Accueil Blog Page 1724

Moyennes à 30 noeuds pour Groupama 3

A bord de Groupama 3
DR

Une bonne glissade vers le Sud-Est et des moyennes qui frisent les trente noeuds ! Après un week-end marqué par le changement de houle, ce début de semaine s’annonce bien. La mer s’est enfin calmée et surtout est passée du travers à l’arrière, tandis que la brise a pris du souffle au point de dépasser les trente noeuds ce lundi matin. Moins de toile mais plus de vitesse, voilà le résultat sur le pont de Groupama 3 qui a cette capacité à aller très vite sans être obligé de porter beaucoup de voiles.

630 milles avalés en 24 heures, et surtout une belle descente vers le Sud puisque de 42°, le trimaran est passé à 46° Sud en une demie journée… Et quatre degrés de latitude dans les mers du Sud changent radicalement la donne : des nuits encore plus courtes, un froid encore plus prenant, une mer encore plus formée, un ciel encore plus chargé, des bascules de vent encore plus marquées, un air encore plus lourd et une ambiance encore plus pesante… Le monde du Grand Sud n’a aucun équivalent sur terre : comment le retranscrire ? En tous cas, en terme de performance pure, Groupama 3 entame la semaine avec une claire volonté de reconstruire une avance qui s’installe dans la durée : 520 milles aujourd’hui, 700 milles demain ?

Paprec-Virbac 2 attendu en vainqueur ce soir

Paprec virbac
DR

"Nous venons de passer sous la barre des 100 milles au moment où je vous parle !", annonçait un Jean-Pierre Dick aux anges ce matin lors de la vidéo conférence. Filant droit vers Barcelone où ils sont attendus ce soir entre 22 et 23 heures locales, Jean-Pierre et Damian vivent leurs dernières heures de mer avec intensité et commencent à s’autoriser à éprouver la satisfaction du devoir accompli. Dans le sillage du leader et futur vainqueur, les félicitations des équipages de cette Barcelona World Race se multiplient…
Jean-Pierre Dick et Damian Foxall n’ont pas caché leur joie, et malgré les réserves d’usage – car "tant que la ligne n’est pas passée…" – se sont l’espace de quelques instants projetés vers une victoire annoncée, vers un retour à terre attendu avec une impatience tempérée par un sentiment de joie profond.

"De la plénitude"

Jean-Pierre Dick : "C’est un mélange de beaucoup de choses. C’est de la joie intense, de la plénitude. On a la beauté de la mer, le soleil, Ibiza, Majorque, les amis et la famille qui nous attendent et cette victoire qui nous tend les bras. Cela fera partie des journées mémorables. Ce sont des années de travail derrière ça. Je suis content de l’acquis que l’on a eu sur le bateau. L’expérience rentre. Aujourd’hui, on fait moins de bêtise ; l’apport de Damian est très important et le savoir du projet augmente. Dans mon for intérieur, c’est un grand bouillonnement, le partage entre les amis à terre et le plaisir d’être en mer.
Le passage de Gibraltar a été un moment clé. Tirer des bords dans 30 noeuds de vent a été assez éprouvant. Nous avions au -dessus de nous l’angoisse de l’étai. Notre réparation est forcément plus fragile que la pièce originale. Grâce au brio de Damian et aux manouvres, on a réussi à trouver des solutions pour continuer la course. Un tour du monde de 90 jours avec 30 jours de près dans des vagues fortes fragilise l’ensemble de la structure ! Il faut, même encore, aujourd’hui naviguer en bon marin. Il a fallu aller chercher le vent au large de Lisbonne ; mais, quelle galère ! On a vécu pas mal de moments difficiles au niveau maritime."

50 noeuds de vent sur Hugo Boss…

Des moments difficiles, Hugo Boss vient précisément d’en vivre comme a tenté de nous l’expliquer Andrew Cape lors d’une conversation hachée et difficilement audible. "Nous avons eu ces dernières 22 heures les pires conditions de toute la course (…) Jusqu’à 50 noeuds de vent, beaucoup de trafic (…) vraiment très très éprouvant." La trajectoire peu orthodoxe observée cette nuit était comme on le soupçonnait due à une avarie matérielle ayant nécessité d’abattre pour effectuer des réparations, mais pour l’heure les détails devront attendre… une meilleure connexion satellite ! Tout semble néanmoins être rentré dans l’ordre, et Hugo Boss se dirige désormais vers des cieux plus cléments, pointant cet après-midi à 404 milles du leader. Le monocoque battant pavillon britannique est attendu mercredi en fin de journée à Barcelone.

Pour la troisième place, Michèle Paret et Dominique Wavre sur Temenos II voient aujourd’hui la vitesse de leurs rivaux Mutua Madrileña augmenter à la faveur de leur option "à la côte", mais comme l’explique Michèle Paret : "La course continue, et si Temenos II a réussi à s’octroyer une confortable avance sur son adversaire espagnol, nous restons vigilants et très actifs à bord, pas question de relâcher la pression. La météo reste assez claire jusqu’à Gibraltar mais après … après c’est la Méditerranée, pas besoin d’en dire plus !" Educacion Sin Fronteras a pour sa part attrapé les alizés de nord est et taille la route à environ 10 noeuds, Albert Bargués ne s’attardant pas sur sa propre situation pour s’empresser de féliciter les futurs vainqueurs: "C’est super, vous avez fait une course incroyable, et sans arrêt… Cette victoire, vous la méritez, vous avez été les meilleurs, et je vous dis à bientôt."

Le classement du 11 février à 15h

1 PAPREC-VIRBAC 2 à 73 milles de l’arrivée
2 HUGO BOSS à 404 milles des leaders
3 TEMENOS 2 à 1127 milles
4 MUTUA MADRILENA 1374 milles
5 EDUCACION SIN FRONTERAS à 2781 milles
ABD VEOLIA ENVIRONNEMENT
ABD ESTRELLA DAMM
ABD DELTA DORE
ABD PRB

Petit temps après le gros pour Gitana 13

Gitana13routedelor
DR

Une nouvelle fois, es dernères 36 heures, les hommes du maxi-catamaran armé par le Baron Benjamin de Rothschild ont été chahutés par une mer peu maniable et des vents atteignant en rafales les 50 nœuds : le tout au près, cela va sans dire … Connues pour leur dureté, les eaux qui bordent le Chili ont – malheureusement – été fidèles à leur réputation. Ainsi, Gitana 13 a dû affronter le passage d’une nouvelle dépression : « Ca a pas mal secoué ces dernières heures. Nous avons de la pluie, du vent et de la mer mais cela n’a rien d’étonnant dans les coins que nous traversons. Car les vents y sont toujours relativement forts et très changeants, ce qui soulève une mer dure et croisée. C’est ce que l’on appelle dans notre jargon une mer casse-bateau» expliquait Lionel Lemonchois dimanche soir.
Après ces conditions musclées, les dix marins de Gitana 13 vont aujourd’hui devoir composer avec un tout autre registre : celui du petit temps. Contournant actuellement les hautes pressions de l’Ile de Pâques, situées dans leur Ouest, Lionel Lemonchois et son équipage doivent négocier une zone de transition pour rejoindre les alizés de l’hémisphère Sud. Un passage délicat, marqué par des vents très faibles et instables, dont il leur faudra s’extraire au plus vite.

En attendant le sud-est…

Car derrière les attend un flux salvateur de Sud-Est, synonyme de longues glissades au portant dans des vents soutenus : « Nous avons vraiment hâte de retrouver des conditions plus clémentes. Non seulement en terme de navigation mais aussi pour ce qui est de la vie à bord. Nous sommes emmitouflés dans nos cirés depuis près de 15 jours et je ne vous cache pas notre impatience de pouvoir enlever nos couches de polaires» confiait le skipper de Gitana 13.
Sitôt le train des alizés accroché, le catamaran de 33 mètres pourra allonger la foulée et retrouver un rythme plus appuyé. Reste cependant un bémol à ce tableau idéal, comme l’exposait Lionel Lemonchois : « Sur les dernières prévisions, nous constatons que les alizés ont tendance à s’essouffler un peu. Il faut maintenant espérer qu’ils se maintiennent…"

Le carnet de bord de Gitana 13, par Nicolas Raynaud :

Bye, bye latitudes sud

Grands sourires hier dimanche en toute fin de journée. Le bleu déchire pendant un instant le ciel après plus de 72 heures passées dans la grisaille, l’humidité et le froid. Ce bleu et l’apparition du soleil qui va se coucher est surtout synonyme de « bon de sortie » pour nous. Nous venons de remporter notre bras de fer face à une vaste dépression qui voulait nous coller dans sa nasse. Sous trois ris et l’ORC, Gitana 13 a piqué dans la plume, à la limite supérieure de la vitesse normalement autorisée. L’intérieur des coques est trempé, les hommes aussi, comme jamais nous ne l’avions été depuis le départ. Au près serré, puis légèrement débridé, nous avons donc réussi à forcer le passage. Derrière nous, vraiment pas loin, le piége s’est refermé. Le vent de nord- nord-ouest, dans l’axe de la route, souffle à 35/40 nœuds, soit exactement le schéma que nous voulions éviter à tout prix, avec un long, douloureux et dangereux louvoyage au vent de la côte chilienne. Notre créneau pour contourner le Horn puis amorcer notre remontée vers le nord était donc le bon, il ne fallait pas le rater. En ce moment, il ne fait pas encore bon traîner dans les parages. Un nouveau chapelet de dépressions défile sur le cap Horn depuis samedi matin, avec une porte à nouveau fermée jusqu’à vendredi prochain. Nous sommes passés dans un trou de souris, merci une nouvelle fois Sylvain Mondon de nous avoir guidés de ta main extérieure toujours sûre, présente à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.
Aujourd’hui, nous effectuons notre sortie des latitudes sud, les fameuses cinquantièmes hurlantes et quarantièmes rugissantes. Comme nous y sommes restés beaucoup trop longtemps à notre goût, personne à bord ne songe à avoir le moindre regret, si ce n’est de quitter des yeux le vol sans fin des albatros. On ne cesse de les invoquer, mais on ne peut que tomber sous le charme de ses oiseaux qui frôlent sans cesse l’écume de leurs longues ailes. Les plus gros que nous ayons vu jusque là sont venus samedi faire un dernier show, comme un au revoir. Depuis, plus un oiseau dans le ciel…
L’objectif du jour et des prochains est de glisser au mieux sur la bordure est de l’anticyclone de Pâques. A 4h00 TU, le grand gennaker a repris du service pour nous tirer vers les eaux chaudes où nous retrouverons les poissons volants. La température de l’eau est actuellement de 17°C, elle n’était que de 6 °C à la pointe du continent américain. Avec 315 et 412 milles effectués lors de ce week-end, nous aimerions bien enclencher le turbo, mais ce ne sera pas encore pour tout de suite. Pour nous positionner au mieux, nous allons naviguer loin de la route directe, alors le gain sur la route orthodromique sera sans aucun doute encore inférieur à 400 milles."

N.R.

Groupama 3 au tiers du record

Groupama 3 - Franck Cammas
DR

Provisionnel ! Franck Cammas et son équipage ont payé leur écot à l’Indien et peuvent désormais investir dans la durée… Pendant que Orange II montait et descendait comme les cours de la Bourse autour du 45° il y a trois ans, Groupama 3 entame une belle parabole vers les sommets écumants des ondes maritimes. Le temps de l’oreiller s’achève, voici venir l’édredon… d’avance ! Car dans les heures qui suivent la vacation radio de samedi midi, le taux de croissance du trimaran géant va s’envoler alors que l’équipage de Bruno Peyron avait perduré dans des fluctuations incertaines jusqu’aux Kerguelen… Patience est mère de sûreté et les navigateurs vont enfin pouvoir doper leurs actions et ne plus économiser leur peine pour aligner des chiffres avec plusieurs zéros à la fin… Car Franck Cammas et ses neufs équipiers vont emprunter une voie plus productive au bénéfice d’un CAC 24 (calcul anticipé de célérité sur 24 heures) qui culminera à près de 600 milles quotidiens pendant toute la semaine…

Clignotant à droite

Après avoir encaissé les attaques d’une mer peu fraternelle sur la hanche, après avoir souffert dans ce vaste shaker dû à la combinaison d’une très forte houle venue du Sud et d’une brise anticyclonique très variable, les choses se sont stabilisées depuis ce début de week-end : la brise prend lentement de la droite et Groupama 3 peut enfin glisser plus vite, plus loin et plus bas vers les Kerguelen. Une dépression va en effet venir apporter son lot de pluie, de nuages, de baisse de température, mais surtout de vent, une brise passant d’abord au Sud-Ouest 20-25 nœuds, puis à l’Ouest 25-30 nœuds dimanche matin, revenant au Sud-Ouest 35-40 nœuds en fin de week-end… Accrochez vos cirés, ça va mouiller et sérieusement monter dans les tours !

La route sur le 40° Sud que Groupama 3 a dû subir depuis son passage devant le cap de Bonne Espérance, va donc s’incurver lentement vers le 50° Sud afin de raccourcir sa distance à parcourir autour de l’Antarctique. Mais d’ores et déjà, Franck Cammas et ses hommes ont franchi la barre du premier tiers avec plus de 8 000 milles au compteur, alors que les conditions météorologiques n’ont pas été particulièrement favorables. Mais combien donc font trois fois seize jours ?

Ils ont dit

Sébastien Audigane, deuxième barreur
« L’océan Indien est fidèle à sa réputation : cela fait trois jours qu’on joue à saute-mouton. En ce moment, il y a une mer très dure, de face, et on a du mal à avancer. Mais on arrive tout de même à somnoler et à se reposer durant les quarts de stand by. Donc l’un dans l’autre on récupère, mais c’est certain qu’il est difficile de bien dormir … Normalement, d’ici une dizaine d’heures, on devrait toucher des vents d’Ouest. On essaye à la barre de freiner le bateau qui a tendance à accélérer à la moindre risée afin de ne pas bondir sur les vagues : c’est assez difficile et ça ressemble un peu à un rodéo ! Yves a réussi à réparer la cloison centrale du bras arrière mais il reste quelques finitions et les vagues n’arrangent pas les choses. L’état de la mer complique la vie à bord (manger, se déplacer, se reposer, rester en veille…) et ce n’est pas une sinécure. On reste très solidaires malgré ces conditions dures. C’est la deuxième fois que je passe dans l’Indien et ce n’est jamais innocent ! On est confrontés à des mers très difficiles et il faut lever le pied pour préserver les hommes et le bateau. Mais voir un albatros d’aussi près comme hier, met un peu de plaisir et d’émotion dans ces journées un peu viriles… Cela fait un moment que je n’ai pas regardé la position de Orange II : notre préoccupation principale est de sortir de cette zone de houle de Sud et de retrouver des vents portants pour regagner tout le potentiel de Groupama 3 ! Le bilan médical est plutôt positif : il n’y a que quelques irritations de la peau…Mais il faut faire attention en ce moment avec les conditions de mer que nous avons.»

Les chiffres du jour :

Départ le 24 janvier à 7h50’17” TU
Pour battre le record : arrivée avant le samedi 15 mars 2008 à 00h09’21” TU

Jour 16 à 8h 00′ TU
*Distance parcourue sur l’eau en 24 heures : 524,9 milles
*Distance parcourue depuis le départ : 8 352 milles
*Distance par rapport à l’arrivée : 16 178 milles
*Moyenne du jour 16 : 21,87 noeuds
*Moyenne depuis le départ : 21,75 nœuds
*Avance par rapport à Orange II : 175,9 milles

Les temps de référence :

*Ouessant – équateur : 6j 6h 24′ (Groupama 3 – 2008)
*Equateur – cap des Aiguilles : 7j 02h 22′ (Groupama 3 – 2008)
*Ouessant – cap des Aiguilles : 13j 08h 47′ (Groupama 3 – 2008)

Primo Cup : un millier de marins à Monaco

Primo Cup 2008
DR

Plus de 1000 équipiers ont déferlé en Principauté de Monaco pour trois jours de compétition, accueillis par un vent capricieux de 5 à 20 nœuds, un fort clapot et un soleil omniprésent. Alors que les Dragon avaient ouvert le bal le premier week-end avec une participation record de 40 unités, dont de nombreux scandinaves et ukrainiens, le deuxième week-end a été marqué par la forte mobilisation des Bénéteau Platu 25 (17 inscrits) et l’internationalisation des Laser SB3, avec neuf nations représentées.
Pour son retour à la compétition, Nicolas Honor (Laserperformance), responsable de la Classe Europe, s’offre une belle troisième place derrière les deux anglo-saxons Baloo (2ème) et Darling Associates (1er). Mention spéciale pour le nouveau venu, Little Santandrea. Emmené par Christophe Fresson, le bateau monégasque, décroche une cinquième place avec une victoire de manche, de quoi réjouir son armateur Gildo Pallanca Pastor, plus habitué aux courses automobiles. Le comité de Course présidé par Thierry Leret a enchaîné les manches à un rythme soutenu pour offrir aux participants la possibilité de tester leur nouveau matériel et entraîner les équipages en ce début de saison 2008. Le jury n’était pas en reste non plus avec de nombreuses réclamations jugées pour la plupart directement sur l’eau.

Chieffi vainqueur en Mumm 30

« Des conditions mémorables et un très fort clapot ont mis nos équipages à rude épreuve. Le trafic sur le plan d’eau avec une centaine de bateaux sur le même cercle est un véritable casse tête pour les tacticiens. Mais c’est aussi pour ça qu’on vient à la Primo ! » raconte Tommaso Chieffi, l’ex-tacticien du défi sud-africain Shosholoza, vainqueur en Mumm 30, sur Enfant Terrible de Gianmarco Rinaldi , Président du Yacht Club de Cortina d’Ampezzo. Une série qui a offerte une belle bataille où le podium s’est joué dans la dernière manche entre les trois ténors méditerranéens de la série, ELCIMAI – Ville de Marseille (Dimitri Deruelle), TPM COYCH (Fabien Henry) et Dangerous But Fun du monégasque Michele Perris. Signalons la présence dans cette classe de nombreuses personnalités de la Coupe de l’America comme le français Sébastien Col (Barreur du Défi Areva), associé aux hyérois ou celle de l’italien Paolo Cian (Skipper de Shosholoza), tactician de Dangerous but Fun. « Entre deux projets Coupe America, on maintient notre niveau en participant à des épreuves internationales comme la Primo Cup » commente le skipper français.
La Primo Cup – Trophée Credit Suisse, accueillait cette année, deux nouvelles séries : les Melges 32, venus régater pour la première fois en Europe ainsi que les Swan 42, pour la première fois en Méditerranée. Ce fut ainsi l’occasion d’heureux évènements comme les baptêmes du Swan 42 Cuordileone. « Je suis heureux que la première régate de Swan 42 ait pu avoir lieu dans mon club » a commenté Leonardo Ferragamo le CEO de Nautor’s Swan.

Tous les résultats sont accessibles sur le site du Yacht Club de Monaco : www.ycm.org

C’est gagné pour Dick et Foxall !

Paprec Virbac victoire dick foxall
DR

Sous grand-voile arisée et solent, Paprec-Virbac 2 a passé la ligne d’arrivée à 20h49’49” TU (21h49 en France) ce lundi 11 février 2008, au terme de plus de trois mois de course autour du monde, en exactement 92j 8h 49m et 49s.

Jean-Pierre Dick et Damian Foxall ont parcouru 28 329 milles, à la moyenne de 11,13 noeuds. Cette nuit, l’équipage était attendu dans le port de Barcelone où une réception officielle se tiendra et où les deux vainqueurs pourront répondre aux premières questions et livrer leurs impressions sur cette victoire.

Nouvelle dépression pour Gitana 13

Gitana 13
DR

Les conditions de navigation dont ont bénéficié les dix marins depuis leur passage du cap Horn – vendredi 8 février à 00h54 (heure française) – et les vitesses retrouvées de Gitana 13 contrastent nettement avec les journées passées à l’abri de la Terre de Feu, dans l’attente d’un créneau météo favorable. Un changement de décor que confirmait Thierry Duprey du Vorsent vendredi en début de soirée : «  C’est agréable de retrouver des sensations de glisse. Après être restés à sec de toile durant de nombreuses heures lorsque nous attendions de passer le Horn, nous sommes désormais sous grand gennaker et grand voile haute. Toute la toile est sortie. Le vent souffle entre 25 et 28 nœuds mais la mer est relativement agréable et lisse, ce qui nous permet de filer au portant. C’est sûr que cela nous change ! » Mais par 55° Sud, l’ambiance reste fraîche à bord du maxi-catamaran : « C’est un vrai temps breton ici ! Le ciel est couvert, il tombe un léger crachin et les températures sont toujours aussi basses. Gants, bonnets et couches de polaires sont obligatoires sur le pont.»

Après plus de 24 heures propices à une belle remise en route, une nouvelle dépression est annoncée sur le chemin de Gitana 13. Dominic Vittet et Lionel Lemonchois, épaulés à terre par leur fidèle routeur Sylvain Mondon, préparent ainsi avec attention les heures à venir : « Nous avons fait un bord à la côte hier après-midi avant de partir dans le 270. L’enjeu étant désormais de gagner au maximum dans l’Ouest, pour aller chercher la bordure Est de la prochaine dépression. Elle sera assez forte mais en se positionnant ainsi nous pourrons éviter le plus gros de ce système et poursuivre notre route vers l’Anticyclone de l’Ile de Pâques. C’est en tous les cas ce que nous visons.»

Groupama 3 allonge la foulée

Groupama 3 - Franck Cammas
DR

Cinq noeuds de mieux que Orange II ces dernières heures ! Groupama 3 est reparti pleine balle au Nord des îles Kerguelen depuis que le vent a tourné au Nord-Ouest en forcissant à plus de 25 noeuds… Bâbord amure, le trimaran géant progresse depuis midi à plus de trente noeuds sur un cap Est qui lui permet de maintenir un rythme élevé avec des températures encore clémentes. « Nous avons empanné un peu avant midi : on commence à sortir de « l’enfer » des trois derniers jours et c’est la première fois depuis une semaine que ça glisse en se faisant pousser par les vagues. Auparavant, le matériel souffrait beaucoup et c’était dur pour l’équipage ! La mer vient de l’Ouest et nous avons le bon angle pour l’aborder » annonçait Stève Ravussin à la vacation radio.

Les prévisions pour les jours à venir sont plutôt encourageantes puisque Franck Cammas et ses neuf équipiers vont pouvoir de nouveau concilier une vie à bord plus « normale » et des vitesses régulières au-dessus de trente noeuds… De quoi retrouver rapidement la marge de manoeuvre de plus d’une journée que Groupama 3 avait acquis avant le cap de Bonne Espérance. Seul bémol à ce décor plus souriant : la présence de deux cyclones, entre Madagascar et l’Australie, qui peuvent à tout moment changer de trajectoire et plonger vers le Sud !

Une situation que nous commentait Sylvain Mondon (Météo France), l’expert à terre de Groupama 3 : « pour les prochains jours, les vagues ralentiront moins la marche du bateau. C’est en bâbord amure que Franck Cammas et son équipage poursuivent leur route vers un flux de Nord à Nord-Ouest soutenu généré par la perturbation qui les précède (dépression située à 400 milles dans l’Est dimanche matin). C’est seulement à mi-chemin entre les îles Kerguelen et le Cap Leeuwin que Groupama 3 rattrapera ce flux synonyme de progression plus rapide et de vagues encore moins pénalisantes. Mais il faudra surveiller ce qui se passe dans l’océan Indien tropical car deux cyclones (IVAN et HONDO) y évoluent depuis plusieurs jours. A tout moment, ces systèmes peuvent prendre une trajectoire Sud et venir se mêler au flux perturbé dans lequel navigue le maxi trimaran. Dans ce genre de scénario, la vigilance est de mise puisque les rafales qui accompagnent de tels systèmes dépassent les 100 noeuds ! Heureusement pour nous, les prévisions ne vont pas dans ce sens là pour l’instant… »

A 400 milles dans le Nord de l’archipel des Kerguelen ce dimanche après-midi, Groupama 3 va donc devoir attendre encore un peu pour infléchir sa route vers le Sud-Est, ce qui lui permettra de réduire le nombre de milles à parcourir pour faire le tour de l’Antarctique. Et à 2 000 milles environ de la longitude du cap Leeuwin (Sud-Ouest de l’Australie), le trimaran géant est dans les clous pour améliorer le temps de référence établi par Orange II entre le cap des Aiguilles et le promontoire australien… Il devrait de toutes façons dépasser ce deuxième cap historique en moins de trois semaines !

Le résumé de la semaine

Paprec virbac
DR

Retour sur une semaine qui aura vu Temenos II prendre un avantage décisif sur Mutua Madrileña, et Educacion Sin Fronteras repasser dans l’hémisphère nord.

Jour 86 – Lundi 4 février
Toute la flotte fait cap au nord, quatre des cinq bateaux évoluant dans l’hémisphère du même nom. D’un bout à l’autre de cette longue file indienne de 2800 milles, l’océan Atlantique n’est pas toujours coopératif. Les vitesses moyennes oscillent autour des 10 noeuds, même si les hommes de tête, aujourd’hui sous spi, sont parfois gratifiés de quelques accélérations. Leur passage à Gibraltar est prévu autour du 8 février et leur arrivée à Barcelone 3 jours plus tard. tandis que la menace Hugo Boss plane toujours.

Jour 87 – Mardi 5 février
Belle progression pour les leaders qui cavalent à 14/15 noeuds depuis lundi soir. des vitesses que l’on n’avait pas enregistrées depuis longtemps dans cette lente remontée de l’océan Atlantique. Hugo Boss, quant à lui, poursuit sa route au vent arrière, grand soleil, mer plate, le bateau noir glisse sans difficulté à 11 noeuds de moyenne. Dans des alizés de nord-est modérés, au sud-ouest du Cap Vert, Temenos II et Mutua Madrileña se toisent comme toujours, à moins de 100 milles l’un de l’autre. « Je commence à en avoir l’habitude » lâche Dominique Wavre à la vacation du jour. Educacion Sin Fronteras semonte ‘piano’ vers le nord, toujours face à des vents contraires, en attendant l’arrivée plus franche des alizés de sud-est.

Jour 88 – Mercredi 6 février
"Si on regarde la carte, c’est ridicule", commentait cet après-midi Andrew Cape, évoquant la trajectoire détournée que les deux navires de tête sont contraints d’emprunter afin d’échapper à la dorsale anticyclonique. 10 noeuds de vitesse pour Paprec-Virbac 2 contre 22 pour Hugo Boss lors de la vidéo conférence du jour – le contraste est saisissant et d’évidence, les épreuves s’accumulent sous l’étrave du monocoque leader de cette Barcelona World Race, à bord duquel on a pris le parti d’en rire. "Vous ne pourriez pas tous déménager à Lisbonne et y organiser l’arrivée ?", demandait Damian Foxall avec son sens de l’humour proverbial, "après tout, nous ne sommes qu’à 12 heures de mer de cette ville."

Jour 89 – Jeudi 7 février
A environ 24 heures du détroit de Gibraltar et comme prévu, Jean-Pierre Dick et Damian Foxall reçoivent une correction totalement imméritée, et ne s’attendent pas à voir le bout du tunnel de sitôt. Paprec-Virbac 2 affronte une mer abrupte de face, tandis que les deux co-skippers tâchent de négocier au mieux chaque passage de vague, l’inquiétude pour le matériel étant naturellement plus que jamais à l’ordre du jour. "J’espère que ça va bien se passer", indiquait Jean-Pierre cet après-midi. A surveiller de près, tout comme le duel pour la troisième place qui comme prévu a évolué à la faveur de la nuit. Mutua Madrileña s’est en effet légèrement décalé dans l’ouest, tandis que Temenos II a effectué une série de virements afin de traverser l’anticyclone. "On est tout à fait contents de l’endroit où on se trouve", annonce Domonique Wavre, "on ne s’est jamais arrêtés , et on progresse bien en direction du but. Les deux prochaines journées seront probablement cruciales, et il s’agira de rester vigilants sur les réglages et la vitesse du bateau.

Jour 90 – Vendredi 8 février
«Tu veux le chiffre du jour ? 42 noeuds. On passe dans la partie la plus ventée de Gibraltar. C’est très impressionnant. La mer est blanche et il y a des cargos. On vient de passer à 300 mètres d’un porte container absolument énorme. La mer est très cabossée, ça tape partout et on a du mal à tenir à bord du bateau. Il a des moments, c’est à la limite du danger, on espère que tout va bien se passer »… voilà comment Jean Pierre Dick décrivait la situation vendredi à la vacation. La conversation s’est d’ailleurs résumée à un bref échange, l’urgence étant pour l’équipage de préparer le prochain virement. Pour les poursuivants, qui progressent eux aussi face au vent entre le Cap Vert et les Canaries, le prochain obstacle est une dépression orageuse dont l’évolution est aléatoire. Enfin, le seul équipage à avancer au portant aujourd’hui n’est autre qu’Educacion sin Fronteras. Servane Escoffier et Albert Barguès s’apprêtent à passer ce soir (après 20h00) la porte brésilienne de Fernando de Noronha. Devant leurs étraves : le pot au noir, synonyme de retour prochain dans l’hémisphère nord.

Jour 91 – Samedi 9 février
En passant la porte 8 de Gibraltar vendredi à 18h39 GMT, Jean Pierre Dick et Damian Foxall ont retrouvé celle que les romains appelaient la ‘mare nostrum’. « Je suis content d’être en Méditerranée. C’est la mer de mon enfance, celle où j’ai appris à faire du bateau » commence Jean Pierre Dick à la vacation du matin. Pourtant, son entrée dans la grande bleue a été fracassante ! Au bon plein serré, le couple franco-suisse à bord de Temenos II se fait lui aussi secouer dans une mer abrupte. Concentration et vigilance restent donc les mots d’ordre. Avec 189 milles d’avance sur Mutua Madrilena, Dominique Wavre et Michèle Paret sont contents des fruits de leur option est qui leur permet de creuser encore l’écart de 60 milles supplémentaires en 24h00. En queue de peloton, Servane Escoffier et Albert Barguès se réjouissaient d’avoir franchi hier soir (18h54 GMT) la porte 7 de Fernando de Noronha. Mais voilà qu’Educacion sin Fronteras a subi un sacré coup de frein aux abords du pot au noir. Depuis le petit matin, leur vitesse moyenne plafonne à 6 noeuds.

Jour 92 – Dimanche 10 février – L’heure des révélations
Lors de la vidéo conférence du jour, Jean-Pierre Dick a révélé que le monocoque avait connu une sérieuse avarie au large du Brésil… "Au niveau du Cabo Frio, on a cassé l’étai de Solent, on a eu de la chance de ne pas démâter. Heureusement l’étai de trinquette était à poste, mais il y avait quand même 30 noeuds de vent, et la galette d’enrouleur du Solent était comme un projectile fou. Damian a pris des risques en allant devant, nous avions tout de même réussi à abattre… Et il a fallu réparer, nous avons utilisé la galette du génois à la place, et réalisé un brêlage qui nous a permis de refixer l’étai. Une bonne angoisse, à un moment j’ai vraiment pensé que c’était terminé pour nous."

Côté course, l’avance de Temenos II se porte à plus de 200 milles, et Michèle Paret nous confiait ce jour : "la situation est claire tactiquement, notre avantage nous permettra d’être tranquilles jusqu’à Gibraltar… Après, cela reste à voir." Educacion Sin Fronteras devrait pour sa part sortir du Pot au Noir dès demain, et Albert Bargués avançait une ETA pour Barcelone entre le 25 et le 26 février – il resterait donc un peu plus de deux semaines de mer au tandem catalo-breton.

Le classement du 10/02/08 à 14h00 GMT
1 PAPREC-VIRBAC 2 à 289 milles de l’arrivée
2 HUGO BOSS à 304 milles du leader
3 TEMENOS 2 à 1152 milles
4 MUTUA MADRILENA à 1390 milles
5 EDUCACION SIN FRONTERAS à 2678 milles
ABD VEOLIA ENVIRONNEMENT
ABD ESTRELLA DAMM
ABD DELTA DORE
ABD PRB

Dick et Foxall à 350 milles du finish

Virbac paprec jp dick
DR

Retrouvailles méditerranéennes
Pourtant, son entrée dans la grande bleue a été fracassante, si l’ont peu dire. La nuit dernière n’a pas épargné le bateau et les hommes, contraints de tirer des bords sous trois ris, face à un solide vent d’est de 40 noeuds, dans une mer cabossée. Au milieu des lames blanches, dans cet environnement à la fois magique et angoissant, c’est la première fois que l’équipage sortait son tourmentin (la plus petite voile d’avant) depuis le départ de cette Barcelona World Race. Une journée ‘virile’ les attend encore aujourd’hui sous les côtes Espagnoles, le long desquelles ils se sont abrités tout en profitant des effets du relief et de l’incurvation du vent au nord-est. « Nous avons viré à 6 milles des côtes. Ce matin, nous apercevons la Sierra Nevada. On voit de la neige sur les sommets et des petits villages dans la vallée. Le spectacle est superbe ». Mais la navigation reste encore sportive avec 35 noeuds dans le nez, et la toile réduite.

ETA à Barcelone : lundi 11 février en fin d’après-midi
Théoriquement, l’équipage franco-irlandais qui mène la danse depuis plus de deux mois, n’en n’a plus que pour deux jours avant de retrouver les pontons de la cité catalane. « Nous allons arriver au cap de Gata en fin de journée (près d’Almeria), ensuite, après un bord vers l’Algérie, ce sera un de nos derniers virements pour rejoindre Barcelone. Notre ETA est toujours prévue le lundi 11 en fin d’après-midi ».
Même sanction pour les hommes en noir
Derrière, Hugo Boss a peiné cette nuit au large de Lisbonne, piégé par des vents très instables, forcé d’enchaîner les manoeuvres. Alex Thomson et Andrew Cape ont entamé leur plongée vers le sud pour rejoindre l’entrée du détroit de Gibraltar. Ce matin à la latitude du Cap Saint Vincent, ils allaient bientôt subir la même punition que leur prédécesseur : 40 nouds de vent d’est pile dans leur étrave. Ils sont attendus sous les colonnes d’Hercule dimanche en fin d’après midi, pour une arrivée probable trois jours plus tard.

Michèle Paret : « la vie en mer, c’est du 100% vrai »
Au sud-ouest des Canaries, à 1335  milles du bateau de tête, le pas de deux au près entre Temenos II et Mutua Madrileña tourne à l’avantage du couple franco-suisse. A sa belle performance, l’équipage du bateau bleu ajoute le plaisir incomparable de vivre sur l’eau, ce qui fait dire à Michèle Paret : « En mer, il n’y a pas de parasite, ni d’élément perturbateur, c’est du 100% vrai. En ce moment, nous savons que c’est le début de la fin d’une belle histoire. On réalise qu’on est en train de vivre quelque chose d’exceptionnel et qu’il faut profiter de chaque minute à fond. Et puis nous sommes tellement bien ensemble, sur l’eau. Avant le départ, j’ai toujours dit que le moment le plus difficile de la course serait le passage de la ligne d’arrivée. Je pense que c’est toujours vrai. ». Pour le moment, le scénario qui se profile jusqu’à Gibraltar leur est plutôt favorable. Temenos II et Mutua Madrileña seront probablement aidés par les dépressions atlantiques pour entrer en Méditerranée.

En queue de peloton, Servane Escoffier et Albert Barguès se réjouissaient d’avoir franchi hier soir (18h54 GMT) la porte 7 de Fernando de Noronha. Mais voilà qu’Educacion sin Fronteras a subi un sacré coup de frein aux abords du port au noir. Depuis le petit matin, leur vitesse moyenne plafonne à 6 noeuds.

Le classement du 09/02/08 à 14h00 GMT
1 PAPREC-VIRBAC 2 à 379,7 milles de l’arrivée
2 HUGO BOSS à 373,2 milles du leader
3 TEMENOS 2 à 1336,6 milles
4 MUTUA MADRILENA à 1539,2 milles
5 EDUCACION SIN FRONTERAS à 2740,4 milles
ABD VEOLIA ENVIRONNEMENT    
ABD ESTRELLA DAMM    
ABD DELTA DORE    
ABD PRB  

- Publicité -