Transat Jacques Vabre. Julia et Jeanne Courtois lauréates de « Cap pour Elles »

La Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre et son partenaire Saint James ont lancé le 8 mars dernier à l’occasion de la journée internationale des droits de la femme l’opération « Cap pour Elle », avec pour objectif de soutenir un projet porté par une femme prête à braver l’Atlantique en duo pour la première fois. Après l’étude de 12 dossiers, le jury* a finalement retenu la candidature commune de Julia et Jeanne Courtois, les jumelles brestoises de 29 ans. Leur projet sera propulsé par Saint James à l’occasion de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre 2021.

Jeanne est ingénieur dans le domaine de la défense, Julia est pharmacien. Elles ont toutes les deux une expérience solide dans la voile (Tour de France à la voile notamment) mais aussi dans d’autres disciplines (5 IronMan à elles deux, 3 ultratrails…). Elles soutiennent une association, Fifty-Fifty, qui propose des programmes de reconstruction par la voile pour les femmes victimes de violences, et qui oeuvre pour plus de mixité dans le sport. Un sujet qui leur tient à coeur et dont elles seront le fier porte-voix lors de la prochaine Transat Jacques Vabre, en étant une des rares équipages 100% féminins. Rencontre avec les sœurs Courtois, heureuses lauréates du programme « Cap pour Elle ».

Quelle est votre première réaction, à l’annonce de cette grande nouvelle ?
Jeanne Courtois : On est hyper contentes, il n’y a pas meilleur moyen de consolider notre projet. On rentre dans le concret, on sait qu’on va être accompagnées par des personnes solides et reconnues, c’est une vraie marque de confiance.
Julia Courtois : On est vraiment ravies de rejoindre l’aventure, de pouvoir faire de nouvelles rencontres. On est d’autant plus heureuses qu’on a vu les vidéos des autres finalistes, et ça avait l’air d’être des projets intéressants également.
« On pouvait en rêver, mais ça paraissait inaccessible »
Il y a quelques mois encore, vous imaginiez être au départ de la Transat Jacques Vabre cette année ?
Jeanne : Non, c’est l’annonce de « Cap pour Elle » qui nous a donné le déclic. Une initiative comme celle-ci amène des gens pas forcément conscients de la possibilité de le faire à se dire que c’est l’occasion. Ca paraissait tellement immense qu’on n’imaginait pas se lancer. L’aventure me tentait depuis un moment, mais pas pour cette année, pas à si court terme.
Julia : Il me semble qu’on y pensait toutes les deux mais qu’on n’avait jamais vraiment échangé ensemble à ce sujet. On pouvait peut-être en rêver, mais pas du tout de manière concrète, ça paraissait inaccessible il y a encore trois mois. Et là on s’est dit que cet appel à candidatures correspondait exactement à notre profil. Cette opportunité nous a fait basculer de l’idée au projet.
Concrètement, qu’est-ce que « Cap pour Elle » va changer pour vous ?
Jeanne : Ça donne plus de sérénité dans la préparation, c’est facilitant, puisque ça montre que des gens nous font confiance. Notre prochain jalon sera de débloquer des partenariats, pour pouvoir acquérir ou louer un bateau. Et évidemment, la bourse accordée par Saint James va nous apporter une partie importante du budget. En plus, il y aura l’accompagnement et les conseils de personnes de renom, sur la navigation et la gestion de projet : c’est rassurant de profiter de l’expérience de gens qui ont fait des choses extraordinaires.
Justement, parlons de vos marraines, Alexia Barrier, Clarisse Crémer et Anne Combier. Qu’est-ce que ces noms représentent pour vous ?
Jeanne : On a adoré suivre le dernier Vendée Globe, et notamment le fait que Clarisse et Alexia communiquent de manière très naturelle. Cette authenticité a parlé à beaucoup de gens, a été très inspirante pour nous, donc on va essayer de reproduire ça à l’échelle de notre projet.
Julia : Ce sont des filles qui ont, chacune, révolutionné des choses. Effectivement en termes de communication, mais aussi en termes de gestion de projet en ce qui concerne Anne Combier. C’est à la fois impressionnant et vraiment génial de pouvoir profiter de leur expérience.
Qu’attendez-vous de leur coaching, dont vous allez profiter dans les prochains mois ?
Jeanne : Moi ce sera très technique, avoir des conseils sur des réglages, sur la gestion du sommeil, sur la manière d’être le plus efficace possible physiquement sur le bateau. Pouvoir profiter de toutes ces petites astuces d’expérience, ces détails qui font de grosses différences.
Julia : Elles vont aussi avoir beaucoup à nous apporter sur la gestion du projet. Alexia a monté son projet Vendée Globe avec un budget serré. Clarisse a mené son premier projet de Mini toute seule, un peu comme nous. Anne aura aussi beaucoup à nous apporter dans ce domaine.
Jeanne : Tout ça demande vraiment beaucoup de compétences. Il y en a une partie qu’on a déjà de nos premières expériences, et il y en a une grande partie qu’on va devoir acquérir assez vite. Pour ça, rien de mieux que d’être épaulées par des gens expérimentés comme elles.
« Se dire qu’on sera au départ de cette épreuve mythique, c’est dingue »
Que représente pour vous, jumelles, la Transat Jacques Vabre, la course en duo par excellence ?
Jeanne : Effectivement, le format, en double, nous parle. Et au-delà de ça, se dire qu’on sera au départ de cette épreuve mythique, qu’on regardait avec des étoiles dans les yeux il y a encore 10 ans, c’est dingue…
Julia : C’est vrai que cette course nous fait rêver depuis petites. C’est ce genre d’expériences qu’on privilégie dans nos vies. Vivre des aventures en pleine nature, c’est ce qui nous anime au quotidien.
Vous avez l’air de tout faire ensemble sportivement. Est-ce que dans la vie aussi, vous êtes des jumelles fusionnelles ?
Jeanne : Ça n’était pas du tout le cas avant. Puis, on a été séparées pendant 4 ou 5 ans pendant nos études, et ça a marqué un tournant dans notre relation. Depuis, on partage beaucoup de choses au quotidien, et le sport nous rassemble vraiment.
Julia : Je ne sais pas si « fusionnelles » est le mot qui convient, dans le sens où il n’y a pas de connexion particulière, où on n’a pas forcément la même personnalité. En revanche, nos profils se complètent super bien, et on a déjà vécu quelques aventures engagées ensemble, tant au niveau de la fatigue que de la peur. On sait à quoi s’attendre, et ce sera une force pour nous.

*Membres du jury : Caroline Caron et Francis Le Goff pour la Transat Jacques Vabre Normandie le Havre, Géraldine Henri et Henri Giraud pour la FFVoile, Luc Lesénécal et Florence Bellee pour Saint James, Anne Combier coach « Cap pour elle », Alexia Barrier et Clarisse Crémer marraines de l’opération.