- Publicité -
Accueil Blog Page 1539

Sur un long bord vers les îles

Kito De Pavant - Groupe Bel
DR

Si jusqu’à hier encore les marins avouaient toujours souffrir de l’humidité imprégnant vêtements et intérieurs, l’heure est désormais d’avantage à la glisse vers un confort qui, s’il reste relatif, n’en demeure pas moins très appréciable. Le poste de barre devient alors plus fréquenté et les nuits s’organisent à un rythme nouveau, laissant les fines lames s’adonner à l’art du pilotage tout en subtilité. Dans des vents plus favorables en direction et parfois instables en force, chacun cherche à gagner au plus vite vers les Antilles, la chaleur et un nouvel acte.

Les réjouissances s’annoncent donc et vont surtout permettre de jouer la vitesse, mettant de côté pour un temps les grandes manœuvres stratégiques. Derrière, une fois passés du côté de ces îles aux noms évocateurs, l’expérience des uns et des autres fera son office. Depuis plusieurs jours, les lauriers reviennent à Marc Guillemot et Charles Caudrelier Bénac qui ont toutefois vu Kito de Pavant et François Gabart faire un retour en fanfare dans leur sillage. Ces deux monocoques constituent avec Mike Golding et Javier Sanso, le trio de tête du moment. Notons cependant que l’équipage britannico-espagnol s’est vu légèrement décrocher ces dernières heures, faisant tourner la lutte à un duel franco-français.

En Multi50, Franck-Yves Escoffier et Erwan Le Roux poursuivent leur cavalcade solitaire et impériale. Difficile aujourd’hui d’imaginer un autre épilogue que celui de leur couronnement au Costa Rica, laissant les duos Victorien Erussard – Loic Fecquet et Lalou Roucayrol – Amaiur Alfaro se battre pour la deuxième et la troisième place.

Ils ont dit…
Michel Desjoyeaux – Foncia – 4ème au classement de 5h
« Nous ne sommes pas mécontents du classement de ce matin, ça a bien marché cette nuit. Le vent reste très variable, c’est difficile de trouver les bons réglages et les bons caps. On a 15/20 nœuds, donc ça a un peu molli. Ca glissait mieux hier. Ca va être moins rapide à partir de maintenant mais ce sera aussi moins mouillé. On va commencer à entrer dans l’alizé et à s’éloigner de l’anticyclone. On devrait avoir un vent qui va rester autour de 15/20 nœuds quasiment jusqu’aux Antilles. Les camarades de devant sont vraiment loin maintenant, donc on ne s’en occupe plus trop. Avant qu’ils empannent on pouvait encore y croire, mais maintenant que nous sommes sur la même trajectoire et qu’on a la même philosophie ça va être difficile. On s’occupe plutôt de ceux qui sont autour de nous

Erwan Leroux – Crêpes Whaou ! – 1er au classement Multi50 de 5h
«Actuellement on est au portant dans l’alizé et nous avons empanné vers la Barbade hier soir. On a un ris dans la grand voile et le gennaker et on avance entre 18 et 20 nœuds. La mer est plutôt belle et il y a moins de secousses, on arrive à mieux vivre. C’est notre première nuit en petite tenue et en ciré. Il fait chaud et l’eau est chaude aussi. C’est les alizés quoi ! Mais il faut quand même être vigilent car on a quand même du vent qui monte un peu de temps en temps et qui refuse. Ce qui nous attend maintenant c’est un long bord pour descendre sur La Barbade. Ca va durer au moins 2 jours et demi. »

Arnaud Boissières – Akena Vérandas – 9ème au classement de 5h
« Ca va nickel ! On est dans les alizés, on se fait des petits relais réguliers à la barre. La bonne nouvelle c’est que depuis hier on peu enfin sécher. Ca change la vie, c’est une autre manière de naviguer. Sinon le vent devrait légèrement mollir et va faire de l’est, a priori toute la journée. On a 15/20 nœuds, parfois un peu plus. On a un long bord qui nous attend maintenant ».

Classement de 8 h
Monocoques
1 SAFRAN Marc Guillemot – Charles Caudrelier Benac à 2280,6 milles de l’arrivée
2 GROUPE BEL Kito De Pavant – François Gabart à 26,2 milles
3 MIKE GOLDING YACHT RACING Mike Golding – Javier Sanso à 99,5 milles

Multicoques
1 CRÊPES WHAOU ! Franck Yves Escoffier – Erwan Leroux à 2721 milles
2 GUYADER POUR URGENCE CLIMATIQUE Victorien Erussard – Loic Fecquet à 748,3 milles
3 REGION AQUITAINE-PORT MEDOC Lalou Roucayrol – Amaiur Alfaro à 788,1 milles

- Publicité -

Le plaisir des alizés pour certains…

safran
DR

Aux longues heures de près, succèdent maintenant les grandes cavalcades sous spi ou sous gennaker. Finalement la course au large a parfois des allures de retour à une sorte de posture primitive. Dormir, manger, se laisser bercer par la musique de la coque qui surfe sur les vagues, jusqu’à ce que le choc d’une vague rappelle qu’on est engagé dans une course de vitesse. Sur le pont, on continue de faire marcher au plus vite avec l’objectif de gratter des milles sur la concurrence.

A bord de Safran, Marc Guillemot et Charles Caudrelier ont forcément la tentation de regarder dans le rétroviseur de leur monocoque, le retour de Kito de Pavant et François Gabart (Groupe Bel). Le train d’enfer mené par les deux leaders auquel s’accrochent avec vaillance Mike Golding et Javier Sanso (Mike Golding Yacht Racing) les met provisoirement à l’abri d’un retour inopiné de leurs poursuivants. D’autres ont tout autant intérêt à progresser au plus vite : ainsi Victorien Erussard et Loïc Féquet (Guyader pour Urgence Climatique) mettent-ils les bouchées doubles, non pour tenter de grappiller des places, mais pour échapper à l’anticyclone qui se reconstitue dans leur nord et pourrait bien les engluer dans des calmes.

Prince de Bretagne, la double peine ; Hugo Boss, la déchirure
Pour d’autres, ces problématiques ne sont pas d’actualités. L’équipage de Prince de Bretagne, pour la deuxième fois, a vu son rail de grand-voile s’arracher dans le mauvais temps. La réparation initiale a tenu, mais c’est juste au dessus que le mal s’est manifesté cette fois. Dans leur malheur, Hervé Cléris et Christophe Dietsch se consolent en constatant que leur routage les amenait à proximité immédiate de Madère. L’île portugaise, voire les Canaries, devrait consacrer un troisième arrêt pour le trimaran des légumiers bretons.
Alex Thomson et Ross Daniel n’auront même pas de deuxième chance : après être passé sans encombre majeur au plus fort de la tempête, leur monocoque a percuté un objet flottant provoquant une déchirure d’environ 1,50m sur son flanc tribord. Après avoir pompé toute la nuit, les deux navigateurs ont choisi de retourner vers les Açores et ont notifié leur abandon auprès du comité de course. Ils devraient atteindre Horta jeudi prochain, 19 novembre.

Ils ont dit :

Charles Caudrelier – Safran – 1er au classement Imoca de 11h
« On a perdu un peu de distance cette nuit, ça nous énerve un peu. Les autres ont bien navigué. Comme on a empanné plus tôt, ça leur a permis de perdre de la distance, on y a perdu une dizaine de milles mais ce n’est pas grave. C’est bien d’être en tête mais le problème, c’est d’y rester ! C’est très frustrant de penser qu’on peut se faire battre. Il nous reste 8 jours de mer, 4 jours très compliqués et sûrement de nombreuses options, plus ou moins risquées qui vont se dessiner. Je ne connais pas bien Mike Golding, mais je connais Kito et je sais que lui, il va jouer

Alex Pella – W Hotels – 9ème au classement Imoca de 17h
« Au début on n’était pas du bon côté, on a été obligé de se recaler un peu. On navigue sur l’ancien bateau de Jean-Pierre Dick et la passation du bateau s’est très bien passée, notamment lors du Tour de l’Europe. On s’est entrainé depuis le mois de mars, on en a bien profité. On remplit notre carnet de notes pour la Barcelona World Race 2010, c’est notre prochain objectif. On n’a pas encore pu se reposer entre les coups de vent et les options. On commence tout juste à récupérer un peu. »

Classement à 17 heures :

IMOCA 60
1 Safran (M Guillemot – C Caudrelier) à 2512,4 milles de l’arrivée
2 Groupe Bel (K de Pavant – F Gabart) à 28,1 milles du premier
3 Mike Golding Yacht Racing (M Golding – J Sanso) à 70 milles du premier
4 Veolia Environnement (R Jourdain – JL Nélias) à 309,4 milles du premier
5 Foncia (M Desjoyeaux – J Beyou) à 311,1 milles du premier

Multi 50 :
1 Crêpes Whaou ! (FY Escoffier – E Le Roux) à 2957,3 milles de l’arrivée
2 Guyader pour Urgence Climatique (V Erussard – L Féquet) à 692,6 milles du premier
3 Région Aquitaine Port-Médoc (L Roucayrol – A Alfaro) à 742,3 milles du premier

- Publicité -

Avarie sur Groupama 3 : Cammas abandonne sa tentative

Groupama 3
DR

Un grand crac vers 13h00 (heure française) ce lundi, mettait fin aux espoirs de Franck Cammas et ses neuf équipiers de battre le record autour du monde de Orange 2 effectué en 2005. Une cloison du bras de liaison arrière venait de rendre l’âme dans des conditions musclées puisque le trimaran géant naviguait au débridé à 90° du vent réel dans un flux puissant de Nord-Nord-Est et sur une mer agitée. L’équipage savait qu’il fallait aller vite pour rester dans le bon secteur du front chaud qui les poursuivait afin de descendre avec cette dépression brésilienne vers le cap de Bonne-Espérance. Cette faiblesse du bras de liaison a provoqué une fissure du flotteur au vent et, devant l’importance des dégâts, l’équipage a tout de suite arrêté le bateau et conclut qu’il fallait abandonner cette tentative autour du monde.

"On avait passé la nuit à bien naviguer pour rester devant le front et ce matin, Thomas Coville et Bruno Jeanjean qui étaient sur le pont, ont entendu un grand « clac » : il y avait une petite fissure entre le bras arrière et le flotteur bâbord. Ça bougeait beaucoup : on s’est arrêté plein vent arrière pour ouvrir la trappe et accéder à l’intérieur. Une partie du collage entre le bras et le flotteur au niveau de la cloison est cassé. La liaison est donc structurellement diminuée d’au moins 50%. Il est impossible de réparer en mer à cause des mouvements. En ce moment, on se fait encore secouer : il y avait 35 nœuds de vent par le travers au moment de l’avarie. Et maintenant, on s’est fait rattraper par le front et il y a 40 nœuds…
On a affalé la grand voile et Groupama 3 navigue vent arrière pour éviter les mouvements brusques. On va établir un plan de route pour éviter d’avoir trop de vent et trop de vagues. On fait cap au Sud pour laisser passer la deuxième dépression cette nuit : on repartira demain mardi matin vers Cape Town. On continue les quarts et je travaille avec Stan pour voir ce que nous allons faire par la suite. L’idée est de rentrer ensuite rapidement en France : l’équipage est partant et si nous pouvons partir avant fin janvier, c’est encore jouable pour une nouvelle tentative ! » indiquait Franck Cammas lors d’un contact téléphonique en début d’après-midi.

Présente lors de cet entretien téléphonique avec Franck, la Directrice de la communication externe de Groupama, Frédérique Granado précise : « Le plus important est que l’équipage soit sain et sauf. Notre priorité est qu’ils rallient Cape Town dans les meilleures conditions de sécurité. Nous savons pouvoir compter sur leur expérience et leur détermination pour préserver Groupama 3. Les entendre évoquer un nouveau départ cet hiver en est la meilleure preuve ».

Détournement vers l’Afrique

La solution la plus sage est donc de rallier rapidement un port pour estimer plus précisément l’importance de l’avarie et surtout pour éviter que la situation s’aggrave. Cape Town, à environ 1 700 milles des étraves du trimaran géant, s’impose donc comme l’escale technique la plus rapide à atteindre dans des conditions de vent et de mer pas trop mauvais. Il faudra tout de même compter une semaine de navigation à Groupama 3 avant qu’il ne s’amarre, puis réparer avant de remettre cap au Nord vers la France.

C’est évidemment une très grosse déception qui affecte les dix hommes embarqués depuis dix jours et demi dans cette aventure planétaire. Le trimaran avait confirmé ses redoutables performances en alignant une journée à plus de 700 milles lors de sa descente de l’Atlantique Nord et en améliorant sensiblement son propre temps de référence au passage de l’équateur : 5 jours 15 heures 23 minutes !

Au moment de l’avarie, Groupama 3 possédait encore 345 milles d’avance sur Orange 2 (soit plus d’une demi-journée) et progressait à plus de 25 nœuds de moyenne, en route directe vers l’archipel des Kerguelen. Ayant accroché une dépression brésilienne depuis dimanche après un week-end particulièrement lent, Franck Cammas et ses neuf équipiers approchaient à grands pas des Quarantièmes Rugissants.

Les voici donc stoppés en plein élan mais, comme le souligne Franck, plus motivés que jamais pour réparer et se lancer le plus rapidement possible dès cet hiver dans une nouvelle tentative.

- Publicité -

Hugo Boss contraint à l´abandon

Alex Thomson Hugo Boss Velux 5 Oceans 2006
DR

Après une inspection complète à la lumière du jour ce matin, lundi 16 novembre, le skipper d’Hugo Boss, Alex Thomson a confirmé que les dégâts subis lors de la collision se situent à l’avant côté bâbord et bien qu’assez localisée, la voie d’eau laisse entrer beaucoup d’eau dans le bateau. Les skippers sont en contact avec l’équipe technique à terre pour finaliser une réparation temporaire qui leur permettrait d’atteindre la terre la plus proche, à savoir les Açores. Bien que les dégâts restent limités, il sera effectivement impossible de colmater la voie d’eau en plein océan.

C’est ainsi qu’à 14 heures (heure française) Alex et Ross ont été contraints d’annoncer leur abandon. Hugo Boss devrait arriver à Horta aux Açores ce jeudi. La frustration est évidente à bord du monocoque noir.

Alex Thomson : « C’est un coup de massue pour toute l’équipe, car nous avons bien progressé jusqu’ici. Hugo Boss a traversé la tempête qui s’est abattue sur la flotte la semaine dernière. Vendredi dernier le bateau a été couché à plusieurs reprises par des déferlantes et malgré une dérive cassée le bateau en est sorti sans problème. Je suis toujours étonné de constater que les ingénieurs et les constructeurs réussissent à construire quelque chose d’aussi costaud pour faire face à de telles conditions et nous avions entièrement confiance dans notre bateau. Nous étions très bien placés sur le parcours et même si nous avons perdu des milles avec la casse de la dérive, notre route au nord a été une option payante, car on est restés en contact avec les leaders. Il restait encore la moitié du parcours devant nous, mais la partie dure était dans notre sillage et nous avions hâte de profiter des alizés. Je suis extrêmement déçu que notre course touche à sa fin à cause de quelque chose qui avait été jeté à la mer…. »

- Publicité -

Damien Seguin et Armel Tripon fêtent leur arrivée à Progreso

Damien Seguin/ Armel Tripon
DR

A 3 H 41 heure française (21 h 41 heure locale), CARGILL-MTTM et son équipage en terminaient donc avec cette première édition de la Solidaire du Chocolat. Au terme de 28 jours, 10 heures, 51 minutes et 55 secondes de course, Damien et Armel s’adjugent une très belle quatrième place.

A quelques minutes de franchir la ligne d’arrivée et d’en terminer avec ce mois de course difficile entre Saint Nazaire et Progreso, Damien Seguin et Armel Tripon dressaient déjà un premier bilan de leur aventure et un mot revenait en boucle : POSITIF. « Très très positif ! » même pour les deux compères visiblement heureux : « Durant tout la course, on a réussi à tirer le meilleur du bateau dans des conditions qui ne lui étaient guère propices ! Malgré cela on est dans le match tout de suite et on parvient même à maintenir la cadence face à des bateaux plus récents et plus rapides ! » Et c’est vrai : lorsqu’à mi-course, le 1er novembre, la courroie d’alternateur de CARGILL-MTTM cède, privant le bateau d’énergie et son équipage de météo et de pilote automatique, Damien Seguin et Armel Tripon faisaient alors mieux que se défendre. Naviguant quasiment à vue avec le duo Jourdren-Stamm depuis plusieurs jours, ils ne concédaient alors qu’une petite centaine de milles aux leaders. Ralentis dans leur progression faute d’informations météo fiables puis contraints d’effectuer une escale technique à Saint Barth pour réparer, des deux hommes voient alors le trio de tête s’échapper… Malgré toute leur bonne volonté, ils ne pourront jamais refaire leur retard. Mais là encore, les ligériens demeurent positifs : « Si nous n’avions pas été ainsi ralenti et si nous avions pu garder le contact avec le groupe de tête, notre course aurait pu être magnifique ! Là, elle est juste… très belle ! »

Le classement :

1 Initiatives – Novedia Tanguy De Lamotte • Adrien Hardy 26 j 16 h et 35 m et 00 s
2 Telecom Italia Giovanni Soldini • Pietro D’Ali 27 j 11 h et 00 m et 20 s
3 Cheminées Poujoulat Bruno Jourdren • Bernard Stamm 27 j 11 h et 54 m et 04 s
4 Cargill-MTTM Damien Seguin • Armel Tripon 28 j, 10 h et 51 m et 55 s

Toujours en course

5 Palanad 2 Tim Wright / Nicko Brennan à 80,19 milles
6 Desafio Cabo de Hornos Felipe Cubillos / Daniel Bravo Silva à 188.83 milles de l’arrivée
7 40 degrees Peter Harding / Miranda Merron à 219,56 milles
8. Groupe Picoty Jacques Fournier / Jean-Edouard Criquioche à 562,14 milles de l’arrivée

- Publicité -

Groupe Bel aux trousses de Safran

Kito De Pavant - Groupe Bel
DR

Ca bouge chez les Imoca et la Vache en rougit de plaisir… Tel pourrait être le premier constat d’un lundi qui débute au milieu de l’Atlantique pour les marins. Hier soir encore, Safran faisait cavalier seul en tête de la flotte de la Transat Jacques Vabre, gardant ses poursuivants à une distance raisonnable d’une cinquantaine de milles. Avec des conditions de navigation décidées à rendre plus agréable le quotidien des marins et les prémices des belles glissades, l’avenir proche du duo Marc Guillemot – Charles Caudrelier Bénac semblait parti pour se poursuivre sur cette voie là. Mais c’était sans compter sur la pugnacité de la concurrence directe. Cravachant et tirant le meilleur de leur monture, Kito de Pavant et François Gabart ont profité de la nuit pour jouer les troubles fêtes dans le jeu des leaders, en commençant par griller la politesse au duo Mike Golding – Javier Sanso, auteurs d’un superbe début de course. Les méditerranéens et l’association britannico-espagnole en ont également profité pour réduire l’écart sur Safran de près de vingt milles. A bord du monocoque gris, on commence à sentir le souffle chaud et dangereux de quatre marins affûtés et forcément dangereux dans le tableau arrière. Si en mer, la tension risque de monter d’un cran, à terre, on s’enthousiasme d’ores et déjà à propos du duel atlantique entre les deux sisterships que sont Safran et Groupe Bel.

Chez les Multi50 aussi l’ordre de marche vers le Costa Rica s’est vu quelque peu bouleversé dans la nuit, les hommes de Guyader pour Urgence Climatique se voyant récompensés par une deuxième place pour les options engagées ces derniers jours. Si la suprématie de Crêpes Whaou !, bateau de toute nouvelle génération, sera difficilement contestable par des plateformes plus anciennes, le duel annoncé entre Victorien Erussard – Loïc Fecquet et Lalou Roucayrol – Amaiur Alfaro ne manque toutefois pas de sel.

Ils ont dit…
Charles Caudrelier – Safran – 1er au classement Imoca de 5 heures
« Ca va pas mal. C’est un peu compliqué parce qu’on a un vent très instable mais ça va. Il n’y a pas de catastrophe. On est content du résultat malgré le vent pourri qu’il y avait. Le vent tourne tout le temps dont tu ne sais jamais où aller par rapport à tes stratégies. Mais c’est les alizés, c’est normal, on y est habitué maintenant.».

François Gabart – Groupe Bel – 2ème au classement Imoca de 5h
« Ca va super. Depuis hier matin c’est top ! On glisse sous gennak, ça va vite, c’est plus soft, c’est vachement agréable de barrer ! Même quand on se fait mouiller c’est agréable, donc c’est que du bonheur, c’est la belle glissade Atlantique… Les alizés ça se méritent ! En revanche le vent n’est pas du tout stable, tant en direction qu’en force, donc il faut être à la barre pour bien suivre les évolutions du vent. Safran est le même bateau que le nôtre. Pour le rattraper, il ne faudra pas compter sur des options architecturales… Les choses seraient plus faciles si c’était un autre bateau devant, mais ce serait aussi moins excitant. Si on veut les rattraper il faudra essayer d’être un petit peu plus intelligent qu’eux en rattrapant des petits décalages par ci par là.»

Loic Fequet – Guyader pour Urgence Climatique – 2ème au classement Multi50 de 5h
« On est sorti de l’enfer d’hier oui. En fait on passait la fin du front, on était 3 ris ORC, il n’y avait pas tant de vent mais beaucoup de vagues, c’était un peu rude. Maintenant on essaie de se ralentir, on ne peut pas trop attaquer car il fait nuit. Je ne savais pas qu’on était passé devant Lalou ! Vous me l’apprenez, c’est une belle surprise car on a misé pas mal sur notre option. La bataille avec Crêpes Whaou ! par contre c’est fini c’est évident ! »

Classement de 8 h
Monocoques
1 SAFRAN Marc Guillemot – Charles Caudrelier Benac à 2631,9 milles de l’arrivée
2 GROUPE BEL Kito De Pavant – François Gabart à 24,2 milles
3 MIKE GOLDING YACHT RACING Mike Golding – Javier Sanso à 49 milles

Multicoques
1 CRÊPES WHAOU ! Franck Yves Escoffier – Erwan Leroux à 3090,1 milles de l’arrivée
2 GUYADER POUR URGENCE CLIMATIQUE Victorien Erussard – Loic Fecquet à 671 milles
3 REGION AQUITAINE-PORT MEDOC Lalou Roucayrol – Amaiur Alfaro à 711,5 milles

- Publicité -

Safran et Crêpes Whaou ! en éclaireurs

Marc Guillemot - Safran
DR

Le repos dominical est une notion toute relative pour les concurrents de la Transat Jacques Vabre. Mis à part peut-être un certain œcuménisme dans le discours des navigateurs et l’expression de quelques vœux pieux, rien ne distingue ce jour des autres de la semaine. D’autant qu’à bord de chaque bateau, la consigne est claire : il faut pousser les feux… Pour les premiers, creuser si possible un petit peu plus l’écart permettrait de s’assurer une petite marge de sécurité et conjointement un certain confort psychologique. Pour leurs poursuivants, mettre du charbon est encore le meilleur moyen de ne pas laisser s’instaurer des gamberges toujours contreproductives. Tous ont plus ou moins réglé leurs soucis techniques et savent que pendant quelques jours, c’est la vitesse qui deviendra le premier facteur de gains ou de pertes.

Attendre son heure
Chez les IMOCA, Safran continue de mener la danse, mais sa marge de manœuvre reste étroite devant le mordant de ses poursuivants. Mike Golding et Javier Sanso (Mike Golding Yacht Racing) sont ainsi en train de démontrer que l’absence de financement et une préparation raccourcie n’ont en rien entamé leur appétit de victoire. Kito de Pavant et François Gabart (Groupe Bel) restent à l’affût et pour quelques jours, il serait étonnant d’observer beaucoup de bouleversements au sein des classements. A leurs trousses, ils sont cinq monocoques à se tenir en un peu plus de cent cinquante milles. De Hugo Boss, le plus à l’ouest à Foncia l’oriental, le jeu devrait être serré jusqu’au bout, d’autant que si tous convergent vers l’arc antillais, il existe un décalage latéral de plus de 350 milles. Dans ce petit groupe Veolia Environnement peut, soit s’enorgueillir d’une stratégie remarquable depuis le début de course, soit regretter son avarie de rail de grand-voile, c’est selon.
Chez les Multi50, Crêpes Whaou ! continue son cavalier seul. Ses poursuivants sont relégués maintenant à plus de 500 milles. La bagarre pour la deuxième place qui oppose Lalou Roucayrol et Amaiur Alfaro (Région Aquitaine Port-Médoc) d’une part, Victorien Erussard et Loïc Féquet (Guyader pour Urgence Climatique) reste intense. D’autant que l’équipage des deux Malouins a dû subir des vents proches des 50 nœuds, dans un front secondaire généré par la dépression qu’ils avaient pris soin d’éviter. Le jour du seigneur est parfois ingrat pour ses ouailles.

Ils ont dit :
Arnaud Boissières, Akena Vérandas : « Le début de la nuit a été compliqué. Toutefois l’eau commence à être moins froide et nous commençons à nous régaler en faisant des surfs. Ça va être dur de revenir aux avant-postes mais la route est encore longue. Avec Vincent, nous discutons beaucoup par rapport à la stratégie à adopter et nous pensons qu’il y a encore des coups à jouer, notamment au niveau de l’arc antillais. »

Franck-Yves Escoffier, Crêpes Whaou ! : « On ne s’est pas beaucoup alimenté depuis le départ et, même si je n’ai pas beaucoup mangé hier, j’ai du mal à avaler le plat aujourd’hui. (…)On n’a pas encore résolu notre problème avec le moteur : il restera comme ça. On préfère se consacrer plutôt à la stratégie. La mer était impressionnante quand on a viré de bord : il y avait 7 mètres de vagues : on avait peur d’exploser le bateau. Si on arrivait sans encombres ce serait trop bien ! Ce bateau m’a encore surpris hier : il marche très bien : au portant on a atteint les 25 nœuds. »

Sam Davies, Artemis : « On a beaucoup de travail à l’heure actuelle, principalement sur la grand voile, on est donc très fatigué. C’est vraiment très, très dur mais c’est quand même marrant : on est à fond dans la course. On est un peu déçu de notre place actuelle, mais notre principal objectif est de revenir dans le match et on travaille pour ça. On ne s’est pas bien reposé parce qu’on a eu beaucoup de bricolage et j’aimerais plutôt le faire au sec. Pour l’instant il n’y a pas beaucoup d’instruments de navigation qui marchent, mis à part le compas de relèvement. C’est un peu une navigation à l’ancienne. »

Mike Golding, Mike Golding Yatch Racing : « C’est parfait, nous avons des bonnes conditions de navigation. Il y a du soleil et on va vite : on ne peut pas se plaindre ! On est en train de faire au mieux pour revenir sur Safran. (…) Nous essayons toujours d’avoir un plan de la course et de prévoir notre position et celle des nos adversaires : nous sommes satisfaits par rapport à notre situation actuelle. L’écart important que Safran a creusé durant la nuit n’est pas très bon pour nous, mais en réalité ils sont seulement à trois heures devant ; ce n’est pas si mal. (…) Ce que nous voulons continuer de faire, c’est de garder une bonne position et de rester toujours aux aguets, au moins jusqu’à la mer des Caraïbes, où différentes options se présenteront ».

Classement de 17 h
Monocoques
1 SAFRAN Marc Guillemot – Charles Caudrelier Benac à 2824,5 milles de l’arrivée
2 MIKE GOLDING YACHT RACING Mike Golding – Javier Sanso à 53,7 milles
3 GROUPE BEL Kito De Pavant – François Gabart à 65,4 milles

Multicoque
1 CRÊPES WHAOU ! Franck Yves Escoffier – Erwan Leroux à 3347,6 milles de l’arrivée
2 REGION AQUITAINE-PORT MEDOC Lalou Roucayrol – Amaiur Alfaro à 547,8 milles
3 GUYADER POUR URGENCE CLIMATIQUE Victorien Erussard – Loic Fecquet à 581,8
milles

- Publicité -

Emirates Team New Zealand remporte les Round Robin

Team French Spirit / Pages Jaunes
DR

Avec neuf victoires et une seule défaite, Emirates Team New Zealand ne peut plus être rattrapé et terminera à la première place des Round Robin. Une performance qui donnera aux Kiwis l’avantage de pouvoir choisir leur adversaire pour les demi-finales. Deux autres demi-finalistes sont d’ores et déjà connus. Quels que soient les résultats de lundi, Team Origin et Azzurra sont certains de disputer aussi les phases finales. Il ne reste donc plus qu’une place à pourvoir entre Synergy et Artemis, avec un petit avantage pour l’équipe russe. En effet, les hommes de Karol Jablonski n’ont qu’un match à remporter pour être certain de décrocher le dernier ticket, tandis que les Suédois d’Artemis devront obligatoirement s’imposer deux fois et espérer en parallèle une double défaite des Russes.

En s’inclinant deux fois dimanche, face à Team Origin et Emirates Team New Zealand, BMW Oracle Racing a perdu tout espoir de se hisser en demi-finales. Les Américains disputeront les phases finales pour les 5e à 8e places.

Côté Français, cette journée de dimanche n’a pas rapporté le moindre point non plus. TFS-PagesJaunes s’est logiquement incliné face à Emirates Team New Zealand tandis que All4One a perdu une nouvelle occasion de victoire face aux Suédois d’Artemis. Mieux partie, l’équipe franco-allemande a joliment poussé son adversaire à la faute dans le premier bord de près. Une faute qui aurait peut-être mérité un drapeau rouge (à effectuer immédiatement) au lieu d’une simple pénalité, car elle permit aux hommes de Paul Cayard de prendre un avantage conséquent. Néanmoins, la victoire restait encore à porter pour les équipiers du duo Col/Schümann. Mais dans le dernier bord de vent arrière, l’équipage d’All4One a définitivement perdu le match en ratant un empannage pendant lequel le spi s’est emmêlé.

Il reste six matchs à disputer pour conclure ce 2e Round Robin. Cinq sont programmés lundi et un seul mardi, celui entre les Russes et les Kiwis.

Classement provisoire des Round Robin
1) Emirates Team New Zealand, 9-1
2) Team Origin, 7-3
3) Azzurra, 6-3
4) Synergy Russian Sailing Team, 5-4
5) Artemis, 4-5
6) BMW Oracle Racing, 3-6
7) ALL4ONE, 3-7
8) TFS-Pages Jaunes, 1-9

- Publicité -

Groupama 3 retrouve ses ailes

Groupama 3
DR

L’attente a été longue et le changement de rythme brutal : bloqué parfois à moins de cinq nœuds jusqu’à la nuit dernière, Groupama 3 a retrouvé des ailes et fonçait ce dimanche après-midi à trente nœuds de moyenne ! Le tout grâce à une bouffée de chaleur tropicale sortie de Rio de Janeiro et qui descend tout schuss vers les cinquantièmes Hurlants, passant sous l’Afrique du Sud puis continuant son périple au moins jusqu’à l’archipel des Kerguelen, voire plus…

« Nous avions identifié avant le départ le fait qu’entre le 14 et le 16 novembre, deux systèmes dépressionnaires allaient se former sur le Brésil. Il fallait donc prendre l’un ou l’autre car après, il n’y avait plus de passage possible. Il fallait être à l’heure au rendez-vous… Pour les prochaines 24 heures, c’est le même vent qui va les accompagner, une brise de secteur Nord à Nord-Est entre 15 et 20 nœuds, qui va leur permettre d’aller vite au débridé. Il y aura juste une petite houle de Sud-Est qui va s’atténuer alors que le ciel va se couvrir : le mauvais temps va chercher à les rattraper… Des vitesses très élevées vont être au programme dans les deux prochains jours ! » précisait Sylvain Mondon de Météo France.

En avant du front chaud

« On a eu une période difficile psychologiquement parce que cinq nœuds de vent aussi longtemps, ce n’était pas facile à vivre… Ce n’était pas évident de sortir de cette zone de calme et puis, ce matin, ça a commencé à accélérer, mais il faut qu’on se presse pour garder ce vent-là ! On est concentré et surtout contents de retrouver ces grandes vitesses. On se sentait totalement impuissant en attendant cette dépression, mais il ne faut plus qu’on la quitte car nous ne sommes pas particulièrement en avance sur son déplacement. Cela va désormais être une course contre la montre avec le front chaud plutôt qu’une course contre Orange 2 ! » déclarait le skipper de Groupama 3.

Comme cette dépression toute jeune grossit en s’alimentant en air froid polaire au fur et à mesure qu’elle traverse l’Atlantique Sud, elle se déplace assez vite (une trentaine de nœuds) : l’objectif de Franck Cammas et son équipage est dorénavant de rester juste en avant du front chaud qui génère des vents réguliers de Nord sur une mer peu formée. Et cette perturbation qui prend aussi du coffre au fil des jours, va repousser les hautes pressions qui stagnent depuis plusieurs jours au large de Cape Town : sa trajectoire très rectiligne est une bonne nouvelle pour Groupama 3, mais elle va descendre assez Sud, jusqu’au 50° Sud ! Or à cette époque de l’année, il y a encore des glaces venues de l’Antarctique qui remontent assez haut… Il faudra pouvoir incurver la route après le contournement par le Sud de cet anticyclone africain.

Rendez-vous important

« En ce moment, Groupama 3 navigue à près de trente nœuds, avec un ris et foc Solent au vent de travers dans 17-18 nœuds de vent à 135° du vent réel, sous un ciel gris avec quelques trouées de bleu et des cumulus. Mais il y a une houle de face qui nous fait faire des sauts parfois… Il faut qu’on réussisse à suivre le routage ce qui fait un rythme de vitesse très élevé. Nous visons un point assez Sud par rapport au cap de Bonne-Espérance car il y a un anticyclone sous l’Afrique du Sud. Cela nous posera le problème des icebergs, mais côté vent, c’est très favorable. Les prochaines 24 heures sont importantes pour rester dans le secteur de vent de Nord (allure idéale pour nous), sans se faire manger par la dépression qui est assez violente ! Ce sera une trajectoire toute droite avec des manœuvres de réduction de voilure parce que ça va forcir : dès mardi, nous serons dans les Quarantièmes Rugissants… » ajoutait Franck.

Après la patience, l’impatience ! Mais il ne faut pas que la dépression accélère trop au risque que Groupama 3 passe derrière le front : la bascule du vent à l’Ouest ne serait pas favorable car Franck Cammas et ses hommes devraient alors enchaîner les empannages, suivant une route en zigzags plus longue et moins rapide. Vent de travers, le trimaran géant peut glisser sans forcer et sans trop solliciter l’équipage. Il y aura suffisamment de manœuvres à faire dans l’océan Indien ! Ainsi, si tout se combine comme prévu, Groupama 3 va de nouveau augmenter son avance sur le temps de référence et aborder le Grand Sud avec une marge très positive.

- Publicité -

De lourdes pertes depuis 48 heures pour Groupama 3

Groupama 3 dans un calme
DR

La fuite a été enfin colmatée ! Et au lever du jour (heure française), Groupama 3 retrouvait enfin des vitesses plus conformes à son statut : une quinzaine de noeuds sur la route directe vers le cap de Bonne-Espérance… Mais l’avance sur Orange 2 va encore diminuer car Bruno Peyron avait réalisé en 2005 une très bonne journée à plus de 600 milles, ce que ne pourra pas aligner le trimaran géant. En effet, le front chaud se déplaçait ce matin encore lentement avant d’accélérer pour traverser l’Atlantique Sud : Franck Cammas et ses neuf équipiers vont dépasser les vingt noeuds à la mi journée, mais des vitesses de plus de vingt-cinq noeuds ne seront atteintes que dans l’après-midi.

C’est en fait un col barométrique que le trimaran géant a dû « escaler » ce week-end et l’équipage de Groupama 3 (qui avait participé à un stage intensif en haute montagne avant de partir) était certes préparé à cette « ascension », mais n’a pas pu s’encorder assez tôt face à une tempête… de calmes ! Le résultat n’est pas reluisant et psychologiquement, ces heures passées à patienter dans cette panne de courant n’a pas éclairé les visages d’une joie immense. Mais si la déception d’avoir perdu plus d’une journée d’avance sur le temps de référence du Trophée Jules Verne est compréhensible, elle n’entame en rien la détermination de Franck Cammas et son équipage : la route vers les Quarantièmes Rugissants s’ouvre enfin et l’accélération progressive va redonner du baume au coeur… En fin de week-end, Groupama 3 pourra de nouveau reprendre du terrain sur le catamaran qui détient le record autour du monde car cette dépression brésilienne va poursuivre sa course jusqu’aux Kerguelen !

- Publicité -
- Publicité -