Le systeme anti-OFNI de Safran à bord du bateau d’Isabelle Autissier

    detecteur OFNIS Safran
    DR

    Le système sera donc confronté à des icebergs de toutes tailles et Isabelle Autissier rapportera des images précieuses pour faire progresser cette technologie innovante qui vise à protéger les marins des risques de collision avec des growlers.

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    A bord d’ADA 2 pour le « No Man’s Land Project »

    Isabelle Autissier est partie le 3 janvier d’Ushuaïa, pour sa quatrième expédition (lire notre article d’avant-hier). « Dans ce projet, nous allons descendre si possible jusqu’à 69 degrés Sud et aborder l’île Pierre Premier. Dans cette région de la péninsule antarctique, les cartes ne sont pas justes. C’est de la navigation à vue, en quasi permanence au milieu des icebergs… » C’est le « No Man’s Land Project », une expédition-aventure de deux mois et demi, aux confins du monde, pour laquelle Isabelle Autissier a pour équipiers des marins-alpinistes : les navigateurs Tristan Guyon Le Bouffy et Jacques Marty, le glaciologue-himalayiste Patrick Wagnon, Lionel Daudet, l’alpiniste professionnel spécialiste des sommets perdus et Mathieu Cortial, aspirant guide, pisteur secouriste. L’équipage va longer par l’ouest la péninsule Antarctique, le voilier servant de camp de base pour des ascensions de sommets vierges, jusqu’à l’île Pierre Premier où les montagnards espèrent pouvoir gravir le pic Lars Christensen. Une expédition mer-montagne donc, qui comprend plus de 10 semaines de navigation à travers les glaces (lire notre article d’avant-hier).

    De précieuses images en perspective

    ADA 2 embarquera une version simplifiée du système de détection d’OFNI dont le monocoque Safran était équipé pendant le Vendée Globe 2008. Pour le tour du monde, en solitaire et sans escale, Marc Guillemot bénéficiait d’une caméra infra-rouge en tête de mât reliée à un système d’écran et d’alarmes qui permettait d’identifier des objets de taille réduite (2x2m) dont la température est différente de celle de l’eau. A bord d’ADA 2 le système sera au contact fréquent d’icebergs et growlers. « C’est exactement ce qui nous manquait pour pouvoir affiner le produit », assure Jean-Marie de la Porte, chef de projet du monocoque pour le groupe Safran. L’expédition d’Isabelle Autissier permettra d’obtenir des images indispensables, « et nous remercions Isabelle pour son aide précieuse », précise le chef de projet. Isabelle Autissier confirme : « nous ne nous servirons pas du détecteur d’OFNI pour notre navigation, mais nous ferons régulièrement des enregistrements de 5 minutes qui seront ensuite exploités par Safran. Pour moi, c’est une façon d’aider à faire avancer cette technologie puisqu’elle vise à améliorer la sécurité des marins en mer. »

    Objectif Vendée Globe 2012

    Pour Safran, l’objectif est de fiabiliser le prototype et d’achever la mise au point du système pour le Vendée Globe 2012/2013. Dans un deuxième temps, « lorsque cette innovation, relative à la sécurité sera finalisée, que son processus d’industrialisation sera validé, nous pourrons le commercialiser auprès des autres  concurrents. Nous ne garderons pas pour nous seuls un système susceptible d’améliorer la sécurité ».
    D’autres applications pourraient aussi être envisagées hors course au large, comme par exemple la recherche de naufragés, la détection d’objets flottants (autres que glaces), etc. « Nous avons déjà été contactés par des équipes de bateaux de record mais aussi par les sauveteurs de la SNSM », note par exemple Jean-Marie de la Porte.  « Le système est un des exemples de l’apport de Safran au monde de la mer et, d’une manière plus générale, de sa volonté de toujours innover ». En 2010, les innovations Safran sur le monocoque tourneront autour du gain de poids et des énergies propres. A suivre…