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Transat B to B : Safran revient sur Gitana Eighty

safran
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Certes, ce n’est pas Bernard Moitessier autour du monde qui trace son sillon à la recherche de lui-même et de son âme… Mais c’est bien un "jour sans fin" où seul la vitesse pure du monocoque s’exprime : un alizé stable d’une vingtaine de noeuds, un cap constant proche du plein Nord, une mer qui s’est formée sous l’effet d’une brise venue des Canaries, un angle "compromis" pour intégrer le meilleur du potentiel du bateau et son bon passage dans les vagues… Les Canaries sont encore à 900 milles et sur les fichiers météo, il n’y a pas de modifications significatives des conditions de navigation à venir. Donc, la nouveauté du jour est bien ce retour de Marc Guillemot (Safran) dans les basques de Loïck Peyron (Gitana Eighty) : même latitude et petit différentiel latéral, ces deux solitaires sont réellement à touche touche alors que Safran concédait, comme ses deux poursuivants de ce jour, trente milles d’écart hier…

Quinze milles de gagner en quinze heures : le bilan est clair ! Le plan VPLP-Verdier semble bien un redoutable coursier à cette allure débridée… Car pour le reste de la flotte, la hiérarchie de mercredi ressemble à un "copier-coller" de celle de ce jeudi : Michel Desjoyeaux (Foncia) est toujours à 80 milles du premier, Mike Golding (Ecover) à 120 milles et seul Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) devance désormais Samantha Davies (Roxy) dans la "bande des quatre" qui concède ce jour plus de 200 milles de retard. Est-ce que Safran et son skipper possèdent un potentiel supérieur aux autres duos bateau-marin ? La question va prendre tout son sens en cette fin de septième jour de course…DBo.

Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat)

"Mon temps se passe en pente ces jours. Le bateau est constamment gîté à environ 30 degrés. Tout se passe bien à bord. J’essaie de m’accrocher mais la flotte s’étire par l’avant. Plus ils sont en avant, plus ils ont un angle de vent ouvert et comme en plus, à cette allure, ils doivent avoir un plus en vitesse, tant que nous serons dans ce système je souffrirai : ils partiront par l’avant et je devrais creuser sur l’arrière. Donc je m’accroche. Les nuits commencent à être longues, l’air n’est plus suffoquant. La mer est agitée, elle secoue le bateau quand il rentre dans les vagues avec de la vitesse. Et une vague sur quatre ou cinq passe par dessus le bateau, donc ambiance bien humide…"

Michel Desjoyeaux (Foncia)

"Déjà 36 heures ainsi penchées et encore deux jours et demi comme ça. L’alizé est plus stable que dans l’hémishpère Sud, je trouve. Du coup le pilote se débrouille très bien et il y a peu de réglage de voile à faire. Mais la mer est pas bien rangée et ça secoue bien. J’attends que ça s’arrondisse un peu et que ça adonne pour vider le ballast avant. Une petite pensé pour Armel, c’est con. En plus à cet endroit-là, à 400
milles sous le vent du Cap vert, et le vent n’est pas près de changer de sens, ou à 2 000 milles des Antilles, à la dérive dans l’alizé, la distance qu’il nous reste jusqu’à Port La Forêt, mais pas à la même vitesse moyenne, donc juste, côté bouffe, grave dilemne. Je saurais pas quoi faire !"

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L’ A35 invité en 2008

batistyl
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Le concept novateur d’une "classe invitée" permet sans toucher au cadre général de l’épreuve, d’accueillir plus de bateaux, plus d’équipiers, et offre à une flotte constituée et en vogue la possibilité de régater dans le cadre de l’organisation du Tour de France à la Voile.

Confirmés jusqu’en 2010, les monotypes MUMM 30 demeurent la « classe officielle » du Tour de France à la Voile, et ils seront les seuls à courir pour le classement général du Tour de France à la Voile 2008 dans les catégories « professionnel, amateur et étudiant ».

Pour ouvrir l’épreuve à un plus grand nombre de coureurs, l’idée est de permettre aux bateaux de la « classe invitée » de participer, à leur convenance, aux épreuves du Tour de France à la Voile par bassin de navigation : Manche, Atlantique ou Méditerranée.
Outre les classements quotidiens des régates ou des parcours de liaison, le classement général des bateaux de la « classe invitée » ne se fera que par bassin : Manche, Atlantique et Méditerranée.

Tester plusieurs supports avant de choisir
Le concept de la « classe invitée » représente une merveilleuse opportunité de tester la valeur d’un support en vue de l’éventuel remplacement du MUMM 30 à partir de 2010. Dans cet esprit, le choix du bateau de la « classe invitée » ne sera pas automatiquement reconduit d’année en année. Aux coureurs de plébisciter leur bateau.

C’est la raison pour laquelle, le choix du bateau de la « classe invitée » pour le Tour de France à la Voile 2008 s’est facilement porté sur l’A35 du chantier Archambault. Largement mis en avant dans toutes nos enquêtes, le succès de l’A35 est indéniable auprès des régatiers en Manche, Atlantique, Méditerranée et aussi chez nos proches voisins étrangers.

Même si l’A35 n’est pas encore une véritable série monotype, les courses de la « classe invitée » du Tour de France à la Voile se disputeront en temps réel. Elles seront ouvertes aux A35 dotés d’un certificat de jauge IRC « Endorsed » d’un rating maxi de 1.035, qui devront aussi respecter le nombre d’équipiers autorisé par la jauge.

Pour éviter toute confusion et limiter les risques d’interférences sportives entre les flottes MUMM 30 et A35, les départs seront décalés et les parcours pourront être « raccourcis ou allégés » par le comité de course pour respecter le timing des étapes.

Il va de soi que la réussite du concept de la « classe invitée » est directement liée à l’accueil des propriétaires et des coureurs sur A35.

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Transat B to B : du vent pour la flotte, le moteur pour Brit’Air

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Ce n’est certainement pas l’allure préférée des marins, surtout quand la mer devient formée et chaotique et qu’on sait qu’il y en a encore pour deux jours au moins… Plus de 25 noeuds de vent pour les retardataires à l’image du Canadien Derek Hatfield (Spirit of Canada) : "Il y a 26 noeuds de vent et la mer est dure : ça tape beaucoup… J’ai eu des problèmes d’ordinateur et de pilote automatique dès le départ, et cela m’a perturbé pendant plusieurs jours." Et en tête de la flotte, la situation n’est pas plus agréable comme l’indiquait Marc Guillemot (Safran) : "ça secoue comme un shaker ! On est plus dans l’optique préservation du matériel que performance mais ça avance tout de même entre 14 et 16 noeuds… Je suis content bien sûr d’avoir grappiller une vingtaine de milles à Loïck mais j’ai eu un petit souci cette nuit : j’ai pris une écoute de foc dans l’oeil et pendant un quart d’heure, je ne voyais plus rien…" Même tempo pour le sistership mené par Kito de Pavant (Groupe Bel) : "On va vite, trop vite même et ce n’est pas confortable. Je ne sais pas comment ralentir le bateau parce qu’il y a en ce moment plus de 25 noeuds, j’ai mis le foc de brise ORC et réduit la grand voile à deux ris… Ca siffle, ça vibre, ça cogne… Je ne sais pas quelle voile je devrais mettre lorsqu’il y aura 35 noeuds ! Parce que là, je marche à 17 noeuds… Il y en a pour deux jours encore avant que ça se calme un peu avant les Canaries, mais la fin de parcours s’annonce musclée : on est arrivé dans une semaine !"

Safran met de l’épice…

Et si Loïck Peyron (Gitana Eighty) mène toujours le "bal", son avance a sérieusement maigri depuis la sortie du Pot au Noir ! Le danger vient de Marc Guillemot qui semble aller un noeud plus vite en arrivant en plus, à gagner du "latéral" c’est à dire en serrant un peu plus le vent pour revenir sur la même trajectoire que le leader… Et Kito de Pavant aussi était pointé comme le plus rapide de la flotte en ce jeudi après-midi sur le même plan VPLP-Verdier… Yann Eliès (Generali) n’est pas en reste car son plan Finot est particulièrement à l’aise dans ces conditions rudes. Conditions qui ont eu raison de la trinquette d’Arnaud Boissières (Akena Vérandas) qui a littéralement explosé en vol : "C’était la misère ce matin ! Et heureusement, j’ai réussi à la rouler parce qu’elle battait dans le vent… Je suis maintenant sous foc ORC mais ça marche forcément un peu moins vite. Surtout que la brise est redevenue un peu variable en force. Mais l’essentiel pour moi, c’est d’arriver à Port la Forêt et de me qualifier pour le Vendée Globe. Et c’est génial comme préparation !"

Du côté du classement, pas de grands changements donc même si les écarts ont pris du coffre entre le pack leader, le peloton désormais emmené par Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) à plus de 200 milles et les retardataires à 300 voir 400 milles. Soit une grosse journée de mer… Mais justement, à ce rythme, les Canaries seront à portée de fusil dès dimanche prochain et la phase finale de la transat Ecover-BtoB va en sus accélérer le tempo : de la brise de Sud-Ouest pour rallier Port la Forêt… Le vent les portera !

Mais avant, comme le faisait observer Michel Desjoyeaux (Foncia) en vacation avec les élèves de CM2 de l’école Paul Langevin de Choisy-le-Roy : "Cela fait déjà trois jours qu’on est sur le même bord, et on en a encore au moins pour deux jours dans la même situation !" Les structures sont donc très sollicitées et les solitaires aussi qui ont beaucoup de mal à récupérer de la fatigue accumulée par une semaine de mer dans ces coques en carbone qui résonnent et vibrent à tout va…

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De grosses conditions à venir…

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Brouillard glacial et vent fort à venir
Ce matin à la vacation, Vincent Riou, sur PRB, émergeait au milieu d’un brouillard glacial, « une ambiance un peu glauque au lever du jour », précédant l’arrivée d’une brise bien fraîche. Toujours aux commandes, à 37 milles de Paprec-Virbac 2, le monocoque orange devait franchir le méridien de Greenwich (qui délimite les hémisphères ouest et est de notre planète), ce soir vers 21 heures. De son côté, Jean Luc Nélias, qui découvre pour la première fois le décor des basses latitudes, apercevait, à bord de Veolia Environnement, son premier albatros.

Hugo Boss à 30 milles de Veolia Environnement
Aujourd’hui, les cinq premiers équipages déboulent au portant sous la barre symbolique des quarantièmes rugissants. PRB, Paprec-Virbac 2, Veolia Environnement (3e à 170 milles), désormais poursuivis par un quatrième larron mangeur de milles (Hugo Boss) naviguent en file indienne pratiquement sur le même axe, en direction du Cap de Bonne Espérance

Depuis 2 jours et demi, Alex Thomson et Andrew Cape profitent en effet d’un vent plus favorable que les meneurs pour se refaire une santé. La coque noire du plan Finot filait aujourd’hui à 20 noeuds moyens et se profile maintenant dans les rétroviseurs de Veolia Environnement. A 30 milles de Roland Jourdain et Jean Luc Nélias, le tandem anglo-saxon se voit bien, à l’occasion, venir semer la zizanie dans le trio de tête.
 
Derrière, Delta Dore persiste et signe dans sa route plus nord, une trajectoire sensée lui raccourcir le chemin vers Bonne Espérance, mais où le vent a tardé à se renforcer, comme le déplorait Jérémie Beyou à la visio conférence du jour. « La nuit dernière, ça a mis du temps à arriver. Mais là, ça y est, nous sommes sous gennaker, le bateau avance tout le temps entre 17 et 20 noeuds ». Le co-skipper de Delta Dore confiait aussi passer beaucoup de temps à la table à carte et devoir réviser ses gammes faute d’expérience dans le Grand Sud où les données météo sont moins précises qu’ailleurs. Il n’est cependant pas le seul à avoir choisi ‘l’intérieur du virage’ : chez Temenos II (6e), l’option est encore plus marquée, de même que pour Estrella Damm, le bateau le plus rapide de la journée.

Estrella Damm gagne une place
Après avoir mangé son pain noir depuis le passage du Cap Vert,  le bateau rouge a retrouvé ses ailes et planait ce jeudi à 20 noeuds de moyenne. Ce faisant, Guillermo Altadill et Jonathan Mc Kee ont volé la 7e place au tandem espagnol de Mutua Madrileña. « C’est vrai que nous poussons à fond depuis deux jours » avouait Jonathan cet après-midi. « Nous essayons d’aller vite sans prendre trop de risque. Il y a beaucoup de boulot sur le pont et il faut trouver le bon équilibre entre être à fond et ne pas trop se fatiguer pour ne pas faire d’erreur. »

En queue de peloton, Educacion Sin Fronteras, qui se faufile entre l’anticyclone de Sainte Hélène et une dépression menaçante, était encore loin des récits de surfs dans 30 noeuds de vent…

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A fond sur la route

Start Idec
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Bonne Espérance en 16 jours??

De 730 milles, l’avance virtuelle du géant rouge sur le trimaran d’Ellen Macarthur en 2005 est passée en 24 heures à 845 milles nautiques. La vitesse maintenue par Francis à plus de 20 noeuds est un élément d’explication. Il convient aussi d’observer la route très occidentale suivie il y a deux ans par la jeune anglaise qui avait dû effectuer un plus grand nombre de milles dans son contournement de l’anticyclone de sainte Hélène. Une vaste zone de haute pression en bordure de laquelle Joyon a trouvé une veine de vent fort orientée plein nord et qui lui permet de descendre grand largue cap au Sud Sud Est. Reste à savoir si ce vent (trop?) fort, ne lève pas une mer dangereuse pour le trimaran… Réponse dès 11 heures de la bouche de Francis lui-même attendu en direct par téléphone sur le site…

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Transat B to B : fin du Pot au Noir pour le groupe de tête

groupe bel
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Avant de rejoindre "l’autoroute des alizés" situé en bordure Sud de l’anticyclone des Açores, il a fallu s’extraire des "embouteillages" du Pot au Noir ! Et finalement, le choix de Michel Desjoyeaux (26°30 Ouest) sur la "bretelle" Est ou de Marc Guillemot (29°20) sur le "périphérique" Ouest n’ont pas été si concluants. Car c’est par le centre (sur le 28° Ouest) que Loïck Peyron (Gitana Eighty) a pu sortir en premier de cette Zone de Convergence Inter Tropicale (ZCIT), suivi sur la même voie, par Yann Eliès (Generali) et par Kito de Pavant (Groupe Bel). La solution était-elle donc dans ce "créneau" ? Probablement mais ce qui est sûr, c’est que Michel Desjoyeaux (Foncia) s’est fourvoyé dans l’Est et son décalage latéral ne sera pas suffisant pour compenser un écart longitudinal de 70 milles !

Le mauvais point… cardinal

De l’autre côté, Marc Guillemot (Safran) a bien failli ébranler les certitudes de l’incertain Pot au Noir… Certes, il est plus à l’Ouest, mais il est aussi le plus au Nord de la flotte après le leader. Et ce positionnement est forcément positif pour les heures à venir puisque le vent lui permet de converger vers la route du premier, alors que ceux plus à l’Est doivent glisser vers sa trajectoire. En fait, il est probable que la flotte va de nouveau se caler sur une même route, retrouvant le principe du "petit train" où la hiérarchie se stabilise puisque ces nouveaux monocoques Imoca ont déjà démontré depuis le départ de la transat Ecover-BtoB, qu’ils ne se démarquaient pas franchement en vitesse pure…

Ceux qui ont le plus souffert de ce Pot au Noir sont incontestablement Michel Desjoyeaux, Mike Golding (Ecover) et Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat). Et si le "Marin de l’année" peut se mordre les doigts de son option sur le mauvais côté du plan d’eau, il n’en est pas de même pour les deux autres solitaires qui ont suivi la même route que le leader, ou presque. Comme quoi, il faut aussi du "bol dans le Pot"… Le "facteur" chance est un incoutournable distributeur de bons points et la "morale" jugera que ce ne sont pas toujours les mêmes qui gagnent au "Loto équatorial" ! Rappelons que Loïck Peyron avait butté à l’Est sur la transat Jacques Vabre et que Michel Desjoyeaux était passé comme une "lettre à la poste" vers l’Ouest. Retour de manivelle ou effet Kiss Cool ? Ira-t-on jusqu’à affirmer qu’il y a toujours quelque chose de nouveau à l’Ouest ?

Pelotonner dans le peloton

En tous cas, le peloton en a profité pour se regrouper car Samantha Davies (Roxy) est de nouveau sous pression ! Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve), Arnaud Boissières (Akena Vérandas), Yannick Bestaven (Cervin EnR) sont revenus à portée de lance-pierre… Et seuls les trois anglo-saxons, Dee Caffari (Aviva), Derek Hatfield (Spirit of Canada) et Rich Wilson (Great American III) ont abordé différemment le Pot au Noir sans pour autant en tirer quelque bénéfice que se soit… Ils y sont encore et leur retard ne devrait qu’augmenter au fil des heures !

Alors que le sixième jour de course s’achèvera lors de la vacation radio du Salon Nautique de Paris (15h-16h), il se dégage que le skipper du Gitana Team a déjà pris une bonne option pour un leadership durable et que le rythme de la course va de nouveau s’accélérer : une arrivée à Port la Forêt est désormais envisageable dès le 13 décembre…

Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat)

"Moins de chance au retour qu’à l’aller avec le Pot au Noir… Pendant la transat Jacques Vabre, il était quasi inexistant, par contre cette fois c’est copieux. J’ai commencé à être ralenti vers 2° de latitude Nord, maintenant j’en suis au 7° Nord et je n’en suis toujours
pas sorti. Avec au milieu des zones de blocage total. Il faudrait l’écrire différemment, il faudrait l’écrire "poteau noir", sur lequel on s’amarre. J’espérais, cette nuit, pendant mes longues heures durant lesquelles le speedo ne montait jamais au-dessus de trois noeuds, que ce soit le cas pour les autres concurrents. Pas que je leur veuille du
mal, mais on avait réussi à plus ou moins jouer groupé. Mais maintenant, la suite va être un peu longue. Le moral en a pris un petit coup, surtout que les deux derniers jours ont été faits de changements de voiles et de manoeuvres incessantes et pas une minutes de repos. J’avais espéré que ça porte un peu ses fruits. Là, le vent est rentré un peu, il n’est pas encore très stable et le sourire va revenir inévitablement quand cette grisaille et ces nuages grincheux auront laissé la place au soleil. Voilà, autrement il n’y a pas de nouveaux soucis à bord, tout se passe bien et maintenant pour pas en créer de nouveau moi-même je vais aller faire une sieste, histoire de recharger aussi mes batteries…"

Kito de Pavant (Groupe Bel)

"Bon, mon Standard C décidement est récalcitrant, pas de pointage, pas de classement, je suis seul au monde… En fait, j’ai passé toute la nuit bord à bord avec Generali que j’ai passé dans la nuit à moins d’une longueur, ensuite le vent est monté : je suis pass sous un ris et trinquette et puis il m’a repris les deux miles d’avance que j’avais réussi à lui coller quand le vent a remolli car moi aussi j’avais molli à renvoyer de la toile et surtout à sortir de ma banette…"

Mike Golding (Ecover)

"C’est assez déstabilisant. Pas tant à cause du vent faible même s’il y en a eu la nuit dernière qui m’a fait pas mal reculer, en plus maintenant on a un bon vent, mais surtout parce qu’il tourne sans arrêt. On navigue au portant et non au près, contrairement à ce que prévoient les derniers fichiers, il y a donc un problème de confiance. S’ils ne sont pas fiables au niveau de la direction du vent, la route qu’ils indiquent n’est forcément pas la bonne et on retombe dans l’arbitraire…
La nuit dernière, alors que je naviguais en tribord, j’ai reçu un fichier météo qui indiquait une vaste zone sans vent à ma gauche. J’ai continué vers l’Est alors que ça ne semblait pas favorable car un empannage ne m’aurait mené nulle part. C’est là que le fichier suivant est arrivé en suggérant d’empanner. Alors que faire? A ce moment là j’ai croisé Brit Air et Generali (je crois) et ils avaient en effet empanné. Je suis alors allé mettre à jour mes données pour comprendre. La mise à jour n’est pas forcément beaucoup plus précise car c’est en fait plus une question de moment où elle est disponible sur le serveur. En tout cas, ça montrait que la gauche était finalement favorable. J’ai donc changé mes plans. Depuis j’ai surtout fait du Nord et sous la pluie depuis neuf heures. Ca vient de s’arrêter et ça s’éclaircit un peu. Je pense que Brit Air et Generali ont navigué longtemps sous gennaker. J’avais le mien pendant un temps, puis ça devenait un peu périlleux. Mais je naviguais au près très confortablement avec la dérive complètement baissée jusqu’à il y a environ trois heures, ça marchait très bien. En ce moment j’ai 14 à 15 noeuds et je suis au dessus de 10 noeuds. Je suis moins stressé par la route ou par ce que le vent fait, j’essaye juste de sortir d’ici au plus vite. Je pense qu’il en reste la moitié à faire…
Le problème avec les routes extrèmes, comme Safran et Foncia, c’est qu’on ne peut pas changer d’avis une fois qu’on y est. La position de Michel est compréhensible dans la mesure où il se rapproche bien de la marque mais d’ici, avec les modèles que je reçois, je ne saurais pas dire qui a raison. L’environnement est très humide et je n’ai pas eu de répit depuis un bon moment. Je suis sûr que c’est pareil pour tout le monde, mais mes mains ressemblent à celles d’un cadavre, elles sont en morceaux. J’essaye de porter des gants mais je ne suis pas certain que ça soit une bonne solution car ça les garde humides tout le temps. A part ça, le bateau est en parfait état. »

Samantha Davies (Roxy)

"Je suis dans la PETOLE – Aaaaarrrrrggghhh! Jusqu’à là, je suis super fière de mon passage dans le Pot au nNoir. J’ai négocié un gros orage pas mal, sans casser le materiel (il avait 35 noeuds vent dedans) et sans avoir peur; sauf quand les éclairs (lightning) touchent la mer juste à côté du bateau !!! Aie ! J’ai même pris les seaux d’eau douce du ris de grand voile après l’orage pour prendre une douche après avoir largué le ris ! Trop la classe (sauf que l’eau de pluie était GELEE car elle vient de très haut !!!!). Alors je suis toute propre ; et Roxy aussi car il avait à donf de pluie !!!
Maintenant, c’est le jeu de patience. Il faut attendre que le vent vienne vers moi, car je ne peut pas aller le chercher. Les voiles claquent et le mât tremble sur chaque passage de la houle. Roxy n’est pas content quand on est arrêté et moi non plus parce que j’imagine mes concurrents qui sont en train de s’échapper sans moi !
Someone please send me some wind !!!!"

Arnaud Boissières (Akena Vérandas)

"Drôle de journée : ça a commencé classique au lever du jour, avec des grains en veux tu en voilà, de la pluie, des éclairs, 30 noeuds, un ris trinquette, puis une heure et demie plus tard, 12 noeuds puis 8 noeuds… Ok pas de problhme grand voile et solent, ballasts un peu moins pas de problème… et inversement. Bref la routine ! A midi (TU), j’étais tout mouillé, je ne sais plus si c’est par la pluie ou par la transpiration, mais j’étais content, j’avais le sentiment de bien bosser pour faire avancer ma belle "véranda" ; puis l’après-midi arrive de la mannière inverse… Grand ciel bleu, quelques beaux nuages… mais peu de vent… on est jamais content… Au pointage, "Jean-Baptiste Le Gentil" avait pris de l’avance, "Roxy Balboa" avait reçu un peu comme moi, et "l’Affreux" de derriere a vu l’embrouille et suit Maisonneuve ! Bref, tout va bien la routine. Cette nuit… une belle nuit romantique en solitaire, je ne crois pas vraiment… On est bien en mer… mieux qu’à Paris, c’est sûr !"

Dee Caffari (Aviva)

"Et bien, je suis bien arrivée dans le Pot au Noir tant redouté. Ce sont les doldrums en anglais et ils sont toujours plein de surprises.  La couverture nuageuse est plus basse et entre la base générale de bas nuages blancs, il y en a des énormes noirs. Ces derniers apportent en général beaucoup de pluie et certains avec des grosses rafales de vent et d’autres dégagent le ciel. En règle générale, il y a toujours un coup de vent quand tu rentres sous un nuage noir et ensuite quand tu en repars. Aujourd’hui, contente, je me suis assise, pour regarder un nuage inquiétant qui s’apprêtait me recouvrir et je me demandais quelle quantité de pluie et de vent il allait apporter. Je m’étais presque convaincue en regardant la surface de l’eau qu’il n’y aurait pas beaucoup de vent dessous. J’ai vu le mur de pluie et j’ai repris mes esprits. Changer le plan de voilure et se préparer pour les bourrasques du nuage est plus sûr et facile à faire à l’avance que quand 30 nœuds de vent te tombent dessus. Même si le changement de voile se révèle inutile, rechanger après est plus facile qu’essayer de lutter avec des voiles et un bateau dans des conditions difficiles. Je me suis donc levée pour changer ma voile d’avant. Ensuite, j’ai préparé la grand-voile pour un ris. J’ai attendu. Le premier coup de vent qui m’a atteint faisait 22 nœuds. Jusque là, tout allait bien, nous allions plus vite ! Ensuite, la pluie s’est transformée en grêle et juste au moment où j’ai levé la tête, un énorme éclair a fendu le ciel. J’étais surprise mais quand l’énorme claquement du tonnerre a retenti venant directement d’au-dessus de ma tête, je n’ai fait qu’un bond. Je déteste l’orage et les éclairs.  L’effort à faire pour un ris dans la grand-voile en a valu la peine quand le vent est monté à 30 nœuds et que tout ce que tu peux faire c’est attendre et régler les voiles quand le vent change. Alors, j’ai attrapé le savon et j’ai pris une douche et me suis lavée les cheveux. La visibilité était complètement partie et la pluie est tombée pendant une heure. Mais le vent est retombé à 13 nœuds jusqu’à ce que le nuage finisse de passer et puis il a disparu. Depuis, je flotte en essayant de faire cap au Nord qui semble être le passage le plus rapide, mais le vent en a décidé autrement ! "

 

 

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Transat B to B : Brit Air a démâté

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Alors qu’il naviguait en 5e position de la Transat Ecover B to B, le Brit Air d’Armel Le Cléac’h a perdu son mât-aile! A 12h30 aujourd’hui mercredi, Armel Le Cléac’h a contacté son équipe technique et son sponsor pour les avertir du démâtage. L’avarie s’est produite peu avant midi alors que Brit Air naviguait sous 1 ris et trinquette par environ 9° de latitude nord. Le skipper breton n’a pas été blessé dans l’accident et son équipe annonce des informations plus complètes dans les heures à venir.

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Armel Le Cléac´h raconte le démâtage de son Brit´Air

brit air
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Armel, que s’est-il passé ?

« Il était à peu près 12h (heure française), j’étais à l’intérieur et j’ai entendu un « crac », je suis sorti et malheureusement c’était le mât qui avait cassé… C’est une grande déception, il y avait un peu de mer et du vent mais ce n’était pas la tempête ! (…)  Tout est tombé sur le côté, donc j’ai été au plus simple et au plus court. Le gréement frottait contre la coque, j’ai tout largué. Trois quarts d’heure après le démâtage, le mât a coulé. »

Vers où te diriges-tu?

« Actuellement, je fais route vers les îles du Cap Vert, ça me fait 400 milles. Je suis au moteur, mais l’équipe de Brit’Air cherche une solution pour ramener le bateau parce que niveau fioul, ça risque d’être court. Faudra faire le plein ou remorquer le bateau. »

As-tu une idée des causes du démâtage ?

« Non, il y avait 20 nœuds, un peu de clapot mais rien de bien méchant. Le bateau marchait bien. En plus, j’avais réduit la toile dans la matinée en prévision du vent… C’est un coup dur ! »

Et pour ta qualification pour le Vendée Globe ?

« Bah pour l’instant, on va ramener le bateau. Avec l’équipe, on va tout faire pour repartir vite. C’est vraiment dur mais il faut faire avec. Il faut repartir… »

Quelques minutes plus tard le PC course annonce le démâtage de Brit Air à Marc Guillemot, à bord de Safran. La réaction est spontanée : « Ah merde ! C’est dommage… Dommage. Je suis déçu pour Armel, c’était un gros concurrent ! »

Propos recueillis par Alexandra Gardin/Course Au Large

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Transat B to B : la flotte dans les alizés

safran
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Un échappé, un regroupement

En tête, Loïck Peyron (Gitana Eighty) est serein, même si la vie à bord n’est pas encore tout de rose vêtue ! "Ca fait plaisir d’être devant ! Ce n’est pas trop confort et il y en a pour trois jours au moins… Mais on a fait du bon travail avec Gitana Eighty : ce n’était pas un Pot au Noir facile, je n’ai pas dormi… En fait, j’ai fait du plein Nord par défaut, ne sachant pas trop où il y avait un passage meilleur. Il fait encore très chaud et je passe mon temps à changer de vêtements : l’hygiène à bord est très importante…" A seulement quarante milles de son tableau arrière, trois poursuivants sont tout de même pressants, à l’image de Marc Guillemot (Safran) qui n’a pas l’intention de laisser faire le leader : "C’est pour lui que ça pose problème ! Il est à portée de fusil et je suis décalé dans l’Ouest de 60 milles… Il a intérêt à se tenir à carreau, le Peyron ! D’ici les Canaries, c’est jouable : j’ai la forme et Safran va faire parler la poudre à cette allure…"

En effet, les alizés déjà installés à plus de 20 noeuds vont encore monter d’un cran ces prochaines heures en s’orientant plus au secteur Est : les monocoques vont donc pouvoir débrider les écoutes et accélérer encore à plus de quatorze noeuds. Les deux prochains jours au moins devraient voir les moyennes journalières dépasser allégrement les 300 milles et les Canaries ne sont qu’à un peu plus de 1 000 milles des étraves… Une approche dès samedi soir est donc tout à fait envisageable ! Et Michel desjoyeaux (Foncia) n’est pas en reste : "Il reste encore 2 500 milles à couvrir ! D’accord, je me suis raté sur le Pot au Noir, mais je n’ai que 80 milles de retard et je suis positionné plus à l’Est. En sus, la route s’annonce compliquée après les Canaries et on risque fort d’arriver avec des vents très forts en Bretagne… En ce moment, c’est soleil, vent régulier, on va vite et on vit penché ! Je navigue déjà vent de travers et Foncia passe bien dans la mer." Et pour Kito de Pavant aussi (Groupe Bel), la vie est belle ! "Tout va bien ! Le vent s’est stabilisé à 20-25 noeuds et on remonte vers le Nord à 14-15 noeuds… Il n’y a pas grand chose à faire à bord et je reste à l’intérieur, sous pilote."

La bande des quatre

Après ce groupe de tête où se situe aussi Yann Eliès (Generali) en fort belle situation de dauphin, Mike Golding (Ecover) et Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) sont les grands perdants de ce Pot au Noir ! Cent milles de perdus en quelques heures : la sanction est très sévère… Est-ce les problèmes techniques qu’ont connu ces deux solitaires (ballasts) qui ont plombé leur capacité à tenir le rythme alors qu’ils suivaient la même route que le leader ? En tous cas, ils vont devoir cravacher, surtout qu’un danger revient par derrière ! Samantha Davies (Roxy), Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve), Arnaud Boissières (Akena Vérandas) et Yannick Bestaven (Cervin EnR) ne sont plus très loin et surtout sont très groupés, voir même naviguent à vue. Or, être au contact met encore plus la pression et il faut imaginer que cette "bande des quatre" va s’entraîner mutuellement à mettre du charbon pour cette longue remontée vers les Canaries.

Quant à Dee Caffari (Aviva), Rich Wilson (Great Americain III) et Derek Hatfield (Spirit of Canada), ils sont en train de se sortir de la Zone de Convergence Inter Tropicale et vont ainsi pouvoir accélérer comme le reste de la flotte. Au programme pour ces deux à trois jours à venir : un long bord dans des alizés d’Est, soit travers au vent pour traverser la bordure Sud de l’anticyclone des Açores qui se repositionne vers Madère avant le week-end. C’est à ce niveau que la météo est plus incertaine et qu’il pourait y avoir un tassement de la flotte avant un rush final qui s’annonce musclé au passage d’une dépression en début de semaine prochaine…

 

 

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A pas de géant vers le grand Sud

Start Idec
DR

Ce sont 48 heures particulièrement exigeantes qu’a traversé avec son flegme coutumier Francis Joyon. Rejoindre ce petit creux dépressionnaire en bordure de l’anticyclone de Sainte Hélène n’a pas été une partie de plaisir et Joyon a dû s’employer ferme pour d’abord s’extirper des faibles vents d’Est, puis accrocher dès hier soir un fort flux de Nord Est . " J’ai eu nuit agitée," reconnaît le skipper d’IDEC, " Le bateau est reparti très vite, dans un vent instable, qui m’a obligé à choquer les voiles et à abattre souvent sous les nuages qui apportaient du vent plus fort…" Sans transition, IDEC est en effet passé d’une dizaine de noeuds de vitesse à plus de 23 noeuds, reprenant en une douzaine d’heures la centaine de milles "perdus" sur son avance théorique du début de semaine. Un bon coup de cravache donc, qui laisse Francis quelque peu pantelant ce matin, fatigué mais heureux ; " Le vent est ce matin plus régulier… du coup une journée à 500 milles, c’est sympa!… je reste dans du vent d’une vingtaine de noeuds bien régulier qui n’a pas encore "rebroussé" la mer ; donc le bateau passe bien, c’est très agréable…"

A l’évidence, Joyon et IDEC viennent de franchir avec un maximum de réussite un secteur traditionnellement difficile de l’Atlantique Sud, entre les dépressions qui circulent à l’ouest le long des côtes d’Amérique latine, et l’immense "sangsue" des hautes pressions de Sainte Hélène.  "Je vais devoir contourner l’anticyclone de Ste Hélène" confirme Francis, " mais je dois garder cette dépression pendant au moins deux jours et je vais pouvoir descendre et me glisser sous l’anticyclone. A plus long terme, une dépression australe un peu méchante devrait me rejoindre à la longitude du cap de Bonne Espérance."

Francis laisse derrière lui les grosses chaleurs équatoriales, et les lignes de cargos doublées cette nuit, dernières poussières de civilisation. "J’ai remis les « polaires ». Ici,  c’est un peu comme l’été en Bretagne, les nuits fraîchissent. Les beaux jours sont déjà derrière moi. Le soleil est dans mon nord, les dépressions tournent à l’envers… C’est l’hémisphère Sud… il faut s’adapter. Je devais être sur une ligne transatlantique car j’avais beaucoup de cargos autour de moi, avec mes alarmes qui sonnaient tout le temps quand je les doublais…"

Heureux de son sort, Francis Joyon est déjà tout entier entré dans ce nouveau chapitre de sa grande aventure. Le Sud est là, le Sud l’attend. Francis, les images de 2003 plein la tête, sait ce qui se profile ; " On ne fait jamais le malin quand on va dans ces coins-là. Les mers du sud ne ressemblent à aucune autre. C’est toujours une aventure…"

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