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16e jour et un tiers du parcours dans le sillage…

A bord de Groupama 3
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Franck Cammas et son équipage ont payé leur écot à l’Indien et peuvent désormais investir dans la durée… Pendant que Orange II montait et descendait comme les cours de la Bourse autour du 45° il y a trois ans, Groupama 3 entame une belle parabole vers les sommets écumants des ondes maritimes. Le temps de l’oreiller s’achève, voici venir l’édredon… d’avance ! Car dans les heures qui suivent la vacation radio de samedi midi, le taux de croissance du trimaran géant va s’envoler alors que l’équipage de Bruno Peyron avait perduré dans des fluctuations incertaines jusqu’aux Kerguelen… Patience est mère de sûreté et les navigateurs vont enfin pouvoir doper leurs actions et ne plus économiser leur peine pour aligner des chiffres avec plusieurs zéros à la fin… Car Franck Cammas et ses neufs équipiers vont emprunter une voie plus productive au bénéfice d’un CAC 24 (calcul anticipé de célérité sur 24 heures) qui culminera à près de 600 milles quotidiens pendant toute la semaine…

Clignotant à droite
Après avoir encaissé les attaques d’une mer peu fraternelle sur la hanche, après avoir souffert dans ce vaste shaker dû à la combinaison d’une très forte houle venue du Sud et d’une brise anticyclonique très variable, les choses se sont stabilisées depuis ce début de week-end : la brise prend lentement de la droite et Groupama 3 peut enfin glisser plus vite, plus loin et plus bas vers les Kerguelen. Une dépression va en effet venir apporter son lot de pluie, de nuages, de baisse de température, mais surtout de vent, une brise passant d’abord au Sud-Ouest 20-25 nœuds, puis à l’Ouest 25-30 nœuds dimanche matin, revenant au Sud-Ouest 35-40 nœuds en fin de week-end… Accrochez vos cirés, ça va mouiller et sérieusement monter dans les tours !

La route sur le 40° Sud que Groupama 3 a dû subir depuis son passage devant le cap de Bonne Espérance, va donc s’incurver lentement vers le 50° Sud afin de raccourcir sa distance à parcourir autour de l’Antarctique. Mais d’ores et déjà, Franck Cammas et ses hommes ont franchi la barre du premier tiers avec plus de 8 000 milles au compteur, alors que les conditions météorologiques n’ont pas été particulièrement favorables. Mais combien donc font trois fois seize jours ?

Interview de Sébastien Audigane, deuxième barreur
« L’océan Indien est fidèle à sa réputation : cela fait trois jours qu’on joue à saute-mouton. En ce moment, il y a une mer très dure, de face, et on a  du mal à avancer. Mais on arrive tout de même à somnoler et à se reposer durant les quarts de stand by. Donc l’un dans l’autre on récupère, mais c’est certain qu’il est difficile de bien dormir … Normalement, d’ici une dizaine d’heures, on devrait toucher des vents d’Ouest. On essaye à la barre de freiner le bateau qui a tendance à accélérer à la moindre risée afin de ne pas bondir sur les vagues : c’est assez difficile et ça ressemble un peu à un rodéo ! Yves a réussi à réparer la cloison centrale du bras arrière mais il reste quelques finitions et les vagues n’arrangent pas les choses. L’état de la mer complique la vie à bord (manger, se déplacer, se reposer, rester en veille…) et ce n’est pas une sinécure. On reste très solidaires malgré ces conditions dures. C’est la deuxième fois que je passe dans l’Indien et ce n’est jamais innocent ! On est confrontés à des mers très difficiles et il faut lever le pied pour préserver les hommes et le bateau. Mais voir un albatros d’aussi près comme hier, met un peu de plaisir et d’émotion dans ces journées un peu viriles… Cela fait un moment que je n’ai pas regardé la position de Orange II : notre préoccupation principale est de sortir de cette zone de houle de Sud et de retrouver des vents portants pour regagner tout le potentiel de Groupama 3 ! Le bilan médical est plutôt positif : il n’y a que quelques irritations de la peau…Mais il faut faire attention en ce moment avec les conditions de mer que nous avons.»

Dick et Foxall à Gibraltar aujourd’hui

Virbac
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Ce vendredi matin, Jean Pierre Dick et Damian Foxall sont dans le goulet d’étranglement qui sépare la péninsule ibérique de l’Afrique du nord. Après un long bord en direction du Maroc entamé hier jeudi, ils ont viré ce matin et naviguent tribord amure… toujours au près. Le flux d’Est qu’ils rencontrent va de plus se renforcer en cours de journée (une trentaine de nœuds) avec probablement une mer hachée. Ce sera donc un passage de Gibraltar mouvementé attendu cet après-midi vers 15h00 et une entrée en Méditerranée durement gagnée.

Hugo Boss va freiner lui aussi

335 milles derrière, Hugo Boss a encore grignoté 114 milles en 24 heures, mais l’hémorragie devrait en rester là. A l’ouest du Portugal, les hommes en noir vont devoir virer pour redescendre vers Gibraltar, et vont eux aussi rencontrer des vents contraires.
Temenos II est lui aussi au près, dans 15 nœuds de nord. Dominique Wavre et Michèle Paret se trouvent au sud d’une petite dépression qui s’est formée du côté des Canaries.L’option à l’ouest de son poursuivant Mutua Madrileña n’a pas porté ses fruits. Le tandem espagnol a revu sa copie et viré dans la nuit pour se recaler à l’est : une perte de terrain pour un résultat sans dividende. Ils naviguent désormais dans le même système que Temenos.
Enfin, le seul bateau à ne pas évoluer face au vent est Educacion sin Fronteras, qui progresse à 11,3 nœuds moyens (ces quatre dernières heures) dans l’alizé de sud-est. Ce matin, Albert et Servane sont donc les plus rapides de la flotte et pointent à 74 milles de la porte de Fernando de Noronha.

Gitana 13 enfin dans le Pacifique

LemonchoisGitana13auHorn
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Tout vient à point à qui sait attendre … Ce proverbe qui trouve son origine dans l’œuvre du poète français Clément Marot, sied aujourd’hui à merveille aux marins du Gitana Team. Après cinq jours de stand by forcé le long des rivages de la Terre de Feu, Lionel Lemonchois et ses neuf équipiers ont pu profiter d’une accalmie pour reprendre leur route en direction de San Francisco. Mais la centaine de milles qui séparait hier encore Gitana 13 du Cap Horn n’a pas été une partie de plaisir, comme le confirmait le skipper à son équipe à terre : « Nous nous tenions prêts à l’entrée du Détroit de Le Maire depuis mercredi soir, mais il nous a fallu patienter une nouvelle fois : 40 nœuds de vent et une mer toujours forte n’étant pas les conditions idéales pour emprunter le Détroit. C’est finalement à 10h30 jeudi matin que nous nous sommes engouffrés dans cette étroite passe, où les 5 à 6 mètres de creux ne nous ont pas autorisé à dépasser les 8 à 9 nœuds de vitesse. Ca tapait beaucoup trop. Puis, nous avons rasé les cailloux pour essayer de ne pas trop se faire ralentir par la mer et rejoindre la pointe sud-américaine au louvoyage »

Gagner vite dans le Nord-Ouest

Le Cap Horn dans son sillage, ce sont désormais les eaux du Pacifique qui se présentent devant les étraves de Gitana 13 : « Au passage du Horn nous avons fait un bord au Sud-Sud Ouest de façon à nous dégager des côtes particulièrement mauvaises dans le coin et à aller chercher une bascule de vent favorable. Là nous sommes repartis au cap au 295. L’objectif de ces prochains jours est clair : essayer de gagner assez vite dans le Nord-Ouest afin de ne pas tomber dans la dorsale d’une dépression, actuellement en formation plus au Nord. Nous devrons négocier le passage de ces basses pressions sur notre route. Ce seront quelques heures de mer peu confortables mais lors de notre rencontre nous serons en théorie loin des côtes, ce qui est déjà beaucoup moins gênant » expliquait Lionel Lemonchois.
A bord du catamaran de 33 mètres, ces quelques jours « hors du temps » ont été mis à profit pour se reposer et aborder ainsi la remontée le long des côtes Ouest de l’Amérique Latine en pleine forme. Tout comme les hommes, c’est à 100 % de son potentiel que Gitana 13 s’engage sur les quelques 6200 milles lui restant à parcourir.  Alors, loin de se décourager de ces cinq jours perdus au bon vouloir d’Eole, Lionel Lemonchois et ses neuf équipiers repartent à l’assaut de la Route de l’Or forts d’une motivation intacte.

L’histoire du "Cap Dur"

Par 55°59 Sud et 67°16 Ouest se dresse le plus sud et le plus légendaire des grands caps : Le Cap Horn. Haut de 425 mètres, il est situé à l’extrémité sud chilienne de la Terre de Feu sur l’île Horn, qui dépend de l’archipel des Iles Hermite.

Découvert en 1616 par le commerçant Jacob Le Maire et le navigateur Wilhem Schouten, le fameux promontoire doit son nom au port hollandais de Hoorne, qui avait soutenu les deux hommes dans leur expédition. Car à l’époque, Le Maire et Schouten cherchaient à trouver une nouvelle route maritime vers le Pacifique et l’archipel des Moluques, afin de pouvoir contourner les restrictions commerciales imposées par la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales. C’est ainsi qu’avec un régiment de marins ils prirent la mer à bord de deux voiliers – l’Eendracht et le Hoorne-, afin d’explorer l’hypothèse soulevée quelques années plus tôt par Francis Drake.
En 1578, ce corsaire anglais, lancé dans une expédition de pillage des colonies espagnoles d’Amérique du Sud, avait emprunté le Détroit de Magellan pour rejoindre le Pacifique. A la sortie de ce dernier, il se trouva pris dans une succession de tempêtes qui le firent dériver jusque 70° de latitude Sud, et suffisamment à l’est pour qu’il estime s’être retrouvé dans l’Océan Atlantique. C’est pourquoi le passage entre le Sud du continent américain et l’Antarctique porte son nom.

Les chiffres du record

Départ de New York : Mercredi 16 janvier, à 17h29 (heure française)
Passage à l’équateur : Mercredi 23 janvier à 8h24 (heure française),
Temps de passage – 6 jours 14 heures 52 minutes
Passage du Cap Horn : Vendredi 8 février à 00h54 (heure française),
Temps de passage – 22 jours 7 heures 25 minutes

Le temps à battre : 57 jours 3 heures 21 minutes 45 secondes, record établi par Yves Parlier et son équipage en 1998.

Hémorragie de milles stoppée par les hommes de Cammas

Groupama 3 - Franck Cammas
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Depuis le passage de l’équateur, la marge d’écart entre la position virtuelle de Orange II et le placement réel de Groupama 3 joue au yo-yo : de 60 milles au Canaries, l’avance passait à plus de 200 milles au Cap Vert, 400 milles à l’équateur, 650 milles au large du Brésil, mais moins de 400 milles à Bonne Espérance, à peine plus de 300 milles hier et seulement 200 milles ce vendredi matin. Comme au casino, il est plus facile de perdre que de gagner et avec cette météo loterie, la roue a tourné dans le mauvais sens… Mais les hommes du trimaran géant font face et, s’ils doivent encore patienter une bonne demie journée, ils restent confiants dans les conditions à venir. Elles devraient permettre de glisser sur la longue houle d’Ouest de l’océan Indien dans une belle brise portante dès ce week-end. L’hémorragie est donc circonscrite et elle n’a pas laissé de séquelles dans le moral de l’équipage qui s’est fait surprendre cette nuit par l’atterrissage d’un passager clandestin…

Un albatros à bord !

« Notre route suit son cours, dans une mer toujours forte, mais qui se calme un peu. On est encore dans cette zone de houle pendant 24 heures, mais c’est mieux qu’hier. Il y a eu un passager clandestin dans la nuit : un albatros… Il s’est probablement posé dans l’obscurité et nous ne l’avions pas vu : il est resté jusqu’à ce matin ! On l’a lancé en l’air pour qu’il s’envole de nouveau. Il n’était pas trop gros, avait un beau bec jaune et des plumes toutes blanches. Peut-être a-t-il atterri parce qu’il était fatigué ou alors il s’est pris dans un hauban. Il ne pouvait pas repartir tout seul… C’est très sauvage et très rare de les voir atterrir. Mais on n’a pas eu le temps de le baguer ! » remarquait Franck Cammas à la vacation radio du jour.

Creuser à Crozet

Déjà au Nord des îles Prince-Édouard et Marion (47° Sud – 36° Est), Groupama 3 navigue toujours travers au vent et à la lame dans une brise d’une vingtaine de noeuds de Sud qui mollit lentement. En bordure orientale d’un anticyclone, Franck Cammas et ses neuf équipiers voient donc progressivement les conditions de navigation s’améliorer et ce sont des vents de secteur Ouest qui vont souffler pour le week-end en se renforçant. Encore situé sur le 39° Sud ce vendredi après-midi, le trimaran géant va enfin pouvoir incurver sa route vers le sud-est pour plonger entre l’île Crozet et l’archipel des Kerguelen et se recaler sur le 45° Sud. La distance gagnée sur le parcours sera donc rapidement plus courte puisque l’on fait le tour de la Terre en quelques secondes aux pôles, alors qu’il faut beaucoup plus de temps sur l’équateur.

« Le vent est compliqué en ce moment avec 15 à 25 noeuds en risée. On est sous deux ris dans la grand-voile et trinquette… On part à 28 noeuds sur une vague et en bas, on n’est plus qu’à 15 noeuds ! Le vent va devenir un peu plus stable dans la journée et l’on va commencer à se glisser un peu plus dans le Sud. Les vents d’Ouest reviennent dès demain jusqu’au Kerguelen où nous pourrons empanner… Il est tout de même inhabituel de faire du vent de travers pendant 50 heures dans l’Océan Indien… » confirmait le skipper de Groupama 3.

Ainsi, le rythme va de nouveau s’accélérer et ce pour un bout de temps car la circulation des dépressions sur le 45° Sud semble continue ces prochains jours. Certes la température de l’air va chuter, certes il faudra être encore plus attentif à la barre pour négocier des vagues plus abruptes, certes il va falloir bien jouer avec les rotations du vent pour effectuer le minimum de distance autour de l’Antarctique. Mais après cette « pause indienne » inattendue, l’équipage va réellement entrer dans le Grand Sud et ce, jusqu’au cap Horn… Changement de vie, changement d’ambiance, changement de ciel et surtout changement de braquet ! Contenant son écart à 200 milles, Groupama 3 devrait ainsi reconstituer son « coussin » d’avance car Orange II n’avait pas été si rapide que cela il y a trois ans jusqu’à l’entrée du Pacifique…

Ils ont dit

Franck Cammas, skipper de Groupama 3 : « En terme de confort et d’état de la mer, la situation s’améliore mais reste difficile, il faut s’attacher, il y a de l’eau sur le pont et il est très difficile de se tenir. C’est un peu le problème de ces conditions de navigation, elles font souffrir l’équipage et la structure du bateau […] ››« Il est très rare de pouvoir approcher un albatros, il avait un beau bec jaune et un corps superbe, tout blanc. C’était étonnant de le voir réagir comme un pigeon voyageur qu’on peut parfois trouver en Manche.»

Baston finale à Gibraltar

Jean-Pierre Dick qualifié
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« Tu veux le chiffre du jour ? 42 noeuds. On passe dans la partie la plus ventée de Gibraltar. C’est très impressionnant. La mer est blanche et il y a des cargos. On vient de passer à 300 mètres d’un porte-containers absolument énorme. La mer est très cabossée, ça tape partout et on a du mal à tenir à bord du bateau. Il a des moments, c’est à la limite du danger, on espère que tout va bien se passer »… voilà comment Jean Pierre Dick décrivait la situation vendredi à la vacation. La conversation s’est d’ailleurs résumée à un bref échange, l’urgence étant pour l’équipage de préparer le prochain virement. « Dans ces conditions, si tu rates une manoeuvre, cela peut prendre de centaines de mètres voire des milles pour la rattraper, ça peut vite être la ‘cata’» commente Sébastien Josse, invité spécial de la visio -onférence.
A 7 noeuds de moyenne, face à des vagues aussi hautes qu’abruptes et au milieu d’un trafic maritime intense, Paprec-Virbac 2 tire des bords entre l’Espagne et le Maroc, dans ce goulet d’étranglement d’à peine 14 km de large. C’est donc une entrée brutale dans les eaux Méditerranéennes que les leaders s’apprêtent à vivre. Ils devaient doubler le rocher proprement dit ce vendredi soir vers 19h.

Attention à la casse

Cette nuit et encore demain aux abords de la mer d’Alboran, les conditions seront toujours très musclées. Un final en guise de punition après 90 jours de mer et surtout, un final chargé d’angoisse pour le matériel, aussi érodé que les hommes. « Il arrive un moment où tu ne peux plus sous-toiler le bateau parce qu’avec cette mer, il faut rester manoeuvrant. J’imagine qu’ils doivent être très attentifs. Le mât mais aussi les voiles, les poulies, tout doit être fatigué » poursuit Sébastien Josse. Plus que jamais, l’arrivée sur les pontons de Barcelone (prévue lundi 11), sera un soulagement pour Dick et Foxall. 340 milles derrière, Hugo Boss risque, d’ici 24 heures, de subir le même sort. Pour l’instant, Alex Thomson et Andrew Cape se trouvent au large du Portugal, pratiquement à la latitude de Lisbonne, soit très au nord de la trajectoire directe. Le bateau noir navigue au près océanique dans un vent de sud-est et devra virer pour viser l’entrée du détroit. Au fur et à mesure de sa progression, il devrait à son tour rencontrer un flux d’est fort. L’équipage anglo-saxon est attendu à Gibraltar ce dimanche.

Temenos II « comme au cinéma »

Pour les poursuivants, qui progressent eux aussi face au vent entre le Cap Vert et les Canaries, le prochain obstacle est une dépression orageuse dont l’évolution est aléatoire. A la vacation, Dominique Wavre entrevoyait de délicats jours à venir mais profitait aussi du moment présent : « on a grand soleil, 15 à 20 noeuds de vent, il fait bon, c’est comme au cinéma ! ». Mutua Madrileña, qui avait tenté la veille un décalage à l’ouest, a vu son option tomber à l’eau, faute d’une bascule de vent favorable. Le tandem espagnol conserve plus de 130 milles de retard sur le troisième de la course. Enfin, le seul équipage à avancer au portant aujourd’hui n’est autre qu’Educacion sin Fronteras. Servane Escoffier et Albert Barguès s’apprêtent à passer ce soir (après 20h00) la porte brésilienne de Fernando de Noronha. Devant leurs étraves : le pot au noir, synonyme de retour prochain dans l’hémisphère nord.

Le classement du 8 février à 15h

1 PAPREC-VIRBAC 2 à 542,4 milles de l’arrivée
2 HUGO BOSS à 341,8 milles des leaders
3 TEMENOS 2 à 1469,2 milles
4 MUTUA MADRILENA 1603,6 milles
5 EDUCACION SIN FRONTERAS à 2761,0 milles
ABD VEOLIA ENVIRONNEMENT
ABD ESTRELLA DAMM
ABD DELTA DORE
ABD PRB

(source BWR)

Gitana 13 remet en route vers le Horn

Gitana XIII
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« Pour notre passage du Horn, le vent devrait avoir faibli à 25 nœuds … mais la centaine de milles qui nous sépare du Cap ne sera vraiment pas une partie de plaisir ! » explique Dominic Vittet. Car c’est au près que le maxi-catamaran de 33 mètres devra se frayer un chemin jusqu’à la pointe sud-américaine.Une allure bien peu adaptée aux multicoques… Heureusement, sitôt le légendaire promontoire paré, Lionel Lemonchois et ses neuf équipiers attendent une rotation du vent à l’Est-Sud Est ; une bascule synonyme de vents portants : « 50 milles après le Horn, le vent va tourner et s’orienter en notre faveur. Ce flux nous permettra de mettre cap à l’Ouest-Nord Ouest pour aller chercher une nouvelle dépression » précise Dominic Vittet.

Le passage du Cap Horn est programmé dans la soirée, voire demain vendredi, dans la matinée. Cette estimation dépendra non seulement de la capacité de Gitana 13 à remonter au vent sur les 110 milles nautiques qui séparent le Détroit de Lemaire du fameux rocher, mais également de l’état de la mer et de la force du vent que rencontreront réellement les dix marins. Bien que au portant, la remontée le long des côtes déchiquetées du Chili s’annonce également délicate pour l’équipage de Lionel Lemonchois.
« Nous sommes naturellement ravis que cette attente se termine. Compte tenu de la situation météo nous n’avions pas d’autre choix que de faire le dos rond, mais c’est assez dur lorsque l’on part pour une course contre la montre de se retrouver à patienter en zigzaguant le long des côtes. C’est assez drôle de vivre des situations proches de celles des récits historiques que l’on a pu lire sur le Cap Horn. Cela ajoute de la magie aux lieux et à notre aventure » raconte un des équipiers du bord, Olivier Wroczynski.

(Source Gitana Team)

Le carnet de bord par Nicolas Raynaud

"Cinq jours que l’on patiente à la porte du grand océan pacifique. Pas si pacifique que ça d’ailleurs, vu ce qu’ Eole nous a réservé cette fois-ci. Dépressions sur dépressions, le Horn ne voulait pas nous laisser passer. Sous ces latitudes, dame nature impose sa loi, de façon brutale, sans discussion possible et sans compromis : pas de place pour les inconscients, beaucoup y ont laissé la vie. A bord, seuls trois d’entre nous sont déjà venus se confronter aux rigueurs du grand Sud. En dehors de la performance du record de cette légendaire route maritime, chaque membre d’équipage de GITANA 13 a embarqué dans cette aventure pour la même raison : passer le cap Horn, contre vents et marées ! Peu importe le temps que cela prendra ou ce qu’il faudra endurer, personne à bord ne songe à se plaindre, on est venu pour ça et on y arrivera! Pour nous, coureurs au large ou plus simplement marins, c’est un peu notre Graal, il faut avoir fait ça au moins une fois dans sa vie : trophée inutile, décoration invisible, peu importe… Certains peut-être, transformeront ça par un anneau dans l’oreille, comme une distinction, une appartenance à un groupe. D’autres auront simplement la satisfaction de l’avoir fait. En tous cas, que ce soit la première fois ou pas, nous garderons tous des souvenirs exceptionnels gravés dans nos cœurs et dans nos têtes, et c’est, je crois, après cela que l’on court avant tout. Le Cap Horn, on a envie d’y aller… et quand on y est on a envie d’en partir au plus vite!"

Grosse mer pour le leader et retour d’Hugo Boss

hugo boss
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A environ 24 heures du détroit de Gibraltar et comme prévu, Jean-Pierre Dick et Damian Foxall reçoivent une "correction" totalement imméritée, et ne s’attendent pas à voir le bout du tunnel de sitôt. Paprec-Virbac 2 affronte une mer abrupte de face, tandis que les deux co-skippers tâchent de négocier au mieux chaque passage de vague, l’inquiétude pour le matériel étant naturellement plus que jamais à l’ordre du jour. "J’espère que ça va bien se passer", indiquait Jean-Pierre cet après-midi.
Et en effet, même si le ton du skipper reste posé, on décèle assez aisément dans sa voix une angoisse latente – les fichiers de vent annoncent plus de 30 noeuds de vent au passage de Gibraltar, à quoi il faut ajouter une mer courte et un trafic maritime important… Bref, "pas sympa", résume Jean-Pierre alors que le bateau plante des pieux à 180 milles de l’entrée de la Méditerranée. "On réduit progressivement, on avance tant bien que mal". D’évidence, la perspective de l’arrivée à Barcelone doit être vécue comme la promesse d’une double délivrance : promesse d’échapper enfin à ces conditions musclées, et surtout de récolter les fruits d’un travail acharné.

Hugo Boss a repris 193 milles en 24 h

Dans le même temps, la progression d’Hugo Boss apparait quasi isolente : Alex Thomson et Andrew Cape ont repris 193 milles en 24 heures à Paprec-Virbac 2 ! Voilà désormais les "men in black" à moins de 400 milles des leaders, avec une vitesse toujours supérieure de près de 50%… grâce à un flux de sud-est qui ne semble pas faiblir ni basculer pour le moment. Joint hier, Andrew Cape avouait ne pas s’attendre à ce que la situation météo change avant une trentaine d’heures, ce qui laisserait envisager une transition se jouant ce soir ? A surveiller de près, tout comme le duel pour la troisième place qui a évolué à la faveur de la nuit. Mutua Madrileña s’est en effet légèrement décalé dans l’ouest, tandis que Temenos II a effectué une série de virements afin de traverser l’anticyclone. Visiblement, la "petite idée" dont nous parlait Dominique Wavre hier a été mise en application avec succès, et le skipper Suisse n’avait aujourd’hui pas l’air mécontent de ses affaires. "On est tout à fait contents de l’endroit où on se trouve", a-t-il en effet annoncé, "on ne s’est jamais arrêtés, et on progresse bien en direction du but. Les deux prochaines journées seront probablement cruciales, et il s’agira de rester vigilants sur les réglages et la vitesse du bateau. Stratégiquement, on est assez tranquilles, étant placés entre les Espagnols et le but." Détail qui a son importance, les conditions dans lesquelles évolue Temenos II sont idylliques… "Du cinéma !", selon le skipper. Mutua Madrileña a perdu un peu de terrain et pointe désormais à 105 milles des troisièmes, l’intérêt de leur décalage ouest n’étant pas encore très évident. Du côté d’Educacion Sin Fronteras enfin, la vitesse est satisfaisante – le navire affichant la seconde meilleure vélocité de la flotte – et la porte de Fernando da Noronha n’est plus qu’à 245 milles.

Ils ont dit:
Javier Sanso, Mutua Madrileña, à propos de la route du leader:
"Pour le moment, nous sommes concentrés sur notre course, notre option ouest est pleine de possibilités. Toutes les 6 heures, il y a un nouveau scénario météo (…) Il va y avoir beaucoup de vent (à Gibraltar, ndlr), cela ne va pas être facile avec les cargos, les courants… Si quelque chose arrivait à Paprec-Virbac 2 ce serait vraiment moche."

Le classement du 07 Février à 15h:

1 PAPREC-VIRBAC 2 à 698 milles de l’arrivée
2 HUGO BOSS à 398 milles des leaders
3 TEMENOS 2 à 1527 milles
4 MUTUA MADRILENA à 1630 milles
5 EDUCACION SIN FRONTERAS à 2978 milles
ABD VEOLIA ENVIRONNEMENT
ABD ESTRELLA DAMM
ABD DELTA DORE
ABD PRB

Conditions difficiles pour Groupama 3 dans l’Indien

Groupama 3 - Franck Cammas
DR

Paradoxe de la navigation à voile : alors que Groupama 3 aligne une belle journée de près de 620 milles à 26 nœuds de moyenne, le trimaran géant continue à perdre de son avance sur le temps de référence de Orange II ! Et l’hémorragie est sévère : la moitié des 600 milles accumulés il y a deux jours, a fondu pour n’être plus que de 290 milles en ce jeudi après-midi…
Le « coup de mou » d’hier encaissé par l’équipage qui anticipait déjà cette « saignée », est toutefois passé et Franck Cammas, lors de la visioconférence de ce jeudi, apparaissait plus serein en expliquant que la « cicatrice » allait se refermer d’ici une demie journée…« Il ne fait pas très beau et le vent et la mer sont très instables. Il y a sept mètres de creux, mais les vagues sont courtes et c’est difficile de savoir comment toiler le bateau car la brise change très vite, passant de 20 à 28 nœuds : il faut que nous limitions les chocs au maximum ! Ainsi le bateau va parfois très vite au dessus de trente nœuds et s’arrête brutalement : ce n’est pas évident à gérer… Nous avons encore douze heures difficiles, ensuite la houle va s’allonger puis diminuer. Nous sommes en train de faire cap à l’Est et le plus gros de la mer devrait passer devant nous. Vendredi, ça ira mieux ! »

Une foule de houles…

Au cours des tours du monde à la voile, en course ou en record, en solitaire ou en équipage, en monocoque ou en multicoque, la manière de naviguer a profondément changé. D’abord parce que les bateaux vont plus vite, ensuite parce que les marins sont plus expérimentés, enfin parce que les prévisions météorologiques sont nettement plus fiables et sur de plus longues périodes… Gérard Petipas, navigateur d’Eric Tabarly, le rappelait lors de la vacation radio : « un compas, un couteau et un baromètre, voilà ce que nous avions pour prédire le temps… ». Même son de cloche de la part d’Eric Loizeau, skipper de Gauloises II lors du tour du monde en équipage 1977-78, qui disposait seulement de cartes isobariques réceptionnées par fax… Les temps ont changé avec des fichiers numériques d’aujourd’hui qui permettent, non seulement de prévoir la force et la direction du vent sur les cinq voir sept jours à venir, mais aussi l’état de la mer.

"ça ira mieux demain"

« Les multicoques freinent en premier lieu à cause de la mer : on est facilement à trente nœuds mais dès qu’il y a des vagues, il faut réduire la toile pour limiter la vitesse et en conséquence, cela nous fait plus de vent apparent. C’est ce vent qui est dangereux quand il varie rapidement, générant des chocs dans la mer qui font passer le bateau de 25 à 15 nœuds en quelques secondes… D’autant plus sur un trimaran, car avec ses trois coques, il y a toujours une vague qui tape très fort le flotteur au vent ! Et les vibrations se répercutent dans toute la plateforme. Les coups sont assez impressionnants… » précisait le skipper de Groupama 3.
Or, quand après un front générant de la brise forte de nord-ouest, succède un coup de vent d’Ouest puis une tempête de Sud, ces trois trains de vagues forment un chaos pyramidal extrêmement violent et surtout très imprévisible.
Cette « foule de houles » qui se mélange, compose une disharmonie ondulatoire redoutable pour les structures des multicoques, sans même parler des marins qui baignent dans les embruns, se fracassent sur les cloisons à l’intérieur et vibrent des tympans aux chevilles !
Rien de pire qu’un trimaran assaisonné à la sauce shaker… Heureusement, les multicoques ont la capacité d’accélérer pour se dégager du plus gros de la mer afin de retrouver des conditions de navigation plus performantes… Mais pour Franck Cammas et ses neuf équipiers, il faudra patienter jusqu’à l’ouverture du week-end !

Ils ont dit :

Sylvain Mondon, de Météo France, routeur :
« L’équipage de Groupama 3 va avoir 24 heures difficiles en raison de l’état de la mer, comme à la mi-journée, avec des creux qui varient entre cinq et sept mètres et des vents de travers. La mer est croisée et pénible ce qui impose de ralentir le rythme. L’objectif du week-end est d’attraper une dépression qui va se former dans le Nord des Kerguelen, pour naviguer avec des vents un peu plus favorables qui permettront de faire route vers le sud-est. La mer va s’arrondir et autorisera des vitesses plus élevées… Il sera difficile de se glisser dans le Sud de cette perturbation naissante compte tenu des vitesses de ces prochaines heures, mais le trimaran va ensuite pouvoir naviguer derrière elle avec des vents de nord-ouest qui permettront de contourner l’anticyclone stationnaire au Sud de l’Australie. Le problème pour Groupama 3, par rapport aux autres tentatives sur le Trophée Jules Verne, c’est qu’il va avoir à parcourir plus de chemin. Il va ainsi faire les trois quarts de la route dans l’Océan Indien sur le 40°, donc il va perdre au moins 700 milles par rapport à une route sur le 45° Sud… Arriver à maintenir un écart positif par rapport à Orange II sera très difficile sur cette partie du parcours ! Nous ne sommes pas dans une configuration météorologique inhabituelle puisqu’elle se reproduit une ou deux fois par quinzaine. Mais la perturbation qui passe actuellement dans le Sud de Groupama 3 est particulièrement puissante ! Ce qui est paradoxal en ce moment, c’est que le trimaran va se faire pousser par un anticyclone alors que normalement, c’est une dépression… »

Franck Cammas « Nous avons bien poussé le bateau dans l’Atlantique : il va bien et nous le découvrons maintenant dans le Sud même si pour l’instant, nous sommes obligés de lever le pied. En fait, notre plus grosse crainte, c’est l’état de la mer plus que la force du vent. Nous regardons autant les cartes de vague que les fichiers de brise pour définir notre trajectoire. Cette dépression avec sa forte houle de Sud était inévitable et il faudra pouvoir éviter autant que possible les zones de grosses vagues, de mers croisées comme en ce moment(…) "On arrive encore à mener le bateau de manière performante même si on lève le pied depuis hier soir à cause de l’état de la mer. Je suis très fier de mon équipage."

Frédéric Le Peutrec « Il y a un contraste étonnant en ce moment : nous voyons de gros albatros… et des poissons volants ! C’est incroyable… L’eau est encore très chaude. Dans la mer formée, c’est sublime de voir ces oiseaux du Sud profiter des courants ascendants et s’ils le veulent, ils vont bien plus vite que nous, sans aucun effort, en planant avec aisance, avec un petit regard en coin… »

(source Groupama Team)

Charbonnier et Bausset iront aux JO

Charbonnier Bosset 470
DR

Le comité de sélection de la Fédération Française de Voile a annoncéla sélection de Nicolas Charbonnier et d’Olivier Bausset pour les Jeux Olympiques dans la catégorie 470. L’équipage sudiste vient de prendre la quatrième place du championnat du monde à Melbourne en Australie et s’est illustré ces derniers mois par un titre de vice-champion d’Europe ainsi que par une deuxième place sur la Semaine Olympique Française de Hyères. Le barreur, Nicolas, était dans la cellule arrière du défi Areva et a donc peu navigué en 470 de 2004 à 2007. Nicolas et Olivier étaient en concurrence pour la sélection avec l’équipage nantais composé de Pierre Leboucher et Vincent Garos, qui ont été désignés comme suppléants par le Comité de Sélection, et les frères Benjamin et Romain Bonnaud. Le comité, instance composée de Philippe Gouard, Directeur Technique National, Claire Fountaine, Directrice des Equipes de France et Henry Bacchini, vice-président en charge du haut niveau, a déjà choisi les représentants tricolores dans six des onze séries olympiques.

Nicolas Charbonnier :
« Je suis content mais je ne vais pas m’enflammer. L’objectif, ce n’est pas d’aller aux JO mais d’en ramener une médaille. Je ne vois pas l’intérêt de faire les JO pour faire les JO. Il reste 180 et quelques jours et on va commencer par se reposer un peu. Nous n’avons pas fait de break depuis le mois de juin et c’est essentiel de faire une pause pour repartir motivés et frais. Pour la suite, on ne sait pas encore comment on va s’organiser car nous n’avons rien prévu. Nous ne voulions même pas y penser. On continuera à s’entraîner avec Ingrid et Nadège comme nous le faisons depuis plusieurs années. Par ailleurs, on va voir la position de Pierre et Vincent. C’est un super équipage qui nous a donné du fil à retordre et ce serait bien d’être proche d’eux mais il faut qu’on connaisse leur état d’esprit. Il est aussi possible que l’on navigue avec des étrangers comme les Israéliens avec qui nous nous entraînons souvent mais il faut qu’on en parle avec les filles et avec la fédération. Mon expérience à bord d’Areva m’a beaucoup servi et j’espère qu’elle me servira encore dans six mois. Ça n’a pas toujours été facile car j’ai moins navigué que les autres en 470 mais ça se termine bien. Au niveau psychologique, c’est clair que c’est un plus. La pression n’est pas la même quand tu es seul à bord d’un 470 et quand il y a 80 personnes autour comme sur la Coupe. »

Les sélectionnés à ce jour pour les Jeux de Pékin :
Star :
Xavier Rohart et Pascal Rambeau (YC La Pelle / SR Rochelaises)

Neil Pryde RS :X Femme :
Faustine Merret (Crocos de l’Elorn)
suppléante : Charline Picon (CN La Tremblade)

Neil Pryde RS :X homme :
Julien Bontemps (ASPTT Nantes)

Tornado :
Xavier Revil et Christophe Espagnon (SRV Annecy / SR Rochelaises Equipe de France Militaire)

470 féminin :
Ingrid Petitjean et Nadège Douroux (SN Marseille / SN Marseille)
suppléantes :
Camille Lecointre et Gwendolyn Lemaitre (SR Brest / SR Brest)

470 Masculin :
Nicolas Charbonnier et Olivier Bausset (YC Antibes / CN Ste Maxime)
suppléants :
Pierre Leboucher et Vincent Garos (ASPTT Nantes / SNO Nantes)

Note :
L’officialisation définitive des ces décisions reste toutefois soumise à la validation des principes de sélection par la Commission Nationale du sport de Haut Niveau. Et bien sûr par le respect par les coureurs sélectionnés du programme sportif prévu, de la législation anti-dopage et de leurs obligations en matière de suivi médical règlementaire.

Groupama 3 à Bonne Espérance aujourd’hui

Groupama 3 - Franck Cammas
DR

Cap plein Est à trente noeuds : au moins les premières heures de ce mercredi sont-elles fructueuses grâce à une dépression qui passe dans le Sud du trimaran géant. Mais dans les heures à venir, cette perturbation va devancer Groupama 3 qui va donc voir le vent de 25 noeuds passer du secteur Ouest-Sud-Ouest au secteur Sud ce soir. Une rotation refusante qui ne devrait pas ralentir la progression de Groupama 3 mais qui va imposer à l’équipage d’affaler le gennaker pour renvoyer le foc solent afin de naviguer vent de travers.

Cela ne poserait pas trop de problèmes si, en contrepartie, la brise n’avait pas tendance à mollir dès ce mercredi soir ! En effet, une bulle anticyclonique se forme derrière cette dépression et pourrait rattraper Groupama 3 qui ne peut pas descendre vers le Sud en raison de l’état de la mer, trop chaotique. Les prochaines heures vont donc être une course de vitesse entre le trimaran géant et les vents faibles qui arrivent par derrière alors que l’océan Indien aura déjà ouvert ses portes. Pointés à 200 milles de la longitude du cap de Bonne Espérance ce matin, Franck Cammas et son équipage devraient quitter l’océan Atlantique pour une vingtaine de jours avant de contourner le cap Horn… Avec près de 20 heures d’avance sur le temps de référence établi par Orange II en 2005 (14j 08h 19′), Groupama 3 conserve un peu de marge avant cette longue rotation autour de l’Antarctique…

On notera également que Groupama 3 a de fortes chances d’améliorer le temps de référence établi par le même Orange 2 en 2005 (7 jours 5 heures et 22 minutes) sur le parcours Equateur – cap de Bonne Espérance. Pour y parvenir, Franck Cammas et ses hommes devront franchir la longitude du cap avant 20h37 françaises ce soir.

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