Le Blevec et Hardy en éclaireurs

Brossard Adrien Hardy
DR

Voir les lumières de la ville et humer les odeurs de la terre de Sao Vicente et de sa ville de Mindelo, apercevoir les crêtes des hautes terres de Santo Antao, glisser dans l’étroit canal séparant les deux îles les plus ouest de l’archipel : voilà ce qu’a été la nuit d’Yves Le Blévec sur son Actual. Yves compte 5 petits milles d’avance sur Adrien Hardy (Brossard) au classement de 8 heures et entre dans une troisième partie de cette seconde étape : l’attaque du pot au noir, prochain obstacle à enjamber.
Adrien Hardy a lui aussi franchi la porte capverdienne. Mais le Nantais a choisi le large canal séparant Sao Nicolau de Sal/Boa Vista. Une partie large, moins déventée, avec des îles basses au vent. L’île de Sal est une grande terre désolée où quelques arbres arrivent à subsister. Quelques collines caillouteuses et un vent de nord-est que rien n’arrête. Pas étonnant que la pointe sud de cette île concentre une grande partie de centres de funboard ! Ici, on vénère l’alizé de nord-est et la mer plate sous le vent de l’île. La houle y est cassée, le vent y est puissant. Mais, ce qu’il faut surtout voir et commencer à apprécier dans cette nouvelle partie de jeu de cartes qui commence, c’est le positionnement et le décalage plus ou moins ouest que prennent les concurrents par rapport au pot au noir. Adrien est plus est qu’Yves, et il est suivi en cela par l’étonnant Nicholas Brennan (Rafiki), David Sineau (Bretagne Lapins), Fabien Despres (Soitec), Olivier Cusin (Energies autour du monde) et Yann Riou (Caméléon) revenant de son option Est extrême et qui choisit de se faufiler entre Sal et Boa Vista. La version Ouest, après avoir été empruntée par Yves, sera suivie par Peter Laureyssens (Ecover), Kristian Hajnsek (Adria Mobil Too) et Ronan Deshayes (Pco Technologies). Côté vent, celui-ci souffle à 15 nœuds et taquine les marins : tout dessus ? grand spi ou spi médium ? On tire sur la bête ou on gère le matériel ? Nul doute que l’on doit dormir recroquevillé dans le cockpit, la main sur l’écoute, la barre de céréales dans la poche.
Côté Série, la bonne surprise est portugaise avec un Francisco Lobato (BPI) qui affiche 8 nœuds de vitesse au pointage du matin. Une vitesse rassurante qui signifierait que Francisco n’a pas démâté et qu’il aurait réparé l’avarie survenue dans la nuit d’avant-hier. En attendant, Stéphane Le Diraison (Cultisol – Institut Curie) est toujours en tête et possède 18 milles sur Hervé Piveteau (Jules – Imprimerie Cartoffset). Tous les deux devraient croiser l’archipel Capverdien en fin de journée et il sera intéressant de voir l’écart avec leurs plus proches poursuivants sachant qu’à aujourd’hui, le vainqueur de la première étape s’est constitué un matelas de 50 milles d’avance sur le troisième.

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