia, en collaboration avec le Yacht Club de Monaco et le Yacht Club Costa Smeralda, la 16e édition du Palermo-Montecarlo a pris le départ du Golfo di Mondello samedi à 12h00. Le parcours de 437 milles a emmené la flotte jusqu’à la porte du YCCS au large de Porto Cervo, puis continué jusqu’à l’arrivée de Montecarlo, soit en passant par le détroit de Bonifacio et en laissant la Corse à tribord, soit sur la route un peu plus longue – en remontant la côte est de la Corse puis en traversant le célèbre rocher de la Giraglia.

Palermo-Montecarlo est réputée pour être l’une des courses au large les plus difficiles tactiquement de la Méditerranée. À cet égard, elle a tenu toute ses promesses cette année, avec des conditions de vent variées, y compris des calmes plats jusqu’au Mistral fournissant des vents contraires de 30 nœuds alors qu’il traversait le détroit de Bonifacio.

C’est à 23h03 ce lundi 23 août et après 59 heures, 3 minutes et 8 secondes de navigation que Guido Miani du Yacht Club de Monaco et associé à Furio Benussi, a remporté la 16e Palermo-Montecarlo en temps réel à bord d’Arca SGR – maxi de 100 pieds e-Skandia. C’est aux côtés de son fils Daniel et de son neveu Francesco Vauban qu’il s’offre ainsi un quatrième titre sur cette classique de Méditerranée après trois précédentes victoires dont deux en temps compensé (en 2007 et 2008) et une en temps réel (en 2013).

Chez les poursuivants, le suspense est resté entier puisque Pendragon VI et Aragon ont tout donné jusque dans les derniers mètres pour décrocher la deuxième place, finalement obtenue par le Laurie Davidson 69 Pendragon VI. Organisée par le Circolo della Vela Sicilia, en collaboration avec le Yacht Club de Monaco et le Yacht Club Costa Smeralda, l’épreuve marque le calendrier depuis sa création en 2005.

Arca SGR, un bête de course
100 pieds, 28 tonnes dont 9,5 de quille, la monture est à l’image des ambitions de son équipage composé de 19 marins. Après une victoire en temps réel décrochée un peu plus tôt cet été lors de la 68e Rolex Giraglia, voici le 30 pieds Arca SGR de nouveau victorieux sur une autre grande épreuve. « Les conditions étaient difficiles mais cela s’est très bien passé. Nous avons eu du petit temps sur les trois-quarts de la remontée de la Sardaigne puis on a eu presque 30 nœuds arrivés dans les Bouches de Bonifacio avant de reprendre du petit temps par la suite. Cela nous a permis de bien tester les performances du bateau » note Guido Miani à son arrivée à Monaco. « La Rolex Giraglia était le premier objectif, la Palermo-Montecarlo était le deuxième et place maintenant au mondial qui se déroulera du 6 au 11 septembre à Porto Cervo et qui réunira pour la première fois, huit bateaux de 100 pieds, c’est historique « conclut le régatier.

De nombreux grands noms de la voile ont décidé de prendre part à ce rendez-vous de 480 milles nautiques dont Kito de Pavant et Gwen Gbick, qui, à bord du Class40 HBF – Reforest’Action, participent à leur dernière compétition officielle avant la Transat Jacques Vabre. A noter également la présence de Neil Cheston du Y.C.M (Eupraxia) qui a embarqué des membres de la section voile adulte du Y.C.M., l’occasion de leur offrir une première expérience exceptionnelle et inédite de la course au large. Les arrivées se poursuivent au Yacht Club de Monaco qui continue d’accueillir le reste de la flotte.

Record encore à battre
Le record reste détenu depuis 2015 par Esimit Europa 2 en 47 heures, 46 minutes et 48 secondes qui avait pu bénéficier de conditions météo optimales. Autre ambiance sur cette 16e édition qui a donné du fil à retordre à la flotte dès le départ donné samedi 21 août du Golfe de Mondello en Sicile. L’intégralité des équipages se retrouvera jeudi 26 août pour la remise des prix qui permettra de connaître le vainqueur de l’épreuve en temps compensé.

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Récit. La Fastnet en A31 sur Laudato Si

Strong winds from the south west and a building sea state made for a dramatic opening few hours as yachts battle out of The Solent

Régis Vian a participé en double à la Fastnet à bord de son A31 en IRC 4 où il s’est classé 10e. Il partage sa course avec nous.

Cette édition de la Rolex Fastnet Race 2021 s’annonce particulière à plusieurs égards. La quarantaine imposée en Angleterre nous prive de l’ambiance unique qui règne à Cowes avant le départ de cette course mythique. L’arrivée à Cherbourg en lieu et place de Plymouth est une grande première. Enfin, la météo annonce depuis plusieurs jours un début de course musclé, voire très musclé. Il va y avoir du spectacle quand les 350 bateaux inscrits vont devoir tirer des bords dans le Solent, pour rejoindre la pleine mer.

C’est ainsi que nous nous retrouvons le 8 août, avec mon cousin Thierry, à bord de mon fidèle A31 Laudato Si, à attendre notre coup de canon dans 30 noeuds de vent établis, au milieu de ce qui est sans doute la plus belle flotte de bateaux qu’une course peut réunir. Nous courons en catégorie IRC4 et duo.

Les trimarans Ultimes, les IMOCA, les Class 40 et les maxi IRC (catégorie IRC 0) partiront avant nous. Le spectacle garanti est au rendez-vous. Nous en profiterons à peine car le vent prévu est aussi au rendez-vous. C’est chaud!

Nous prenons un très mauvais départ, et coupons la ligne avec 1 minute de retard, suite à un banal problème d’écoutes de génois qui s’emmêlent au mauvais moment. Mais dans ces conditions, il n’y a pas de problème banal. La sortie du Solent (le bras de mer entre la côte Anglaise et l’île de Wight) tient aussi toutes ses promesses. Le courant jusqu’à 5 noeuds qui s’oppose aux 30 à 35 noeuds de vent d’Ouest lève une mer dantesque, à la limite de ce que peut supporter notre A31, léger et bas sur l’eau.

Ces conditions vont se maintenir pendant plus de 24 heures. Nous sommes secoués et trempés en permanence, par la mer ou par la pluie. Eau douce ou eau salée, nous ne faisons plus la différence. Nous tirons péniblement des bords vers l’ouest et faisons le dos rond en attendant des conditions meilleures.

La stratégie du premier jour sera conservatrice : ne pas casser le bateau, ne pas (trop) nous fatiguer. La course est longue. C’est pourquoi nous préférons partir vers le large plutôt que de tenter de profiter des courants autour de la pointe de Portland Bill, lieu peu recommandable par vent fort. Nous ne devons y perdre en théorie que 20 minutes. Nous y perdrons sans doute plus, car le groupe de tête de notre catégorie IRC4, passé par là, aura déjà beaucoup d’avance. Serions-nous passés sans rien casser? Nous ne le saurons jamais. C’est dans ce contexte que nous apprenons l’abandon de nos amis de Tagan, Alain et Marc. Coup dur!

Le soir du deuxième jour, à l’approche du Cap Lizard, le vent s’est calmé (un peu trop?). Nous pointons autour de nous quelques concurrents directs de notre catégorie : Bigfoot, Aldebaran et Oromotco devant nous, et Cavok pas très loin derrière. La nuit est fraîche, étoilée, humide et studieuse. Nous jouons quelques coups gagnants avec les courants du Cap Lizard et de Land’s End et nous retrouvons devant Bigfoot et Aldebaran au passage des îles Scilly. Nous sommes bien dans la course, dans le tiers de tiers de tête de notre catégorie. Nous avons limité les dégâts, nous n’avons rien cassé et avons pu avaler notre premier repas chaud depuis le départ. Un semblant d’humanité s’installe à bord! Néanmoins, nous arrivons aux Scilly en début de flot, et nous devons naviguer six heures durant dans un courant contraire, là où les premiers sont passés sur un tapis roulant: premier passage à niveau, la barrière se ferme juste devant nous!

La traversée de la mer d’Irlande ressemble… à une traversée de mer d’Irlande. Vent de travers sud-ouest, beau temps le matin, pluie l’après-midi, grains et vagues pendant la nuit. Nous sommes de nouveaux mouillés et secoués. Nous prenons un front et sa rotation de vent au nord ouest comme prévu, 20 miles avant d’arriver au Fastnet. 20 miles à tirer des bords alors que ce nouveau vent est encore une fois favorable à ceux de devant: deuxième passage à niveau, nous sommes encore du mauvais côté de la barrière.

Nous virons le fameux rocher en milieu de journée, sous un ciel bleu sans nuage. Les côtes irlandaises en toile de fond s’ajoutent à la magie du lieu. C’est un moment intense, à la proportion des efforts qu’il a fallu produire pour arriver là. Pas le temps de rêver. Nous avons Oromocto à rattraper, et Bigfoot, Aldebaran et Cavok qui ne sont pas loin derrière.

Nous parvenons à charger un classement. Nous sommes 18èmes. C’est une bonne surprise pour nous. Nous avons honorablement limité les dégâts des premières 24 heures. Nous sommes aussi impressionnés par la course de nos amis Ludovic et David sur Raphael (#Adeosys – course au large), 1er en IRC4, et 2ème duo. Ils font une course incroyable!

La lecture des fichiers météo du jour est implacable: une dosable anticyclonique va ralentir fortement les bateaux de tête. Troisième passage à niveau, cette fois-ci en notre faveur! L’occasion est trop belle de revenir sur les bateaux de tête, nous ne calculons plus trop nos efforts. Entre le Fastnet et les Scilly, nous sommes sous spi asymétrique. Le vent d’ouest-sud-ouest va refuser de quinze degrés. L’angle de vent est serré, et va se resserrer encore . Nous prenons une route sud qui nous permettra d’accompagner la rotation du vent et tenir le spi le plus longtemps possible. Nous nous relayons à la barre toutes les heures, jusqu’au cœur de la nuit que nous terminons finalement sous génois. Nous tenons bien notre place, mais nous sentons que Cavok pousse fort derrière.

Changement de cap après les Scilly, direction Cherbourg! Le spi léger est sorti. Nous nous décalons un peu au nord de la route alors que nos camarades de jeu choisissent la route directe. C’est dur de maintenir les écarts, leur angle de vent est meilleur. Mais nous nos rattrapons bien lorsque nous remontons vers le DST des Casquets (dispositif de séparation de trafic pour les cargos). Finalement l’opération aura été bonne. Nous y avons néanmoins laissé quelques heures de sommeil! Cavok et Bigfoot toujours derrière, et Oromocto encore dans le viseur. Nous le dépasserons au sud d’Aurigny, à la faveur d’un petit décalage vers le sud, et nous sommes au coude à coude pour traverser le fameux raz Blanchard à la pointe du Cotentin. Il est fidèle à sa réputation. Sous l’effet des forts courants de marée, la mer est une vraie marmite.

Oromocto nous a mis la pression jusqu’au bout! Nous profiterons du paysage une autre fois. Nous coupons finalement la ligne d’arrivée moins de deux minutes avant lui, et quarante minutes avant Cavok. Bigfoot est plus loin derrière.

Quelle course! Elle n’est pas mythique par hasard ! Le parcours est extraordinaire, la météo toujours exigeante, des rebondissements et des concurrents qui ne lâchent rien: cocktail parfait!

Nos classements sont au-delà de nos objectifs:

– Classement IRC4: 10eme sur 70 partants (19 abandons)

– Duo: 7eme sur 57 partants (21 abandons)

– Overall (toutes classes IRC): 30eme sur 250 partants (70 abandons)

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Solitaire du Figaro. Xavier Macaire en tête à La Corogne

Photo Vincent Olivaud

Les 34 skippers passent ce matin la marque des îles Farallones aux abords de La Corogne. Xavier Macaire (Groupe Snef) a viré en tête avec une petite avance devant Pierre Leboucher et Gildas Mahe. Une longue et éprouvante ascension de 290 milles pour rallier Lorient au près commence.

La flotte est descendue sous spi vers la Corogne dans des conditions idéales. Tom Laperche du Team Bretagne-CMB emmenait les 33 autres skippers à sa suite avec Pierre Leboucher et Fabien Delahaye. Au jeu du meilleur placement du dernier empannage, c’est Xavier Macaire qui a choisi la meilleure option en se décalant plus à l’ouest pour profiter d’un léger avantage en vitesse tout comme Gildas Mahe. On retrouve dans le Top 10 Martin Le Pape, Corentin Horeau et les deux autres skippers Bretagne-CMB ELoidie Bonafous et Gaston Morvan premier bizuth.

Pierre Leboucher (Guyot Environnement – Ruban rose), Fabien Delahaye (Groupe Gilbert), Gildas Mahé (Breizh Cola) et Corentin Horeau (Mutuelle Bleue pour l’Institut Curie) complètent dans l’ordre ce quinté de tête réuni en moins de quatre milles. Dans les conditions plus soutenues et sportives, de premiers écarts se dessinent au sein de la flotte de cette 52e Solitaire du Figaro qui avait pourtant entamé sa descente du golfe de Gascogne en mode navigation synchronisée au rythme des empannages que les uns et les autres, qui s’épiaient d’un bord à l’autre, déclenchaient presque comme un seul homme. La flotte progresse désormais tel un essaim, avec une trentaine de milles entre le chef de fil et le bizuth britannique David Paul (Just a drop), le plus en arrière.

Xavier Macaire (Groupe SNEF) en approche de la marque de Los Farallones : « Il y a de l’eau sur le pont du bateau, du bruit parce que la quille vibre. Je me prends aussi des paquets de flotte sur la mer bien formée. Le jour se lève et cest sympa de démarrer une belle journée avec le passage de cette petite bouée. Cette nuit, on a eu un empannage à faire pour descendre sur lEspagne. On a empanné presque tous en même temps. Puis le vent est rentré et des écarts se sont un peu créés assez rapidement. On a eu 25 nœuds de vent toute la nuit avec des rafales à 30 nœuds. Dans ces conditions, le bateau va vite. J’ai trouvé des bons réglages, et j’ai mis un peu de distance aux poursuivants. »

Ordre et temps de passage :

1 / Xavier Macaire (Groupe SNEF) à 8h20

2 / Pierre Leboucher (GUYOT Environnement – Ruban rose) à 8h30

3 / Gildas Mahé (Breizh Cola) à 8h37

4 / Fabien Delahaye (Groupe Gilbert) à 8h38

5 / Tom Laperche (Bretagne – CMB Performance) à 8h40

6 / Corentin Horeau (Mutuelle Bleue pour l’Institut Curie) à 8h45

7 / Martin Le Pape (Gardons la vue) à 8h45

8 / Elodie Bonafous (Bretagne – CMB Oceane) à 8h53

9 / Pierre Quiroga (Skipper Macif 2019) à 8h53

10 / Gaston Morvan (Bretagne – CMB Espoir) à 8h54

11 / Achille Nebout (Primeo Energie – Amarris) à 9h07

12 / Eric Peron (French Touch) à 9h09

13 / Benoît Mariette (Génération Sénioriales) à 9h10

14 / Erwan La Draoulec (Skipper Macif 2020) à 9h12

15 / Alexis Loison (Région Normandie) à 9h13

16 / Nils Palmieri (TeamWork) à 9h14

17 / Tom Dolan (Smurfit Kappa – kingspan) à 9h15

18 / Alexis Thomas (La Charente Maritime) à 9h16

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