JO Paris-2024 : 6 semaines pour présenter au CIO une alternative à la course au large

JO course au large

World Sailing a jusqu’au 26 mai pour présenter au CIO une alternative à la course au large alors que l’enjeu pour la fédération internationale est désormais tout simplement de sauver sa 10e épreuve dans le programme des JO de Paris-2024.

« La course au large n’a pas été officiellement refusée par la CIO même s’il apparaît clairement qu’il sera difficile d’aller de l’avant » : le Polonais Tomasz Chamera, l’un des vice-présidents de World Sailing a été on ne peut plus clair vendredi après-midi, lors d’un point presse en visioconférence, à l’issue d’une réunion du Conseil de World Sailing.

Les fortes réserves posées par le CIO sur la course au large, dans un courrier adressé le 12 avril à la fédération internationale de voile, ne sont certes pas un rejet définitif de l’épreuve qui devait se tenir à Marseille lors des JO de 2024, mais en demandant à World Sailing de lui présenter une ou des solutions alternatives, l’instance basée à Lausanne lui fait poliment comprendre qu’il vaut mieux l’oublier.

Dans cette lettre, le CIO s’inquiète ainsi des risques pour « la sécurité de la course » et des équipages, « des coûts de production télévisée et de la complexité de la couverture » d’une course de trois jours au large et de l’absence de Championnat de monde qualificatif. Autant de prétextes régulièrement soulevés par les opposants à l’arrivée de cette nouvelle épreuve, pourtant validée par World Sailing. Parmi les opposants figure le Singapourien Ser Miang, adversaire de longue date de l’ex-président de World Sailing, le Danois Kim Andersen, battu par Quanhai Li, et lui aussi favorable à un statu quo dans le programme olympique. Très influent au sein du CIO, dont il est membre, notamment auprès du président allemand Thomas Bach, Ser Miang a porté la voix des pays asiatiques, d’Europe de l’Est et des pays émergents, qui avaient milité pour un maintien de la planche RS : X ou du Finn, rayés du programme des JO-2024, au profit notamment de la course au large.

Vendredi, le directeur général de World Sailing, David Graham, s’est dit « très déçu » rappelant que la course au large avait été « adoptée démocratiquement ». « Ce n’est pas une décision officielle du CIO, il s’agit plutôt d’une direction à suivre afin d’aider World Sailing a sécuriser la 10e médaille aux JO de Paris-2024, dans le cas où la course au large ne serait pas adoptée par la Commission exécutive (du CIO) début juin », a-t-il ajouté.

La course au large “ reste notre premier choix pour Paris 2024 »., a encore ajouté M. Graham. Pour autant, il va désormais falloir à la fédération internationale proposer une ou des solutions alternatives, qui seront discutées les 10 et 11 mai puis soumises au vote le 14 mai lors d’une réunion du Conseil. Ce qui permettra de soumettre les propositions au CIO avant la date butoir du 26 mai.

Pour le DG de World Sailing, il existe « une possibilité » réelle que la voile perde cette 10e épreuve lors des JO de Paris 2024, alors que les quotas de sportifs engagés ont déjà diminué.

Parmi les alternatives figure la possibilité de dédoubler les épreuves de kitersuf ou de 470 ou de maintenir le Finn, série historique de la voile olympique qui sera encore présente aux JO de Tokyo cet été mais a été supprimé du programme des JO de Paris-2024. Cette épreuve alternative doit répondre aux critères posés par le CIO, notamment la parité hommes/femmes, l’universalité ou encore l’innovation, autant de critères auxquels la course au large répondait pourtant parfaitement.

Le CIO se prononcera définitivement le 8 juin.

En France, ceux qui ont défendu l’introduction de la course au large en 2024 veulent encore s’accrocher à un dernier espoir. Après les garanties apportées au CIO en février par la ministre déléguée aux Sports, Roxana Maracineanu, ils appellent maintenant à une intervention directe du président Emmanuel Macron auprès du président du CIO Thomas Bach. Et veulent mobiliser les grands noms de la course au large.

Interrogé jeudi par Courseaularge, Paris 2024 de son côté n’a pas officiellement réagi et ne devrait pas le faire dans l’immédiat dans la mesure où la décision appartient au CIO et à World Sailing.