Sebastien Josse double le Horn…

Sébastien Josse (VMI) a passé le Cap Horn cette nuit à 00h24 (heure française). Jean Le Cam (Bonduelle) est en tête et possède 46 milles d’avance ce matin sur Vincent Riou (PRB). Mike Golding (Ecover), 3e, est à 92 milles du leader. Le trio de tête est à 5 heures ce matin à 850 milles dans le sud-est de Montevideo (Uruguay) et à 2 980 milles de l’Equateur. Enfin, Conrad Humphreys (Hellomoto) s´est glissé en 9e position devant Bruce Schwab (Ocean Planet).

C’est cette nuit à 00h24 (heure française) que Sébastien Josse à bord de son VMI a coupé la longitude du Cap Horn. Sébastien a donc réussi à profiter jusqu’au bout de cette dépression qui le poussait depuis plusieurs jours pour doubler le cap mythique et entrer dans l’Atlantique. Il aura mis 60 jours 11 heures et 22 minutes pour rallier le dernier cap à laisser à gauche. C’est donc 3 jours 18 heures et 9 minutes derrière Jean Le Cam (Bonduelle) que le concarnois entame la dernière manche Atlantique de ce Vendée Globe 2004. Il est ce matin 5 heures à 87 milles dans le sud-ouest du Phare du Bout du Monde de l’île des Etats.

La deuxième information de la nuit est bien sûr la 9e place acquise par Conrad Humphreys (Hellomoto) aux dépends de Bruce Schwab (Ocean Planet). L’anglais s’est glissé… d’un petit mille devant l’américain au classement de 5 heures. Rappelons que Conrad est parti en dernière position de son mouillage sud-africain où il s’était arrêté pour réparer par ses propres moyens son safran cassé.

Devant, la tendance n’est pas à l’option radicale. Jean Le Cam (Bonduelle) a repris 10 milles à Vincent Riou (PRB) depuis hier soir 20 heures. 46 milles d’avance pour Jean qui met un peu de nord dans sa route et Vincent un peu d’est.

Chacun sa route, chacun son chemin mais ne pas s’éloigner de la route directe reste tout de même le leitmotiv du moment. L’ultime but est aussi de bien se placer par rapport à la zone de vents erratiques attendus dans 24 heures. Cette zone de navigation située entre le Brésil et la pointe sud du continent américain se confirme bien comme étant un « no man’s land » météorologique avec anticyclones baladeurs et berceau de naissance de dépressions aux pieds des côtes uruguayennes. Jean parlait d’un travail quotidien de 3 heures en moyenne à la table à cartes, gageons que le trio de tête doit y passer ce minimum de temps tellement la situation semble confuse. Actuellement, le but du jeu est aussi de ne pas perdre de terrain par rapport aux autres… Et à ce jeu, Bonduelle est ce matin le bateau le plus rapide de la flotte sur 24 heures avec 334,2 milles parcourus à la vitesse moyenne de 13,9 nœuds.

Par contre, le plus rapide sur la dernière demi-heure et sans conteste l’australien Nick Moloney (Skandia). Nick accroche 17,2 nœuds de vitesse moyenne avant d’accrocher dans les heures qui viennent un fort coup de vent qui va arriver par son sud-ouest. Une forte dépression qui intéresse dans un premier temps Joé Seeten (Arcelor Dunkerque). Il suffit de regarder le cap suivi depuis hier matin par le dunkerquois pour comprendre qu’il se méfie énormément de ce coup de vent. Joé progresse cap au nord-est et ce, depuis plusieurs heures. Il doit assister à la chute de son baromètre et sait qu’il se doit de fuir vers le nord pour ne pas être frappé par le plus fort de la dépression. Ce coup de vent devrait ensuite rattraper Nick qui pourrait être, une fois de plus, le concurrent le plus exposé à cette forte tempête. Rappelons que des vents moyens de plus de 50 nœuds y sont attendus accompagnés de creux de plus de 7 mètres !

(Source Vendée Globe)