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Transat B to B : avaries en série

safran
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Un leader qui s’échappe alors qu’il est handicapé par l’absence de girouette, un concurrent qui perd systématiquement des places dans le groupe des chasseurs, des moyennes journalières qui ne correspondent pas aux conditions météorologiques sur le plan d’eau… Les interrogations fusaient ce samedi pour expliquer des écarts inexplicables sans problèmes techniques à bord. Le premier à lever le voile lors de la vacation radio du Salon nautique de Paris, fut Marc Guillemot (Safran) : "Ce matin, alors que je renvoyais de la toile, j’ai entendu un grand "crac" : l’extrémité de la tige de vérin qui permet de basculer la quille s’était cassée. J’ai mis une heure à mettre une clavette de blocage avec la tête de quille qui se balladait. J’ai même empanné involontairement pendant cette manoeuvre et j’ai valdingué. J’ai été sonné et j’ai pas mal de contusions. Mais il y a une grosse molle qui va arriver, et tout de même que je ne suis plus vraiment en course. L’objectif est de finir pour être qualifié pour le Vendée Globe…"

A suivre, Yann Eliès (Generali) qui menait la flotte hier, concédait plus de trente milles ce samedi après-midi. L’explication du Briochin n’était pas complète : "Je me repose après trois jours difficiles contre le vent. J’ai fait le ménage à bord, il y a 15-17 noeuds de vent, la mer se calme… Je me suis recalé sur la route de Loïck mais j’ai des problèmes de voiles ! Je n’en dirais pas plus avant lundi… En tous cas, cette remontée de l’Atlantique était presque idéale avec ces alizés : on devrait arriver dès vendredi…" Pour le premier de la flotte, le paysage est légèrement différent, Loïck Peyron (Gitana Eighty) constatant qu’il s’enfonçait progressivement dans l’anticyclone des Açores : "Je n’ai plus d’indications de la direction et de la force du vent puisque je n’ai plus de girouette… Ca m’a ennervé et j’ai attrapé un gros grain qui m’a permis de m’échapper ! Il faut maintenant négocier une bulle anticyclonique qui se trouve pile sur la route mais elle devrait nous laisser passer… Du moins les premiers : il ne faut donc pas traîner en route ! Il y a 48 heures difficiles car ça mollit partout en même temps… Mais j’ai la forme, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de travaux à faire cet hiver…"

Dernières heures et premiers heurs…

Derrière aussi la course n’est pas de tout repos pour le peloton car les bateaux ont bien été sollicités depuis le Pot au Noir dans des alizés puissants. Dee Caffari (Aviva) : "Je suis assez fatiguée mais les conditions vont s’améliorer au fil des heures prochaines. Il y a encore pas mal de mer et c’est très humide et dur sur le pont. Très inconfortable aussi à l’intérieur ! En plus, j’ai un trou dans ma grand voile." Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) a aussi pu être joint pour expliquer son rétrogradage de ces dernières heures : "Je ne peux plus envoyer de grandes voiles d’avant puisque mon étai (câble qui retient le mât sur l’avant) s’est arraché il y a trois jours… J’ai en plus des problèmes d’électricité ! Et j’ai même failli démâter. J’ai sécurisé le mât mais j’ai pensé faire route sur le Cap Vert ou les Açores. Maintenant, ça va à peu près et j’ai envoyé le foc de brise ORC. Je rentre donc en convoyage mais je suis très déçu parce que je comptais faire un résultat sur cette transat retour."

Armel Le Cléac’h (Brit Air) est quant à lui toujours sous gréement de fortune et n’avance qu’à trois noeuds en attendant un voilier de charter qui va pouvoir le ravitailler en carburant et en eau douce. Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) est l’un des seuls "éclopés" qui gagne du terrain ces dernières heures : "Ca mollit un peu mais c’est toujours la même allure débridée : ça tape moins, c’est plus paisible et je pense que Mike Golding doit avoir plus d’ennuis que moi pour que je le dépasse comme ça ! J’ai aussi de petits soucis mais ça se gère. Là j’ai cassé la fixation de mon rail d’écoute de grand voile, mais j’ai bricolé. Ca ne m’a pas trop ralenti…" Bref, le seul solitaire qui voit la vie (presque) en rose, est bien la jeune Britannique Samantha Daveis (Roxy) : "Il y a encore vingt noeuds de vent et ça me motive de voir que Yannick Bestaven m’a passé. Il va vite mais je vais mettre du charbon… enfin, du chocolat parce que j’ai trouvé une réserve !"

Alors que les leaders ont presque atteint les deux triers du parcours et qu’ils naviguent au large des Canaries, force est de constater que les avaries plus ou moins mineures handicapent les solitaires et presque aucun d’entre eux n’échappe à cette "maladie alizéenne" : trois jours contre le vent et une mer hachée fatiguent énormément les structures, les voiles, les appendices, les gréements… et les hommes. Tous le sachant, les régatiers vont passer progressivement en "mode préservation du matériel" mais l’enjeu de la compétition restera prédominante et ce mollissement anticyclonique devrait permettre à chacun d’entre eux de faire une pause : physique d’abord pour recharger les "batteries corporelles", technique aussi pour tenter de résoudre (en partie au moins) les problèmes du bord. Après la tempête qui va balayer les côtes bretonnes dimanche, les solitaires devraient avoir de la brise portante pour terminer cette transat Ecover-BtoB qui aura apporté bien des enseignements aux navigateurs et à leurs équipes techniques…

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PRB arrête, la course continue

virbac
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La nouvelle est tombée ce matin : le duo Riou/Josse abandonne. Leur tête de mât a cédé. Une sale « surprise » comme le disait Jean-Pierre Dick.  « Si un mât casse, c’est qu’il n’était pas assez solide », souligne Jean-Luc Nélias, mais tous sont sincèrement déçus pour leurs camarades de course : « Je suis désolé pour eux, pour leur équipe, pour la course. C’est un concurrent sérieux qui s’en va… Rendez-vous à la prochaine épreuve ! », poursuivait Jean-Luc.
« C’est triste. Depuis le début, on a fait un beau duel. Je sais ce que c’est… cest très dur : il faut se reconstruire, se faire une raison, rentrer à la maison. Je leur souhaite beaucoup de courage », confirmait  Jean-Pierre Dick.
PRB fait route sur Cap Town depuis la mi-journée.

Malgré tout, la course continue
Le rythme est toujours très soutenu avec des vitesses moyennes autour de 17 nœuds. Veolia Environnement caracole même autour de 20 nœuds de moyenne depuis cette nuit. Le duo finistérien, en seconde position, n’est plus qu’à 78 milles de Paprec-Virbac  2 : « On était sous spi. On a barré tout le temps avec Bilou. Là, le vent est rentré plus fort : nous avons dû affaler le spi… On va pouvoir laisser le pilote barrer », expliqait Jean-Luc Nélias à la vacation, tandis que Jean-Pierre Dick sur Paprec -Virbac 2 déplorait lui un passage « mou » : « le vent est tombé. Nous sommes dans une zone de transition. On espérait pouvoir souffler un peu, car nous avons beaucoup barré ces dernières heures, mais avec les deux autres (Veolia Environnement et Hugo Boss) qui arrivent derrière, le stress est toujours là, la course continue… »

Vents forts, grosses vagues et icebergs au programme
Le vent devrait effectivement s’essoufler un peu. Mais pas pour longtemps. D’ici une douzaine d’heures ça va accélérer à nouveau. Un flux de 40 nœuds (75 km/h) avec des rafales à 60 nœuds (110 km/h) et des creux de 7 à 8 mètres sont attendus. Cette nouvelle dépression va accompagner les courreurs sur leur route Sud Est, vers les Kergelen.
Les coureurs de la Barcelona World Race ont donc bel et bien embarqué dans le train de dépressions des mers du grand Sud. Et pour compléter ce décor, les icebergs sont également à prévoir, comme le signalait Sidney Gavignet ce matin : « le vent est monté à 27 noeuds et la température de l’eau est descendue à 9°C. Cela me rappelle ces deux énormes icebergs rencontrés le deuxième jour après notre départ de Cap Town il y a quelques années. Nous sommes exactement dans cette zone aujourd’hui… Il faut ouvrir l’oeil! »

Soucis de safran pour Estrella Dam
Guillermo Altadill et Jonathon McKee ont eu des problèmes techniques avec leur safran babord la nuit dernière. Le duo a bataillé pendant 7 à 8 heures pour réparer : « tout va bien désormais à bord, nous sommes prêts pour la dépression qui arrive », précisait Guillermo cet après-midi.

Froid et humidité. Veille contante et assidue. Tension nerveuse et physique. C’est le lot des marins qui ont choisi de s’attaquer à ces latitudes hostiles, en course de surcroît. C’est aujourd’hui le contexte dans lequel évoluent les duos de la Barcelona World Race, et cela ne fait que commencer…

Classement du 8 décembre à 14h00 GMT

1 PAPREC-VIRBAC 2 à 17724,8 milles de l’arrivée
2 VEOLIA ENVIRONNEMENT à 76,6 milles du premier
3 PRB à 84,2 milles du premier
4 HUGO BOSS à 100,3 milles du premier
5 DELTA DORE à 266,2 milles du premier
6 TEMENOS 2 à 593,5 milles du premier
7 ESTRELLA DAMM à 845,5 milles du premier
8 MUTUA MADRILENA à 910,8 milles du premier
9 EDUCACION SIN FRONTERAS à 1594,6 milles du premier

 

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Nouveau record à Bonne Espérance pour Francis Joyon

Start Idec
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Ce chrono exceptionnel fait de lui le skipper le plus rapide de tous les temps en solitaire, mais aussi améliore les records établis en 2002 et 2003 par les multicoques géant Orange I et Géronimo pourtant maniés en équipage! Seul Orange 2, le maxi catamaran de Bruno Peyron détenteur du trophée Jules Verne aura fait mieux en 2005 avec un temps de 14 jours, 05 heures, 21 minutes.

Après le déjà spectaculaire record sur la distance Brest-Equateur, 6 jours 16 heures et 58 minutes, c’est un second temps référence qui tombe dans l’escarcelle du skipper Morbihanais. Heureux mais loin de tout triomphalisme, "c’est toujours bon à prendre", Francis, conscient de la relativité de ces records (cf le démâtage du monocoque de Vincent Riou survenu à quelques encablures d’IDEC), est plus que jamais appliqué à maintenir le bon compromis entre vitesse et vigilance. Témoin ce petit contre-bord effectué à la mi-journée pour recaler IDEC au coeur du flux d’Ouest Nord Ouest et conserver un fort régime de vent (25 noeuds). Par près de 45 degrés de latitude Sud, Joyon observe à présent le déplacement dans son Sud Ouest d’une dépression très creuse avec des vents de 40 noeuds et plus…

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La flèche rouge

idec
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Ainsi qu’il l’espérait, Francis est en passe de rallier sans coup férir les grands régimes d’Ouest qui tournent autour de l’Antarctique. Au terme d’une première partie de course époustouflante, Joyon devrait d’ici deux jours en terminer avec l’Océan Atlantique et entamer le grand périple au "Pays de l’ombre", ces mers du Sud lointaines et méconnues, redoutables et redoutées, qui donnent aux aventures humaines autour du Monde un caractère épique sans égal. Pour la petite histoire et pour ceux que les chiffres n’inspirent pas, notons qu’IDEC a rattrappé 4 des 8 monocoques 60 pieds IMOCA partis 12 jours plus tôt de Barcelone pour un tour du monde similaire en double. Il talonne désormais son ami Roland "Bilou" Jourdain (Véolia) qui navigue par 43 degrés Sud avec Jean-Luc Nélias… Ses 1 300 milles d’avance sur le point référence d’Ellen MacArthur en 2005 en paraissent presque anecdotiques.

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Transat B to B : haute pression dans l’anticyclone

generali
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Ca déboule toujours en tête de la flotte et la hiararchie se resserre au point que Loïck Peyron (Gitana Eighty) est de plus en plus sous pression avec seulement 2,5 milles d’avance sur Marc Guillemot (Safran) qui suit exactement sa trace (et peut-être même le voit), et 3 milles sur Yann Eliès (Generali) qui a quant à lui, choisi de se décaler un peu plus à l’Est. Et cette hémorragie de milles qu’a connu le leader depuis sa sortie du Pot au Noir il y a deux jours, concerne aussi les autres prototypes de l’année puisque Kito de Pavant (Groupe Bel) n’est plus qu’à 20 milles et que Michel Desjoyeaux (Foncia) à 58 milles…

Y a-t-il un souci technique sur le monocoque leader ? Un petit alors parce que le différentiel vitesse n’est pas très important (moins d’un noeud) et que les solitaires allongent encore bien la foulée entre 13 et 15 noeuds de moyenne. Les bateaux frisent les 300 milles par jour, ce qui est tout de même pas mal pour une allure assez proche du vent, dans une brise de 20 à 30 noeuds hier, qui tend à mollir au fil des heures et de leur remontée vers le Nord.

Mi temps !

Car les prévisions météorologiques sont encore assez stables avec l’anticyclone des Açores qui ne bouge pas trop ces deux prochains jours en s’affaissant un peu sur lui même, entraînant donc un léger affaiblissement du flux d’alizés de secteur Est. Faisant route plein Nord ou presque, la flotte devrait alors pouvoir grappiller du latéral, gagner un peu dans l’Est pour se rapprocher de la route directe afin de passer entre Madère et les Açores. Ce gain vers les côtes africaines est important à moyen terme pour anticiper la rotation du vent au secteur Sud à la latitude de Gibraltar, prémice de l’arrivée d’une perturbation atlantique pour finir le parcours. Un parcours de 4 200 milles dont les solitaires ont déjà avalé une bonne moitié, et au vu des fichiers météo et du rythme que se sont imposés les navigateurs ces derniers temps, une arrivée dès le 13 décembre est même envisageable !

Quant au peloton, Yannick Bestaven (Cervin EnR) a pris les rênes de vendredi matin aux dépends de Samantha Davies (Roxy) et surtout de Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) qui a perdu 70 milles en 24 heures ! Pour Arnaud Boissières (Akena Vérandas), la perte de sa trinquette jeudi matin est sévèrement sanctionnée puisqu’il glisse en queue de ce groupe de chasseurs… Enfin, les trois anglo-saxons qui ferment la marche cumulent déjà plus d’une journée et demie de retard sur le leader.

Yann Eliès (Generali)

« L’alizé est sportif avec 25 à 30 nœuds de vent ! Nous naviguons au près à 80° de l’axe du vent. La bateau souffre, tape dans les vagues… et moi avec ! Les bruits du carbone et les sauts du bateau sont un peu stressants mais on va vite, c’est bon pour le moral ! Cela me fait plaisir de mener Generali dans ces conditions. Je me bats en tête de flotte ce qui est très motivant. J’attends avec impatience les positions toutes les quatre heures ! Au niveau stratégique nous avons deux possibilités : soit faire une route directe vers le Cap Finisterre en laissant les Açores à bâbord, soit contourner ces îles par l’Ouest afin d’aller chercher le train de dépressions. D’après les informations météo dont je dispose, je privilégie la première option. Depuis deux jours je vis enfermé à l’intérieur du bateau tellement cela remue et mouille à l’extérieur ! Hier matin j’ai enfilé mon ciré et mes bottes pour aller faire un bon check du bateau comme nous l’a appris Bruno Peyron sur le trophée Jules Verne ! J’ai eu assez peu de temps pour m’entraîner entre la mise à l’eau du bateau et le départ de la transat Jacques Vabre. J’ai privilégié les entraînements en double avec Sébastien Audigane. En partant de Bahia sur la transat Ecover BtoB j’ai passé ma première nuit en solitaire à bord de Generali ! J’ai rapidement trouvé mon rythme ce qui est à la fois une grande satisfaction et rassurant pour le Vendée Globe. Enchaîner deux traversées de l’atlantique est éprouvant mais c’est un excellent test pour le matériel et les hommes ! »

Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat)

"Il ne se passe pas grand chose en dehors des oscillations du vent. Il fait toujours gris avec, cependant, des petits coins de ciel bleu de temps en temps. Mais c’est toujours aussi humide et en ce moment, c’est la panoplie complète, pour juste aller choquer une écoute. La vie est toujours penchée. Tout va bien à bord, je surveille souvent le bateau pour essayer de localiser un éventuel problème technique."

Dee Caffari (Aviva)

"After a miserable 24 hours crashing to windward in 18 – 24 knots of breeze I decided that I was a broken person and called the shore team to tell them how miserable life was. During the afternoon after looking at the position reports I learnt a top tip that I could not learn from a website that tells you how to sail an open 60. I cracked the sheets by ten degrees and I entered a whole nicer environment. Not brilliant but much better. So what these rock stars that sail these boats do not tell you is that they do not sail upwind unless they have to. Sail somewhere else until the wind changes. Life is faster and more comfortable. It is top tips like this that I am learning by spending time out here with my boat."

Mike Golding (Ecover)

« On est assez secoué, et trempé sur le pont comme en bas. La mer est assez formée, ce qui rend la vie et les déplacements assez inconfortables. J’ai de nouveau un problème avec les ballasts. Le bateau prend tellement d’eau que le ballast avant se remplit et que toutes les deux heures environ, je me retrouve avec le ballast avant sous le vent plein. Je suis obligé d’abattre en grand pour vider, ça ne m’aide pas. Autrement en ce moment on est très secoué et c’est très difficile de dormir. Il faut s’attendre à deux autres jours comme ça. Ce ne serait pas un problème car le bateau va bien et vite, si je n’avais pas à ralentir et vidanger le ballast. Ca ne m’arrange pas du tout. »

Derek Hatfield (Spirit of Canada)

"Today was a long day exiting from the doldrums and into wind, plenty of wind. Most of the day the boat was upwind at 26kts True. Welcome to the northern trades and then some. The air is much cooler tonight, an indication of whats to come by next week. After all, we are only weeks away from Christmas. What a strange feeling this is."

Kito de Pavant (Groupe Bel)

"Les conditions ne sont pas excellentes pour écrire sur un clavier d’ordinateur, d’autant plus que sur celui là, étanche, et c’est une bonne idée, il faut appuyer comme un sourd pour sortir une lettre (je vois pas pourquoi un sourd taperait plus fort qu’un autre, c’est la question philosophique du soir?!!!!). Bon bref, oui j’en étais où ? Ah oui la course B to B… Je disais donc que ça bouge un peu. Vous voyez une balle de ping pong dans une machine à laver, eh ben vous voyez Kito à l’interieur de Groupe Bel !!!! Et aussi que nous avons déjà parcouru en une semaine plus de 2000 milles depuis Bahia et ça malgré un passage de Pot au Noir plutôt laborieux et c’est rien de le dire… Et depuis 2 jours, je vis penché dans l’humidté et un bateau qui joue au sous marin dans les vagues. Les gus (dont finalement je ne connais pas la nationalité, ils n’ont pas leurs papiers mais je me renseigne et vous tient au courant) qui poncent la dérive bâbord ce coup-ci, font les 3/8. La prochaine fois, je prends des boules Quiès et "la plomberie en 10 leçons"… En plus gros probleme de fuite provient du voisin d’en haut, oui, un original qui vit dehors sur sa terrasse… Il a dû laisser le robinet de sa douche ouvert et ça coule sans discontinuer juste sur ma banette : j’ai été obligé de déménager dans mon bureau sauteur d’où je vous ecris ce soir. Il est un peu tôt pour parler d’ETA mais il semble se confirmer qu’un flux de Sud-Ouest devrait nous pousser vers la Bretagne donc selon comment et à quelle vitesse nous traverserons l’anticyclone des Açores, nous pourrions arriver dès le 14 décembre dans une atmosphere certes humide mais pas trop froide… Voila les nouvelles du bord."

Yannick Bestaven (Cervin EnR)

« Je suis étonné de n’être pas si loin des nouveaux bateaux, et au contact avec certains. C’est de bonne augure pour la suite et les évolutions que nous allons apporter au gréement pour plus de performance. Je viens d’apprendre le démâtage de Brit Air, je dois rester concentré sur l’objectif principal de la qualification et ramener le bateau à bon port, mais quand la compétition reprend le dessus, c’est toujours difficile de chercher le frein à main. Côté bonhomme l’allure actuelle : près appuyé fait qu’on a l’impression de voyager dans une machine à laver, tout est humide, les moindres bobos ont du mal à cicatriser, je perds des litres de transpiration tout en faisant du saute mouton sur les vagues, le bateau est tout le temps penché, et chaque mouvement pour préparer à manger etc… est toujours délicat à faire… Mais bon je crois que l’on aime ça aussi. »

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Demain à Bonne Espérance

idec
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Entre anticyclone et dépression
 Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à bord du trimaran géant IDEC, les motivations pour aller vite, très vite, ne manquent pas. Il y a bien sûr cette envie naturelle du marin Joyon de garder en permanence le curseur dans les hauts degrés du speedomètre. Mais il y a aussi sur l’eau, quelque part dans le Sud Ouest du continent africain, la conjugaison de deux puissants facteurs météos entre lesquels cavalent le multicoque rouge. Dans son Nord se tient en effet la menace réelle d’un affaissement vers le Sud du fameux anticyclone de Sainte Hélène. Francis en redoute les calmes comme la peste. Et se profile dans le tableau arrière d’IDEC le spectre d’une dépression très creuse bien typique de ces parages inhospitaliers, qui arrive par l’ouest de toute la force de ses 40 noeuds et plus de vent glacial. « Je dois prolonger mon bord actuel au moins jusqu’à 44 degrés Sud » explique Francis. « Les 20 à 22 noeuds de vent de secteur Nord que j’ai actuellement me permettent de glisser sans heurt à grande vitesse, 25-26 noeuds en permanence, car la mer est bien lisse et le bateau passe merveilleusement bien… Lorsque le centre dépressionnaire qui évolue dans mon Ouest va me rattraper, la conjugaison du vent de Nord et de la houle de Sud va créer un effet « bouilloire » sur lequel il sera moins aisé d’aller très vite… » IDEC se gave donc littéralement de milles. Plus de 580 avalés à la mi-journée lors des dernières 24 heures. La barre des 600 milles semble parfaitement accessible à l’étonnant duo Joyon-IDEC. « J’essaie de préserver le matériel et passer Bonne Espérance, je naviguerai de manière un peu plus conservatrice car je serai alors dans des zones où il n’est jamais agréable de devoir effectuer des réparations, aussi infimes soient elles. »

Une grosse satisfaction
 « Arriver si vite dans les 40èmes est bien sûr une grosse satisfaction » avoue Joyon. A 750 milles de la longitude du Cap de Bonne Espérance, le marin de Locmariaquer est en passe d’ajouter son nom en haut des tablettes de référence de ces grands passages, après avoir déjà signé un formidable temps à l’Equateur. En franchissant ce premier des trois grands caps qui scandent traditionnellement les circumnavigations (Bonne Espérance, Leeuwin, Horn) en 15 jours et demi, Francis le solitaire améliorerait les temps, non seulement de Dame Ellen en 2005, mais aussi des grands multicoques Géronimo et Orange menés en équipage en 2003 et en 2002… Des satisfactions d’ordre sportif auxquelles Francis associe volontiers le plaisir personnel de mener avec aisance un voilier visiblement bien pensé, bien conçu et bien construit. Les choix techniques décidés en toute complicité avec les architectes Benoit Cabaret et Nigel Irens, et le constructeur Lorientais Samuel Marsaudon, trouvent sur l’eau toute leur justification, jusqu’au choix très écologique de Francis de naviguer propre autour du monde ; « Mon Eolienne charge mes batteries à bloc. Je n’ai pour l’instant pas eu recours ni à mes panneaux solaires, ni à ma pile à combustible… »

 Alors que les premiers albatros commencent en planant à accompagner de loin le vol d’IDEC, les températures chutent, la lumière se fait plus blanche et plus laiteuse. Francis Joyon au sommet de sa forme, aborde le grand morceau de bravoure des tours du monde, ce Sud mystérieux et avouons le, si effrayant. Et le marin de Locmariaquer de nous laisser avec cette énigmatique pensée du jour ; « L’harmonie du multicoque, c’est le stress… »

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Armel Le Cléac’h sous gréement de fortune

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Dans ces conditions précaires, sans moteur afin d’économiser le peu de carburant restant pour assurer le fonctionnement du matériel de communication, sans radar, à la merci des cargos croisant dans les parages, Armel Le Cléac’h vit des heures difficiles au milieu de l’Atlantique…
 
Comment vis tu ces moments délicats ?
Armel Le Cléac’h : « Dur, dur… C’est très difficile à vivre. Ici c’est un peu ambiance Tom Hanks dans "seul au monde" mais bon au moins j’ai pas mal aux dents… C’est mon premier démâtage, mon premier gréement de fortune, j’espère que ce sera le dernier. Ca fait mal ! Dans mon malheur, je me dis qu’au moins BRIT AIR n’a pas tant souffert que ça… »
 
Comment s’est déroulée ton opération « gréement de fortune » ?
ALC : « Ca n’a finalement pas été si compliqué que ça. J’ai mis un peu plus de quatre heures pour monter l’outrigger restant à la place du mât et mettre en place un tourmentin. Malheureusement, ces efforts n’aident pas BRIT AIR à avancer beaucoup plus vite : je gagne au plus 1,5 nœuds, soit une vitesse maximale désormais de 4 nœuds… En revanche ça aide à stabiliser le bateau et vu les conditions de mer actuelles, c’est au moins ça de gagné… »
 

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Transat B to B : Generali en tête

generali
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Il y a encore des milles à faire mais il est extrêmement rare dans une course océanique que les leaders soient aussi à touche touche après 2 300 milles de mer ! Et si pour l’instant, il n’y en a qu’un seul qui emmène la flotte avec peu de décalage sur la trajectoire, il semble tout de même que se dessine de nouvelles opportunités de jouer sa carte… Ainsi, Yann Eliès (Generali) : "Le sourire est de mise ! J’ai lofé (se rapprocher de l’axe du vent) hier soir et ça a payé, même si le classement est un peu articifiel quand il reste autant de milles à parcourir. Mais c’est forcément bon d’être un peu plus à l’Est, plus proche de la route directe. Avant je visais le Groenland, maintenant, c’est plutôt les Açores parce que la situation à changer : il faudra passer entre cet archipel et Madère à cause du déplacement de l’anticyclone vers l’Espagne. Là, je suis à 90° du vent avec 20 à 23 noeuds d’alizé mais la mer est encore hachée et croisée…"

Qui sera proconsul ?

De fait, les prévisions météorologiques annoncent un léger affaiblisement des alizés dès ce vendredi soir, alizés qui vont rester encore au secteur Est pendant deux jours, le temps pour les leaders de déborder l’archipel des Canaries. Et à suivre, un couloir semble s’ouvrir entre Madère et les Açores avec du vent de secteur Sud puis du Sud-Ouest en relation avec une dépression atlantique qui va poindre en début de semaine. Alors, avec des écarts aussi faibles, qui va être couronné "proconsul" parmi les trois premiers dont deux d’entre eux naviguent même à vue : " Rien n’est joué : j’ai même vu Gitana sous un grain ce matin et l’option de Yann est intéressante, bien que je préfère rester dans l’Ouest… En tous cas, le soleil est de retour, ça se réchauffe et il y a moins de mer. J’en ai profité pour faire sècher mes affaires sur le bloc moteur ! Car c’est franchement humide ces monocoques… En trimaran, on pouvait sortir dehors et se mettre au vent sur le flotteur, mais là, c’est la douche en permanence…"

Loïck Peyron (Gitana Eighty) a perdu une trentaine de milles en un peu plus d’une journée et l’explication du solitaire est claire : "Le vent est très variable en force et en direction et il y a eu des grains qui nous ont ralenti, Marc et moi… Surtout je n’ai plus de girouette : non seulement c’est un repère en moins, mais comme elle était couplée au pilote automatique, il faut que je surveille en continu le cap du bateau…" Mais si ce trimuvirat va avoir l’occasion de se tirer la bourre ces prochaines heures, il doit se méfier d’un "putch" par l’arrière ! Michel Desjoyeaux (Foncia) est remonté comme une catapulte romaine : "La journée est enfin ensoleillée et comme je suis l’un des plus rapides de la flotte en ce moment, je suis content ! Le vent se calme doucement mais la vitesse reste calée à 15-16 noeuds. Ca va encore mollir ce soir et je vais pouvoir sortir dehors. Il commence à faire un peu frais la nuit et c’est fort agréable de profiter du soleil dans le cockpit."

"Tu quoque mi fili"

Et qui dit ralentissement par devant, dit regroupement par derrière ! Kito de Pavant (Groupe Bel) connaissait de meilleures conditions de navigation lors de la vacation radio de 16h au salon nautique de Paris : "La mer est plus ordonnée mais il y a des grains et des vents irréguliers. Cela impose plus de manoeuvres, plus de travail, mais c’est plus agréable de pouvoir sortir et d’être moins secoué. J’ai des problèmes d’étanchéïté au niveau des ballasts, d’une cadène de hauban et de l’accastillage. Mais bon, on s’habitue à tout !" Mike Golding (Ecover) sait aussi ce que fuite veut dire, lui qui doit vider régulièrement son ballast avant qui se remplit sans son assentiment… "Mais ce ne sont que des problèmes de jeunesse". Il n’en reste pas moins que les sept premiers, en comptant Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) un peu plus décalé, sont encore dans le match pour le podium.

Avec des conditions de mer qui s’améliorent et un alizé qui se stabilise vent de travers, le week-end sera plus paisible pour les quatorze solitaires, Armel Le Cléac’h (Brit Air) faisant toujours route au moteur avec un morceau de gréement de fortune, vers le Cap Vert. L’occasion aussi de se démarquer un peu plus pour ces "praticiens de la mer" qui n’hésiteront pas un instant à porter un coup fatal… De préférence la nuit, comme Yann Eliès la veille ? Une trahison sur la route de Port la Forêt… Non, mais une stratégie d’enveloppement pour contourner les hautes pressions qui se massent au large de la péninsule ibérique tel un bataillon de spadassins assassins des hautes vitesses !

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Suspense en tête et record pour Hugo Boss

hugo boss
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Excès de vitesse
Depuis plus de deux jours, Hugo Boss a pris le parti d’exploiter à fond ces conditions sportives. Résultat : Alex Thomson et Andrew Cape viennent de battre le record de distance sur 24h00 avec 500,01 milles à la vitesse moyenne de 20,83 noeuds (toujours soumis à ratification du WSSRC, l’instance internationale chargée de valider les records).  On connaissait déjà le skipper anglais pour son précédent record en solitaire, le voici une fois de plus fidèle à sa réputation de monsieur « pied au plancher ». Joint à la visio conférence du jour, l’intéressé était plus que ravi et se voyait félicité par deux invités très spéciaux : Ellen MacArthur et Francis Joyon, en plein record du tour du monde en solitaire à bord de son trimaran de 30 mètres, en passe de doubler les concurrents de tête de la Barcelona World Race !

Grosse bagarre au sein du quartet de tête
Conséquence directe de ce record : la remontée spectaculaire du bateau noir sur Veolia Environnement.  « Ils font des vitesses incroyables et ne jouent pas dans la même cour que nous. On va les laisser revenir à notre hauteur pour voir comment ça se passe » confiait Roland Jourdain, avec un certain fatalisme, à la vacation du matin.  C’est chose faite. Au classement de 16h00 TU, Hugo Boss n’avait plus que 3,5 milles de retard.
Mais un autre duel se trame aux avant postes : celui opposant PRB et Paprec-Virbac 2 qui  naviguaient cet après midi au contact, à moins d’un mille l’un de l’autre.
Un nouvelle course commence entre ces quatre bateaux de tête qui se tiennent en 126 milles.« des écarts très raisonnables à ce stade et pour ainsi dire insignifiants au regard du reste de la course » se réjouissait Bilou.

Trouver le bon curseur
Dans ces vents portants propices à aligner les milles, toute la question est de trouver le bon curseur entre ‘attaquer à fond ‘ et gérer ses efforts pour préserver les hommes et le matériel.
Si Hugo Boss a choisi de mettre la barre haute, chaque équipage a sa philosophie dans ce domaine, comme l’expliquait Sidney Gavignet, contacté au téléphone ce matin. A bord de Delta Dore (5e à 282 milles et 5e concurrent à avoir passé aujourd’hui le méridien de Greenwich), l’attention portée à la sécurité est montée d’un cran. « Pour la première fois, j’ai sorti le harnais lors d’un changement de voile » indiquait Sidney. « Et pour chaque manouvre, on y va calmement. Nous abattons pour bien mettre le bateau à plat, nous assurer qu’il ne va pas enfourner quand quelqu’un est à l’avant. »
Car à grande vitesse, le moindre incident peut coûter cher. Temenos II en a fait les frais, à son insu, en heurtant ce matin dans ses safrans, un objet flottant non identifié.  « Imaginez le tableau » nous raconte Dominique Wavre, « on a 28 noeuds de vent, il fait nuit noire, et il pleut. On a affalé le gennaker en catastrophe et puis il y a eu un petit moment de panique car Michèle ne me voyait plus à l’avant. On a fini par lofer pour coucher le bateau et inspecter les safrans. Finalement, ils n’étaient pas endommagés. Le seul souci, c’est que nous avons abîmé notre grand gennaker et qu’il est maintenant inutilisable ». Sous toilé, Temenos II est dès maintenant dans le viseur d’Estrella Damm.
Demain, les skippers devront rester très vigilants avec l’arrivée d’une nouvelle dépression venant de l’ouest, qui promet à moyen terme des vents supérieurs à 40 noeuds et une mer très forte.

Le classement du 07/12/07 à 16h00 TU
1 PRB à 18068,1 milles de l’arrivée
2 PAPREC-VIRBAC 2 à 0,7 milles du leader
3 VEOLIA ENVIRONNEMENT à 122,0 milles
4 HUGO BOSS à 126,4 milles
5 DELTA DORE à 282,3 milles
6 TEMENOS 2 à 549,8 milles
7 ESTRELLA DAMM à 811,2 milles
8 MUTUA MADRILENA à 873,1 milles
9 EDUCACION SIN FRONTERAS à 1533,9 milles

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Belle diagonale…

idec
DR

Glisser en vitesse sous l’anticyclone…

Depuis son entrée hier matin dans un flux régulier bien orienté au Nord, Francis Joyon a calé son grand voilier rouge cap sur la pointe australe de l’Afrique et bloqué la manette des gaz dans les coins, se "contentant" de jouer avec les oscillations d’un vent qui devrait lentement tourner sur l’arrière du bateau pour prendre dans la journée un peu d’Ouest. Des conditions on l’aura deviné, toujours aussi favorables à la haute, très haute vitesse, et les chiffres de parler  d’eux-mêmes : IDEC abat des journées à près de 550 milles, pour une moyenne horaire sur 24 heures de près de… 23 noeuds. Quant à cette avance que Francis plus que quiconque, qualifie de théorique, elle se porte néanmoins ce matin à… 1 005 nautiques.

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