Accueil Blog Page 1732

Cap sur la porte des glaces

gitana
DR

La porte des glaces a sensiblement modifié le parcours historique de The Artemis Transat, mais il n’était pas possible de laisser ouvert le terrain de jeu lorsqu’un champ de mines glacées bloque l’accès aux bancs de Terre-Neuve. Et si ce petit détour ajoute 210 milles par rapport à une orthodromie (route directe) Plymouth-Boston, il change surtout la manière d’aborder cette traversée de l’Atlantique en obligeant les solitaires à plonger nettement plus Sud, vers le 40° Nord (au lieu du 45°N), soit un point 300 milles plus bas. Et plus Sud, c’est le courant du Gulf Stream qui s’oppose à la route et c’est surtout les dépressions qui prennent naissance sur le continent américain et qui génèrent des vents de secteur Sud-Ouest, donc contraires. Pas de solution pour les contourner par le Nord, moins de liberté pour aborder les bancs de Terre-Neuve : cette édition de The Artemis Transat confirme qu’il fallait grappiller des milles au Sud pour espérer limiter le nombre de bords à tirer. Yann Eliès (Generali) coincé au Nord de l’orthodromie depuis cinq jours en sait quelque chose, lui qui cherche désespérément à glisser alors que le vent le repousse toujours en haut !

Pleine lune sur les bancs
Et devant son étrave, le trio de tête n’en peut mais ! A force de viser cette porte, les trois leaders ont dû peiner pour traverser une zone de vents mous qui les a ralenti sérieusement pendant plusieurs heures ce lundi après-midi : deux nœuds sur la route, ça ne fait pas lourd pour un monocoque de 60 pieds ! Une sorte de Pot au Noir avant l’heure. D’ailleurs Loïck Peyron (Gitana Eighty) indiquait sa surprise de naviguer dans ce coin réputé pour ses brumes et ses frimas printaniers, sous une chaleur si ce n’est suffoquente, du moins suffisante pour se prendre un coup de chaud après chaque manœuvre. Et des manœuvres, il y en a eu en ce début de semaine ! Des changements de voile la nuit dernière et des virements de bord toute la journée. Et des sueurs froides en voyant fondre sur soi un concurrent que l’on croyait bien plus éloigné. A l’image du premier, Vincent Riou (PRB) qui a de quoi s’inquiéter de la vitesse avec laquelle son dauphin grignote les milles : le Baulois n’est plus à la peine ! A seulement quinze milles, soit une heure et demie, Loïck Peyron met la pression sur le leader, mais lui-même n’est pas à l’abri d’un retour express d’Armel Le Cléac’h (Brit Air) qui ne le talonne plus qu’à 25 milles. Sachant qu’il reste encore plus de 1 100 milles jusqu’à Boston, l’ordre du podium est loin d’être établi.

Surtout qu’après les calmes, c’est le coup de vent qui est annoncé. Du vent de secteur Sud-Ouest qui devrait monter au-delà de trente nœuds avec des rafales à 45 nœuds. Pas le même décor, pas la même façon de naviguer, pas la même progression vers le but ! Il faudra ménager la chèvre et le chou, trouver le compromis qui permette d’avancer en contrôlant ses concurrents sans risquer de casser du matériel ! Et qui dit coup de vent, dit mer dure et chaotique en ces régions de hauts fonds, de courant marin violent, de houles croisées. La seule consolation des solitaires, c’est qu’il verront le paysage, même à minuit : avec la pleine lune, naviguer de nuit est bien plus confortable pour l’esprit et le corps puisque la lampe frontale peut rester dans son tiroir et les déplacements ou les manœuvres ne nécessitent plus de coups de projecteur.

Sous les pavés, la plage
La route va donc devenir nettement plus rocailleuse et les pavés marins vont secouer les organismes aux abords des bancs de sable. Mais aussi pour le peloton qui va se faire « matraquer » et va devoir intervenir sur la plage avant pour passer de foc solent à trinquette, de grand voile haute à un et deux ris, voire envoyer le foc de brise ORC, ce qui est certainement la configuration la plus éreintante sur un monocoque de 60 pieds. Car si les voiles d’avant s’enroulent avec retour au cockpit, le petit foc demande à être sorti de la soute, traîné sur le pont, son étai installé sous les coups de butoir d’une mer ébranlée, le tout doit encore être capelé, le palan souqué et la voile hissée avant d’être réglée ! Harnaché pour ne pas se faire blackboulé, encapuchonné pour ne pas se faire rincer, agrippé à la toile pour ne pas qu’elle s’envole, les yeux bouffis de sel, les mains gonflées de mer, les reins tordus sous l’effort, les pieds noyés dans les bottes, la manœuvre a de quoi lessiver le plus coriace des marins qui n’a plus qu’un désir en tête : que le vent ne mollisse pas dans l’instant !

Eclairé par le lampadaire céleste, les dix solitaires s’attendent donc à passer des nuits moins heureuses que les glissades au portant qui ont régné en début de The Artemis Transat. Le final s’annonce violent, pa s seulement parce que la brise sera au rendez-vous, mais justement parce qu’elle ne sera pas tout le temps présente. Des manoeuvres à gogo, et une pression de plus en plus forte puisque les deux premiers n’ont pas franchement réussi à se départager depuis le départ de Plymouth. Sans compter qu’ils doivent veiller sur un Armel Le Cléac’h et un Yann Eliès en embuscade, puisque tous disent que les plans du Groupe Finot sont redoutables dans la brise au près.

Du grain à moudre
Mais la bataille en tête de la flotte Imoca ne doit pas cacher que le peloton aussi se livre à un sacré combat. Et profite du ralentissement pour gagner des milles, Marc Guillemot (Safran) entraînant dans son sillage quatre solitaires toujours aux aguets. Le différentiel n’est d’ailleurs plus que de 200 milles et avec son placement plus Sud et son état physique qui redevient plus normal, le Breton est en droit de se dire qu’une place sur le podium est encore possible. Surtout quand il y a du près au programme, des bords à tirer et des coups à jouer. Samantha Davies (Roxy) peut aussi se rassurer car après s’être fait remonter par Arnaud Boissières (Akena Vérandas) et Yannick Bestaven (Cervin EnR) à l’occasion d’une grosse molle pendant le week-end, la jeune Britannique s’est offert trente milles d’écart qui libèrent un peu la pression. Tout en restant fidèle à sa stratégie : rester calée sur l’orthodromie. Certes son bateau qui n’est autre que le double vainqueur du Vendée Globe et, qu’avec son équipe technique elle a sensiblement amélioré, est une valeur sûre quand il faut faire du près. Et comme il y en reste plus de 1 300 milles à faire !

- Publicité -

Coville en stand by pour le Record de l´Atlantique nord

sodebo
DR

Depuis sa mise à l’eau en Australie il y a un an quasiment jour pour jour, le maxi trimaran Sodeb’O a déjà parcouru près de 40 000 milles à travers le monde. L’hiver dernier, Thomas tentait de battre le record autour du monde en solitaire. 20 jours après le départ le skipper bat le record de vitesse sur 24 heures à 25,8 nœuds de moyenne, soit 619,3 milles parcouru en 24 heures. Quelques minutes plus tard, le maxi Sodeb’O perd une de ses étraves et contraint le skipper à abandonner sa tentative de record autour du monde. Déçu mais jamais rassasié, Thomas regagne l’Afrique du Sud. Après plus d’un mois de remise en état à Cape Town sur la base de l’America’s cup de Shosholosa, Thomas Coville et son équipage ont quitté les côtes sud-africaines. Direction New York. Depuis le début du mois, les Sodeboys ont configuré le bateau en mode record. Les bannettes des équipiers ont été retirées, la boîte à outil allégée, le réservoir de gasoil vidé et l’arbre d’hélice du moteur démonté. «Thomas n’a plus qu’à mettre son ciré et partir !» se réjouit Thierry Briend, le «boat captain» du Team Sodeb’O.

New York (USA) – Cap Lizard (GB) en moins de 6 jours, 4 heures, 1 minute et 37 secondes
12 jours et 4 heures pour traverser l’Atlantique Nord, c’était il y a un siècle et c’était un exploit. Pour propulser sa goélette de 56 mètres, le skipper Charlie Barr était accompagné par 50 hommes d’équipage.
En 2008, l’objectif de Thomas Coville est de rejoindre le Cap Lizard en solitaire et en moins de 6 jours, 4 heures, 1 minute et 37 secondes, temps établi par Francis Joyon à bord de son trimaran IDEC en 2005. « C’est vrai que la barre est haute. La route de Francis est une nouvelle fois exceptionnelle. Mais maintenir le maxi Sodeb’O à plus de 19,75 nœuds de moyenne sur 2 980 milles pendant 6 jours reste une performance réalisable » confie confiant le skipper de Sodeb’O. Traverser l’Atlantique sur un multicoque de 105 pieds (32 mètres) en solitaire relève de l’extrême. « On agit comme un métronome pour manoeuvrer, manger, slalomer… le tout est d’avoir le bon tempo. Je m’attends à être à 200% pendant 6 jours ! ».

Attendre la bonne fenêtre météo
« L’idéal est de partir devant une dépression et qu’elle nous pousse jusqu’à l’arrivée, c’est pour cela que choisir la bonne fenêtre météo est compliqué. Il y a deux ans, nous avons attendu ces conditions idéales trop longtemps. Cette fois-ci, nous aurons plus d’audace » confie le skipper. Les routeurs Thierry Douillard, Christian Dumard et Richard Silvani guettent désormais leurs écrans pour décortiquer et analyser les fichiers météo à l’affût des moindres mouvements dépressionnaires. C’est pourquoi dès qu’ils repèreront cette fameuse fenêtre météorologique favorable, Thomas sautera dans le premier avion pour New York. Le navigateur disposera alors de quelques jours pour se remettre du décalage horaire pendant que ses équipiers s’occuperont de caréner le maxi-trimaran. Il faudra enfin charger deux jours en nourriture fraîche, le reste étant déjà à bord sous forme lyophilisée, barres de céréales ou boissons énergétiques.

- Publicité -

Une semaine de course

The Artemis Transat
DR

Jour 1 : Départ en douceur
Le début de cette treizième édition de The Artemis Transat s’annonce laborieux pour les treize solitaires en monocoque Imoca : dès le départ, la brise n’a pas dépassé dix nœuds et le clapot levé par les centaines de bateaux spectateurs gênait considérablement la progression des bateaux vers le Sud. Mais au fur et à mesure que les concurrents s’éloignaient des côtes de Plymouth, la brise tournait à l’Ouest en se stabilisant, au bénéfice de Loïck Peyron qui parait le premier le phare d’Eddystone.

Jour 2 : A tous les étages
Après une journée de mer, les treize monocoques glissent toujours sous spinnaker maxi à plus de treize nœuds de moyenne et ce rythme, encore modéré, devrait sensiblement s’accélérer la nuit prochaine avec le renforcement de la brise d’Est. Le positionnement différent en latitude des leaders marque déjà des tendances stratégiques, les plus au Sud étant en tête.

Jour 3 : Passation de pouvoir
La face Nord d’une dépression au large de la Bretagne n’a pas été de tout repos pour les treize monocoques Imoca, au point que Marc Guillemot est tombé violemment sur une côte. Le rythme est donc encore monté d’un cran et les leaders se succèdent en tête, Yann Eliès ayant pris le commandement ce mardi après-midi. Mais la traversée d’une zone de vents faibles peut redistribuer les cartes dès demain mercredi.

Jour 4 : Chassé-croisé
Un repos bien mérité : voilà ce qui ressortait des commentaires des treize solitaires ce mercredi ! Il faut dire que le rythme a été extrêmement soutenu depuis trois jours et que les skippers ont investi beaucoup d’énergie pour ne pas se faire décrocher. Et de fait, ils sont encore six à batailler à quelques dizaines de milles les uns des autres, avec un léger avantage aux partisans d’une route très légèrement plus Nord. Les leaders se succèdent, mais pour combien de temps. Jusqu’à Boston ?

Jour 5 : L’emprise du milieu
Hautes ou basses pressions, la situation sur l’Atlantique Nord est pour le moins fluctuante, incertaine et inhabituelle : un vent établi de secteur Sud-Ouest n’est pas attendu avant samedi. D’ici là, les solitaires avancent par à-coups au gré de risées qui balayent un plan d’eau anémique et si Sébastien Josse s’est créé un décalage favorable la nuit dernière, il était en train de perdre tous ses gains dans cette loterie météo.

Jour 6 : La nuit la plus longue
Avec 36 heures d’incertitude sur les choix des concurrents dès ce vendredi soir, les douze solitaires encore en course vont devoir se consacrer à la stratégie plutôt qu’à la tactique, c’est-à-dire chercher à se positionner par rapport à la dépression qui s’installe sur les bancs de Terre-Neuve et non plus tenter de contrôler les mouvements de leurs adversaires. Toujours leader, Sébastien Josse vise à glisser vers l’Ouest.

Jour 7 : Le silence des bateaux
Si avec le black-out, personne ne sait où se trouvent exactement les douze solitaires en course, ceux-ci n’ont pas caché qu’ils naviguaient dans une brise de secteur Sud, donc au débridé à une douzaine de nœuds de vitesse, en route directe vers la porte des glaces. Mais comme le vent va tourner vers l’Ouest, il va falloir faire du près voire même tirer des bords. Quelles seront les positions dimanche à 8h00 ?

Jour 8 : Tricotage atlantique
Après le portant musclé et les longs calmes, l’Atlantique réserve aux solitaires un paysage plus conforme à sa réputation : du vent contraire, une température en baisse, une visibilité médiocre et une mer qui se forme. Sébastien Josse ayant dû faire demi tour suite à un problème de grand voile, Vincent Riou a pris le relais en tête et comme ses compagnons, il doit composer avec une brise instable en force et en direction. Il faut tricoter pour arriver à Boston !

- Publicité -

Coincer la bulle

Vincent Riou la bulle PRB
DR

La nuit dernière s’est plutôt bien passée pour les dix monocoques Imoca encore en course : en tête de la flotte, les écarts restent stables et les routes convergent vers la porte des glaces grâce à une heureuse bascule du vent au secteur Nord-Ouest. Elle a permis au leader, Vincent Riou (PRB) de virer de bord vers 22h UTC, suivi deux heures plus tard par Loïck Peyron (Gitana Eighty) et Yann Eliès (Generali) toujours plus au Nord, puis par Armel Le Cléac’h (Brit Air). Il s’en suit que tout le monde se suit ! Même route, mêmes écarts, les bateaux et leurs skippers vont décidément à la même vitesse et les différentiels se créent plus sur de petites options ou des manœuvres plus ou moins tardives.

Bref, à 1 100 milles de l’arrivée à Boston, la difficulté du jour va être une bulle sans trop de vent qui se présente pile sur la route après le passage de la porte des glaces. Le jeu va consister à l’éviter ou à tout le moins, à ne pas se faire coincer dedans… Elle pourrait redistribuer un peu les cartes, soit en provoquant l’échappée du leader, soit en compressant les quatre solitaires à quelques milles les uns des autres, voir à vue pour un final façon Solitaire du Figaro. Un type d’exercice que les quatre premiers connaissent bien !

Le peloton ralenti
Alors que les leaders progressent à près de treize nœuds de moyenne vers le Sud-Ouest, le peloton est moins favorisé par une brise régulière de Sud-Ouest qui oblige les solitaires à progresser vers l’Ouest à dix nœuds, en attendant une bascule du vent. Si Marc Guillemot (Safran) physiquement de mieux en mieux, arrive encore à maintenir un écart stable vis-à-vis des premiers, les autres skippers perdent systématiquement des milles à chaque pointage et Samantha Davies (Roxy) qui a repris sa sixième place cette nuit et qui navigue toujours sur l’orthodromie, est ce lundi matin à près de 300 milles du leader, soit une bonne journée de mer… A l’arrière, le Basque Unai Basurko (Pakea Bizkaia) a jeté l’éponge la nuit dernière tandis que le Britannique Steve White (Spirit of Weymouth) arrive enfin à faire du Sud-Ouest pour se sortir de sa nasse septentrionale !

- Publicité -

Class 40 : Rien n’est encore joué

alex bennet fujifilm
DR

Miranda Merron, bien que l’une des plus partisane du blackout, explique son soulagement après avoir eut le classement de 06h00 GMT ce matin: « J’ai été à l’arrêt pendant au moins 4 ou 5 heures la nuit dernière et j’avais vraiment peur d’être la seule dans cette situation» Il n’y avait pas d’inquiétude à avoir puisque les positions ont révélé que 40 Degrees se trouvait en 5ème position au coeur du groupe des 6 bateaux regroupés. « C’était vraiment un très bon moment ce blackout. » continue Miranda Merron. « Ne pas avoir à vérifier les positions toutes les 2 heures,m’a permis de me concentrer sur la navigation. Hier, j’ai dépassé trois autres Class40, et sans connaître les positions c’est vraiment de la belle navigation. »
Boris Hermann en seconde position sur Beluga Racer est à 46 milles du leader et approuve les deux skippers anglais : « J’étais un peu surpris de voir que l’on était si proche à la fin du blackout, particulièrement avec un vent aussi instable. Personnellement j’ai effectué 7 à 10 virements de bord durant la nuit.. Je n’arrive pas à me souvenir exactement. » nous rapportait le skipper allemand, fatigué, rien qu’à entendre le son de sa voix.

La flotte des Class40 s’étale désormais sur une ligne Nord-Sud de 186 miles et les trois différents groupes que l’on notait avant le blackout se sont littéralement dispersés. Yvan Noblet (Appart’City, 5ème place), Thierry Bouchard (Mistral Loisirs – Pole Santé Elior, 3ème position) et Christophe Coatnoan (Groupe Partouche, 8ème place) restent cependant inséparables, et continuent leurs routes au nord, derrière le leader de la flotte, Giovanni Soldini (Telecom Italia). Pour Yvan Noblet, le classement après le blackout n’a pas été une grosse surprise: " Je ne suis pas tellement surpris des positions de ce matin, les options étaient très limitées donc pas de place pour de gros risques." Lancé à la poursuite du leader italien, Thierry Bouchard, actuellement tente de minimiser son retard : "Je pense que l’on ne reverra Giovanni qu’à Marblehead. J’ai bien peur que la première place ai déjà été attribué. Mais les 2 autres marches du podium sont encore complètement ouvertes." Malgré cet opinion, la vitesse moyenne de Thierry cette après midi est de 7,5 nœuds et donc plus rapide d’un nœud de celle de Giovanni.

Cependant, Alex Bennett, en plein milieu de l’axe Nord Sud de la flotte, doute que l’option Nord soit celle qui paye le plus. " J’ai décidé de prendre une route plus au Sud car c’est beaucoup plus direct pour atteindre la porte des glaces et en plus, les vents sont nettement plus favorables." Le groupe leader de la flotte est actuellement à 800 miles de la porte des glaces . Si le vent tourne légèrement au sud, il est clair que la partie sud de la flotte sera dans une position bien plus confortable que les autres. "Nous verrons bien, mais je continue à croire qu’être au-dessous de la marque de parcours est encore la meilleure option." Néanmoins, Boris Herrmann rajoute rapidement "En fait, je ne suis pas sûr qu’il y ai de grosses différences, je pense que nous allons devoir virer très souvent dans les jours qui arrivent." La flotte des Class40 est attendue à la porte des glaces, jeudi dans l’après-midi. Miranda Merron nous explique cependant que "Des zones de vents faibles à l’approche de la porte des glaces constitueront de nouveaux obstacles."

Conditions à bord
Après un début de course au portant, la flotte entière navigue désormais au près et les conditions deviennent beaucoup plus musclées. "J’ai passé la nuit la plus difficile depuis le départ," nous raconte Halvard Mabire, Custo Pol, "Ca secoue énormément, je ne peux même pas taper sur mon clavier. Mon bateau c’est transformer en une machine à assommer les maquereaux." Mabire comme Alex Bennett nous font la description d’une mer étonnement formée. Selon Alex Bennett, "La houle est beaucoup plus forte que d’habitude pour cette force de vent, c’est vraiment bizarre! Et puis, c’est beaucoup moins confortable pour moi comme pour le bateau." La situation est sensiblement différente pour Miranda: "Je navigue maintenant au près dans des conditions stables, je vais même avoir le temps d’envoyer quelques emails et de me reposer un peu. Non, en réalité, je dois vérifier différentes choses sur le bateau et surtout il faut que je me concentre sur la météo."

- Publicité -

Tricotage vers les Bancs de Terre-Neuve

Vincent Riou sur PRB
DR

Les onze solitaires encore en course et qui ont passé la mi parcours de The Artemis Transat après six jours et quelques heures de mer, doivent continuellement adapter la voilure de leur monocoque de 60 pieds et changer de cap en fonction des bascules de vent. Enchaîner les virements de bord, croiser la route de leurs concurrents, louvoyer pour atteindre les bancs de Terre-Neuve, tricoter au gré des rotations. Et il ne vaut mieux pas se planter sur le timing d’un virement de bord ! Car cette manœuvre prend près d’une demi-heure entre le matossage des voiles et du matériel lourd (stocké dans des sacs spéciaux), le transfert des tonnes de ballasts d’eau de mer d’un bord sur l’autre, la descente de la dérive au vent, le basculement de la quille, le passage du foc sur l’autre amure, la tension de bastaque, le réglage des voiles, la remontée de la dérive au vent, la vérification du bon arrimage du matériel, et tutti quanti.

La brise encore Sud à Sud-Ouest ce dimanche, va tourner à l’Ouest la nuit prochaine en mollissant un peu (15-20 nœuds) : il faudra encore enclencher un virement ! Puis c’est de nouveau du Sud à Sud-Ouest jusqu’à trente nœuds qui est annoncé après une petite période de molle qui pourrait bien relancer le débat pour le passage de la porte des glaces. Et encore du louvoyage face à du vent d’Ouest pour mardi et mercredi.
 
Encore des bords.
Certes ce dimanche après-midi, les conditions de navigation restent encore tout à fait maniables, mais au fur et à mesure que les monocoques vont se rapprocher de la porte des glaces, le confort à bord va en prendre un coup ! D’abord à cause du Gulf Stream, ce courant général venant de la Floride et longeant les côtes Nord Est de l’Amérique (voir magazine), qui va commencer à ralentir les concurrents qui s’approchent du 40° Nord, donc en premier les leaders plus au Sud que la route directe (orthodromie). Léger désavantage donc pour Vincent Riou (PRB) en tête depuis l’abandon de Sébastien Josse (BT), suivi sur la même route par Loïck Peyron (Gitana Eighty) qui concède 25 milles et par Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 60 milles derrière le leader. Mais position de contrôle pour le premier puisque ses plus proches concurrents ne peuvent pas vraiment initier une option très différente : seul le déclenchement du virement de bord peut légèrement redistribuer la donne. Quant à Yann Eliès (Generali), trop au Nord suite à sa stratégie d’il y a déjà trois jours, il peine à redescendre en profitant de la moindre rotation du vent. Mais d’ors et déjà, il est certain qu’il se calera dans le tableau arrière du troisième. avec environ 50 milles de décalage ! Le black-out a été dur pour le Briochin.

Encore des milles !
Est-ce pour autant que The Artemis Transat est jouée ? Loin de là et l’abandon de deux des leaders en trois jours (pour des causes très différentes) est là pour rappeler que la navigation à la voile est aussi un sport mécanique dépendant de l’état de la machine. Or au fur et à mesure que les milles défilent (plutôt lentement désormais), le matériel encaisse et comme la mer se durcit et que le vent forcit dans les jours à venir, il faut s’attendre à des avaries : petites, elles peuvent être circoncises par les skippers ; moyennes, elles handicapent la marche vers Boston ; grosses, elles peuvent aller jusqu’à l’obligation de se détourner de la ligne d’arrivée.

Et avec cette porte des glaces positionnée par 40° Nord, donc très bas en latitude par rapport aux éditions précédentes (la voie habituelle passe plutôt par le 45° Nord, soit 300 milles plus haut !), la route des solitaires devient beaucoup plus dure puisqu’il faut « tricoter » dans le bon sens pour ne pas perdre de temps et de terrain : à plus de 300 milles de cette porte des glaces, les leaders ne devraient pas l’atteindre avant lundi soir et il restera encore plus de 900 milles à parcourir pour arriver à Boston. Une fin de match encore contre le vent, sur les bancs de Terre-Neuve, sur la route maritime des cargos, sur les zones de pêche à la morue. Le tempo « Solitaire du Figaro » du début de transat, s’est certes transformé en rythme plus océanique, mais le final devrait remettre de l’adrénaline ! Et comme le faisait remarquer Yann Eliès : Vincent Riou et Armel Le Cléac’h ont à cœur de finir The Artemis Transat avant tout, non seulement pour se qualifier pour le Vendée Globe, mais pour aussi s’assurer que leur bateau est enfin fiabilisé. Eviter le doute avant le tour du monde en solitaire !  

Encore un abandon !
Pour Sébastien Josse (BT), The Artemis Transat a tout de même été très riche d’enseignements. D’abord parce le solitaire a rapidement pris le commandement de la flotte, ce qui indique que son bateau, qu’il venait juste de prendre en main quelques semaines auparavant, est particulièrement compétitif. Ensuite parce que le marin lui-même a pu se rassurer sur sa capacité à suivre le rythme de solitaires qui ont déjà accumulé beaucoup de milles sur leurs machines (Michel Desjoyeaux, Vincent Riou, Yann Eliès, Marc Guillemot, Armel Le Cléac’h.). En tête pendant près de trois jours, BT avait impulsé le rythme et entraîné ses concurrents sur une route nettement plus au Sud que l’orthodromie.

L’avarie a eu lieu vers 15h30 UTC samedi : le chariot de mât qui tient la têtière de grand voile s’est arraché. S’il aurait été possible à Sébastien Josse de réparer en montant au mât sur la mer plate de ces derniers jours, cela n’était plus envisageable avec la mer formée qui règne sur zone depuis vendredi soir. Et comme aucune accalmie n’était en vue avant la porte des glaces, le skipper a préféré faire demi tour, ce qui lui permet tout de même d’assurer sa qualification pour le Vendée Globe.

« Je suis très déçu pour tout le team BT car tout le monde a travaillé dur pour préparer le bateau afin d’être sur la ligne de départ de The Artemis Transat. Mais naviguer à vitesse réduite vers Boston ou aller vers un port pour réparer m’enlève toute chance de bien figurer sur cette course. J’ai appris énormément sur mon bateau et c’est très positif car je suis très content du potentiel de BT pour le futur. J’ai la confirmation que le bateau bien que jeune, car juste mis à l’eau cinq semaines avant le départ de Plymouth, va bien. J’avais deux objectifs : d’abord me comparer aux autres monocoques Imoca et sur ce point, je suis rassuré ; et faire un bon résultat. Nous verrons plus tard pour cela. Avec les conditions qui règnent sur l’Atlantique, c’est de toutes façons, un bon test pour BT. »

- Publicité -

Mean Machine remporte le Trophée d”Alicante… d”un point

Mean Machine
DR

« Ce que je recherche dans ce circuit ? Gagner. Et aussi de l’adrénaline, j’adore ça… » confiait ce matin Peter de Ridder, le propriétaire, skipper et barreur du bateau noir. A cet égard, le marin néerlandais, qui fête demain ses 62 printemps, a été servi.
Avec 6 points d’avance au général, au moment de quitter les pontons d’Alicante, l’équipe de Mean Machine savait qu’elle n’était pas à l’abri d’une estocade en règle de la part de Quantum et du très royal Bribón, tout deux en mesure de remporter le trophée. Au cours d’une manche 8 où le vent n’a cessé de basculer à gauche, il s’en est fallu de peu, en effet, pour que la victoire finale ne leur échappe.

Le roi Dean
Avec un aplomb digne des meilleurs, le 15 d’Espagne, emmené par Dean Barker et le Roi Juan Carlos va mener la course de bout en bout. Derrière, Mean Machine est relégué en 8e position, tandis que Quantum, d’abord 5e, ne cesse de perdre des places. Au deuxième pointage à la marque au vent, on sait déjà que l’ordre du tiercé de tête sera chamboulé. Mean Machine parvient finalement à conserver son leadership, à un point et deux places près. Heureusement pour eux, le comité de course renoncera à envoyer la manche 9, faute de vent régulier.

Une machine à gagner
L’équipage, qui navigue sous les couleurs monégasques (lieu de résidence de Peter de Ridder depuis 6 ans), composé pour moitié d’anciens équipiers d’Emirates Team New Zealand, est une des clés du succès de Mean Machine. « Cet équipe se connaît si bien et fonctionne tellement bien que parfois, j’ai l’impression que nous sommes 17 à bord et non pas 15 » confiait De Ridder qui navigue depuis presque 10 ans avec sa cellule arrière, Ray Davies et Tom Dodson.

Tous ensemble, jour et nuit, ils ont préparé et mis au point leur nouveau bateau (un plan Judel/Vrolijk) en installant des lits de camp dans la base de Team New Zealand à Valencia. Et ils y ont développé des systèmes ingénieux, leur permettant de gagner sur des détails, comme les envois de spi, par exemple, réalisés montre en main en 3 secondes ! De fait, après deux premières journées de régate en demi-teinte, Mean Machine est entré dans une spirale vertueuse pour ne plus la quitter. Ils vont ensuite enchaîner 4 victoires de manche et s’imposer certes in extremis, devant les excellents Bribón et Quantum. A noter également la superbe prestation de Tau Andalucía qui termine 4e au général, après s’être illustré en début d’épreuve avec ses deux victoires consécutives.

Rendez-vous à Marseille
Ce Trophée d’Alicante n’est que la première des six étapes de l’Audi MedCup. Dans moins de 15 jours, les 16 concurrents, complétés par l’arrivée d’autres équipes – comme celle de BMW Oracle- ont rendez-vous dans la cité phocéenne. Du 2 au 7 juin, les débats se déplacent dans la Rade Sud de Marseille, où la horde des TP 52 poursuivra les débats sous l’œil bienveillant de la Bonne Mère.

Ils ont dit :

Peter de Ridder (NED), skipper de Mean Machine, en tête de l’Audi MedCup :
“Ca me rappelle le même scénario que l’année dernière où le Roi étaient en tête, nous étions à sa poursuite et la manche suivante avait été annulée. Un point seulement nous séparait ! Je pense que cette saison, la compétition sera très rude. Il y a 7 ou 8 bateaux avec de très bons équipages et à Marseille, nous remettons ça. Je ne serais pas étonné de voir un vainqueur différent la prochaine fois, et nous finir 5e ou 6e ! "

Romain Troublé (FRA), N°1 à bord de Bribón, 2e de l’Audi MedCup :
"C’est la première épreuve, alors on est content. On va assez vite, le travail sur les voiles cet hiver a été payant. On prend des départs pas mal, tout ça est de bon augure pour la suite. Excepté notre contre-performance sur le parcours côtier, on a toujours terminé dans les 4 ou 5 premiers. Mais il nous reste encore 50 régates à faire, ce sera une longue bataille, un travail de longue haleine. Nous ne savons pas encore comment marche le bateau dans la brise… Peut-être qu’à Marseille, on aura du mistral, avec 25 nœuds de vent tous les jours ? En tout cas, on sera à la maison."

Dean Barker (NZL), barreur de Bribón :
“Bien sur, avec un point d’écart avec Mean Machine, on aurait bien voulu une seconde manche aujourd’hui. Mais nous sommes satisfaits de notre deuxième place au général. Le Roi a passé une super journée. Il a barré ponctuellement et a pris beaucoup de plaisir sur l’eau. On ne savait pas trop à quoi s’attendre en arrivant ici, mais on peut dire qu’entre le petit temps et le médium, on est assez compétitif."

Terry Hutchinson (USA), skipper et barreur de Quantum, 3e :
“Nous sommes un peu déçus. Nous avons pris un super départ, mais après, nous avons vraiment manqué de réussite. Nous avons perdu énormément sur les gars partis à gauche. Nous avons constaté qu’il y avait encore pas mal de boulot pour nous améliorer au portant. Cela dit, nous avons fait une elle épreuve et notre courbe de progression est encore grande. Mais je crois que j’ai trop donné de conseils à mes copains de Nouvelle-Zélande !"

Classement final / Trophée d’Alicante /Audi MedCup

(Position, bateau, pays, M1, M2, M3, M4, M5, M6a, M6b, M7, M8, points)
1 Mean Machine MON (7, 16, 5, 1, 1, 1, 1, 1, 8, 41)
2 Bribón ESP (3, 3, 1, 4, 4, 12, 9, 5, 1, 42)
3 Quantum USA (4, 5, 9, 3, 2, 4, 6, 6, 7, 46)
4 TAU Ceramica Andalucía ESP (1, 1, 6, 9, 9, 3, 5, 9, 12, 55)
5 Platoon by Team Germany GER (5, 9, 2, 5, 14, 8, 8, 4, 3, 58)
6 Artemis SWE (12, 11, 4, 10, 7, 2, 2, 2, 10, 60)
7 Mutua Madrileña ESP (2, 4, 8, 8, 3, 6, 12, 13, 9, 65)
8 El Desafío ESP (9, 6, 7, 11, 5, 11, 7, 3, 6, 65)
9 Matador ARG (10, 14, 3, 2, 10, 5, 10, 8, 5, 67)
10 Cristabella GBR (11, 2, 15, 7, 12, 10, 4, 11, 13, 85)

Les épreuves suivantes de l’Audi MedCup sont :
Marseille, France (2 – 7 juin)
Cagliari, Sardaigne, Italie (30 Juin – 5 juillet),
Puerto Portals, Majorque, Espagne (21 – 26 juillet),
Carthargena, Espagne (25 – 30 Août)
Portimao, Portugal (15 – 20 septembre).

- Publicité -

Sébastien Josse abandonne !

Seb joss-Bt-The transat
DR

Cet incident se serait passé seulement 36 heures plus tôt sur la mer plate et dans la zone sans vent que BT venait de traverser, Sébastien aurait pu procéder à une réparation relativement rapide mais la tétiêre et la drisse de grand-voile se trouvent à 28 mètres de hauteur et le seul moyen de les récupérer est de monter au mât pour les redescendre. Les prévisions météorologiques nouvellement installées dans l’Atlantique Nord rendent cette opération impossible dans une forte houle alliée à des vents de 20 à 25 nœuds de face. Monter au mât serait beaucoup trop risqué pour Sébastien et pour le bateau. Les prévisions pour les six prochains jours, voire jusqu’à la fin de la course, annoncent des conditions encore plus extrêmes au près et malgré une accalmie de quelques heures en fin de journée ce soir, l’état de la mer restera difficile jusqu’au Gulf Stream. Et c’est l’état de la mer qui ballote le bateau dans tous les sens qui fait de l’escalade du mât un risque inacceptable à cette étape du programme.

Sébastien Josse qui était en tête de la course au moment de l’incident, a pris la difficile décision d’abandonner l’Artemis Transat, transatlantique en solitaire à mi-chemin du parcours de 2982 milles. Sébastien va maintenant faire demi-tour et descendre plus au Sud pour essayer de trouver un endroit suffisamment  calme pour monter au mât et renvoyer au moins la grand-voile pour pouvoir rentrer en solitaire en Europe dans des conditions favorables. « Evidemment, je suis très déçu pour l’équipe, les gars ont tous travaillé tellement dur pour que nous soyons sur la ligne de départ. Mais naviguer très lentement jusqu’à Boston ou me dérouter pour trouver un endroit pour réparer me mettrait hors compétition. J’ai énormément appris sur BT, et tout est positif, alors je fais route sur la maison avec la certitude et la satisfaction de notre potentiel de gagne pour l’avenir. »

Devoir abandonner alors qu’il est dans le groupe de tête représente une grosse déception pour Sébastien et l’équipe BT. Hier matin, Sébastien racontait au PC Course : « J’ai eu la confirmation dans cette course que le bateau correspond à mes attentes. C’est un bateau très jeune qui a été mis à l’eau il y a cinq semaines seulement et la course était au programme pour voir son comportement. J’ai deux objectifs, d’abord tester le potentiel du bateau et sur ce point, je suis rassuré. Et évidemment en même temps, je ne serai pas fâché de faire un bon résultat. On verra ! Avec les conditions devant nous, ça va être un gros test pour BT. » Malheureusement, le test s’arrête là.

- Publicité -

Les conditions météo vont se durcir dès ce soir

gitana eighty
DR

Le fait de ne pas savoir où se situaient leurs adversaires n’avait pas l’air de perturber outre mesure les solitaires qui ont répondu à la vacation de ce samedi midi : ils ont même révélé leurs conditions de navigation, images à l’appui ! Comme quoi, il est souvent plus efficace de ne rien cacher (sans pour autant tout dévoilé), puisque de toutes façons, c’est le flou le plus artistique qui soit sur leur position réelle sur le plan d’eau. Ainsi, Sébastien Josse (BT) indiquait : « Je suis au débridé et le vent commence à rentrer, jusqu’à vingt nœuds. Il y aura un petit passage plus venté ce samedi après-midi, puis il y aura encore des zones de transition à passer : ça va aller ! La mer est relativement peu formée et maniable pour l’instant mais cela va changer en fin de week-end. Depuis vendredi soir, le bateau est bien rangé, tout matossé. C’est un peu différent avec le black-out, puisqu’on ne peut plus se calquer sur la vitesse et le cap des autres solitaires. Il va falloir faire avec ! Au feeling et en fonction du routage : c’est un exercice intéressant. Avec trois plans Farr en tête, le différentiel va se faire sur la connaissance des machines. Avec trois virements de bord à négocier avant la porte des glaces : il va falloir les faire au bon moment car c’est là-dessus que ça va se jouer ! »

Et les fichiers météo confirment bien que le flux de Sud s’est installé, qu’il va lentement passer au Sud-Ouest voire à l’Ouest et qu’il faudra donc border les voiles, serrer le vent, et même engager une réduction de voilure quand la brise va monter à plus de vingt nœuds. Ce sont ces manœuvres, ces réglages, ces adaptations à ces rotations du vent qui vont faire la différence dimanche matin. Car comme le précisait aussi Loïck Peyron (Gitana Eighty) : « Il fait gris, très gris ici, gris sec, gris mouillé, gris dégagé, gris foncé. C’est un camaïeu de gris ! Les 36 heures qui viennent s’annoncent comme les plus lancinantes qui soient. Il y a un peu de vent ce samedi midi, mais assez oscillant de dix à quinze noeuds, qui devrait se renforcer ce soir mais la mer reste relativement plate. On avance tête baissée dans le brouillard. Il pleut même ! Ce devrait être ce soir la mi-parcours. Cela fait six jours que nous sommes partis : cela n’a pas été très véloce depuis le départ de Plymouth ! »

Des duels en perspective
Mais quand on regarde bien les positions des solitaires vendredi soir, il faut constater que le black-out risque fort de révéler plus d’enseignements que les solitaires ne le pensent. Car les trois premiers monocoques Imoca sont dessinés par le même cabinet architectural, Bruce Farr, et se situaient sur la même option Sud. A la queue leu leu derrière Seb Josse, Vincent Riou (PRB) et Loïck Peyron étaient respectivement à 24 et 45 milles du leader, et sur la même trajectoire. Qu’en sera-t-il dimanche matin ? De même, Yann Eliès (Generali) et Armel Le Cléac’h (Brit Air) n’étaient séparés que de sept milles par rapport au but, mais avec un différentiel de latitude de 120 milles ! Comme ils naviguent sur de quasi sisterships conçu par le Groupe Finot, l’avantage ou non d’une option plus Nord sera clairement démontrée.

Et pour le peloton aussi, puisque quatre solitaires étaient vendredi soir à quelques encablures les uns des autres par rapport à la porte des glaces, à 800 milles environ : Sam Davies (Roxy) et Arnaud Boissières (Akena Vérandas) au Nord, Marc Guillemot (Safran) et Yannick Bestaven (Cervin EnR) cinquante milles plus au Sud avec Dee Caffari (Aviva) et Unai Basurko (Pakea Bizkaia) dans leur sillage. Sur le papier, la position moins septentrionale s’annonce plus favorable mais en réalité ? A ce propos, Yannick Bestaven n’était pas totalement persuadé que l’option au Sud allait payer : « J’ai navigué tout l’après-midi de vendredi aux côtés de Marc Guillemot : c’était sympa de voir l’un des derniers nés avec le plus vieux Imoca de la flotte. Tous deux sortis du même chantier et réalisés par le même constructeur, Thierry Eluère ! Marc semblait aller de mieux en mieux et il m’a lâché en soirée. Nous commençons à subir le vrai décor d’une transat en Atlantique Nord : humide, brumeux, frais, de plus en plus venté. La brise devrait monter progressivement. Avec le black-out, il sera intéressant de voir comment je vais m’en sortir par rapport aux deux Nordistes, Sam et Arnaud ! Ca me ferait bien plaisir de passer devant. On sait que les conditions vont se durcir de plus en plus, mais sur les fichiers, ce n’est pas gros carton quand même. Avec de la mer formée, certainement ! »

Bref, ce black-out est bien tombé pour indiquer précisément comment chaque solitaire se comporte quand il n’a plus de repères de vitesse, plus de comparaison sur l’eau, plus de concurrents à surveiller. Quand il est véritablement seul à s’interroger sur la justesse de ses choix, qu’ils soient petits ou grands, qu’ils déterminent une option marquée ou un changement de voile, qu’ils engagent le skipper qui décide de se reposer ou a contrario d e rester aux réglages. Si rien n’a changé en 36 heures, cela voudrait dire que tous suivent le même rythme puisque d’après leurs dires, les conditions météo sont tellement stables qu’il n’y aura pas de modification sensible. Attendons pour juger, car il y aura peut-être des surprises !

Commentaires de mer
Dee Caffari (Aviva)
« J’ai du mal à croire que l’arrivée de l’Aviva Challenge était il y a deux ans ! C’est assez sympa de fêter ça alors que je suis de nouveau seule en mer. J’ai tellement de souvenirs de mon tour du monde, de naviguer avec les dauphins, à être coincée en haut du mât pendant des heures avec une tempête qui fonçait directement sur moi. Il y a des gens qui disent que les navigateurs sont fous, mais je ne changerai de métier pour rien au monde. Etre seule en mer avec ton bateau et relever les défis, c’est vraiment moi ! Mon nouveau bateau Aviva et moi, nous prévoyons de fêter ça avec quelques bulles demain mais je reste concentrée sur la course actuelle. Nous sommes à mi-chemin de Boston alors il reste encore quelques milles à faire avant de faire une vraie fête ! »

Sébastien Josse (BT)
«Ca va nickel ce matin ! On est au près sous un vent modéré avec une mer assez plate et un temps très humide ! Il y a beaucoup de brouillard et ça ruisselle dans les voiles. J’ai pu aller dormir car le vent est régulier au près. J’attends que le vent rentre un peu plus fort. C’est la première fois que je navigue avec ce bateau au près, donc j’aurai aimé pouvoir comparer mes vitesses avec mes petits camarades : dommage que le black-out tombe maintenant ! Pour les 4/5 premiers, je ne crois pas qu’on aura de choix stratégiques très différents. On va tous chercher la même bascule de vent, donc on va à peu près tous au même endroit. On est un peu caractériels, nous les skippers, donc il faut y aller mollo avec le black-out ! 36 heures, c’est déjà bien ! J’ai eu confirmation que le bateau correspond vraiment à mes attentes. C’est un bateau très jeune, qui a été mis à l’eau il y a cinq semaines et cette course est là pour voir comment il fonctionne. J’ai deux objectifs sur cette course : d’abord tester le potentiel du bateau et de ce côté-là je suis rassuré. Et si du même coup je peux faire un bon résultat, je ne m’en priverai pas ! On verra ! Avec les conditions qui arrivent, ce sera vraiment le gros test pour mon bateau. »

Loïck Peyron (Gitana Eighty)
« La nuit est grise, comme le black-out. Tout est gris ! On n’y voit rien malgré une petite lune qui éclaire un peu. Je trouve que c’est bien cette idée de black-out. J’avais proposé ça pendant The Race et même de le faire pendant une semaine. C’est le principe de la capsule Apollo quand elle passe derrière la lune. Je trouve juste que ça a été fait un peu tard sur cette course. La météo n’est pas assez hasardeuse dans les 36 heures à venir pour que ce soit rigolo. A 18 heures précises, Michel Desjoyeaux m’a appelé pour me raconter sa mésaventure car on s’était promis de se contacter pendant le black-out ! Je dois filer car ça mollit sévère dehors ! »

Marc Guillemot (Safran)
« C’est une nuit comme une autre : c’est calme, un tout petit peu plus venté que les autres jours. J’ai quand même réussi à me reposer. Quand on est en forme, on est content de voir du gros temps arriver et suivant la grosseur de la dépression, on s’adapte en fonction. Mais quand on est blessé comme moi, on essaye de l’éviter. sauf que là je n’ai pas le choix. Ca va brasser et le bateau va taper, donc ça ne va pas être tout confort ! The Artemis Transat ne doit pas être seulement la traversée du lac Léman. Et puis tout mille parcouru est bon à prendre. Le retour de la Transat au portant sera important aussi en vue du Vendée Globe. L’aspect sportif a été mis de côté depuis ma blessure mais l’objectif est maintenant de faire de la course, un programme de préparation au Vendée Globe et de mieux connaître le bateau. Pour être à l’aise sur le bateau, de toutes façons, il faut beaucoup naviguer ! »

Michel Desjoyeaux (Foncia)
« J’ai bien dormi cette nuit dans 10 à 15 nœuds au portant. J’ai à peu près fini de ruminer ma déception. donc ça c’est fait ! J’ai parlé avec Loïck suite à des blagues qu’on a faites sur les pontons concernant le black-out. Il m’a dit qu’il partait à l’Ouest, moi à l’Est. Visiblement, on n’a pas pris la même option ! J’ai une petite fuite sur le puits de dérive, assez minime, donc la vie continue. Et ça ne m’empêchera pas de rentrer en Bretagne ! Avec le vent que j’ai, de toutes façons, même une botte de paille jetée à l’eau rentrerait toute seule en Europe ! »

Arnaud Boissières (Akena Vérandas)
« Bonjour. J’ai vu un cargo ce matin … sur l’ordinateur grâce à l’AIS, car la visibilité est très réduite : brume et crachin, ambiance Bretagne ! Le cargo va à Bilbao déposer des cruising boats. La seule course qu’il connaît le gars à la passerelle, c’est la Mini Transat. Il les a ramené du Brésil ! Good trip. Ouhais merci. You are alone, Why ? Je lui répond que c’est l’intérêt de la course. (silence). Soit il ne m’a pas cru, soit il doit se dire "crazy frenchie". En tout cas, sympa avec son accent pas très européen ! »

Yann Eliès (Generali)
« Ambiance : ça penche et on y voit rien ! Ca y est. on est sur The Artemis Transat : je croyais que c’était la transat Jacques Vabre au début… »

Armel Le Cléac’h (Brit Air)
« Bonjour à tous. Suite à une panne indépendante de notre volonté, la température intérieure de l’appareil a diminué cette nuit. Nous traversons actuellement une zone de brouillard qui ne facilite pas la navigation et empêche nos techniciens d’intervenir. L’équipage va distribuer à tous les passagers des sous vêtements polaires et des couvertures. Une boisson chaude sera servie afin de réchauffer les organismes. De plus, nous risquons de rencontrer des zones de perturbation dans les prochaines 24h. N’oubliez pas d’attacher votre ceinture quand la consigne lumineuse vous le demande. Merci pour votre compréhension. Le commandant et l’équipage du vol Brit Air. »

- Publicité -

Dehler gagne en IRC comme en ORC.

Dehler
Dehler

1ère place pour le Dehler 44 en IRC 1 à la Abn Amro North Sea Regatta en Hollande.
En 2007, le skipper Koen Lockefeer et son équipage entraient en IRC 1 avec leur tout nouveau Dehler 44 "Eclectic", finissant derrière les favoris. Cette année, ils remportent la victoire avec les meilleurs résultats sur les régates offshore comme inshore. Koen Lockefeer : « Le niveau était si élevé qu’il était impossible de simplement venir et gagner. La solution était de bien connaître le bateau et de se coordonner… Je suis ravi. »

1ère place pour le Dehler 44 en ORC à la régate Dei Golfi en Italie.
Cette prestigieuse régate a été remportée par le Dehler 44 « Selene » en Avril dernier.

1ère place pour le Dehler 44 à La Croisière Bleue en France.
Le 1er mai dernier, La Croisière Bleue partait d’Antibes pour rallier Calvi en Corse, et repartait pour Antibes après une étape d’une journée. Plus de 260 voiliers de toutes marques participaient à l’épreuve, un grand nombre d’entre eux ne finissant pas le parcours retour pour cause de vent faible. Le Dehler 44 « Vision Futur » a gagné cette course en temps réel et en temps compensé.

D’excellents résultats pour un bateau de série, capable de gagner en IRC comme en ORC…


1ère place pour le Dehler 36SQ en IRC 2 à la Abn Amro North Sea Regatta en Hollande.

Radboud Crul (NED) gagne à nouveau en IRC 2 avec son 36SQ « Rosetta from the Rocks ».

1ère place pour le Dehler 36SQ à la NRW Cup en Hollande.
Le Dehler 36SQ est un des plus rapides de la production du chantier et comme l’année passée, le distributeur Dehler en Allemagne, Thorsten Röder, remporte l’épreuve.

1ère place pour le Dehler 34 RS en IRC 3 aux Raymarine Warsash Spring Series en Angleterre.
Devançant deux Bénéteau 34.7 très bien menés, le nouveau 34RS « Rushlex » gagne sa première épreuve de série dans une classe représentée par 34 voiliers. La course s‘est tenue dans une large variété de conditions, allant de 3/4 nœuds à 35 nœuds et le bateau a démontré une réelle polyvalence, engrangeant peu de points à chaque régate. Cette constance fut la clé de la victoire pour ce voilier capable de gagner en offshore comme en inshore. Il avait un nouveau rating de 1.024 et est apparu très compétitif pour ce handicap. Le deuxième 34RS présent en Angleterre a quand à lui obtenu des places de 1er et 2ème aux Ransgate Spring Series

3ère place pour le Dehler 34 RS en IRC 1 au Grand Prix International de la Côte d’Opale en France.
Le Dehler 34 RS, version régate, obtient ses premiers résultats en régate. Lancé début Septembre 2007, ce sont les premiers podiums de ce plan Simonis & Voogd. John Barret, skipper du 34 RS « Déjà Vu » se classe 3ème en IRC 1.

Wilan van den Berg, PDG et Président de Dehler :
« Nous sommes très heureux que le nouveau Dehler 44 et le 34 aient de si bons résultats en régate. Nous savions en choisissant Simonis Voogd comme architectes navals qu’ils nous fourniraient des designs rapides. Nous voyons aussi que cela prend du temps pour un voilier et son équipage pour se régler mais cela prouve, comme espéré, que les Dehler 44 et 34 sont des gagneurs. Depuis sa sortie, le Dehler 44 a déclanché 50 commandes, quant au 34, lui, il approche des 150.
Félicitations aux skippers pour ces résultats et bonne chance pour les prochaines courses ! »

Source Dehler
www.dehler.com

- Publicité -
- Publicité -