Yves Le Blévec à mi-course …

yves le blevec mini 6
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Comment ne pas revenir un instant sur la performance d’Yves Le Blévec ? Alors que son proto Lombard a désormais dépassé la mi-course, ses « stats » affichent en ce milieu de journée, 8 jours après le départ de Funchal samedi 6 octobre dernier, l’impressionnante moyenne de 8,59 nœuds pour 1 650 milles nautiques parcourus. Et alors que les effets déroutants du Pot au Noir commencent à se faire sentir, Le Blévec maintient une vitesse de progression très honorable, bien calé sur une trajectoire occidentale propice à traverser cette zone d’instabilité en sa partie la plus étroite. Les alizés de Sud-Est déjà bien en place l’attendent de l’autre côté et Yves, co-signataire des plus grands exploits océaniques à bord du maxi catamaran Orange de Bruno Peyron, pourra reprendre le mode « record » enclenché depuis Funchal. 90 milles dans son sillage, personne n’abdique. Bien au contraire, le ralentissement observé avec l’affaissement progressif des alizés de Nord-Est a favorisé le regroupement des voiliers du top 10. Adrien Hardy souffre à l’Est de ce groupe et peut regarder avec inquiétude débouler sous ce qui reste de son vent le groupe compact emmené par David Sineau (Bretagne Lapins) et Ronan Deshayes (PCO technologies). Et de se demander si ce diable de Slovène perché depuis Madère sur une option radicale à l’Ouest ne va pas, avant l’équateur, mettre tout le monde d’accord. Kristian Hajnsek (Adria Mobil) est ce soir le plus rapide et vient de s’octroyer la 5ème place du général…

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Si Yves Le Blévec a, pour le moment, tué tout suspens (surtout depuis les avaries de ses principaux rivaux, Samuel Manuard sur Sitting Bull et Isabelle Joschke) quant à la physionomie du classement général, il n’en va pas de même en ce qui concerne les voiliers de série. Le long bord à l’Ouest déclenché par Stéphane Le Diraison au passage de l’archipel du Cap-Vert a favorisé la prise de commandement d’Hervé Piveteau. Les deux adversaires se trouvent ce soir littéralement bord à bord, naviguant à vue à moins d’1 mille d’écart. Le Diraison a remporté la première étape et jouit ainsi d’un avantage psychologique important. C’est Hervé Piveteau qui doit à présent prendre les risques. Cela tombe bien, la Zone de Convergence Tropicale, ses grains imprévisibles, ses nuages tantôt chargés de vent tantôt vides de tout souffle, lui procure un terrain de jeu propice à l’embuscade. Stéphane ne devrait véritablement dormir que d’un œil ces prochains jours, tant il apparaît que son adversaire se doit de tenter dès à présent l’impossible.

Mindelo, de rage et des espoirs
Mindelo voit depuis 48 heures arriver, s’amarrer puis repartir de drôles de paroissiens affairés à retaper dans la hâte d’étranges petits voiliers. Certains d’entre eux, à l’image de l’espagnol Alex pella (Generalitat Valenciana) ne repartiront pas, tant la « délamination » de son mât s’est aggravée. Les autres, comme Maurizzio Vettorato, Sébastien Picault (Groupe Royer), Yannick Allain (Chaveta Centifolia) « bidouillent » qui leur pilote, qui leur ralingue déchirée, qui leur bout dehors endommagé. Isabelle Joschke a joint la direction de course hier soir. Le vainqueur de l’étape Charente-Maritime/Madère a laissé entendre qu’elle pourrait ce soir reprendre le chemin de Salvador de Bahia. Elle croisera alors la route de l’infortuné Aloys Claquin (Vecteur Plus) qui a signifié via sa balise qu’il rejoignait Mindelo sans demander pour autant assistance.