JO Paris-2024 : la course au large de plus en plus menacée

Pamela Lee et Catherine Hunt sont les nouvelles détentrices du record du monde de vitesse en double autour de l’Irlande. Photo : Bryan Keane OLY

Le CIO, après avoir reporté à fin mai sa décision de valider ou non la course au large dans le programme des Jeux olympiques de Paris-2024, a cette fois demandé à World Sailing de lui présenter une solution alternative, ce qui semble mettre encore plus en danger la présence de cette épreuve qui répondait pourtant parfaitement aux nouvelles orientations du mouvement olympique.

« L’analyse préliminaire » des éléments déjà fournis au CIO par World Sailing mais aussi par les autorités maritimes françaises et le Comité d’organisation des JO de Paris (COJO) soulève un certain nombre de « défis », souligne le directeur des sports du CIO, Kit McConnel, dans une lettre en datedu 12 avril et adressée au nouveau président de World Sailing, le Chinois Quanhai Li, et que Courseaularge a pu consulter.
Le CIO s’inquiète ainsi des risques pour la sécurité de la course et des équipages, des coûts de production télévisée et de la complexité de la couverture d’une course de trois jours au large et de l’absence de Championnat de monde qualificatif.
Autant de prétextes régulièrement soulevés par les opposants à l’arrivée de cette nouvelle épreuve, pourtant validée par World Sailing. Parmi les opposants figurent le Singapourien Ser Miang, adversaire de longue date de l’ex-président de World Sailing, le Danois Kiom Andersen, battu par Quanhai Li, et lui aussi favorable à un statu quo dans le programme olympique. Très influent au sein du CIO, dont il est membre, notamment auprès du président allemand Thomas Bach, Ser Miang a porté la voix des pays asiatiques, d’Europe de l’Est et des pays émergents, qui avaient milité pour un maintien de la planche RS : X ou du Finn, rayés du programme des JO-2024, au profit notamment de la course au large.

Pourtant , sollicité notamment par la Fédération française de voile, le gouvernement français s’était mobilisé et la ministre déléguée aux Sports, Roxana Maracineanu, avait profité d’une rencontre avec le président du CIO Thomas Bach, mi-février, à Lausanne, au siège de l’institution, pour lui apporter des garanties. Apparemment insuffisantes.

Selon le courrier du CIO, World Sailing va vite devoir proposer « une ou plusieurs alternatives » à la course au large, pour permettre à la Commission exécutive du CIO de « finaliser le programme de la voile » lors d’une réunion prévue cette fois le 8 juin. A défaut, la voile qui a déjà perdu des quotas d’athlètes, risque de perdre cette 10e épreuve.

« Si World Sailing veut aller vite et éviter de perdre une médaille sur 10, il lui faut trouver une épreuve mixte simple de remplacement mais ça n’existe pas », analyse un bon connaisseur du dossier. « Il faudra probablement remanier tout le programme et le Finn, soutenu par Ser Miang, pourra faire son retour », ajoute-t-il.

Pour enfoncer le clou, le CIO précise que cette épreuve alternative doit répondre aux critères qui lui sont chers (égalité des sexes, universalité, etc…) mais surtout qu’elle « ne doit pas entraîner une hausse des coûts ou de la complexité » pour le COJO, les Comités nationaux olympiques et les Fédérations nationales, « en comparaison avec le programme de voile des JO de Tokyo 2020 », qui auront lieu cet été.
« Le CIO ne veut pas de la course au large et demande au plus vite une alternative classique », ajoute encore ce proche du dossier qui se dit désormais « très pessimiste pour la course au large ».
Interrogé par Courseaularge, Paris 2024 n’a pas officiellement réagi et ne devrait pas le faire dans l’immédiat dans la mesure où la décision appartient au CIO et à World Sailing.