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Giraglia. Les honneurs de ligne pour Magic Carpet Cubed

Cinquième épreuve sur sept du Mediterranean Maxi Offshore Challenge 2021-22 de l’International Maxi Association, la Rolex Giraglia a retrouvé cette année son parcours traditionnel Saint-Tropez-Giraglia-Gênes. Mais avec des vents ultra-légers annoncés, ses organisateurs, le Yacht Club Italiano, en collaboration avec le Yacht Club Sanremo et la Société Nautique de Saint-Tropez, ont sagement abandonné la bouée d’ouverture de La Fourmigue. Ainsi, lorsque les 20 maxis de la flotte totale de 141 ont appareillé à 12h00 CEST ce mercredi, c’était sur un parcours de 200 milles au lieu de 240.

Le maxi grand prix ARCA SGR de 100 pieds de Furio Benussi était le bateau à battre pour les honneurs de ligne – le mieux noté sous IRC et défendant son titre à partir de 2021. En effet, il a mené sur l’eau pendant la majorité de la course, mais ses talons étaient le grand Wallys – Wallycento Tango de Charif Souki, 107 Spirit of Malouen de Jean-Luc Petithuguenin et 93 Bullitt d’Andrea Recordati mais le défi le plus sérieux est venu de Wallycento Magic Carpet Cubed de Sir Lindsay Owen-Jones. L’une des équipes les plus capées de l’histoire de cette course, Magic Carpet Cubed avait remporté les honneurs de la ligne en 2013 et la victoire pure et simple en temps corrigé IRC deux ans plus tard.

Exploitant le génie de la navigation du Néerlandais Marcel van Triest, cette année, Magic Carpet Cubed a propulsé ARCA SGR au poste. Cela a été mis en place à 50 milles de l’arrivée lorsqu’elle a pris un coup majeur, changeant de côté du parcours vers l’est, mais cela lui a permis d’atteindre l’arrivée avec une meilleure pression alors que l’ARCA SGR tentait de courir vers la ligne. Ainsi, le «bateau de croisière» d’Owen-Jones a battu son rival de course de Grand Prix de 26 minutes, et bien plus en temps corrigé IRC, bien qu’il ait fallu 34 heures 7 minutes pour terminer le parcours, contre 26 heures 24 minutes sur le parcours plus long de 240 milles. l’année dernière.

Sir Lindsay Owen-Jones était ravi : « Nous avons été surpris de battre le scratch. Nous avons fait de bons choix de navigation : Marcel [van Triest] est un si bon gars, qui est avec nous depuis de nombreuses années et nous sommes très confiants dans ses choix. C’était très important car nous sommes arrivés sur un bien meilleur angle que nos concurrents qui ont dû descendre dans les airs mourants… »

48 minutes après ARCA SGR, Tango était troisième à domicile, suivi de Bullitt et Spirit of Malouen. Magic Carpet Cubed fantômes vers la ligne d’arrivée de Gênes avec ARCA SGR. Photo : Studio Borlenghi / ROLEX. Ci-dessous : Adriano Calvini avec son petit-fils Giovanni Chiappano (en bonnet rouge), Stefan Müller de Rolex Italia à sa gauche et, à l’extrême gauche, le président du Yacht Club Italiano, Gerolamo Bianchi. 

Une fois de plus, le prix maxi IRC a favorisé les 60 pieds, en fait exactement le même 60 pieds qui a gagné en 2021 : le Felci 61 Itacentodue d’Adriano Calvini, en fait le bateau club du Yacht Club Italiano basé à Gênes.

Itacentodue était le 13e bateau à terminer dans son port d’attache, franchissant la ligne à 05:41:24 vendredi, remportant la classe maxi et terminant deuxième de toute la flotte IRC derrière le Ker 46 Lisa R de Giovanni di Vincenzo.

Alors que l’année dernière, l’équipage de l’académie de voile offshore d’Itacentodue naviguait avec des pros accomplis de la Coupe de l’America et de la légende olympique Tommaso Chieffi et le vainqueur de la Mini Transat 2019 Ambrogio Beccaria, cette année, il n’y avait aucun pro dans son équipage. Cependant, à bord se trouvaient le petit-fils du propriétaire, Giovanni Chiappano, âgé de 28 ans, soutenu par Mario Rabo à la stratégie, Manuel Polo à la navigation et Roberto Martinez à la barre principale.

“Nous savions que ça allait être long”, a expliqué Chiappano. “Nous aimons un peu plus de vent et préférons aussi le vent arrière, donc tout était contre nous, mais notre stratégie a payé : nous sommes allés ‘tout droit’ tout le temps principalement parce que nous pensions que le vent serait le meilleur de cette façon et s’il n’y avait pas de vent, il serait préférable d’aller le chemin le plus court.

Ils se sont arrêtés au large de Portofino avant que la Tramontane ne se remplisse, puis ont fait les plus grands progrès sur leur chemin vers l’arrivée. « Nous avons changé de voile peut-être 30 fois du Code 0 au gennaker et vice-versa. C’était dur, mais l’équipe était géniale.

Le Wally 60 Wallyño de Benoît de Froidmont, qui s’est terminé vendredi à 07:01:47, a terminé deuxième au général sous IRC (et sixième au général). “C’était long !” a déclaré de Froidmont, qui est également président de l’International Maxi Association. « À la fin, nous étions à un mile d’Itacentodue, mais ils ont ensuite terminé avec plus d’une heure d’avance sur nous. Mais c’est “typique” de la Giraglia. Nous avons fait plus d’empannages au cours des deux dernières heures que pendant tout le reste de la course.

Les yachts à quille basculante ne sont pas censés aimer les conditions légères, il a donc été surprenant que le troisième maxi sous IRC soit la quille basculante Mylius 60 Cippa Lippa X de Guido Paolo Gamucci. Le tacticien Paolo Cian a déclaré qu’à l’approche de l’arrivée, ils avaient trouvé une meilleure rotation du vent vers l’est (comme Magic Carpet Cubed l’avait fait quelques heures plus tôt). “Au final, il y avait deux flottes convergeant, une avec des cerfs-volants et d’autres (comme nous) avec le code 0.”

La goélette aurique de 109 pieds conçue par Herreshoff fermait la marche dans la classe maxi. Bien qu’il ne soit pas le mieux adapté à la course de vent léger de cette année, l’équipage de la Mariette de 109 pieds de long de 1915 l’a beaucoup apprécié. Comme l’a rapporté à bord la skipper du Vendée Globe Miranda Merron : “L’avantage de l’absence de vent pendant une grande partie de la journée était la fête de la faune – baleines, dauphins, tortues, crapets, mahi-mahi, thon, bonite…”

Lors de la remise des prix de samedi au Yacht Club Italiano, Wallyño a reçu le trophée du membre IMA le mieux placé dans la Giraglia Offshore Race.

par James Boyd / International Maxi Association

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Sardinha Cup. Morvan et Schwartz remportent la course 2, Mael Garnier et Pierre Leboucher vainqueurs de La Sardinha Cup !

Ageas - Team Baie de Saint-Brieuc (Maël Garnier/Pierre Leboucher)

A l’issue d’une longue et éprouvante course 2, les 22 Figaro sont arrivés dimanche matin. Gaston Morvan et Benjamin Schwartz (Région Bretagne-CMB Espoir) se sont imposés alors que Maël Garnier et Pierre Leboucher (Ageas-Team Baie de Saint-Brieuc), quatrièmes de cette seconde étape, ont remporté la troisième édition de La Sardinha Cup. Les duos Tom Laperche/Morgan Lagravière (Région Bretagne-CMB Performance) et Elodie Bonafous/Alexis Loison (Quéguiner-La Vie en Rose) complètent le podium au général.

Ageas – Team Baie de Saint-Brieuc (Maël Garnier/Pierre Leboucher)
« Une étape de sanglier ! » En amarrant Région Bretagne-CMB Espoir au ponton de Port-la-Vie, dimanche matin à 7h30, Benjamin Schwartz a bien résumé cette Course 2 Pays de Saint-Gilles Tourisme qui aura usé nerfs et organismes. « C’était interminable ! On était tout le temps dans pas de vent, jusqu’à cette nuit, où ça s’est carrément inversé, c’est passé de 0 à 40 nœuds en très peu de temps », ajoute à ses côtés Gaston Morvan qui signe sa première victoire d’étape sur le circuit Figaro Beneteau.

Au prix d’une dernière nuit où, malgré la fatigue physique et nerveuse, il a fallu ne rien lâcher : « On s’est battus mètre par mètre. On changeait de voiles toutes les trois minutes parce qu’il fallait le faire, et cette nuit, on a remis de la bâche, on a attaqué sous gennaker, on était dans 40 nœuds avec toute la toile au maximum, on se demandait si ça allait tenir ou si tout allait péter, finalement, ça a tenu. On a poussé le curseur comme il fallait pour espérer l’emporter, mais jusqu’à la ligne, on ne savait pas qui était déjà arrivé, on a découvert au ponton qu’on avait gagné cette étape », ajoute celui qui, il y a trois ans sur La Sardinha Cup, avait disputé sa toute première course sur le support aux côtés de son père, Gildas.

Effectivement, jusqu’au bout, il a fallu attendre le verdict des options, entre les nordistes, menés par Région Bretagne-CMB Espoir, le centriste Région Bretagne-CMB Performance (Tom Laperche/Morgan Lagravière), constamment aux avant-postes sur cette étape et finalement troisième (et deuxième au général), coiffé sur la ligne, pour 25 petites secondes, par les sudistes de Quéguiner-La Vie en Rose (Elodie Bonafous/Alexis Loison), revenus du diable vauvert pour également souffler in extremis la troisième place au général à Skipper Macif (Erwan le Draoulec/Loïs Berrehar).

« On a juste récupéré ce matin les autres concurrents à l’AIS, on ne savait pas combien étaient arrivés ou pas, ce n’est qu’en passant la ligne qu’on a su qu’on était deuxièmes, et après, on s’est lancés dans des calculs et on a réalisé qu’on faisait finalement un podium, c’est une super nouvelle, une belle surprise ! », se réjouit Elodie Bonafous, déjà deuxième l’année dernière sur la La Sardinha Cup (avec Corentin Horeau).

De nouveau sur le podium cette saison après ses victoires sur la Solo Maître CoQ et la Le Havre All Mer Cup, Tom Laperche confirme de son côté sa régularité sur un circuit dont il est désormais une valeur sûre. « Une deuxième place au général, c’est très bien, c’était une belle course, j’ai pris beaucoup de plaisir à naviguer avec Morgan ; en cinq jours avec un paquet d’heures dans la pétole, on a eu le temps de se raconter des choses ! Et je suis super content pour Gaston et Ben qui signent une belle victoire d’étape », commente le skipper de Région Bretagne-CMB Performance.

Qui termine donc au général derrière les grands vainqueurs de cette troisième édition de La Sardinha Cup, Maël Garnier et Pierre Leboucher (Ageas-Team Baie de Saint-Brieuc), vainqueurs de la Course 1 Pays de Saint-Gilles Tourisme à Figueira da Foz, et qui ont su, sur la Course 2, garder la vitesse et le sang-froid nécessaires pour terminer quatrièmes et remporter cette victoire, la première sur le circuit Figaro Beneteau pour Maël Garnier, talent précoce de 21 ans.

« On savait que rien ne serait gagné avant d’avoir franchi la ligne, vu que les cartes ont été rebattues tout au long de l’étape, commente l’heureux vainqueur. Il fallait être bon dans les transitions, il y a eu énormément de changements de voiles à faire, c’était dur pour les nerfs, mais on s’en sort plutôt bien, on est contents. Ce n’est que ma deuxième saison sur le circuit Figaro Beneteau, ça permet de mesurer ma progression, mais, tout ça, c’est aussi grâce à Pierre, à ses conseils, il m’a énormément transmis sur l’eau, d’un point de vue humain, technique, météo, connaissance du bateau, tout ce qu’on veut ! Ça fait plaisir de batailler devant, il va maintenant falloir que j’applique en solo ce que j’ai appris avec Pierre. »
Les autres réactions :

Pierre Leboucher (Ageas-Team Baie de Saint-Brieuc), 4e de l’étape et vainqueur au général : « Il y a eu pas mal de regroupements, notamment un très gros après le Cap Finisterre, c’était comme une nouvelle ligne de départ au bout de deux jours et demi, il y a eu ensuite une dernière transition, on sentait que c’était celle qu’il ne fallait pas louper. On a joué notre jeu, on a essayé de ne faire que du bord rapprochant, en espérant que la dernière oscillation soit de notre côté. Je pense qu’on aurait pu finir deuxièmes de l’étape, mais les deux dernières heures, le vent n’a pas tourné en notre faveur, mais c’était chouette à bord, on a été très complémentaires. J’adore le double, c’est génial tout ce qu’on peut partager. »

Alexis Loison (Quéguiner, La Vie en Rose), 2e de l’étape, 3e au général : « On n’a jamais vu ça ! Du début à la fin, ça n’a pas arrêté, je ne sais pas combien de fois on a manœuvré, changé de voiles, trop tôt ou trop tard, c’était l’enfer ! Et on a passé notre temps à se poser des questions, avec presque rien à bord comme infos météo ; à un moment, on s’est retrouvés à quatre, puis trois puis deux avec Mutuelle Bleue, on a commencé à se gratter la tête. Parfois, on se disait que c’était sûr qu’on allait gagner, à d’autres moments, que les autres nous avaient collé 30 milles. Finalement, c’est une grosse satisfaction que notre plan ait marché. On voulait faire notre course, ne pas regarder les autres, se servir des éléments qu’on avait en temps réel, ce n’était pas simple. »

Erwan Le Draoulec (Skipper Macif), 6e de l’étape, 4e au général : « C’était une étape super longue et compliquée, avec soit pas de vent, soit 40 nœuds, des orages, ça allait dans tous les sens, ce n’était pas facile, mais on a toujours gardé le moral, on a quand même continué à bien avancer. La vitesse est là, mais franchement, en météo, on n’a rien compris. Du coup, on faisait toujours le bord le plus rapprochant, c’était un peu le gros flou, je ne sais pas si les premiers ont compris quelque chose, si c’est le cas, on a du boulot ! Le résultat est quand même super, on n’a même pas de points d’écart avec ceux de devant [Quéguiner-La Vie en Rose et Skipper Macif ont le même nombre de points, NDLR], ça se joue à rien, mais bravo à eux ! »

Violette Dorange (Devenir), 5e de l’étape et au général : « C’était un truc de dingue, cette étape, on ne savait pas du tout ce qu’il se passait, on était un peu à l’aveugle sur toute la traversée du Golfe de Gascogne, on a réussi à faire de notre mieux avec le vent qu’on avait en essayant de faire toujours la route directe, et à l’arrivée, c’est une belle surprise, on voit qu’on est cinquièmes, on est trop contents ! On s’est arrachés, cette nuit, c’était hyper physique, c’était incroyable, une mer agitée, des éclairs, la mousse des vagues était bleue, on était dans un autre monde, et en même temps, on se faisait défoncer par le vent, on a eu un passage avec des claques à 35 nœuds, voire 40. Cinquième sur l’étape et au général, c’était pile poil l’objectif ! »

Basile Bourgnon, 12e de l’étape et au général, vainqueur du classement bizuth : « On est contents d’être arrivés, c’était long et dur, la fin ne nous aura pas épargnés. On était dans le match au début sur les côtes portugaises, c’est après le Cap Finisterre que les options ont commencé à se jouer. Nous avons choisi une option au large pour contourner l’anticyclone. On pensait que ça allait mieux fonctionner, finalement, ça s’est plutôt bien passé. C’est pas si pire ! On est contents de terminer premiers bizuths, c’est la bonne nouvelle, ça a été assez stressant tout au long de la course, on a toujours eu cette ambition. »

Podium Classement Générale Sardinha Cup 2022
Classement général provisoire Sardinha Cup 2022

  1. Ageas – Team Baie de Saint-Brieuc (Maël Garnier/Pierre Leboucher)
  2. Région Bretagne – CMB Performance (Tom Laperche/Morgan Lagravière)
  3. Quéguiner – La Vie en Rose (Elodie Bonafous/Alexis Loison)
  4. Skipper Macif (Erwan Le Draoulec/Loïs Berrehar)
  5. Devenir (Violette Dorange/Julien Pulvé)
  6. Région Bretagne – CMB Espoir (Gaston Morvan/Benjamin Schwartz)
  7. Amarris-Primeo Energie (Achille Nebout/Pierre Quiroga)
  8. Smurfit Kappa – Kingspan (Tom Dolan/Alan Roberts)
  9. La Charente Maritime (Alexis Thomas/Swann Hayewski)
  10. Région Normandie (Guillaume Pirouelle/Robin Follin)
  11. Mutuelle Bleue (Corentin Horeau/Julien Villion)
  12. Edenred (Basile Bourgnon/Brieuc Lebec), premier bizuth
  13. Alva Yachts (Jörg Riechers/Robin Marais)
  14. Teamwork (Nils Palmieri/Pierre Le Roy)
  15. Team Vendée Formation-Botte Fondations (Charlotte Yven/Pierre Daniellot)
  16. Marine Nationale/Fondation de la Mer (Philippe Hartz/Eric Delamare)
  17. Région Bretagne/CMB Océane (Chloé Le Bars/Ronan Treussart)
  18. ADEPS-FFYB (Sophie Faguet/Benoît Charon)
  19. Passion Santé-Trans-Forme (Romen Richard/Victor Le Pape)
  20. Mercy Ships (Victor d’Ersu/Tiphaine Ragueneau)
  21. Interaction (Yannig et Erwan Livory)
  22. Prisme Océan (Pierre Grenié/Valentin Dantec)
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Vendée Arctique. Fin de la course, les skippers se mettent à l’abri et… au frais !

Première photo de Charlie Dalin (APIVIA) à l'abri de la dépression sur la côte islandaise.

L’organisation a décidé de faire de la porte Islande la ligne d’arrivée de cette Vendée Arctique – Les Sables d’Olonne. A 23h ce samedi une partie de la flotte arrive à la porte virtuelle au sud de l’Islande. Le reste subit la dépression avec des vents violents.

Francis Le Goff, directeur de course, explique les choix de la direction de course : « La dépression est bien là, et certains vont avoir du mal à atteindre la porte Islande. Mais comme la situation n’est pas meilleure une fois cette porte franchie, nous avons préféré en faire la ligne d’arrivée afin que les solitaires puissent aussitôt faire en sorte de se mettre en sécurité. Des vents instables et forts arrivent sur zone ; les effets de site qui vont secouer le fjord où se sont abrités déjà deux bateaux ne rendent pas simple l’accueil d’IMOCA supplémentaires. Clore la course à la porte va permettre aux marins de trouver la meilleure solution pour chacun d’entre eux, avec le soutien permanent de la direction de course et avec l’expertise de leur équipe technique. L’objectif est que, samedi après-midi, quand le plus fort de la dépression sera passé, les skippers puissent rallier les Sables d’Olonne, ce qui ne sera pas si simple : ils ne seront pas à l’abri de nouveaux vents forts, mais ils pourront gérer en bons marins. Nous savions les changements de météo rapides et brutaux dans la région, mais nous avons eu le plus fort de ce que nous pouvions redouter. Sincèrement, ce que tous ont vécu sur les 1500 milles environ de la montée vers l’Islande – la difficulté de la navigation, le combat pour mener le bateau, la résistance aux forts éléments – représente une impressionnante mise en condition pour un Vendée Globe ».

Alain Leboeuf, Président de la SAEM Vendée et du Département de la Vendée souligne que : « La raison nous intime de suivre la voie de la prudence. Ce ne serait pas raisonnable d’exposer les marins à plus de danger sans leur accorder la possibilité de se mettre à l’abri. Il est de la responsabilité d’un organisateur de course de ne pas faire courir de risques inutiles à ces solitaires. J’ai toute confiance dans les choix de bon marin qui ont été faits par la direction de course. La course au large reste une aventure, il faut savoir choisir ses priorités ».
Charlie Dalin (APIVIA), arrivé à la porte Islande à 2 h 23 min 20 sec ce vendredi 17 juin après 4 jours, 9 heures, 20 minutes et 26 secondes, est donc le premier à la ligne d’arrivée. Il a été suivi par Jérémie Beyou (Charal) arrivé à la porte Islande à 6 h 04 min, après 4 jours, 13 heures et 4 minutes, à 3 heures 43 minutes et 34 secondes du leader ; Thomas Ruyant (LinkedOut) arrivé à la porte Islande à 9 h 33 min, après 4 jours, 16 heures et 33 minutes, à 7 heures et 10 minutes du leader, était le troisième à avoir franchi ce qu’il convient d’appeler la ligne d’arrivée désormais. À l’heure d’écrire ces lignes, Benjamin Ferré (Monnoyeur – Duo For A Job) était en approche de la porte Islande.



Les skippers ont pour l’heure pour mission de franchir une porte virtuelle située au point le plus oriental de l’Islande, sur la côte sud-est, donc, pour ensuite se mettre à l’abri de la puissante dépression qui s’enroule autour de l’île.

Benjamin Ferré aura fait un très beau début de course avec une trajectoire presque parfaite. Joint ce jour, Benjamin Ferré (Monnoyeur – Duo For A Job) fait un état des lieux, avec le même sourire qu’au départ après près de cinq jours de mer.

Carte postale : « J’ai 50 espèces de cétacés autour du bateau. C’est un bonheur. C’est pour me fêter ma venue en Islande ? Cela fait 24 heures que je n’ai pas dormi. Pour l’instant, ça se passe plutôt bien, mais c’est dur, je suis fatigué. Je suis en plein milieu d’une petite dépression secondaire qui s’est calée devant la porte, je suis obligé d’en faire le tour et de bien la négocier. Il faut être dessus, des changements voiles. Je suis à 100 milles de l’arrivée, mais il peut se passer encore plein de choses ».

Joue-la comme Moitessier : « La décision de neutraliser la course vient de la direction de course, donc je n’ai pas à commenter : je m’exécute. Mais j’ai à bord La longue route, de Bernard Moitessier, et ça me donnerait presque envie de poursuivre et de faire le tour de l’Islande, quand même. Finalement, on va vivre un drôle de truc : il y aura 24 IMOCA dans un fjord, ce qui n’est sans doute jamais arrivé ».

Toujours aux avant-postes : « Je suis toujours 4e, juste derrière les trois favoris, pour ma deuxième course en IMOCA. C’est un truc de fou, c’est trop bien d’être là, mais il peut se passer des choses. Des faits de course ont fait cette place, et je prends cette info pour ce qu’elle est ».

Ministe pour toujours : « On n’a pas encore échangé avec le team. J’ai appris à faire du bateau en Mini, et je communique aussi peu en IMOCA que lorsque je faisais du Mini (où c’était impossible, ndlr). Je fais mes routages, mais je ne regarde pas mes mails, je lis à peine mes ‘Whatsapp’. J’ai vraiment des habitudes de ministe ».

Ouille : « J’ai pris un choc sur le visage. Le 15 juin, je suis parti au tas sous spi, le bateau s’est couché, j’ai chopé les écoutes. J’ai mouliné comme un taré, la tête baissée, et je me suis donné un coup de manivelle dans l’arcade. Rien de grave, mais ça a pissé un peu le sang. J’ai trouvé un truc dans la pharmacie, j’ai mis du scotch et le saignement a arrêté ».

Manuel Cousin (Groupe SÉTIN), un abandon de raison

Le skipper Manuel Cousin a annoncé son abandon ce vendredi 17 juin, quelques heures après avoir incurvé sa trajectoire, prenant la direction des côtes de l’Irlande. Ce vendredi, la situation météo semblait en effet musclée dans le sud de l’Islande, comme le raconte le skipper de Groupe SÉTIN : « On a été plusieurs à se poser la question de savoir s’il fallait aller dans cette grosse dépression. Les copains qui y sont essuient des vents à plus de 60 nœuds. Quant à moi, même en m’éloignant par le sud, j’endure des vents de 47 nœuds, c’est très chaud. Il pourrait s’en passer, des choses, au centre de la dépression… » À trois jours et demi de mer des Sables d’Olonne, il sera de retour entre la fin d’après-midi de lundi et la matinée de mardi prochain.

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Sardinha Cup. Une flotte en ligne sur 100 milles

Photo : JB D'Enquin

La flotte des 22 Figaro évoluent dans le golfe de Gascogne avec des conditions météos offrant un maximum d’options. Répartis sur une ligne de plus de 100 milles, chacun a choisi son option et le jeu reste ouvert jusqu’à l’arrivée prévue dans la nuit de samedi à dimanche. Tom Laperche et Morgan Lagravière menait la flotte en fin de soirée ce vendredi.

Si un franc-tireur, Mercy Ships (Victor d’Ersu-Tiphaine Ragueneau), a misé sur une option radicale au nord-ouest, la flotte s’est scindée en deux gros groupes dans la journée : onze bateaux au nord, parmi lesquels le vainqueur de la première étape, Ageas-Team Baie de Saint-Brieuc (Maël Garnier/Pierre Leboucher), Teamwork (Nils Palmieri/Pierre Le Roy), Skipper Macif (Erwan Le Draoulec/Loïs Berrehar), neuf plus au sud, emmenés par Région Bretagne-CMB Performance (Tom Laperche/Morgan Lagravière) et Amarris-Primeo Energie (Achille Nebout/Pierre Quiroga).

« Les derniers routages vendredi après-midi donnent un léger avantage au nord, mais rien n’est fait et je pense que quasiment tous ont encore leurs chances, on pourra peut-être faire davantage de pronostics en fin de matinée samedi », ajoute Guillaume Rottée. Qui conclut : « La seule chose certaine, c’est qu’ils seront bien rincés en arrivant, parce que l’étape est quand même super éprouvante, avec beaucoup de phases de transition, une météo très difficile à lire. »

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Class40. Aurélien Ducroz remporte le titre de champion du monde de Class40 devant Matthieu Perraut et Antoine Carpentier

Photo : Pierrick Garene

La canicule qui s’abat sur toute la France a perturbé la fin de ce championnat du monde de Class40 qui a consacré Aurélien Ducroz devant Matthieu Perraut sur Inter Invest qui confirme après sa belle Normandy Channel Race et Antoine Carpentier sur Redman. Luke Berry qui étrennait son nouveau Mach 5 a montré de belles choses.

Journée chaude sur ce Championnat du Monde de Class40 tant au propre qu’au figuré… Si la chaleur et les vents erratiques se sont posés sur la Charente-Maritime et le Bassin des Chalutiers, l’arrêté préfectoral du jour dans le cadre de « la vigilance rouge canicule extrême en Charente-Maritime » et interdisant « la tenue de toute manifestation publique en extérieur ou dans des établissements non climatisés recevant du public » de 10h à 20h aujourd’hui et demain samedi, fait que le Championnat du Monde de Class40 n’a pas pu se tenir aujourd’hui et ne pourra pas se tenir demain. Au final, trois manches auront été courues mardi/mercredi et jeudi avec un parcours offshore et deux parcours construits disputés hier.

RETOUR SUR LE PARCOURS OFFSHORE : INTER INVEST EN LEADER !
Les dés étaient lancés pour la première confrontation de ce Championnat du Monde de Class40 2022. La piste était bleue tendance océanique avec un parcours de 144 milles qui emmenait la flotte vers le nord de la zone, La Vendée, pour revenir à La Rochelle via le plateau de Rochebonne. Un parcours dit de 24 heures qui, au final, aura été avalé par les premiers en 17 heures de mer. Une fois de plus, les Class40 ont montré cet incroyable potentiel pour avaler les milles, malgré le fait que les conditions météorologiques étaient légères et variables. Finalement, tout a déroulé… même si les difficultés étaient variées. En effet, le premier écueil était la sortie du pertuis d’Antioche et de longer l’Ile de Ré par la face Sud. Simple sur le papier, sauf qu’une énorme zone sans vent bloquait la route directe, obligeant certains Class40 à glisser jusqu’à la pointe de Chassiron au Nord de l’ile d’Oléron et à traverser le plan d’eau. Une fois sortie de ce Pertuis charentais piégeux, il fallait alors progresser au près vers la marque Petite Barge au large des Sables d’Olonne. Là aussi, il fallait être dans le bon tempo pour ne pas se faire décrocher et rester au contact des bateaux plus puissants. La marque sera enroulée vers 23 heures pour les premiers sachant qu’ensuite la priorité était à la glisse au portant pour rallier le plateau de Rochebonne. Glisse, glisse et encore glisse… Nuit claire et lumineuse, températures douces, matossage calé, le parfait cocktail pour avaler des milles sur un seul bord sans trop s’éloigner de la route directe pour minimiser le nombre de milles à parcourir. Rapidement, et dès la première marque vendéenne, plusieurs monocoques se détachent avec Inter Invest de Matthieu Perraut en leader, Crosscall d’Aurélien Ducroz dans son tableau arrière. Cela cravache dur et ce rythme tiendra jusqu’à la ligne d’arrivée. A tel point que Crosscall et Redman batailleront encore à moins d’un mille de la ligne salvatrice. Inter Invest s’impose remarquablement sur ce premier parcours, passant toutes les marques en tête et termine 32 minutes devant ses deux poursuivants, Redman devançant Crosscall de… 5 minutes. (course de coefficient 3)

Une journée qui a commencé dans la douleur pour l’ensemble de la flotte avec deux lancements de manche malheureusement annulées, pour faute de vent sur le plan d’eau rochelais. Il faudra attendre le milieu d’après-midi, peu avant 16 heures, pour que le vent s’établisse dans le Nord-Ouest pour lancer une nouvelle manche sous forme de parcours construit. C’est Lamotte – Module Création de Luke Berry qui remporte haut la main cette première manche de la journée devant Nestenn Entrepreneurs pour la planète et Crosscall. A noter, la journée quasi-parfaite pour le nouveau bateau de Luke qui a été mis à l’eau il y a seulement quinze jours. Une deuxième manche sera lancée dans la foulée de la première, profitant de cette légère brise de Nord-Ouest sur le plan d’eau. Crosscall, malgré un départ difficile, remonte la flotte et gagne cette deuxième manche devant Lamotte Module Création qui signe une sublime journée, et Inter Invest qui se rattrape de sa 7e place dans le parcours précédent. Captain Alternance de Kéni Piperol termine 4e et Redman, 5e. (course de coefficient 1)

Au classement général, c’est Crosscall d’Aurélien Ducroz qui termine premier signant une 3e place dans le parcours Offshore et une place de 3 et 1er dans les parcours construits. Inter Invest de Matthieu Perraut termine 2e au général avec sa victoire dans le parcours Offshore et ses places de 7e et 3e hier jeudi. Le troisième au général est Antoine Carpentier sur Redman avec sa place de 2e dans le parcours Offshore, de 5e et 4e dans les parcours construits. Lamotte Module Création de Luke Berry termine 4e au général devant La Boulangère Bio d’Amélie Grassi. 16 bateaux classés.

Aurélien Ducroz (Crosscall), champion du monde de Class40 2022 : « Nous avons fait trois belles manches, donc nous sommes très contents ! Nous avons un bateau qui marche super bien et un équipage qui était top. Cela s’est pas mal joué sur les manœuvres et on a été assez bon là-dessus. Cela fait super plaisir car c’est un super projet que l’on a monté depuis l’année dernière. Nous n’avons pas eu beaucoup de chance jusque-là et cela fait du bien aujourd’hui que cela nous sourit. Nous avons fait un beau côtier, nous étions en tête aux Sables d’Olonne et nous nous sommes alors pris un casier… Là, on perd deux/trois milles… On arrive à revenir et au final, on s’en sort pas mal et puis hier, on fait deux belles manches même si nous n’avons pas fait les meilleurs départs. Mais, nous avons réussi à revenir de derrière et à bien nous placer. C’était hyper agréable même si on est forcément frustré de ne pas en faire plus, maintenant on ne peut qu’être content ! Le fait de courir en équipage, cela m’a rappelé le Tour de France à la Voile que j’ai fait en Diam trois ans de suite… On retrouve des réflexes même si cela est un peu physique sur ces bateaux, mais c’était très plaisant. J’aime vraiment bien naviguer en équipage et la collaboration avec Vincent (Riou) était juste extraordinaire. Naviguer avec quelqu’un qui a autant d’expérience est une vraie chance et un vrai plaisir. Aussi, je le remercie énormément ainsi que tous les autres qui ont été à bord, David Sineau, Eric Levet, Benjamin Bireau, Thomas Audren sans oublier mon boat captain Jonathan Chodkiewiez avec qui je suis très heureux d’avoir pu partager ce moment-là… ».

Rappel classement général après 3 manches (16 bateaux classés) :

  1. CROSSCALL (166) – Aurélien DUCROZ
  2. INTER INVEST (175) – Matthieu PERRAUT
  3. REDMAN (161) – Antoine CARPENTIER
  4. LAMOTTE MODULE CREATION (185) – Luke BERRY
  5. LA BOULANGERE BIO (170) – Amélie GRASSI
  6. CAPTAIN ALTERNANCE (174) – Kéni PIPEROL
  7. NESTENN – ENTREPRENEURS POUR LA PLANETE (153) – Jules BONNIER
  8. CER OFFSHORE – BANQUE DU LEMAN (159) – Valentin GAUTIER
  9. SENSATION CLASS40 EXTREM (140) – Marc LEPESQUEUX
  10. A L’AVEUGLE (115) – Remi RABBE
  11. DOPAMINE SAILING TEAM (104) – Florian GUEGUEN
  12. CHOCOLATS PARIES-SCREB (123) – Jean-Baptiste DARAMY
  13. NAVIGUONS CONTRE LE DIABÈTE (124) – Anatole FACON
  14. YODA (65) – Franz BOUVET
  15. RANDSTAD-AUSY (155) – Clara FORTIN & Martin LOUCHARD
  16. BLEU BLANC (149) – THOMAS Hervé
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Vendée Arctique. Course neutralisée, Charlie Dalin passe en tête la porte en Islande

Le directeur de course Francis Le Goff a pris la décision de neutraliser la course devant la détérioration des conditions climatiques à venir. Charlie Dalin a passé ce matin la porte virtuelle située au sud-est de l’Islande suivi par Jérémie Beyou. Ils vont se mettre à l’abri jusqu’à samedi quand la course pourra reprendre. Une situation inédite.

L’Organisation à pris ce jeudi soir minuit la décision forte de neutraliser la course après le passage de la porte virtuelle située au Sud-Est de l’Islande. Les modalités de la reprise de la course, actuellement en discussion, seront bientôt officialisées. Si Charlie Dalin a passé ce matin à 7h la porte virtuelle et que les dix premiers devraient pouvoir remonter suffisamment au nord, le reste de la flotte situé à 290 milles de la porte virtuelle, comprenant Eric Bellion, Sébastien Marsset, Pip Hare, Romain Attanasio, Arnaud Boissières, Conrad Colman, Fabrice Amedeo, Kojiro, Denis Van Weynbergh risque de subir violemment cette dépression. Manu Cousin lui, a décidé de faire demi tour et de se mettre à l’abri en Irlande.

Réaction d’Alain Leboeuf, Président de la SAEM Vendée et du Département de la Vendée :

« Comme nous l’avons indiqué et réitéré ce jeudi matin, notre devoir a toujours été d’assurer la sécurité des marins et de se prémunir de tous les risques éventuels. L’évolution de la situation météorologique à laquelle fait face la flotte nous oblige, conjointement avec la direction de course et notre expert météorologue, à prendre des décisions fortes. En tant qu’organisateur, il nous paraissait ainsi essentiel que les marins puissent s’abriter et mettre temporairement en parenthèse la course afin de se protéger de ce système dépressionnaire. Ils reprendront bientôt la route et nous aurons tous à cœur de suivre avec passion leurs aventures.

Réaction de Francis Le Goff, directeur de course de la Vendée Arctique-Les Sables d’Olonne :

« Pour les skippers de tête, les conditions allaient être particulièrement défavorables demain après-midi à cause de cette dépression qui se creuse progressivement vers le Nord-Est de l’Islande. On attend du vent fort de 35 à 40 nœuds fichier, donc des rafales à plus de 50 nœuds.
Dans un souci de fair-play et d’équité, nous avons donc décidé, que les skippers puissent s’abriter dès qu’ils auront passé la porte située au Sud-Est de l’Islande. Nous enregistrerons le temps de chacun à la porte avant qu’ils puissent se mettre à l’abri. Nous avons entamé des discussions avec des ports qui pourraient être susceptibles de les accueillir. La course reprendra ensuite selon des modalités que nous sommes en train de définir. »

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SailGp. Grand Prix à Chicago ce week-end

Photo Bob Martin for SailGP

Le deuxième act du circuit SailGP se déroule ce week-end à Chicago les 18 et 19 juin. L’équipage tricolore tentera de faire mieux sur les eaux du lac Michigan. Auteurs de deux belles manches sur cinq lors du dernier Grand Prix disputé aux Bermudes, Quentin Delapierre et son équipage devront être plus réguliers pour au moins rivaliser avec les autres équipes et viser la finale.

Comme sur la Coupe de l’America, on espère toujours de l’équipe française. Mais il faut sans cesse attendre que les efforts paient, que l’on gagne en expérience pour au final être toujours déçu par le spectacle offert. L’équipe avec Billy Besson avait été loin du podium la première année, s’était bien améliorée l’année suivante mais Billy a été débarqué depuis Saint-Tropez et il a fallu tout recommencer avec Quentin Delapierre. Ce sera son 5e Grand Prix. S’il a montré de belles choses, il n’a pas prouvé qu’il était meilleur pour l’instant. D’autres barreurs nouveaux sur le circuit ont été plus percutants. On sait que l’entrainement sur ces bateaux est limité pour tous mais l’ensemble des datas partagées, les vidéos devraient niveler les niveaux. Enfin tactiquement la phase de départ reste la clé. Avec un black flag au dernier Grand Prix, il y avait un peu d’arrogance française à prendre cette position à la bouée devant Ben Ainslie. Le coup de génie ou le coup arrogant se joue à une seconde. Espérons que les Français trouvent le bon rythme et le chemin de la victoire ce week-end.

Il va faire chaud aux abords de la plus grande ville de l’Illinois ! Pour la première fois, le circuit SailGP passera par Chicago au bord de l’immense lac Michigan qui deviendra pour quelques jours le théâtre du 2e acte de la saison 3. Les meilleurs régatiers du monde ont rendez-vous pour un nouveau weekend de bataille à bord des catamarans volants les plus rapides de la planète. Si les Australiens vainqueurs des deux premières saisons font figure de grands favoris, les Français comptent bien jouer au milieu des meilleurs comme ils ont réussi à le faire au Bermuda Sail Grand Prix. L’acte inaugural de la saison 3, disputé il y a un mois, avait été remporté par les Australiens devant les Anglais et les Canadiens, auteurs d’une entrée tonitruante sur le championnat.

« Nous avons démontré aux Bermudes notre capacité à jouer aux avant-postes. Mieux, à nous extraire de la meute pour finir en deuxième position sur deux courses. Cela prouve que nous pouvons très bien faire au sein d’un circuit sur lequel nous nous battons avec des équipages qui ont beaucoup plus d’entraînement que nous sur ce genre de support. Depuis l’arrivée de Quentin Delapierre, dont ce sera seulement le 5e Sail Grand Prix, notre progression a été énorme. Le fait qu’il soit rejoint par son acolyte de toujours Kevin Peponnet est aussi source de grand potentiel à mes yeux car son adaptation à son poste de régleur d’aile sur le F50 français a été incroyablement rapide, souligne Thierry Douillard, coach du France SailGP Team. Nous essayons de naviguer au maximum sur des supports volants entre les évènements qui se rapprochent le plus possible des F50. C’est très important d’arriver très préparés sur un Grand Prix car le temps d’entraînement est très court avant le week-end de compétition. Il faut être opérationnel tout de suite, » ajoute-t-il.

Instabilité en eau douce

Les Français atterriront à Chicago ce mercredi. Une session de navigation est prévue jeudi puis trois courses d’entraînement en flotte vendredi, juste avant les 6 régates du week-end qui se disputeront devant le Navy Pier, au nord du port de Chicago. Dans ce décor grandiose, les 9 équipages en lice vont avoir une nouvelle donne importante à gérer puisque l’épreuve va se dérouler en eau douce, moins dense que l’eau de mer à laquelle sont habitués les pilotes de SailGP.

« C’est un paramètre non négligeable qui va impacter le comportement des foils des F50 et il faudra optimiser les réglages pour tirer le meilleur de ces catamarans volants dans ces conditions nouvelles. A cela il faut ajouter que Chicago est un endroit très chaud à cette époque de l’année. Cela génère des conditions orageuses. Il y a pas mal de vent prévu jusqu’à vendredi mais cela s’annonce plus léger ensuite », précise encore Thierry Douillard.

Pour Quentin Delapierre, pilote du France SailGP Team, cette confrontation en eau douce n’est pas source d’inquiétude : « cela risque effectivement de changer un peu le comportement du bateau mais je ne suis pas inquiet sur notre capacité à nous adapter. Je pense que cela va surtout nous permettre d’aller encore plus vite si le vent est au rendez-vous, s’amuse le jeune barreur. Nous attaquons ce nouveau Sail Grand Prix avec une certaine confiance au vu de nos deux bons résultats de manches aux Bermudes. La communication à bord devient vraiment fluide, au point que nous avons de moins en moins besoin d’échanger. Nous savons aujourd’hui que nous pouvons jouer au milieu ou devant les meilleurs. Il reste juste à réussir à le faire régulièrement et surtout ne pas commettre d’erreur comme j’ai pu le faire aux Bermudes où je me suis montré un peu trop ardent ». Quentin avait en effet été disqualifié sur la première course du dimanche pour un départ trop agressif qui aurait pu provoquer une collision avec les Anglais.

Ce T-Mobile United States Sail Grand Prix | Chicago at Navy Pier marquera aussi l’arrivée dans l’équipe d’Aloïse Retornaz, médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Tokyo aux côtés de Camille Lecointre en 470. Elle prendra le poste de tacticienne, dans la foulée d’Amélie Riou et Manon Audinet. Nul doute qu’elle va en prendre plein les yeux et qu’elle ne sera pas la seule !


CLASSEMENT CHAMPIONNAT SAILGP SAISON 3 APRÈS 1 ACTE

1- AUSTRALIE/ Tom Slingsby / 10 pts
2- GRANDE-BRETAGNE / Ben Ainslie / 9 pts
3- CANADA / Phil Robertson / 8 pts
4- DANEMARK / Nicolai Sehested / 7 pts
5- ÉTATS-UNIS / Jimmy Spithill / 6 pts
6- NOUVELLE – ZÉLANDE / Peter Burling / 5 pts
7- ESPAGNE / Jordi Xammar / 4 pts
8- FRANCE / Quentin Delapierre / 3 pts
9- SUISSE / Sébastien Schneiter / 2 pts

Tous les classements de SailGP ici

FRANCE SAILGP TEAM
ÉQUIPE NAVIGANTE
T-Mobile United States Sail Grand Prix | Chicago at Navy Pier

-Quentin Delapierre / pilote
-Aloïse Retornaz / tactique
-François Morvan / contrôleur de vol
-Kevin Peponnet / régleur d’aile
-Olivier Herledant / wincheur
-Matthieu Vandame / wincheur
-Timothé Lapauw / wincheur
PROGRAMME
T-Mobile United States Sail Grand Prix | Chicago at Navy Pier

Vendredi 17/06 I 3 courses d’entrainement
14:00 – 15:30 heure locale
21:00 – 22:30 heure de Paris

Samedi 18/06 I 3 courses en flotte
14:00 – 15:30 heure locale
21:00 – 22:30 heure de Paris

Dimanche 19/06 I 2 courses en flotte puis la finale à 3
14:00 – 15:30 heure locale
21:00 – 22:30 heure de Paris

RENDEZ-VOUS SUR CANAL+ DÉCALÉ
Pour voir les courses commentées par Hélène Cougoule et Franck Cammas
Samedi 18 juin à 22h00 (heure de Paris)
Dimanche 19 juin à 21h00 (heure de Paris

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Vendée Arctique. Le parcours modifié : pas de tour de l’Islande

Il n’y aura pas de tour de l’Islande sur la Vendée Arctique pour les 24 coureurs. Un nouveau parcours de 3300 milles a été redessiné. Si les premiers foilers pouvaient passer, cela pouvait être difficile pour les autres. Charlie Dalin toujours en tête devrait en profiter mais le retour au sud de l’Islande s’annonce tout aussi tonique.

Réaction d’Alain Leboeuf, Président de la SAEM et du Département de la Vendée : “Sur cette 2e édition de la Vendée Arctique – Les Sables d’Olonne, nous voulions que les skippers puissent pour la première fois contourner l’Islande en coupant le cercle polaire arctique. Nous savions que ce parcours innovant et extrême était susceptible d’évoluer jusqu’au dernier moment en fonction des conditions météorologiques autour de l’Islande. Après une étude approfondie de la situation de ces dernières heures avec la direction de course et notre expert météorologue, nous décidons une modification de parcours. C’est de notre responsabilité et le choix de la raison. Le devoir premier de tout organisateur est d’assurer la sécurité des marins. Comme je l’avais dit, nous ne ferons pas prendre de risques démesurés aux skippers.”

Les explications de Francis Le Goff, directeur de course de la Vendée Arctique – Les Sables d’Olonne : “Nous savions que cette décision pourrait être prise. C’est pour cette raison que nous avions installé une porte à l’est de l’Islande. Depuis hier, et particulièrement ce matin, les modèles météo ne cessent de s’aggraver avec une dépression très active sur l’Islande. Dans la partie nord-est de l’île, il y aura des vents moyens de 40 nœuds et vraisemblablement des rafales à plus de 50 nœuds, sur une mer formée et croisée. Par ailleurs, il n’y a pas vraiment d’échappatoire sur zone, pas comme en pleine mer par exemple. Il serait très délicat et dangereux de faire passer les bateaux à cet endroit. Concrètement, les marins franchiront la porte à l’est de l’Islande et se dirigeront directement vers le waypoint nord atlantique que nous avons décalé de 124 milles vers l’ouest. Le parcours aura une longueur de 3 300 milles. En repartant vers le sud, les concurrents affronteront quand même des conditions difficiles mais ils seront au portant et auront davantage de place pour choisir une route plus sécuritaire.”

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Sardinha Cup. Le Cap Finisterre en vue

©JEAN-BAPTISTE D'ENQUIN

La seconde course de la Sardinha Cup partie mardi de Figueira da Foz vers Saint-Gilles s’annonce lente et compliquée pour les 22 duos. Ils devraient passer ce jour le Cap Finisterre. On retrouve aux avant-postes les favoris du circuit dont les vainqueurs de la première course Mael Garnier et Pierre Le Boucher. Corentin Horeau et Julien Villion après une option proche de la côte semblaient à la peine.

Après plus de 24 heures de course, c’est à une remontée du Portugal plutôt rapide qu’ont eu droit les 22 duos partis mardi à 13h34 de Figueira da Foz. « Ils n’ont pas eu beaucoup de vent la première nuit, mais ça a repris ce matin et ils ont plutôt bien avancé une bonne partie de la journée, avec de bonnes moyennes au près dans du vent de nord-nord-ouest. Ils ont ensuite été freinés dans une transition, avant de reprendre de la vitesse, semble-t-il sous spi, ils ont sans doute touché plus tôt que prévu le vent de sud-sud-est qui était attendu », explique le directeur de course Guillaume Rottée.

Qui note au passage que l’option au large tentée par le duo Charlotte Yven/Pierre Daniellot (Team Vendée Formation-Botte Fondations) et les frères Yannig et Erwan Livory (Interaction) « n’a pas payé du tout. » Au jeu de la vitesse et du bord rapprochant, on trouve logiquement aux avant-postes les favoris de cette Sardinha Cup, avec un trio de tête composé mercredi à 18h de Région Bretagne-CMB Performance (Tom Laperche/Morgan Lagravière), d’Amarris-Primeo Energie (Achille Nebout/Pierre Quiroga) et de Skipper Macif (Erwan Le Draoulec/Loïs Berrehar), mais également un premier bizuth, Edenred (Basile Bourgnon/Brieuc Lebec), auteur d’un très bon début de course (cinquième).

La suite du programme semble assez simple jusqu’au Cap Finisterre et la pointe nord-ouest de l’Espagne, avant une traversée du golfe de Gascogne qui s’annonce, elle, bien plus complexe : « Tout est un peu brouillon, on voit que se forme en plein milieu du Golfe ce qu’on appelle un petit col barométrique, à savoir un carrefour entre deux dépressions et deux anticyclones, avec un gradient faible, donc peu de vent, qui tourne en plus dans tous les sens, analyse Guillaume Rottée. Donc entre jeudi après-midi et vendredi, ils devraient vivre 24 heures compliquées pour les nerfs. Ensuite, les modèles américain et européen sont assez raccord pour dire que ça devrait se finir dans du secteur sud d’une petite quinzaine de nœuds, donc au portant, voire au reaching. » Pour une arrivée prévue quand ? « Samedi soir un peu avant minuit », répond le directeur de course, avec toutes les précautions d’usage.

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Vendée Arctique. Charlie Dalin s’échappe

Charlie Dalin sur Apivia mène largement ce matin après avoir été le premier hier à passer la dorsale puis à accélérer. Il devance Jérémie Beyou sur Charal et Thomas Ruyant sur LinkedOut. Une hiérarchie qui rappelle la Bermudes 1000 race. La surprise est du côté de Benjamin Ferré et de Guirec Soudée, les deux bizuths du circuit sur des bateaux à dérives sont dans les cinq premiers du classement devançant Nicolas Lunven, sur Banque Populaire reconnaissant qu’ils avaient particulièrement bien joués. C’est la surprise de ce début de course.

A 65 milles plus au sud des 5 premiers, le reste de la flotte commence à retrouver du vent. Louis Burton devrait pouvoir recoller devant. Benjamin Dutreux sur son foiler Guyot Environnement qui n’a pas pu réparé sa GV devrait récupérer sa 7e place. Il devance Alan Roura sur Hublot.
La flotte va profiter aujourd’hui d’un vent de sud puis de sud-est de 15 à 20 nœuds. La journée s’annonce rapide. Des empannages sont à prévoir. D’après les routages effectués par la direction de course, Charlie Dalin pourrait atteindre la porte située à l’est de l’Islande demain au petit matin, suivi 4 à 6 heures plus tard par Jérémie Beyou.

Il était temps que la pétole s’arrête. Le vent faible usait les marins, même les plus expérimentés et solides mentalement. “Péter un câble ne change pas les choses. On apprend à garder une psychologie ferme et on fait au mieux pour aller chercher le nouveau vent. On n’a pas le choix”, raconte Giancarlo Pedote (Prysmian Group). Même tonalité du côté de Damien Seguin (Groupe APICIL) : “Je ne suis pas quelqu’un qui m’énerve sur mon bateau, je suis assez zen, mais je déteste la pétole. J’essaye de rester calme même si c’est compliqué nerveusement. Une dépression qui vient de l’ouest va réorganiser le flux et nous permettre de monter assez rapidement vers l’Islande.”

Paris réussi pour Louis Duc et Antoine Cornic ?

Louis Duc (Fives – Lantana Environnement) et Antoine Cornic (EBAC Literie) poursuivent leur stratégie le long des îles britanniques, calés dans une bande de vent d’une cinquantaine de milles de large qui pourrait bien monter avec eux et leur permettre de faire route vers l’Islande sans trop ralentir. Egalement partisan de cette route très à l’est, le Belge Denis Van Weynbergh (Laboratoires de Biarritz) s’est quant à lui recalé dans l’ouest.

Le classement de ce jeudi 7h :

1- Charlie Dalin (APIVIA)

2- Jérémie Beyou (Charal), à 109,9 milles

3- Benjamin Ferré (Monnoyeur – Duo For A Job) à 125,6 milles

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