Thomas Ruyant impatient d’y aller

@ Pierre Bourras

Il a réalisé un très beau Vendée Globe malgré son abandon. Il part sur la Jacques Vabre sur un Imoca à Foils avec Boris Hermann sur Malizia. Il y a tout juste une année, le navigateur Nordiste Thomas Ruyant piaffait d’une impatience teintée d’appréhension à la veille de s’embarquer pour son premier Vendée Globe. Une aventure désormais bien digérée, dans toutes ses composantes pédagogiques et émotionnelles. Oubliée la déception d’une course si bien entamée et brutalement interrompue par l’avarie. Ne demeurent que de multiples expériences et une masse de connaissances que le Dunkerquois s’est attaché à rationnaliser et à ordonner dans la perspective avouée et clairement annoncée « d’y retourner ». Première étape du long processus de construction d’un ambitieux projet planétaire, la Transat Jacques Vabre, qu’il aura le 5 novembre prochain la chance de disputer dans une configuration en tous points similaires au projet technique qu’il envisage pour son deuxième Vendée Globe, un dispositif performant, à bord d’un Imoca doté de foïls, pour pousser toujours plus haut le curseur de la compétition et de la performance.

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Les leçons du passé.
« J’ai tourné la page de mon Vendée Globe 2016. » lâche Ruyant avec son habituel franc-parler. « Je suis aujourd’hui en mesure de tirer toutes les conclusions et toutes les leçons de la belle histoire du Souffle du Nord pour le Projet Imagine. Avec une équipe réduite et des moyens ajustés au plus près, j’ai fait mon apprentissage de la voile hauturière au plus haut niveau. J’ai fait le plein de confiance, en mon aptitude à gérer un événement aussi considérable que le Vendée Globe, et en ma capacité à bien m’entourer pour progresser. Je suis prêt pour un Vendée Globe de l’excellence. J’ai fait des bêtises que je ne referai plus. J’ai mûri. J’ai appris. J’envisage le prochain Vendée Globe avec moins d’inconnues, et avec un potentiel de plaisir démultiplié… » Sans complexe, Thomas Ruyant s’inscrit résolument dans une dynamique sportive au plus haut niveau. « Dès mes premières sorties à bord de Malizia II, l’ex Gitana à foïls désormais skippé par Boris Herrmann, j’ai ressenti un frisson. Cette voile qui vole est grisante, et je n’envisage pas mon prochain Vendée Globe autrement qu’à bord de ce type de machine. Il y a encore de nombreuses étapes à franchir, notamment au chapitre financier car je recherche des partenaires, mais la Transat Jacques Vabre est un formidable marche pied, qui m’offre la chance de courir pour un résultat à bord d’un bateau parfaitement dans le coup… »
La Transat Jacques Vabre pour une reprise
« Cette Transat entre Le Havre et Salvador de Bahia constitue mon véritable retour à la compétition en Imoca. Je mesure ma chance de pouvoir la disputer avec de réelles chances de bien « performer ». Boris Herrmann est un marin d’expérience auprès duquel je continue d’apprendre. Le bateau est à la fois exigeant car la haute vitesse demande beaucoup de concentration et d’attention. Il est aussi d’une certaine manière plus facile à vivre que mon ancien plan Verdier Le Souffle du Nord. Son ergonomie est étudiée pour les hautes vitesses et les marins y sont moins exposés. Je pars avec une énorme envie de bien faire, pour lancer mon projet Vendée Globe, pour écrire une belle page maritime avec Boris, et pour ma fille qui est née hier ! Je veux que mes enfants soient fiers de moi! »
Le monocoque de 60 pieds IMOCA aux couleurs du yacht club de Monaco est arrivé hier au Havre dans le bassin Paul Vatine.