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Encore du près pour le leader

Paprec virbac
DR

"Si on regarde la carte, c’est ridicule", commentait cet après-midi Andrew Cape, évoquant la trajectoire détournée que Paprec-Virbac 2 et Hugo Boss, les deux navires de tête, sont contraints d’emprunter afin d’échapper à la dorsale anticyclonique. En réalité, la situation est tout de même meilleure pour Hugo Boss que pour les leaders, qui se trouvent entre la latitude de Lisbonne et celle du cap Saint Vincent, soit très nettement au-dessus du détroit de Gibraltar. Pour ajouter l’outrage à l’injure, il va leur falloir maintenant batailler vers l’entrée de la Méditerranée au près… Le passage des colonnes d’Hercule, prévu vendredi à la mi-journée, devrait se faire dans 30 à 35 noeuds de vent de face !
Autre constat du jour : 10 noeuds de vitesse pour Paprec-Virbac 2 contre 22 pour Hugo Boss lors de la vidéo conférence du jour – le contraste est saisissant et d’évidence, les épreuves s’accumulent sous l’étrave du monocoque leader de cette Barcelona World Race, à bord duquel on a pris le parti d’en rire. "Vous ne pourriez pas tous déménager à Lisbonne et y organiser l’arrivée ?", demandait Damian Foxall avec son sens de l’humour proverbial, "après tout, nous ne sommes qu’à 12 heures de mer de cette ville." Impatient de déclencher le virement qui permettra à l’équipage de faire route directe vers Gibraltar, l’Irlandais annonçait également que cette manoeuvre ne serait que la première d’une longue série, car… "Devinez quoi ? devant nous c’est du près, du près et encore du près !"

Duel à suspense pour la 3e place

Pendant ce temps, Hugo Boss avale les milles. Le monocoque battant pavillon anglais ne devrait pas se retrouver vent debout avant une trentaine d’heures et fait un bien meilleur cap. Naturellement, comme le rappelait Capey, le stress n’est pas absent pour autant, car "dès que le bateau s’approche des 20 noeuds de vitesse, on commence à s’inquiéter pour le matériel, le principal souci est de ne rien casser" – il est vrai que la fatigue matérielle commence elle aussi à s’accumuler, et que la perspective d’une entrée musclée en mer d’Alboran n’est pas des plus rassurantes.
Pour la troisième place, l’expectative est de mise au niveau des îles du Cap Vert, à la latitude duquel le duel Temenos II – Mutua Madrileña ne baisse pas en intensité. Expectative, car la situation météo qui va changer d’ici 24 heures pourrait ouvrir le débat et donner lieu à un développement "que vous trouverez surement intéressant à suivre", prévoyait Javier Sanso. De son côté, et affichant le même laconisme à dessein mystérieux, Dominique Wavre annonçait : "si j’étais à leur place, je saurais quoi faire." D’évidence, à bord de Temenos II on s’attend à une prise de position de la part de l’équipage espagnol, tandis que la barrière anticyclonique se profile à l’horizon. "Nous avons notre petite idée pour en sortir", poursuivait Dominique, "globalement on va tâcher de progresser le plus possible (…) mais il y aura beaucoup de travail sur le pont, on va être rivés à la barre. Il n’est pas facile de travailler la tactique car les fichiers ne sont pas fiables en termes de force de vent."

De son côté, Educacion Sin Fronteras, actuellement aux prises avec un flux variable en direction, devrait voir le vent s’établir à l’est en fin de journée et passer la porte de Fernando da Noronha vendredi.

Le classement du 06 février à 15h:

1 PAPREC-VIRBAC 2 à 860 milles de l’arrivée
2 HUGO BOSS à 591 milles des leaders
3 TEMENOS 2 à 1517 milles
4 MUTUA MADRILENA à 1604 milles
5 EDUCACION SIN FRONTERAS à 2965 milles
ABD VEOLIA ENVIRONNEMENT
ABD ESTRELLA DAMM
ABD DELTA DORE
ABD PRB

(source BWR)

Gitana 13 toujours bloqué par la tempête

Gitana13routedelor
DR

A l’abri de l’archipel patagonien, Gitana 13 subit cependant les effets des tempêtes qui font rage à quelques milles de là : « depuis trois jours le vent n’est jamais tombé en dessous des 28 nœuds et hier soir un nouveau passage de front a été accompagné de 37 à 38 noeuds de vent. C’est plutôt viril comme conditions (il y a même eu jusqu’à 50 noeuds moyen avec rafales à 65 quand Gitana 13 a été forcé de s’abriter voilà trois jours, ndr) . Bien que nous devions gérer un méchant clapot nous avons trouvé refuge près des rivages de la Terre de Feu. Nous progressons sous mât seul (aucune voile n’est hissée, ndlr), mais les 40 m2 de surface de l’espar suffisent déjà à nous faire avancer à petite allure…» précise Dominic Vittet. Ces conditions peu propices à la détente n’empêchent pas le navigateur embarqué de conserver son humour : « Nous avons 30 noeuds de VMG … et par là il faut comprendre Vent Minimum Garanti !»

Faire le dos rond

La situation à laquelle se trouve aujourd’hui confronté le maxi-catamaran armé par le Baron Benjamin de Rothschild rappelle, si besoin, la complexité de ce record historique entre New York et San Francisco. Cette route commerciale, autrefois empruntée par les grands voiliers marchands, a vu bon nombre de prétendants se faire refouler aux portes du Cap Horn. Les plus tenaces croisaient des mois au large de l’Amérique du Sud avant de gagner les eaux du Pacifique, mais certains préféraient renoncer et s’engager dans un tour de l’Antarctique pour parvenir à rallier leur destination.
A bord de Gitana 13, où il est nullement question de songer à une telle éventualité, les dix marins n’ont d’autre choix que de faire le « dos rond » et de se tenir prêts à reprendre leur route à la première amélioration climatique. Un souhait qui pourrait être exaucé dans la journée de jeudi, puisque les éléments semblent enfin s’apaiser. Les hommes du Gitana Team emprunteraient ainsi une nouvelle fois – la cinquième en cinq jours – le Détroit de Le Maire pour un passage du Cap Horn dans la nuit de jeudi à vendredi. Mais là encore, la tâche sera ardue car Gitana 13 devra tirer des bords pour doubler le célèbre rocher.

(Source Gitana)

Le mot du bord, par Nicolas Raynaud :

"Aujourd’hui, à 16h38 TU, nous bouclerons notre troisième semaine de navigation, avec un cap Horn toujours devant nos étraves… D’un bon temps, nous sommes passés d’un coup à un temps moyen. L’important aujourd’hui est que le contournement du continent américain soit à nouveau au programme. En fin de nuit prochaine, soit demain jeudi en début de matinée, un front froid secondaire devrait balayer la zone du détroit de Le Maire, là où nous nous plaçons actuellement pour finir notre période de stand-by. Le vent d’ouest soufflera à 40/45 nœuds, mais nous en avons maintenant l’habitude puisque c’est le vent moyen de ces trois derniers jours ! Dès que ce front passe sur nous, nous partons derrière lui, dans une mer que nous espérons pas trop grosse et dans un vent qui devrait faiblir au fil des heures. Au programme, 110 milles de louvoyage, soit la distance entre l’entrée du détroit et l’île « Cabo de Hornos ».
Cela va donc secouer sévère dans un premier temps, puis de ce vent encore fort nous tomberons rapidement dans du vent trop faible une fois le Cap Horn passé ! Une belle zone de molle, avant l’arrivée d’une nouvelle dépression, s’installe en effet sur la zone. Mais le vent sera de secteur sud sud-est, nous offrant donc une navigation enfin au portant. Et là, dans cette période, nous allons jouer une nouvelle partie très serrée. Alors que nous amorcerons notre virage puis notre remontée vers le nord, il faudra être rapide afin de passer avant l’arrivée de la nouvelle dépression. Si celle-ci nous bloque, nous aurons droit à une nouvelle « belle » prune, avec à la clef une grosse perte de temps. Tout va se jouer donc dans cette période de molle où quelques nœuds en plus ou en moins de vent feront la différence, mais également avec la vitesse de déplacement de cette dépression. Si elle a la mauvaise idée d’aller plus vite que prévu, à coup sûr la porte vers le nord sera barrée à double tour.
En attendant l’exécution de ce joyeux programme, nous allons passer, du moins nous l’espérons (!) notre dernière journée en Terre de Feu. Cette terre hostile, désertique, aux falaises sableuses, nous aura protégés du plus gros de la mer. Reste que celle-ci nous a quand même empêché hier mardi de nous diriger vers le détroit de Magellan. Trop court, trop abrupt, nous avons du y renoncer. Alors, à la cape courante, nous avons vérifié une nouvelle fois Gitana 13 et puis, nous sommes reposés. Nous nous octroyons depuis trois jours des tranches de six heures de sommeil, les quarts de stand-by n’ayant plus de raison d’être. C’est donc en pleine forme que nous repartirons demain, direction San Francisco !"

Groupama 3 avale l’Atlantique en 13 jours !

Groupama 3 - Franck Cammas
DR

En quittant l’océan Atlantique, Groupama 3 a déjà parcouru 7 200 milles, soit plus d’un quart du parcours du Trophée Jules Verne, comptabilisé à 24 530 milles selon une route optimale possible. Et en conservant 23 heures et 30 minutes d’avance sur le temps de référence de Orange II au passage du cap des Aiguilles, limite extrême de l’Afrique du Sud, Franck Cammas et ses hommes démontrent qu’ils sont bien dans le tempo d’un Trophée Jules Verne en dessous de cinquante jours… Malgré des conditions météorologiques plus délicates à négocier qu’il y a trois ans, Groupama 3 n’a pas perdu de temps sur la descente de l’Atlantique Sud et conserve donc tous ses espoirs de battre le record de vitesse autour du monde. L’équipage a pourtant dû batailler avec de nombreux empannages et cumuler plus de milles que son prédécesseur pour parvenir, sur la tranche de parcours entre l’équateur et l’Afrique du Sud, à grappiller 2 heures et 57 minutes.
« Normalement, nous devrions améliorer le temps de Orange II en entrant dans l’océan Indien, mais ça ne va pas se jouer à beaucoup ! Nous avons fait beaucoup plus de route que Bruno Peyron dans l’Atlantique Sud, et repartir dans le Nord au début de l’océan Indien ne nous place pas super bien pour la suite. Le maxi catamaran avait fait un super parcours entre l’équateur et l’Afrique du Sud mais nous sommes quand même dans les temps du Trophée Jules Verne… C’est réconfortant ! Certes nous sommes déçus par une météo qui nous complique la vie, mais ce temps intermédiaire nous remet un peu de baume au coeur… » précisait Franck Cammas à la vacation radio du jour.

De la plume dans l’Indien

La difficulté se situe en effet pour les trois jours à venir car Groupama 3 ne va pas pouvoir suivre une route habituelle. A cause de la grosse dépression qui file sous les étraves du trimaran géant, générant une mer très grosse voire énorme avec 12 mètres de creux, Franck Cammas et ses neuf équipiers devront donc suivre une route plus Nord. Et parcourir 700 milles de plus ! Mais pour éviter cette grosse « plume », il faut savoir faire le dos rond… « Nous ne devons pas trop réduire la toile pour ne pas être rattrapé par les calmes, mais si les conditions deviennent trop mauvaises, nous abattrons un peu plus… Le vent ne sera pas trop fort dans les jours à venir, environ 25 noeuds, mais à 500 milles dans notre Sud, il y a 70 noeuds avec une grosse houle qui risque de nous gêner dès demain matin. On devrait retrouver un océan plus maniable dès demain soir, ce qui nous permettra de remettre le cap à l’Est (et non au Nord-Est)… Mais c’est la règle du jeu : Orange II a aussi perdu des heures sur certaines périodes. »

Petite avarie de cloison

De plus, le skipper de Groupama 3 indiquait qu’une cloison s’était décollée il y a une semaine : « Nous sommes dans une zone avec des vagues de cinq mètres qui sont bien orientées mais ensuite, à dix degrés près, ça peut changer la donne… A cause des chocs qui provoquent des ondes vibratoires de l’avant à l’arrière, tout est secoué à l’intérieur, les hommes et la structure. Une cloison s’est ainsi décollée il y a une semaine : on a stratifié mais il faut encore intervenir… Cela a un peu chamboulé l’organisation à bord puisque je fais la navigation et Yves Parlier s’occupe du chantier : ce n’est pas évident. On a un tout petit peu levé le pied à la barre, mais ça n’a pas changé grand-chose sur la route et sur la vitesse moyenne. Le pire moment va être dans 24 heures quand la mer sera plus par le travers… Vivement que ça passe ! »

Stéphane Guilbaud, team manager du trimaran, explique la situation : « La partie concernée est une cloison centrale du bras arrière, dénommé C-0 parce qu’elle se situe juste au milieu du bras. Pour l’instant, cette petite avarie ne pose pas de problème et l’équipage est en fin de réparation. La première partie de l’intervention a consisté à poser une plaque de carbone boulonnée le lendemain de l’incident… La cause du problème vient du fait que ce n’est pas assez solide au vu des efforts encaissés. Le team technique avait déjà rencontré ce problème sur Groupama 2, sans que cela empêche le trimaran de finir ses courses.» Les conditions de navigation ne vont donc pas être très agréables ces prochaines 48 heures…

Ils ont dit :

Franck Cammas, skipper de Groupama 3 : « Nous sommes vraiment heureux d’avoir fait cette partie du parcours dans des temps identiques à ceux du record entre l’équateur et le cap de Bonne Espérance […] C’est réconfortant, même si on aimerait avoir une météo bien meilleure(…) reste qu’on est dans un endroit où il y a beaucoup de contrastes météorologiques, dangereux pour les bateaux et les équipages mais fascinant. La faune, avec les albatros, est magnifique à voir…"

🔒 Nouveau site web et arrivée d’un Salona 42 Irc.

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Salona France annonce la mise en ligne de la nouvelle version de leur site internet sur www.salona-france.comLa société annonce aussi la commande d’un Salona 42 Racing optimisé IRC.-Pour ce bateau le chantier a dessiné un nouvel intérieur 3 cabines un bain (bâbord avant) avec un carré équipé de couchettes de mer permettant à l’unité de…

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Depuis le lancement de la classe mini, nke a su montrer son intérêt pour ce programme. Bien sur un intérêt économique mais aussi technique. Le programme correspond aux axes de développement de nke : une gamme d´instruments faible consommation et un pilote pour voilier.

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Pro Top de Gill.

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Le Pro Top de Gill est une vareuse légère et étanche destinée à la pratique sportive à la journée (dériveur, quillard de sports…)

Grâce à la technologie du tissu laminé, le Pro Top offre une finition extrêmement souple et respirante tout en assurant une protection totalement étanche. Son col au design unique s’adapte à toutes les configurations et propose un système de fermeture rapide et simple dans les conditions les plus agitées.

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Source Gill Marine
www.interdist.fr
www.gillmarine.com

23 heures d’avance pour Groupama 3

Groupama 3 - Franck Cammas
DR

En s’approchant à grande vitesse (presque 27 noeuds de moyenne sur 24 heures) du continent africain, Groupama 3 va devoir quitter l’anticyclone de Sainte Hélène pour passer dans l’océan Indien. Car en longeant la bordure Sud de ces hautes pressions, la courbure des isobares s’incurvent parallèlement aux côtes de l’Afrique du Sud et le vent tourne (adonne) du secteur Nord-Ouest à l’Ouest, puis au Sud-Ouest… Logiquement, le trimaran géant a dû enclencher un nouvel empannage cette nuit vers 4h00 TU pour ne pas poursuivre sur cette trajectoire courbe qui le faisait doucement remonter vers le Nord-Est.

Zig-zags

Evidemment, par rapport à la trace de Orange II en 2005 d’une pureté remarquable depuis l’équateur, le sillage de Groupama 3 apparaît plus chaotique mais cela est justement dû à l’impératif de glisser entre des hautes pressions au Nord et des dépressions au Sud. En basculant au secteur Ouest, le vent portant oblige Franck Cammas et son équipage à naviguer en zigzag, tribord amure ce mardi matin, bâbord amure probablement à la mi-journée. En effet, un multicoque ne doit pas progresser plein vent arrière mais avec un angle d’attaque par rapport à la brise d’environ 40° : si le vent est Ouest comme en ce moment, le trimaran a le choix entre une route au 60° (Est-Nord Est) ou un cap au 150° (Sud-Sud Est). Pour optimiser sa trajectoire, le navigateur va devoir profiter des moindres petites bascules de vent pour se recadrer. Heureusement, derrière la dépression qui passe sous Groupama 3, la brise va passer en soirée du secteur Ouest au Sud-Ouest, ce qui permettra au trimaran géant de pouvoir suivre une route plus directe, tribord amure.

A noter que, à 7h00 TU ce mardi, Bruno Peyron passait virtuellement à quelques milles près sur la position de Franck Cammas de lundi à 8h00 TU : 23 heures d’écart réel séparent donc les deux multicoques à trois ans d’intervalle…

Ils ont dit :

Jacques Caraës, équipier d’avant : « Ça glisse très bien, on déroule sur une mer plutôt sympathique avec beaucoup de manoeuvres sur une route pas très simple. Sur la plage avant, c’est très impressionnant surtout la nuit. On utilise des harnais et des longes pour notre sécurité. »

Franck Cammas, skipper de Groupama 3 : « On va rester un peu bloqués sur le nord de la route, en conservant une trajectoire au dessus des quarantièmes rugissants. »

Jolis duels à la Primo Cup

Primo Cup 2008
DR

Avec quatre jours de brise, alternant Sud/ouest et Est, c’est une partie de l’échelle Beaufort qui a été passée en revue, offrant aux 116 équipages engagés la possibilité d’afficher leur talent dans tous les types de temps. Cette première partie de la Primo Cup – Trophée Credit Suisse constitue d’emblée une épreuve de référence, tant pour le haut niveau de compétition, que les animations à terre et la dotation conséquente en vêtements SLAM et d’un chronographe Hublot pour les Dragon, la série qui a connu la plus forte participation avec 40 inscrits et la seule série à avoir navigué sur quatre jours. Que ce soit en Dragon, Star, Smeralda 888, cette édition aura été marquée par des duels très serrés pour la victoire, témoignant de la qualité du plateau.

Dix manches au total ont pu être courues pour cette 24ème édition programmée pour la deuxième année consécutive sur quatre jours pour les Dragon et sur trois jours pour les cinq autres séries qui ont pu enchaîner sept manches. Pas de temps mort entre les courses, avec un rythme soutenu, très apprécié, même si la fatigue se lisait sur les visages et les mains des coureurs. Il faut dire que le Comité de course présidé par Thierry Leret, ne leur a pas laissé de répit, à l’instar de la dernière manche où il a mouillé un parcours de 1,5 milles.
Dans ces conditions très éprouvantes de forte houle, saluons la qualité de l’assistance et de la surveillance du plan d’eau. Les 116 concurrents malmenés et victimes de nombreuses avaries, ont pu compter sur la soixantaine de bénévoles, de la SNSM, de la sureté publique et de la force publique de Monaco, venus les encadrer sur l’eau. Chaque bateau fut pris en charge, conduit au port et gruté le cas échéant avant même qu’il ait à demander de l’assistance.

Dragon (40 inscrits) – 10 courses
1: "Bunker Queen"Wieser Marcus (39 pts) Ukraine.
2: "Jerboa" Wilkinson-Cox Gavia (72 pts)Grande-Bretagne.
3: "Ariston" Kniffka Harro (80pts) Suisse.

Star (7 inscrits) – 6 manches
1: "Fritz The Cat" Rotermund Philipp (7 pts) Allemagne.
2: "Fram" Gautschi Christoph (10 pts) Suisse.
3: "Www.Tracciadigitale.Com" Moschioni Vito (16 pts)Italie.

Surprise (34 inscrits) – 7 courses
1: "Dream" Fravezzi Albino (13 pts) Italie.
2: "Cer 3 Real Time Forex" Clerc Jerome (18 pts) Suisse.
3: "Cer 1 Implenia" David Etienne (20 pts) Suisse.

Smeralda 888 (10 inscrits) – 7 courses
1: "Vamos Mi Amor" Gianluca Perris / Bourbon Charles (12 pts) Monaco.
2: "Fire" Mangifesta Roberto (13 pts) Monaco.
3: "Another Affair"Basson Paul (14 pts) Monaco.

J/24 (11 inscrits) – 7 courses
1: "Topo Too" Jardine Stuart (8 pts) Suède.
2: "J. Hard Ultragas" Gorgerino Davide (11 pts) Italie.
3: "Just A Joke"Gastaud Gilles (23 pts)Yacht Club de Monaco

H22 (14 inscrits) – 7 courses
1: "Stilo" Fassitelli Ludovico (11 pts) Italie.
2: "Mintakino" Ivaldi Francesco (17 pts)Italie.
3: "Vetille" Mazarguil Pierre (20 pts) France.

Le deuxième wek-end aura lieu du 7 au 10 février. Une centaine de concurrents est attendue dans les sept séries en lice : Platu 25, Mumm 30, First 40.7, Melges 24, Swan 42 et Melges 32 et Laser SB3.

Le duo Dick-Foxall à 1000 milles du but

Paprec virbac
DR

Belle progression pour les leaders qui cavalent à 14/15 noeuds depuis lundi soir. Des vitesses que l’on n’avait pas enregistrées depuis longtemps dans cette lente remontée de l’océan Atlantique. Poussés par de vents de sud-sud ouest favorables, ils ont empanné lundi après-midi et pointent enfin leur étrave vers l’Est, cap sur Gibraltar où ils sont attendus dans trois jours. En cette journée anniversaire, un an après la mise à l’eau de Paprec-Virbac 2 à Tauranga (Nouvelle-Zélande), Jean Pierre Dick aimerait pouvoir fêter cela avec une victoire à Barcelone, sans toutefois vendre la peau de l’ours : « nous restons toujours très attentifs aux réglages et à la course. Nous ne nous voyons pas encore passer la ligne d’arrivée. Il faut rester concentré ». Ces dernières 24 heures, lui et son co-équipier peuvent se targuer d’avoir repris 150 milles à Hugo Boss. Ils auront bien besoin de cette marge. Car à mesure qu’ils approcheront de l’entrée de la Méditerranée, les choses vont se compliquer. « On aperçoit devant nous un grand ciel bleu. C’est le serpent de l’anticyclone. Nous avons déjà bien ralenti et ensuite, dès demain, nous serons au près ». Leur arrivée à Barcelone est prévue autour du 11 février.

Hugo Boss, quant à lui, poursuit sa route au vent arrière, sur la façade ouest du même anticyclone. Grand soleil, mer plate, le bateau noir glisse sans difficulté à 11 noeuds de moyenne. Alex Thomson et Andrew Cape seront soumis un bon moment à ce régime de portant avec un flux qui tendra à se renforcer sous l’influence d’un front venu de l’ouest.

Dans des alizés de nord-est modérés, au sud-ouest du Cap Vert, Temenos II et Mutua Madrileña se toisent comme toujours, à moins de 100 milles l’un de l’autre. « Je commence à en avoir l’habitude » lâche Dominique Wavre à la vacation du jour. « Mes deux précédents Vendée Globe se sont soldés en match racing océanique, une fois contre Thomas Coville, l’autre fois contre Sébastien Josse. Il y aura de la bagarre jusqu’au bout avec les Espagnols. Mais nous sommes en forme, physiquement et psychologiquement. Nous sommes très loin du radeau de la Méduse !».

En forme aussi l’équipage d’Educacion si Fronteras, même si les jambes, très peu sollicitées en ces trois mois de course, commencent à se transformer en vraies « guimauves » comme le dit Servane Escoffier. « Je me suis surprise plusieurs fois à me casser la figure en descendant ou en remontant dans le cockpit » raconte t-elle. « C’est de l’usure physique bien normale. Heureusement, nous arrivons dans des latitudes plus chaudes. Nous avons vu nos premiers poissons volants ». Le dernier bateau de la flotte remonte ‘piano’ vers le nord, toujours face à des vents contraires, en attendant l’arrivée plus franche des alizés de sud-est.

Le classement du 05/02/08 à 14h00 GMT :

1 PAPREC-VIRBAC 2 à 1079,9 milles de l’arrivée
2 HUGO BOSS à 678,3 milles des leaders
3 TEMENOS 2 à 1507,7 milles
4 MUTUA MADRILENA à 1602,6 milles
5 EDUCACION SIN FRONTERAS à 2968,0 milles
ABD VEOLIA ENVIRONNEMENT
ABD ESTRELLA DAMM
ABD DELTA DORE
ABD PRB

La situation se complique pour Groupama

Groupama 2 Franck Cammas
DR

23 heures d’écart entre Orange II et Groupama 3 avec trois années d’écart ! Le maxi-catamaran de Bruno Peyron est passé virtuellement ce mardi à 8h00 TU sur la même trajectoire que le trimaran géant, avec 590 milles de retard… Franck Cammas et ses hommes ont ainsi gagné deux heures et demi depuis leur passage de l’équateur malgré une succession d’empannages qui les a ralenti. En effet, si depuis deux jours, les moyennes frisent voire dépassent les 27 nœuds de moyenne, le trimaran a rallongé sa route en effectuant des crochets successifs vers le Sud-Ouest pour se dégager des pièges de l’anticyclone de Sainte Hélène. Le catamaran de Bruno Peyron n’avait pas eu à résoudre cette problématique en réalisant une courbe presque parfaite de l’équateur aux 40èmes à des vitesses équivalentes. Résultat : plus de route pour une même vitesse et la marge de manœuvre de Groupama 3 s’est réduite de 80 milles en une demie journée…

Des espoirs à Bonne Espérance ?

Pourtant, comme chez tous les navigateurs, les regards se portent vers les étraves et non dans le sillage. Et de fait, la situation se complique en entrant mercredi après-midi dans l’océan Indien, quand Groupama 3 aura quitté l’Atlantique. Franck Cammas et ses neuf équipiers retrouveront un système dépressionnaire qui, malheureusement, ne perdurera pas très longtemps. Une bulle de hautes pressions vient en effet se glisser sous le continent africain et va rattraper le multicoque avec, au programme du vent faible de Sud puis de Nord dans ces parages balayés par des houles alternativement de Nord-Ouest et de Sud-Ouest. Le multicoque et son équipage s’attendent à se faire salement secouer !

« Nous naviguons en ce moment avec 25 nœuds de vent d’Ouest : nous avons fait des recalages cette nuit mais la mer à 15°C est dans le bon sens. Et il fait encore très bon dehors même si c’est gris avec un front venu du Sud qui va nous amener un peu de froid. Nous attendons une dernière rotation de la brise pour empanner, car le vent va refuser et passer au Sud-Ouest : nous pourrons alors faire route plein Est… Mais ensuite, nous serons bloqués entre beaucoup de mer et du vent refusant… Nous serons obligés de rester sur une route assez Nord en attendant le front suivant. Ce n’est pas très joyeux comme prévision… Le passage sur la longitude du cap de Bonne Espérance est toujours programmé pour mercredi en fin d’après-midi mais on essaye surtout de gérer ce qui se passera après… Il va bien falloir qu’on aille dans le Sud ! » indiquait Franck Cammas

Les prévisions pour ces premiers jours « indiens » ne sont donc pas très optimistes et Franck Cammas accusait le coup lors de la vacation radio du jour. Mais Groupama 3 a déjà prouvé lors de sa descente de l’Atlantique, qu’il restait extrêmement véloce dans les brises supérieures à dix nœuds. Reste à savoir aussi si cette bulle va rester figée sous le cap de Bonne Espérance en s’élargissant ou si elle va se faire pousser par une nouvelle dépression qui est attendue jeudi soir au Sud de Cape Town. Dans le premier cas, le ralentissement pourrait absorber la journée d’avance de Groupama 3 sur le temps de référence ; dans le second, ce petit « coup de mou » serait seulement une égratignure au moral.

Ils ont dit :

Franck Cammas, skipper et barreur :
« Je pense que nous aurions été capables de faire mieux en terme de temps au passage de Bonne Espérance, mais la météo n’a pas été très favorable depuis le départ. La route est encore longue et nous espérons gagner du terrain par la suite. La première partie de l’Indien sera difficile avec le risque de perdre une journée et demie : un système anticyclonique remonte sur nous. Nous n’aurons pas assez de vitesse pour passer devant… Ce n’est pas bon pour le moral mais l’équipage va bien et nous tenons bien le rythme dans les quarts.
Groupama 3 est plutôt rapide dans le petit temps et le vent médium. Dans l’Atlantique, on peut jouer avec la pression et se rapprocher des zones de calmes mais dans le Sud, il vaut mieux aller chercher des vents portants avec un bon état de la mer. On ne s’empêche pas d’aller dans du vent fort mais il faut qu’il soit bien orienté. On peut anticiper précisément sur 48 heures environ en terme de fiabilité des prévisions météo.
Le premier albatros que j’ai vu hier matin, on aurait dit un planeur télécommandé : impressionnant par sa taille, par son vol sans effort… Ce fut une belle image, comme celles que j’avais vues dans les livres avant de venir jusqu’ici ! »

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