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Coups stratégiques à attendre aux Kerguelen

Delta Dore Jeremie  Beyou
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Comme attendu, la flotte est scindée en deux groupes : les quatre leaders évoluent toujours au portant à l’avant d’un nouveau front froid (20 à 35 nouds avec rafales) tandis que le peloton doit négocier des conditions météo moins favorables. Conséquence directe : les moyennes des premiers tournent entre 17 et 20 nouds (la palme toujours pour Paprec Virbac 2 à 20,8 nouds moyens ce matin, et Veolia Environnement à 20,7 nouds moyens à la mi-journée) alors que les autres concurrents affichent 10 à 12 nouds de vitesse (sauf Temenos à 13 – 14 nds).
Cette situation ne va cependant pas durer. Le front s’en va, laissant la tête de flotte aux prises avec une brise moins forte (20 à 25 nouds de secteur Sud puis Ouest). La quasi-totalité des concurrents se retrouvera alors dans le même système météo, avec le même enjeu : gagner dans le Sud pour échapper aux hautes pressions qui se gonflent dans le Sud Est de Bonne Espérance. Seul le duo Escoffier/Barguès devra composer avec cet anticyclone sud africain.

Côté météo, ça se complique

Pour les jours à venir, il semble que le jeu stratégique s’ouvre sous l’influence de « bulles » anticycloniques qui se dessinent au niveau des Kerguélen. Sidney Gavignet y faisait déjà allusion hier, il le confirmait ce matin : « après les Kerguelen, la course va évoluer. Nous passerons d’une course de sangliers à une course de renards ! La stratégie et la tactique reprendront le pas sur la période actuelle. L’essentiel étant d’être frais et dispo, hommes et bateaux, pour cette nouvelle phase. »
Les fichiers météo prévoient en effet des vents faibles sur la zone de l’archipel français pour cette fin de semaine. Les concurrents devront trouver le meilleur chemin, au Nord ou au Sud de ces îles. ? « C’est une situation météo assez étonnante », confirmait Roland Jourdain, « on va essayer de trouver un petit trou de souris pour passer ! »
« Il va falloir jouer fin », confirme Jean-Pierre Dick, sous-entendant qu’il allait falloir trouver le compromis entre descendre chercher du vent sans toutefois s’approcher trop près des « zones à growlers ».

« C’est dantesque ! »

Avant de négocier ce casse tête météo, les marins du groupe de tête surfent encore pour quelques heures dans des conditions stressantes : « c’est chaud, c’est impressionnant, le vent est monté à 40 noeuds, ça va vite. C’est dantesque. Le bateau gigote beaucoup, ça tape. On préfèrerait jouer aux cartes au coin de la cheminée ! », lançait Jean-Pierre Dick cet après-midi. Roland Jourdain précisait qu’il préférait parfois limiter les accélérations du bateau : « Ca peut aller très vite dans les surfs, mais il y a des trous dans la route, on préfère être un noud moins rapide que Paprec et se limiter à des pointes à 24 – 25 nouds ». Ce qui est déjà pas mal !
Côté ambiance, le skipper de Paprec Virbac 2 évoquait ce matin une atmosphère « spéciale ». « C’est une sorte de désert, avec de l’eau très froide, quasiment pas de soleil, un temps gris, des grains, c’est un endroit reculé. pas macabre, mais spécial ! » Du coup, les marins passent le plus clair de leur temps dedans : « Je suis vraiment content de l’intérieur du bateau, on arrive à y vivre convenablement et à dormir malgré les vibrations et les bruits. J’ai même mis des boules quiès cette nuit pour dormir : y a un tel vacarme dans les surfs. mais on s’y habitue ! » Remarque assez similaire de la part de Jérémie Beyou ce matin « ça va toujours vite, mais ça va . on s’habitue à ces surfs constants. Au début ça fait drôle, mais on s’habitue. » Après quelques jours seulement sous les 40e, le navigateur commence également à s’accomoder du froid : « Nous sommes très bien équipés. Nous utilisons aussi le tuyau d’aération du moteur pour réchauffer les bottes et les gants. »

Cap sur Cape Town

Estrella Dam poursuit sa route vers l’Afrique du Sud où le duo espère réparer son safran. Ce matin, ils évoluaient à 12 nouds, à 490 milles de Cape Town. A ce rythme, cela représente près de deux jours de navigation. Cet arrêt technique leur coûtera 12 heures de pénalité (compris dans la durée de l’escale). Vincent Riou et Sébastien Josse devraient être sur le point de mettre pied à terre.

(source BWR)

Classement du 10 décembre 07 à 15h :
1. PAPREC-VIRBAC 2 à 16847,7 milles de l’arrivée
2. VEOLIA ENVIRONNEMENT à 103,8milles du premier
3. HUGO BOSS à 186,0milles du premier
4. DELTA DORE à 402,2milles du premier
5. TEMENOS à 805,8milles du premier
6. PRB à 1149,9milles du premier
7. MUTUA MADRILENA à 1174,7milles du premier
8. ESTRELLA DAMM à 1396,8milles du premier
9. EDUCACION SIN FRONTERAS à 1912,0milles du premier

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Le trio de tête à 1000 milles du but

foncia
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Pour les trois leaders et leurs trois poursuivants, la brise est enfin coopérative en passant du mode "contraire" ou "travers" à une situation de vent portant. Un souffle qui manque encore un peu de coffre comme l’indiquait le leader Loïck Peyron (Gitana Eighty) : " Il y a des variables et mes poursuivants doivent bénéficier de grains qui les propulsent un peu plus vite. Le vent n’est pas encore très stable… " Une douzaine de nœuds semble-t-il aux abords de l’archipel açorien que le groupe de tête frôle sur sa bordure orientale. Mais déjà, les caps ont changé de registre puisque le Nord a fait place au Nord-Est, route directe vers l’arrivée à Port la Forêt. Surtout, les conditions de navigation sont nettement plus agréables comme le soulignait à la vacation radio en direct sur Internet, autant Kito de Pavant (Groupe Bel) désormais bien installé dans son rôle de dauphin, que Marc Guillemot (Safran) qui reste pénalisé par sa quille bloquée dans l’axe. Car avec ces monocoques de 60 pieds, il faut pouvoir relancer sur les vagues et naviguer plutôt autour de 130° du vent réel pour aller vite. Ce qui impose alors, soit de basculer la quille au vent pour ne pas trop gîter (pencher), soit remplir des ballasts d’eau de mer ce qui est tout de même un peu moins efficace puisque le bateau est alors plus lourd…

Le dernier millier

En bref, la lutte pour la première place de la transat Ecover-BtoB reste ouverte entre les trois leaders : Loïck Peyron maintient toujours un coussin d’avance d’une cinquantaine de milles sur Kito de Pavant et Michel Desjoyeaux (Foncia). Ils sont les premiers aussi à toucher le nouveau vent de la dépression açorienne et peuvent ainsi aligner des moyennes de plus de 15 nœuds. Les deux "éclopés" qui les suivent, en l’occurrence Marc Guillemot et Yann Eliès (Generali) auront du mal à ne pas se faire décrocher, le premier parce qu’il ne peut plus basculer sa quille, le second parce qu’il n’a plus toutes ses voiles d’avant. Pour Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), il y a donc une ouverture pour revenir à leur contact car le Bigouden suisse a résolu ses problèmes techniques de ballasts et navigue à la limite de la zone de transition qui s’installe par derrière. S’il arrive à s’échapper (ce qu’il semblait dire à la vacation de 15h), il pourra batailler pour cette quatrième place…

Ce n’est plus le cas pour le peloton emmené par Samantha Davies (Roxy) qui concède plus de 380 milles au leader et se retrouve dans un système météo très différent : l’anticyclone des Açores étant poussé vers l’Espagne par le passage des dépressions atlantiques, une vaste zone de vents faibles et variables s’installe sous l’archipel… Il faudra compter une journée et demie pour que le "troisième groupe" s’en sorte et probablement trois jours pour les retardataires, les anglo-saxons Derek Hatfield (Spirit of Canada), Dee Caffari et Rich Wilson (Great American III) ! En sus, du vent d’Est est annoncé dès le jeudi 13 décembre dans le golfe de Gascogne, et ce pour toute la fin de la semaine ! Les premiers arrivés n’auront que quelques bords à tirer pour finir la course, les derniers vont devoir louvoyer très longtemps pour atteindre Port la Forêt… En tous cas, sur ce parcours de 4 200 milles entre le Brésil et la Bretagne, il y a eu, il y a et il y aura bien des retournements de situation et, alors qu’il ne reste plus qu’un dernier millier de milles à parcourir pour les premiers, l’ordre du podium est loin d’être déterminé.

Ils ont dit :

Kito de Pavant (Groupe Bel) :
" Ca va très bien et on a retrouvé un semblant de beau temps. C’est la première fois depuis dix jours que le pont n’est pas balayé par les vagues ! Le vent tourne au Sud-Est puis au Sud. Je fais sécher quelques vêtements. Je peux maintenant faire route directe vers Port la Forêt que je devrais atteindre vendredi : les conditions sont bonnes jusqu’à jeudi mais après c’est du vent contraire d’Est pour finir… Mais on devrait accélérer franchement dès ce soir avec du Sud-Sud Ouest et plus de 20-25 nœuds avec une mer qui nous pousse. Mais on est en solitaire et on ne va pas être à 100%… C’est la première fois que je passe aussi près de Santa Maria ! C’est bien, d’ailleurs j’y retourne bientôt car Groupe Bel possède des laiteries à Sao Jorge… "

Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat)
" J’ai toujours du vent et donc c’est plutôt bien parce que j’ai failli me faire prendre par les calmes. Visiblement, le front va balayer le Nord de la flotte. Je m’accroche pour faire du Nord-Nord Est et m’extirper… C’est limite : devant, ils vont s’échapper car il y a une grosse zone de transition derrière moins. J’ai toujours 12-15 nœuds de vent. La nuit dernière était sympa parce qu’il y avait un peu moins de grains et le vent s’est stabilisé. J’ai pu prendre un peu de sommeil. Je suis 110° du vent sous gennaker avec ballasts à fond et quille basculée au vent ! Hier, j’ai fait à manger pour mon équipier de la transat Jacques Vabre ! La fatigue commence à se faire sentir… "

Marc Guillemot (Safran) :
" J’étais dans le mât… car deux jours après le Pot au Noir, j’ai cassé un lazy-jack (cordage qui retient la bôme et permet de ranger la grand voile) et j’ai profité d’aujourd’hui pour faire une grimpette et bricoler une réparation. Malgré mes soucis de quille, j’avance encore mais je suis désormais en "deuxième division". Le problème, c’est que le bateau manque quand même de la raideur à la toile… Je perds 1 à 1,5 nœuds mais je peux encore attraper la place du c… (Quatrième) : ça m’irait bien ! Les conditions de mer et de vent sont idéales : il a fallu attendre d’être à proximité des Açores pour en arriver là. C’était une journée à ne pas manquer. J’ai eu un petit bug dans mon logiciel qui m’a fait partir un peu trop à l’Ouest cette nuit : un décalage qui ne servait à rien. Je me suis enlisé dans une succession d’erreurs. je ne suis pas très content de moi ! Ca a été un alizé soutenu, génial pour aller aux Antilles ! Mais pour aller aux Açores, ce n’était pas pareil… Très humide à l’extérieur et de l’alpiniste à l’intérieur. "

Samantha Davies (Roxy) :
" Ca va bien ! Si j’ai du vent ? Des fois oui, des fois non : entre 6 et 12 nœuds… Il y a de gros nuages noirs. Les premiers sont en train de partir, jusqu’à Bernard Stamm. Il vaut mieux pour eux parce qu’ils finiront au près. Moi, je ne suis pas handicapée et Roxy n’a aucun problème technique… En ce moment, c’est moins inconfortable : je peux sortir dehors ! Mais il y a plus de travail avec ce vent instable. Je passe du temps à la table à cartes qui peut pencher pour compenser la gîte du bateau… On va toucher le vent portant dans… un jour et demi. Mais je suis un peu inquiète à propos des containers qui ont été perdus avec la tempête qui a touché la Bretagne hier : il ne faudrait pas qu’on en percute un ! "

Dee Caffari (Aviva) :
« Depuis six heures ce matin, je n’ai pas avancé d’un pouce. Tout le monde avait vu la bulle et l’avait contournée mais Aviva et moi sommes coincés en plein dedans. Tous les fichiers Grib me donnent six nœuds de vent mais je n’ai rien au-dessus de trois nœuds et j’en ai vraiment marre. Je n’avance pas. Il me reste 1600 milles à parcourir et je ne navigue même pas dans la bonne direction, alors ça pourrait me prendre des semaines avant de rentrer à la maison. Oublie Noël, j’aurai de la chance si j’y suis pour le Nouvel An ! Je dois me qualifier pour le Vendée Globe mais à ce régime, j’aurais de la chance si je rentre à temps pour le départ du Vendée ! C’est ridicule ! Et en plus je ne suis pas très patiente. Je veux du vent et je le veux maintenant !! Ces satanées Canaries, je ne reviendrai jamais ici en vacances ! »

Classement Transat ECOVER B to B – Classement à 14h
1 Gitana Eighty Peyron Loick à 1099.80 milles de l’arrivée
2 Groupe Bel Kito de Pavant à 37.20 milles
3 Foncia Desjoyeaux Michel à 48.70 milles
4 Safran Guillemot Marc à 84.20 milles
5 Generali Elies Yann à 101.50 milles
6 Cheminées Poujoulat Stamm Bernard à 203.50 milles
7 Roxy Davies Samantha à 384.60 milles
8 Cervin EnR Bestaven Yannick à 413.00 milles
9 Maisonneuve Dejeanty Jean-Baptiste à 464.70 milles
10 Akena Vérandas Boissières Arnaud à 472.90 milles
11 Spirit of Canada Hatfield Derek à 562.70 milles
12 Aviva Caffari Dee à 583.60 milles
13 Great American III Wilson Rich à 661.00 milles
– Ecover Golding Mike – – – – – – – -ABD
– Brit’Air Le Cleach Armel – – – – – – – -ABD

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Encore une journée à près de 600 milles pour Joyon!

idec
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Alors que la houle se fait plus désordonnée, Francis repousse d’heure en heure l’instant de la décélération, ne réduisant qu’à contre cœur la voilure, d’abord à l’avant où ne subsiste plus que la trinquette, puis retardant au maximum la prise de son second ris dans la grand voile. Sa course folle se concrétise par une nouvelle impressionnante journée à près de 600 milles parcourus, soit 24,8 nœuds de moyenne !
Une telle performance inscrite dans le contexte exigeant des grandes latitudes Sud en dit long sur l’état d’esprit d’un Francis Joyon plus que jamais en mode « record transatlantique ». Attentif jour et nuit aux moindres variations d’angle et de force de vent, le marin de Locmariaquer parvient, après 17 jours de sprint débridé, à trouver toujours et davantage encore l’énergie, la fraîcheur pour sans relâche adapter à son grand trimaran rouge la toile du temps ; « Il faut choquer, abattre, puis reborder et relancer en permanence… » Cette course contre la montre et le retour inévitable des trains de dépression d’Ouest stimulent Francis qui relativise sa fatigue, « C’est le métier qui veut ça ! », et conserve une étonnante lucidité ; « J’essaie de m’alimenter en vue des prochains jours qui seront difficiles, de faire le plein d’énergie… »

A 26 noeuds…

Le front finira bien en effet par passer la grande flèche rouge, et c’est à un tout nouveau paysage auquel le duo IDEC –Joyon sera confronté ; « Je vais devoir réduire la voilure dans le vent fort. La mer va se croiser et le bateau bien moins glisser. Les moyennes vont tomber. » Des perspectives que Joyon envisage avec le même calme, la même sérénité. « Ce qui est pris n’est plus à prendre », référence sans doute aux 1 730 milles d’avance engrangés sur le parcours d’Ellen MacArthur. La « Lady » britannique avait réalisé un excellent chrono dans l’Océan Indien en ralliant Bonne Espérance à Leuwin en 10 jours et 5 heures. Alors qu’il file toujours ses 26 noeuds, Francis affiche la couleur, faire au moins aussi bien que la jeune anglaise. Jean-Yves Bernot lui envoie régulièrement depuis la terre des indications sur l’évolution des systèmes météos. « Je lui demande des fichiers à long terme, car il est important de voir loin. » Loin, vite et bien, à l’image d’un premier tiers (et oui déjà) de tentative avalée comme dans un rêve. Un songe que Francis prend le temps de goûter de tous ses sens, plus que jamais attentif à l’altération des éléments et au vol des albatros qui l’entourent chaque jour plus nombreux et chaque jour plus familiers ; « Ils étaient six à me suivre aujourd’hui et à se faire surprendre dans le dévent d’IDEC, perdant du coup la superbe de leur long vol plané… »

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Nouveaux challenges

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Vent et mer fortes à venir…

Ellen MacArthur en 2004 y avait signé un chrono époustouflant en 10 journées, 5 heures et 41 minutes de folle cavalcade qui l’avaient placée en avance sur le précédent record établit par Francis sur IDEC premier du nom. Principal obstacle à surmonter, la gestion des trains de dépressions très creuses qui circulent d’ouest en est autour de l’antarctique, avec ces vents puissants qu’aucune terre, qu’aucun continent ne vient freiner. Dès ce soir, Joyon recevra de plein fouet les premiers éffets de l’un de ces flux perturbé qui arrive derrière lui à toute allure avec des vents constants à 40 noeuds, et des rafales annoncées à 60 en sa bordure Nord. Fonçant plein est, Francis veut profiter jusqu’au bout d’une mer "lisse et parfaitement carossable" avant le désordre attendu au passage de la dep’. Il lui faudra ensuite s’enfoncr davantage encore dans les latitudes Sud pour éviter le plus fort du vent. Le compteur en permanence bloqué sur plus de 21 noeuds vitesse, IDEC accumule les journées à 520 milles et plus et porte ainsi en ce dimanche matin son avance virtuelle sur Dame Ellen à 1 650 nautiques.

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Transat B to B : Ecover out !

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Ce n’est pas une décision prise à la légère mais une accumulation de difficultés techniques qui ont amené Golding à privilégier sa sécurité et celle du bateau, en particulier maintenant qu’il a effectué, en solo et avec son voilier, les 2.500 milles qualificatifs pour le Vendée Globe. Ecover 3 est à environ 560 milles dans le sud-ouest des Iles Canaries. Durant la nuit Ecover a vu s’aggraver ses soucis de moteur. Le très expérimenté navigateur en solitaire en a déduit qu’il ne pourrait pas recharger les batteries essentielles au reste de la course. Depuis la fin de l’après-midi la centrale électronique et le pilote automatique sont définitivement hors d’usage.
L’accumulation de ces problèmes et les incidents précédents ont persuadé Golding qu’il ne pouvait plus être compétitif à 100%. La nuit dernière le moteur, qui peinait, a explosé un joint du circuit d’huile, aspergeant toute la cabine, endommageant l’équipement et rendant très dangereuse toute cette zone. Mike a passé la plupart de la journée à nettoyer, tout en luttant pour réparer le moteur. Il a décidé que la route la plus raisonnable était celle du port sous voilure réduite. Le temps gagné est vital à ce stade du développement d’Ecover 3. S’acharner à finir cette course pourrait être dangereux pour le bateau comme pour lui.

« Ce n’est pas une décision que je prends facilement. Je ne suis pas réputé pour abandonner face à l’adversité mais il s’agit ici de sens marin. Il y a trop d’enjeu pour faire naviguer inutilement le bateau dans ces conditions. Le but premier de cette transat Ecover B to B était de se qualifier pour le Vendée Globe et d’accumuler des milles en situation de course » a expliqué Mike Golding. "Dès le fin de la Transat Jacques Vabre nous avons eu une discussion avec l’équipe technique d’Ecover et nous avons décidé que je la courrais uniquement qu’avec un bateau compétitif, ce qui était le cas au moment du départ. Ce n’est plus le cas suite à ces problèmes. Des petits soucis peuvent devenir beaucoup plus importants dans le Golfe de Gascogne en décembre. A partir de maintenant ce ne serait plus qu’un test de ma capacité à ramener le bateau en un seul morceau, en aucun cas nous n’apprendrions plus sur ce que nous avons besoin de savoir pour le futur. Les 600 milles à venir seront à eux seuls un défi et ce ne sont pas cinq jours faciles qui m’attendent »

Matt Cowpe, directeur du projet, commente : “Le bateau n’avait jamais navigué au près en course avant cette régate, nous avons appris beaucoup dans ces conditions, sur les faiblesses des systèmes et sur ce que nous devons améliorer. Le temps est essentiel et il n’est pas nécessaire de risquer davantage sans en apprendre plus »

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Cap à l’est

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Sous le cap de Bonne Espérance, excatement, les trois bateaux de tête suivent des trajectoires très proches. Hugo Boss est toutefois  un peu décalé dans le Sud de Veolia Environnement et de Paprec-Virbac 2. Un positionnement qui pourrait lui permettre de toucher plus de « pression ». A la mi-journée cependant, le duo Jourdain/Nélias semblait vouloir mettre un de Sud dans sa route.
Pas au cour de la dépression
Le trio de tête navigue plein Est, cap sur les Kerguelen, dans la partie Nord du système dépressionnaire. Les marins devraient donc bénéficier de brises soutenues de 25 à 35 nouds établis, tout en évitant le gros du front,  ses rafales à 60 nouds et ses creux de 7 à 8 mètres.
Les cadences, très rapides la nuit dernière et en matinée, notamment pour Veolia Environnement et Paprec-Virbac 2, se sont un peu calmées cet après-midi pour redescendre en dessous de 20 noeuds

Moins de vent derrière.
En 4e position, 300 milles dans le Nord Est de la tête de flotte, Jérémie Beyou et Sidney Gavignet (Delta Dore) ne devraient pas toucher autant de brise que leurs camarades de course.
Quoiqu’il en soit, l’écart entre Delta Dore et les leaders reste raisonnable au regard des 17 350 milles qui restent encore à parcourir. « Le vent n’est pas aussi fort que prévu, les conditions sont même plutôt agréables. Pour l’instant, notre but est d’aller vite, il n’y a pas d’autre stratégie possible. Ce n’est qu’après les Kerguelen que l’on pourra peut-être tenter des coups tactiques », expliquait Sidney Gavignet à la vacation.
Passage à niveau ?
Ce premier front des 40e de la Barcelone World Race pourrait bien être un passage à niveau pour les poursuivants.  Au-delà de la 4e place, les distances commencent à être conséquentes, et la météo ne va pas aider les marins à inverser la donne.  En effet, un anticyclone se forme dans le Sud Ouest du Cap de Bonne Espérance, soit devant l’étrave de Temenos 2,  Estrella Dam, Mutua Madrilena et Educacion Sin Fronteras. « Nous attendons une rotation des vents » expliquait Dominique Wavre, « et dès que possible nous empannerons pour plonger très Sud, jusqu’aux 50e,  afin de contourner cette bulle. Nous n’avons pas le choix. »
Surf à 34 nouds pour Temenos 2

Temenos II passant dans le détroit du Gibraltar

Pour l’heure, le navigateur fanco-suisse se réjouissait des très bonnes réactions de son Temenos 2 par 30 nouds de vent établis et une mer formée : « c’est la première fois qu’il navigue dans de telles conditions et il se comporte très bien. On part au surf sur chaque vague, on a même un record à 34 nouds ! Il est très sain, et sous pilote, ça se passe très bien ! »
Même satisfaction à bord d’Estrella Dam : « le bateau va vite, tout va bien à bord. Nous ne sommes pas vraiment dans le grand Sud encore, mais ça ne va pas tarder : nous devrions bientôt empanner. », soulignait Javier Senso précisant qu’ils ne tiraient pas à 100% sur le bateau afin de préserver leur safran réparé.

Dès demain, la flotte devrait donc se scinder en deux groupes : le quatuor de tête en route vers l’Est et les Kerguelen, leurs poursuivants plongeant vers les 50e.
Vincent Riou et Sébastien Josse poursuivent leur route vers Cap Town.
Classement du 9 décembre à 14h00 GMT
1 PAPREC-VIRBAC 2 à 17315,9 milles de l’arrivée
2 VEOLIA ENVIRONNEMENT à 81,9 milles du premier
3 HUGO BOSS à 122,6 milles du premier
4 DELTA DORE à 306,0 milles du premier
5 PRB à 521,7 milles du premier
6 TEMENOS à 2640,8 milles du premier
7 ESTRELLA DAMM à 899,6 milles du premier
8 MUTUA MADRILENA à 984,2 milles du premier
9 EDUCACION SIN FRONTERAS à 1715,4 milles du premier
 

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Au rythme d’une Transat

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Une première partie de course très satisfaisante
Après un gros quart du parcours de ce tour du monde à la distance traditionnellement estimée à 21 600 milles, Francis Joyon affiche une certaine satisfaction ; « Je suis hyper content du temps de cette première partie. J’ai eu du vent pas trop fort et le bateau a vraiment bien marché. J’ai pu tirer dessus comme en Transat. J’étais dans un rythme de transat durant toute cette descente. J’ai pu suivre une trajectoire assez propre sans « tricoter ». L’Equateur d’abord, Bonne Espérance hier… la chasse aux temps référence est fructueuse. Joyon en paie le prix, à coups de fatigue et d’un stress que dissimule naturellement son tempérament placide. « Je dois continuer sur mon rythme actuel, sous peine de me retrouver dans la galère si la dépression me rattrape. Le vent fluctue beaucoup en force. Dès qu’il faiblit, je renvoie de la toile. Dès qu’il forcit, il faut abattre, réduire, attendre que les choses se stabilisent, puis relancer à fond jusqu’au prochain ralentissement où il faudra renvoyer la toile, et ainsi de suite depuis des jours…Il faudra bien reprendre un rythme de tour du monde un jour, mais ce n’est pas pour les 24 ou 48 heures à venir…  »

Rester dans le vent de Nord-Ouest
IDEC et Francis Joyon continuent donc de forcer leur destin. Les étonnantes capacités du bateau, ajoutées aux stupéfiantes habilités du marin de Locmariaquer à tenir des jours durant et avec lucidité la maîtrise de son œuvre, permettent au duo IDEC-Joyon de prolonger aujourd’hui encore, et pour peut-être deux, voire quatre jours selon les modèles, cette extraordinaire trajectoire sous le continent Africain. En parvenant à glisser le plus longtemps possible en avant du front dépressionnaire qui gronde dans son Sud-Ouest, Francis bénéficie d’une mer toujours bien ordonnée, « avec une aimable houle de Sud-Ouest »,  et ce vent de Nord Ouest oscillant entre 17 et 26 nœuds dont le plan Irens Cabaret extrait sans effort ses 23 nœuds de moyenne quotidiens. « Le bateau va plus vite que ses polaires ; je peux rester dans le vent de Nord-Ouest et ne pas être rattrapé par le front dépressionnaire, et éviter dans l’immédiat le mauvais temps… » Francis Joyon n’envisage donc pas pour le moment de pousser plus au sud sa route actuelle qui le mène plein Est à croiser dans quelques jours bien au Nord des archipels de Crozet et de Kerguelen. « Avec ce Nord Ouest, si je descend, je ralentis. J’ai donc tout intérêt à garder mon cap actuel. »
Et de conclure avec humour, « Mon concurrent immédiat, c’est la météo. »

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Le cap de Bonne Espérance cet après-midi pour IDEC

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Vers un nouveau temps référence…

Mais les performances réalisées depuis deux semaines par ce sacré Francis Joyon forcent un tel respect et une telle admiration que l’on peine à rester muet : Joyon et son trimaran IDEC naviguent ce matin toujours aussi vite, toujours aussi "propre" à moins de 300 milles des 18 degrés 28′ 003 de longitude Est où le top chrono du temps de référence entre Brest et le cap de Bonne Espérance sera déclenché. Et en touchant en fin d’après-midi ( vers 18 heures françaises) la symbolique de ce point, Joyon signera tout simplement le deuxième chrono de tous les temps sur ces 6 300 miles de  distance théorique, en un peu plus de 15 jours, améliorant les performances réalisés en équipage il n’y a pas si longtemps par des maxi multicoques (Orange I et Geronimo…). Le temps référence d’Ellen MacArthur (19 jours, 9 heures, 46 minutes) en solitaire exploserait de plus de 4 jours…. Au rang de l’anecdote, on classe aussi le retour sur les monocoques Imoca de tête de la Barcelona World Race parti en double voici 26 jours de Barcelone et que Francis s’apprête donc à devancer à Bonne Espérance. En parvenant à conserver une vitesse élevée à près de 24 noeuds de moyenne chaque jour, Joyon a échappé à l’anticyclone de sainte Hélène et rejoint les grands flux perturbés d’Ouest. D’autres challenges l’attendent, d’autres difficultés et dilemmes météorologiques qui empêcheront pour l’heure le marin de Locmariaquer de se retourner un instant sur ces 7100 milles nautiques réels avalés à plus de 20 noeuds depuis Brest… vous avez dit "exploit"?

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Transat B to B : Gitana Eighty reprend l’ascendant

gitana ok
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Loïck Peyron (Gitana Eighty) a beau connaître des soucis de girouette qui ont permis à ses concurrents de revenir à portée de lance-pierre vendredi, voilà qu’il a réussi à reprendre l’ascendant en ce début de week-end ! Différence locale de brise ou petit "coup de pompe" de ses poursuivants : il a retrouvé sa superbe, surtout que la flotte s’aligne sur le même trajectoire… Plus de décalages sensibles vers l’Ouest d’un Marc Guillemot (Safran) ou vers l’Est d’un Yann Eliès (Generali) ou Michel Desjoyeaux (Foncia). Dans ses conditions, il n’y a plus qu’à faire marcher le bateau, regarder dans le "rétroviseur", récupérer de la fatigue, checker son bateau pour le rush final. Mais avant de surfer sur les vagues à l’arrivée d’une dépression programmée pour le début de semaine, il va falloir choisir le bon couloir qui se profile à l’horizon pour lundi, au large de Madère.

Crever la bulle

Car l’anticyclone des Açores fait des siennes : il se décale au large de la péninsule ibérique car une dépression pointe sur les Açores dès lundi. Il en résulte que les alizés de secteur Est vont faire place à un flux modéré de secteur Sud entre Madère et les Açores, mais dans un couloir relativement étroit. Et si ce samedi ne devrait pas voir beaucoup de changement dans le classement, ni de décalages dans la trajectoire, il faut s’attendre à une approche stratégique différente dès dimanche. L’option serait de grappiller des milles vers l’Est en serrant plus le vent, donc en ralentissant dans un premier temps, afin de pouvoir toucher le nouveau vent plus tôt en fin de week-end. Mais entre théorie et pratique, virtuel et réel, il y a bien souvent des divergences que les solitaires devront prendre en compte en sus de l’aspect tactique : est-il bon de se séparer de la flotte à une telle distance du but ?

Mais n’oublions pas que le peloton aussi offre un superbe match même s’il concède une journée de mer aux leaders. Yannick Bestaven (Cervin EnR) s’installe en tête des chasseurs mais sa marge de manoeuvre n’est pas si grande face à Samantha Davies (Roxy). Quant à Arnaud Boissières (Akena Vérandas), l’explosion de sa trinquette il y a deux jours ne devrait plus trop le pénaliser puisque la brise mollit alors que Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) doit connaître des problèmes techniques car il rétrograde régulièrement depuis la sortie du Pot au Noir… Ce week-end s’annonce comme une période capitale pour les solitaires comme pour les observateurs à terre : observation d’un changement de rythme, d’un changement météo, d’un changement de stratégie. En attendant, c’est à la queue leu leu que la flotte remonte vers le Nord avec une journée de plus de 320 milles pour le leader ! Ca avance tout de même bien au large des Canaries…

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PRB abandonne

prb
DR

Interview de Vincent Riou au PC Presse de la Barcelona World Race à 12h30 :

« Nous faisons route vers Cape Town avec la tête de mât qui pendouille. Ce matin nous naviguions moins vite que nos concurrents parce que nous voulions être prudents. Nous savions le coin peu fréquentable. Il y avait 25 nœuds de vent et nous naviguions sous pilote automatiques avec 1 ris dans la grand voile et sous gennaker. Nous étions tous les deux à l’intérieur. Toute la nuit le bateau avait planté régulièrement dans les vagues. Là, il a planté de nouveau mais pas plus que les autres fois. Nous avons eu de la chance de ne pas démâter. Maintenant nous faisons route sous petit foc. Une dépression arrive sur nous et plus vite nous aurons évacué la zone mieux ce sera. Nous devrions être à Cape Town dans trois jours environ. Dès que la mer sera calmée nous allons essayer de monter au mât pour descendre le tronçon qui pour le moment pend dans le vide. Nous avons eu la chance de récupérer tous les morceaux du mât et nous n’avons rien perdu à part deux voiles. Cela va nous permettre d’analyser s’il s’agit d’un problème de mise en œuvre ou de fabrication.  Le mât est réparable mais pas à Cape Town. Pour nous la course est terminée. Nous allons nous occuper du rapatriement du bateau vers la France et prendre le temps du recul.
Nous sommes extrêmement étonnés. Les bras m’en tombent car nous étions depuis le départ dans une optique « course sage ». Nous vivions un moment difficile avec le retour des concurrents mais nous avions décidé de ne pas mettre le pied au plancher. Nous savions que la course était longue.  Il n’était pas question de se laisser emporter par des concurrents qui s’emballent ou par les positions. Avec Sébastien, c’était notre manière de vivre cette course afin de rester lucides et en forme. Cela ne nous a pas servi à grand-chose car effectivement nous sommes en grande forme mais… en route vers Cape Town. Nous sommes extrêmement déçus. »

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