Jérémie Beyou renonce lui aussi à la Transat anglaise

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Delta Dore Jeremie  Beyou
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Tout avait pourtant été mis en œuvre pour rapatrier le monocoque vert au plus vite en Europe. Trois jours après son démâtage dans l’océan indien, au 30ème jour de course de la Barcelona World Race, un trimaran à moteur quitte le port de Cape Town pour aller à sa rencontre et le remorquer sur les 1000 milles qui le séparent de la côte sud africaine. Rapidement, le team voile Delta Dore met en place une logistique efficace et trouve un cargo à même de transporter le monocoque DELTA DORE jusqu’en Grande-Bretagne.
Parallèlement, l’étude de fabrication d’un nouveau mât est lancée en collaboration avec le cabinet HDS et les fournisseurs du mât, Lorima, Iroise Gréement et Navtec. Le handicap est alors de concevoir un nouveau mât. En effet, Jérémie Beyou et Sidney Gavignet s’étaient résignés à jeter le gréement par-dessus bord lors du démâtage, pour sauvegarder le bateau. Toutes les hypothèses de démâtage sont alors émises puis certaines sont écartées après plusieurs phases de réflexion entre Jérémie Beyou et Sidney Gavignet, le team voile DELTA DORE, le cabinet d’études et les fournisseurs du premier mât. C’est avec eux que le team DELTA DORE a choisi de construire le nouveau mât non rotatif, en étroite collaboration selon un cahier des charges et un contrôle qualité drastique. Le nombre de pièces mécaniques et les méthodes de drapage des tissus seront différents. La construction de certaines pièces est en cours et le drapage du mât débute à la fin de cette semaine.

Mise à l’eau le 10 mai

Le planning des commandes étant très serré chez le constructeur Lorima, le monocoque Imoca 60′ DELTA DORE ne sera pas dans la capacité de prendre le départ de The Artemis Transat le 11 mai prochain, sa mise à l’eau n’étant programmée qu’aux environs du 10 mai.
Jérémie Beyou et DELTA DORE ont donc décidé d’adapter leur programme 2008.
Le chantier d’hiver 2008, entamé dès le début du mois de février, a permis de démonter et de vérifier l’ensemble des systèmes embarqués tels que l’hydraulique, le moteur, les systèmes de barre et de dérive, l’accastillage, …Les réparations de structure en composite réalisées par GEPETO, conséquentes au démâtage, sont terminées, la deuxième phase des travaux, qui concerne les optimisations, est en cours. Avant le 1er juillet 2008, bien que qualifié (*) pour le Vendée Globe, Jérémie Beyou devra effectuer un parcours de qualification de 1500 milles afin de valider le nouveau mât comme le spécifie l’avis de course. Le monocoque vert participera au Trophée SNSM et au rassemblement de Brest 2008.

Ce changement de programme permet à Jérémie Beyou de suivre de plus près la préparation technique de son monocoque DELTA DORE et d’optimiser le travail de son équipe. Ce programme ne l’éloignera pas des plans d’eau pour autant. Il est au départ du Spi Ouest-France à la Trinité sur mer durant le week-end de Pâques, à bord de l’Open 7.50 Banque Populaire de Pascal Bidegorry.

Ils ont dit

Jérémie Beyou : « Engranger les milles »

Que représente ce rendez-vous manqué avec The Transat ?

Techniquement, nous sommes très déçus, doublement même. Je ne finis pas la Barcelona World Race pour cause de casse et le temps nécessaire à en déterminer les causes et les solutions, ne me permet pas de courir la course suivante … C’est un double coup de massue. The Artemis Transat représente quelque-chose de mythique et j’ai mal au cœur de ne pas être au rendez-vous. Je suis sûr que les contraintes que nous nous donnons aujourd’hui pour construire le mât permettront de courir une belle course. Le projet DELTA DORE était notamment construit autour de The Transat pour s’exposer sportivement. Je vais utiliser le temps qui reste d’ici le Vendée Globe pour engranger des milles et de l’expérience.

Comment vas-tu optimiser ta préparation au Vendée Globe ?

Je vais énormément naviguer en solitaire, dès la mise à l’eau et jusqu’au départ du Vendée Globe. L’entraînement et les navigations se feront en solitaire ; je vais faire beaucoup de milles, mettre de la contrainte au bateau. Des optimisations auront été apportées au bateau (carène, gréement, systèmes). Il faudra les valider et quantifier le gain apporté. Un gros travail sera aussi réalisé sur l’électronique avec NKE afin de perfectionner le pilote automatique qui est une des clés en solitaire. Le nouveau mât m’a permis de modifier le plan de voilure du bateau pour mieux l’adapter au solitaire. Je travaille actuellement à la conception des voiles avec Christophe Cudennec d’Incidences Brest. Des essais seront réalisés dès le mois de mai. Le programme mis en œuvre va permettre de nous renforcer sur le plan technique, peut-être plus que naviguer sur The Transat. Cela compensera le manque de confrontation avec la concurrence.