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IRC. Départ de la Cap Martinique avec un parcours modifié

Liot / Bourras

La 3ᵉ édition de la Cap-Martinique a officiellement pris son envol en baie de Quiberon ce lundi à 17h. 76 marins ont franchi la ligne de départ Dream Yacht, marquant le début d’une traversée de plus de 4 000 milles à travers l’Atlantique. Après un report de départ, initialement prévu dimanche à 15h, dû aux conditions météo au large du cap Finisterre, la direction de course et l’organisation ont pu lancer la course.

Dans le cadre exceptionnel du Morbihan, entre lumière printanière et paysages maritimes préservés, les marins de la Cap-Martinique ont vécu leurs derniers instants à terre. Sur les pontons comme le long des côtes, l’émotion était palpable au moment des au revoir, sous les regards des habitants et visiteurs venus partager ce moment.
En baie de Quiberon, les conditions étaient idéales pour lancer la course : un vent d’est établi et régulier, une mer peu agitée et une bonne visibilité ont offert un départ fluide et parfaitement lisible. La flotte a ainsi pu s’élancer sereinement, chacun trouvant rapidement son rythme dans cette première phase de navigation.
Pour la suite du parcours, un vent d’est de plus en plus soutenu les amènera dès demain matin devant l’embouchure de la Gironde, passage désormais obligé. Ensuite, la descente vers le cap Finisterre sera à négocier pour laisser évacuer les restes de la dépression vers le nord, tout en s’adaptant aux changements de direction du vent. Les premiers passeront le cap Finisterre au près.

François Séruzier (Directeur de Course)
« Décaler le départ de 24 heures était la bonne solution. Les conditions étaient vraiment très musclées au Cap Finisterre, où les mers se croisent et peuvent devenir très dangereuses. Les concurrents vont être dans le bain relativement rapidement avant d’attaquer le golfe de Gascogne, où le vent va monter jusqu’à 35 ou 40 nœuds en rafales. C’est à ce moment-là que la stratégie va vraiment commencer et qu’il y aura déjà de gros écarts. »

Pour cette édition 2026, la Cap-Martinique rassemble une flotte dense et variée :
-45 bateaux au départ
-14 skippers en solitaire
-31 équipages en double
-76 marins engagés
Amateurs éclairés, passionnés de large, habitués de la course ou bizuths : tous partagent désormais le même cap, celui de l’Atlantique.

Une compétition ouverte entre marins… et entre bateaux
Au-delà de l’aventure, la dimension sportive promet une course particulièrement disputée. Le niveau général de la flotte continue de progresser, avec des équipages mieux préparés et des projets de plus en plus affûtés.
Cette édition sera notamment marquée par l’arrivée du JPK 10.50, dernier né du chantier de Jean-Pierre Kelbert, qui prendra lui-même le départ à bord de l’un de ses bateaux. Plusieurs skippers de premier plan s’alignent également sur ce modèle, à commencer par Alex Ozon, vainqueur de la première édition en solitaire et détenteur du record de la course, à qui le chantier a prêté un JPK 10.50 pour jouer à armes égales. Jean-François Hamon, déjà monté sur le podium en solo lors de la dernière édition, sera lui aussi au départ sur cette carène.
Face à cette nouvelle génération, la concurrence s’organise. L’architecte naval Sam Manuard prendra le départ en double sur un Pogo RC (un bateau qu’il a lui-même dessiné), bien décidé à rivaliser, notamment aux allures portantes.
Mais la Cap-Martinique reste avant tout une course en temps compensé, où la diversité de la flotte fait la richesse du jeu. Des unités plus anciennes mais parfaitement maîtrisées, comme les Figaro 2, les JPK 10.10 ou encore les Sun Fast 3200, conservent toutes leurs chances. D’autant que les conditions météo attendues permettent au système de temps compensé de pleinement s’exprimer, offrant des classements ouverts et souvent serrés.
Dans ce contexte, la hiérarchie reste incertaine : entre innovations architecturales, maîtrise des bateaux et choix stratégiques, la course pourrait bien se jouer sur une multitude de détails.

Des profils variés, une même aventure
Parmi les marins engagés, plusieurs connaissent bien l’épreuve, à l’image de Philippe Gaudru, qui signe sa troisième participation, tandis que d’autres découvrent pour la première fois la traversée.
En double, les équipages devront composer avec la durée, la fatigue et la coordination à bord, dans une course où chaque décision compte.

Philippe Gaudru (En Solitaire)
« Le départ s’annonce particulièrement sportif, ça va aller très, très vite. C’est ma troisième Cap Martinique et ma sixième traversée de l’Atlantique, j’y vais avec une certaine appréhension, d’autant que je n’ai plus 40 ans ! L’objectif premier est de terminer, en gardant le bateau et le bonhomme en bon état. La première image qui me vient en tête pour l’arrivée ? Souffler ! Je me souviens de ma dernière arrivée, je m’étais effondré en pleurant, vite remplacé par la joie de retrouver les copains sur les pontons avec un ti-punch. »

Greg Bulckaert et Mathieu Philippe (En Double)
« C’est déjà une première victoire d’être fin prêts sur la ligne de départ quand on est des amateurs avec un travail à côté ! Pour l’organisation de la nourriture, ça va être comme un calendrier de l’Avent pour moi (Greg) : je n’ai absolument pas participé à l’avitaillement, je vais donc découvrir mes repas au fil de l’eau avec le risque de me dire « oh je n’aime pas ça ! ». Au-delà de la course, nous naviguons pour « Les Savateuses », une association qui défend la place des femmes dans les sports de combat, cela ajoute vraiment du sens à notre dimension sportive. »

Jean-Gabriel et Timothée (Les Benjamins de la course, 22 et 21 ans)
« C’est notre première transat. J’ai 22 ans et Timothée en a 21, et nous naviguons ensemble depuis que nous sommes tout petits. C’est vraiment un rêve d’enfance, et ce sera un immense soulagement de passer la ligne de départ. Nous y allons avec prudence pour ne rien casser, mais avec l’objectif de faire un bon classement. Nous courons aussi pour « Affûté », une association qui aide les jeunes en situation de handicap à trouver un travail, car c’est aujourd’hui l’un des seuls réels vecteurs d’inclusion dans notre société. »

Joe Lacey (Équipage Franco-Britannique, membre actif du RORC)
« Nous avons un super bateau, qui est capable de remporter la course. Si nous pouvions terminer dans le top 5 ou monter sur le podium, ce serait incroyable. Notre duo est intéressant car Jean a déménagé à Londres il y a 35 ans, et pour moi c’est l’inverse, j’ai déménagé en France il y a 10 ans. Nous avons beaucoup en commun sur le fait d’élever nos enfants dans un pays étranger. À bord, nous parlons probablement 90 % du temps en anglais, et un peu en français pour pratiquer ! »

Un parcours adapté en raison des conditions météo
Les skippers devront désormais parcourir non pas 3 800 milles mais plus de 4 000 milles nautiques entre La Trinité-sur-Mer et Fort-de-France. Le parcours a été modifié en raison des prévisions météorologiques : les concurrents devront virer une bouée située à l’est du golfe de Gascogne, au niveau de l’estuaire de la Gironde, avant de se diriger vers le cap Finisterre.
Ensuite, sur leur route, un second point stratégique :
l’île de Porto Santo, dans l’archipel de Madère (Portugal), à laisser à tribord avant de plonger vers les alizés et la longue descente vers les Antilles.
Un tracé qui mêle stratégie météo, endurance et gestion fine du bateau.

INFORMATIONS CLÉS CAP-MARTINIQUE 2026
-Départ : Lundi 20 avril à 17h
-Parcours : La Trinité-sur-Mer → Fort-de-France (Martinique)
-Distance : 4000 milles nautiques
-Format : Solo & Duo
-Bateaux : Monocoques IRC (30 à 40 pieds)
-Flotte : 45 bateaux
-Associations représentées : 45
Record à battre : 19j 21h 40m 42s par Alex Ozon en solo (1ère édition)