Pro Sailing Tour. Démâtage de The Arch, Leyton en tête

Coup dur pour l’équipage d’Armel Tripon et de Benoît Marie après leur démâtage survenu dans la nuit à bord de The Arch. Dans des conditions relativement clémentes (14/18 nœuds), l’espar s’est soudainement écroulé sur le pont The Arch. Plus de peur que de mal, fort heureusement, pour les trois navigants et le reporter embarqué qui n’ont pas été blessés. Ils ont pu rapidement sécuriser leur gréement en évitant de perdre des pièces en mer.

Ce vendredi matin, ils ont rallié le port de Lagos, dans le Sud du Portugal. La déception est grande, à la hauteur des espoirs qu’Armel Tripon, Benoît Marie et Loïs Berrehar qui évoluaient alors bord à bord avec le trio Leyton, pouvaient légitimement nourrir pour le dénouement de la course partie lundi matin dernier de la rade de Toulon. Cette avarie, qui prive la flotte d’un sérieux concurrent, est vécue comme une onde de choc dans les rangs serrés qui progressent le long de la péninsule ibérique. « Grosses pensées pour The Arch. Cette nouvelle fait mal au cœur. Armel et Benoit ont déployé beaucoup d’énergie, ils ont tout mis pour ce projet. J’espère qu’il vont trouver une solution pour la suite de la saison » témoigne Sam Goodchild depuis le bateau leader.

Le trimaran The Arch naviguait aux avant-postes du Pro Sailing Tour quand l’Ocean Fifty a démâté subitement aux alentours de 1h23 ce vendredi 6 août. Aucun blessé à bord mais un coup dur pour l’équipage qui réalisait une magnifique course.

« On était dans le match, on avait fait une très belle première moitié de course grâce à une option nord payante en Méditerranée qui nous a permis de recoller au peloton de tête au passage de Gibraltar. On avait remonté toute la flotte jusqu’à nous emparer même de la tête de la course hier soir dans le Golfe de Cadix à la faveur d’une option osée à quelques centaines de mètres de la côte. On évoluait bord à bord avec Leyton, actuel leader de la course, quand le mât s’est littéralement brisé comme un château de cartes. J’étais à la barre, on avançait bien, quand d’un seul coup on a entendu un grand fracas. Il faisait nuit noire, j’ai perdu un peu mes repères et j’ai vite compris que le mât s’était écroulé. » confie Benoit Marie co-skipper de The Arch. Au moment de l’incident l’équipage évoluait sous grand-voile haute et J1 le long des côtes du Portugal, dans un vent de 14-18 nœuds. Armel Tripon, co-skipper de The Arch, raconte à son tour : « J’étais sous la casquette avec Loïs, j’allais prendre mon quart à la barre quand j’ai entendu un grand bruit. C’est à ce moment-là que j’ai vu la bôme tomber sur le roof. J’ai tout de suite compris ce qu’il se passait. On a eu peur pour Benoît (Marie) car il était à la barre au moment du démâtage. Globalement, ça s’est passé en douceur et dans notre malheur, on a de la chance car aucun dommage n’est à déclarer sur le bateau. »

Gréément sécurisé à bord !

Proche des côtes portugaises, dans un vent médium et une mer peu formée, les opérations de remorquage sont actuellement en cours. Après plusieurs heures d’effort, l’équipage a réussi à sécuriser le gréement et récupérer chaque partie du mât et des voiles. « On tenait vraiment à ne laisser aucun débris dans l’eau. » nous confie Armel. Ils ont été pris en remorque vers 4 heures du matin pour faire route vers Portimao, unique port de la zone capable d’accueillir un trimaran de 50 pieds.

Un plongeur est en cours d’intervention pour aider l’équipage à désolidariser le mât du bateau et remonter à bord le dernier morceau de mât pour assurer le convoyage jusqu’à Portimao en toute sécurité. Ces opérations sont assurées en coordination avec les autorités locales. « Nous avons récupéré tous les bouts du mât donc nous allons pouvoir analyser les causes de la rupture rapidement. Pour le moment la casse reste inexpliquée, notre mât ne présentait pas de signe d’usure particulier et avait moins de 2 ans. »

Le duo nantais Benoit Marie et Armel Tripon reste focalisé sur la Transat Jacques Vabre.
 » Cet incident est un peu une douche froide à 3 moins du départ, d’autant plus que nous n’avons à ce jour pas de partenaire titre pour la Transat Jacques Vabre ni pour la Route du Rhum. Notre performance sur ce début de course illustre bien le potentiel du bateau et de notre duo ! On espère vraiment pouvoir aligner notre fier Ocean Fifty sur un programme complet de courses. Le mot du jour ? Résilience… Rebondir dans les coups durs, ça fait partie intégrante de notre métier. Avis aux entreprises qui souhaiteraient rejoindre le projet en affichant haut leurs couleurs et nous donner les moyens de nos ambitions, il y a une belle opportunité à saisir ! » précise Benoit Marie. « L’aventure ne s’arrête pas là ! La course au large reste un sport mécanique et il faut savoir rebondir vite et aller de l’avant… Pour mon 1er démâtage en course, être entouré de Benoît (Marie) et Loïs Berrehar, qui ont été très réactifs, a été une vraie valeur ajoutée et ça nous a permis de prendre les bonnes décisions.

Avec Benoît, on ne perd pas de vue notre objectif d’être au départ de La Transat Jacques Vabre, le 7 novembre prochain. Venez vibrer avec nous ! » confie Armel Tripon.

Un podium pour quatre

Ce vendredi midi, alors qu’il reste 670 milles environ à parcourir pour rallier la rade de Brest, ce match aux avant-postes se poursuit donc à quatre bateaux. Leyton pointe toujours en tête et parvient à garder ses concurrents pourtant très offensifs dans ses tableaux arrières. Mais la bataille fait rage. Le moindre mille se dispute avec une âpreté rare entre ces équipages qui peuvent tous prétendre à la victoire sur cette course créditée d’un coefficient trois dans le calcul du classement général du Pro Sailing Tour. C’est dire si chaque place vaut cher. Pas étonnant que la tension montre crescendo à mesure que cette flotte compacte progresse dans sa remontée le long des côtes du Portugal. Elle pointe ce midi à la latitude de Lisbonne, dans des vents de Nord d’une quinzaine de nœuds. Une quinzaine de milles séparent ces quatre Ocean Fifty. À bord d’Arkema 4, Quentin Vlamynck donne la mesure de l’intensité de la régate océanique qui les oppose les uns aux autres. « Hier fut la journée la plus intense depuis le départ. Nous avons cravaché tout l’après-midi pour recoller au groupe de tête… Avant de retomber dans une molle au coucher du soleil et voir s’échapper Leyton. C’est assez dur pour le moral, mais on s’accroche car la route est encore longue… » raconte ce matin le skipper du trimaran du Médoc, qui joue gros sur ce parcours.

« Le grand Rush des 24 heures ! »

Les fichiers météo sont formels, le rythme va franchement se renforcer le temps d’une remontée rapide du golfe de Gascogne, bientôt balayé par un petit système dépressionnaire générant des vents de Sud-Ouest de 20/25 noeuds. Les conditions seront donc propices pour permettre aux Ocean Fifty de franchement accélérer la foulée. « En approche du cap Finisterre, les équipages qui progressent actuellement au près vont pouvoir ouvrir et choquer les écoutes. Les ETA (estimated time of arrival, ndlr), qui se précisent pour la nuit de samedi à dimanche, laissent deviner une fin de course sur un tempo très soutenu. Je pense qu’on peut s’attendre à voir le grand Rush des 24 heures », analyse Gilles Chiorri, directeur de course. De quoi augurer des arrivées rythmées et groupées. La ruée vers la rade de Brest aura bien lieu.

Ciela Village à la peine

Pour l’équipage d’Erwan Le Roux à bord de Ciela Village, le scénario prend en revanche une toute autre tournure. Victime de plusieurs longs ralentissements avant Gibraltar qu’il a doublé 11 heures après le premier, il doit désormais prendre son mal en patience. Après la traversée de la Méditerranée à laquelle il payé un lourd tribut, la remontée en Atlantique menace aussi de se révéler beaucoup plus laborieuse que pour ses prédécesseurs. D’après les derniers routages, alors qu’il risque de ne plus progresser dans le même système météo qu’eux, il pourrait en effet leur concéder un écart de plus de 36 heures, en rade de Brest. Face à la dure loi du sport et de la course au large qui crée d’impitoyables passages à niveau, tout l’enjeu à présent va être de s’accrocher et de tenter de limiter la casse…

Pointage sur le Final Rush, vendredi 6 août, à 13h30 heures

1 / Leyton (Sam Goodchild), à 668 milles de l’arrivée
2 / Arkema 4 (Quentin Vlamynck), à 12,1 milles du premier
2 / Solidaires en Peloton – ARSEP (Thibaut Vauchel-Camus), à 15,3 milles du premier
4 / Primonial (Sébastien Rogues), à 17 milles du premier
5 / Ciela Village (Erwan Le Roux), à 144 milles du premier