The Ocean Race avec les IMOCA version équipage

May 5, 2015. Leg 7 to Lisbon onboard Dongfeng Race Team. Day 16. Wet. Charles Caudrelier. Wolf © Volvo Ocean Race

Les organisateurs de la Volvo Ocean Race et l’Imoca étaient réunis au Nautic ce mardi. On y a appris beaucoup de choses des principaux interlocuteurs.

La course s’appellera dorénavant The Ocean Race. Ce sera son nom définitif. Johan Salen, co-Président de la VOR : « Le financement de la prochaine édition est assurée. Les sponsors que nous avions veulent continuer comme les villes. Sur le long terme on se garde la possibilité d’avoir un sponsor titre mais plus sur la forme Present by. Avec Volvo Ocean Race, cela a créé une bonne marque, qui avait un écho pour des marques moins connues comme Brunel par exemple. Mais pour les grandes marques c’était difficilement acceptable de se faire dominer par une autre. C’est ce que l’on veut éviter à l’avenir. On peut maintenant avoir d’autres sponsors de voitures. »

La jauge Imoca Equipage sera publiée dans les prochains jours. Elle sera quasiment la même que la version Solitaire. Il y a 15 lignes de différence entre les deux qui en comporte 1200. Elle repose sur les 4 critères de stabilité qui se croisent et que prend en compte l’IMOCA : Un poids de bulbe, un angle de quille, un volume de ballast et une forme de coque. Dans la mesure où la jauge Equipage autorise 5 équipiers + 1 médiaman à bord, la classe IMOCA a réfléchi à la solution la plus simple pour convertir un Imoca version solitaire en version équipage. Elle tiendra juste au fait d’enlever 750 kgs de ballast prenant en compte la définition d’un poids d’équipage fictif dans ses calculs. Un ajustement facile sans coût important et qui a satisfait tout le monde. Des contraintes ont été en revanche posée pour limiter des pistes qui n’avaient pas de sens en version solitaire mais qui pouvaient être explorées en équipage. Antoine Mermod, Président de la Classe Imoca : « La Jauge Equipage a donc limité certains points comme l’interdiction de lattes gonflables, des systèmes hydrauliques particuliers par exemple. Elle a également mis un poids minimum de bulbe pour éviter d’avoir un bateau un peu dangereux à basse vitesse. Au final, les bateaux équipages seront très similaires aux bateaux solos. Beaucoup de pistes ont été explorées au sein de la classe et avec les architectes. Dans les arbitrages on a favorisé la convertibilité entre les deux. C’est une période de transition. C’était difficile de faire autrement avec des bateaux déjà en construction, le temps un peu court entre la fin du Vendée Globe et le départ de l’Ocean Race. On a donc cherché à faciliter cela. On a juste eu une hésitation pour autoriser les plans porteurs sur les safrans. Beaucoup pensaient que c’était une bonne idée mais dans la conversion, cela compliquait les choses. Dans un futur proche, cela arrivera. C’est sans doute la prochaine étape en 2021. »

Concernant le nombre de concurrents potentiels, Johan Salen, co-Président de la VOR pense qu’il y aura avec une forte probabilité 3 ou 4 équipes de la dernière édition et quelques nouvelles équipes aussi. Il espère avoir 4 à 7 équipes IMOCA françaises. « La Notice of Race est prête. On vise entre 10 et 15 Imoca et on espère également avoir 5 à 7 équipes en VO65 ». Le pari s’annonce difficile en VOR65. Les nouveaux organisateurs sont propriétaires de 6 des 8 VOR65 existants. Ils sont destinés à des équipes de jeunes marins qui devront acheter le bateau. L’organisateur ne souhaitant plus avoir cette responsabilité.

Qu’en disent les marins ? Présent à la conférence, Pascal Bidégorry vainqueur de la dernière édition sur Dongfeng Racing reste prudent : « On aura une visibilité sur le nombre d’équipes susceptibles de faire la course dans 6-8 mois puisqu’il faudra lancer la construction des bateaux en septembre 2019. J’entends que cela intéresse les skippers du Vendée Globe mais en termes de timing entre l’arrivée du Vendée Globe et le départ de l’Ocean Race, cela s’annonce compliqué. Il n’y aura pas beaucoup d’équipe capable financièrement, techniquement et sportivement d’avoir la capacité de faire les deux. Il faudra prendre également en compte l’état du bateau. Entre les deux courses, il y a un décalage en termes de budget. La Volvo coûte le double si ce n’est plus, qu’un Vendée Globe. Au niveau du nombre d’équipier, cinq c’est peu. ».