Encore une semaine en solitaire pour Thomas Coville

Coville sur Sodebo
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Pendant que les vagues rongent le littoral de l’Ouest de l’Europe et qu’une nouvelle tempête s’annonce, Sodebo avale les kilomètres dans de belles conditions d’un alizé musclé. Thomas Coville : « C’est hyper stressant depuis hier soir avec du vent assez fort et une mer de travers. J’ai deux ris dans la GV et trinquette et, pour autant, je n’arrive pas à ralentir. Depuis que j’ai fait demi-tour, les conditions météo ont été très changeantes mais plutôt clémentes, le long du Brésil notamment. Par contre, le Pot au Noir a été difficile avec d’énormes amas nuageux pendant 36 heures où je ne savais jamais comment serait la prochaine rafale, tant en force qu’en direction. »

 » J’essaie de manger et de récupérer quand je peux mais le bateau ne me laisse pas prendre de recul. J’ai fait un retour technique à mon équipe pour qu’ils avancent sur le prochain bateau en chantier pour la Route du Rhum. Mais ce n’est pas encore l’heure du bilan. J’assume très bien ma décision de ne pas être allé prendre des risques dans le Sud avec une météo qui ne laissait que trop peu d’espoirs de battre le record. Le voyageur qui est en moi aurait pu avoir envie d’aller voir les icebergs, mais plus qu’un voyageur, je suis un compétiteur et j’ai fait le choix rationnel qui s’imposait. »

Avec un départ de Ouessant le 17 janvier et une arrivée prévue en fin de semaine prochaine, c’est presque un mois de mer pour le skipper et 10 000 milles parcourus en solitaire. Le team lui a proposé d’embarquer des co-équipiers, à Bahia, Recife ou aux Açores mais on ne saute pas sur un trimaran de 30 mètres comme sur le porte-bagage d’une mobylette. « S’approcher des côtes est complexe et risqué, d’autant que la météo comme la configuration des ports sur la route n’étaient pas favorables. Il y aura 5 à 7 mètres de houle et du vent de Sud-Ouest aux Açores au moment où je vais y passer. C’est trop chaud pour embarquer du monde dans de bonnes conditions. Je vais donc poursuivre seul. J’aurais forcément une dépression pour finir et surtout du trafic dès l’approche du Golfe de Gascogne. »