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Route du Rhum. Affaire Gabart/Classe Ultim, comment le tribunal a jugé l’affaire ?

C Favreau / Défi Azimut Ultim

Nous avons pu prendre connaissance du rendu du jugement du 21 juillet 2022 de 23 pages dans l’affaire qui oppose le Groupe Kresk et le trimaran de François Gabart SVR-Lazartigue face à la Classe Ultim 32/23.

L’enjeu de cette action en justice intentée le 10 mai par le Groupe Kresk à la Classe Ultime était d’obtenir que François Gabart puisse participer à la Route du Rhum. Le Tribunal de Commerce de Paris où était jugée l’affaire a rendu son jugement sans équivoque le 21 juillet après que l’affaire ait été plaidée le 21 juin dernier.

Il enjoint à l’association Classe Ultim 32/23 de délivrer sans délai toute dérogation à la société KresK Développement permettant au trimaran SVR Lazartigue de participer à la Route du Rhum 2022, sous astreinte de 15 000 euros par jour de retard passé un délai de 15 jours à compter de la signification du présent jugement et ce pour une durée de 60 jours;


Le Protocole d’accord signé en février 2022
Pour appuyer sa décision, le tribunal ne se prononce pas sur la conformité du bateau mais sur la validité du protocole d’accord signés entre les parties le 16 février 2022.
Ce protocole stipulait suite à la demande d’interprétation de la classe adressée le 9 février 2022 à Word Sailing concernant les RSO 3.08 et 3.11, que « tous les armateurs acceptaient l’alternative suivante : Une réponse de World Sailing arrivant au plus tard le 4 mars 2022 s’applique à tous ou une réponse de World Sailing postérieure au 4 mars 2022 entraîne une dérogation temporaire à la RSO 3.11, en faveur de SVR Lazartigue pour sa participation à la Route du Rhum 2022, l’interprétation de World Sailing s’appliquant à tous à l’issue de la Route du Rhum 2022. »
Le tribunal a estimé que la réponse du World Sailing était intervenu après le 4 mars et que de fait la Class Ultime devait accorder une dérogation.

Le tribunal s’est appuyé sur le courrier en date du 29 mars 2022, du directeur technique de World Sailing précisant que : “Concernant l’interprétation des RSO par World Sailing, Je confirme que l’interprétation ne fait pas directement référence au trimaran SVR-Lazartigue et qu’elle n’est pas destinée à déterminer, en ce qui concerne les règles, la conformité de ce bateau en particulier. L’interprétation est une clarification de la règle et a force de loi…”
Jugement : «  La réponse du World Sailing ne concernant pas le trimaran SVR-Lazartigue, alors que ce navire était l’objet de la demande d’interprétation, il y a lieu de considérer qu’il n’y a pas eu à ce jour de réponse de World Sailing concernant la conformité avec les règles 3.11 et 3.08 des RSO du trimaran SVR-Lazartigue au sens de la loi des parties. Or, les parties ont convenu qu’une réponse de World Sailing postérieure au 4 mars 2022 entraîne une dérogation temporaire à la RSO 3.11, en faveur de SVR Lazartigue pour sa participation à la Route du Rhum, l’interprétation de World Sailling s’appliquant à tous à l’issue de la Route du Rhum 2022. Il se déduit de ces éléments que l’absence de réponse de World Sailing, concernant la conformité avec les règles 3.11 et 3.08 des RSO du trimaran SVR Lazartigue, entraîne de facto une dérogation temporaire à la RSO 3.11, en faveur de celui-ci pour sa participation à la Route Rhum. »


Préjudice d’image pour les deux parties
Les deux parties sont déboutées de leurs principales demandes.
Le tribunal a jugé que « le préjudice moral de la société KresK Développement est caractérisé et qu’il convient de lui allouer la somme de 3000 € à titre de juste réparation. » alors que cette dernièrere demandait à condamner la Classe Ultim 32/23 au paiement de la somme de 19 788 640 euros en réparation du préjudice subi; La Class Ultim réclamait de condamner la société Kresk Développement à payer à l’association Classe Ultim 32/23 la somme d’un euro symbolique au titre du préjudice d’image qu’elle a subi;

Sur la demande de mise du navire en conformité avec la règle RSO 3.11 après la Route du Rhum 2022

Après la Route du Rhum, le Groupe Kresk demandait que soit établi de fait la conformité du trimaran SVR à la RSO 3.11 par le tribunal et la Class Ultime demandait de pouvoir imposer au trimaran SVR de se conformer aux règles RSO.
Le tribunal a débouté les 2 parties. A l’issue de la Route du Rhum, le Trimaran SVR n’aura pas de fait de certificat de jauge de la Classe Ultim et celle-ci ne pourra pas le faire condamner pour ne pas être conforme.

La décision 4 du relevé de décisions du 16 février n’impose nullement à la société Kresk Développement de mettre le navire en conformité avec la règle RSO 3.11 après la Route du Rhum 2022. Cette décision prévoit uniquement une dérogation temporaire à la RSO 3.11 en faveur de SVR Lazartigue pour sa participation à la Route du Rhum 2022. A l’issue de la Route du Rhum, si le propriétaire du navire, en l’occurrence la société KD Ultim, souhaite adhérer à la Classe Ultim, il lui appartient de saisir les autorités compétentes d’une demande à cette fin et celles-ci apprécieront. Il convient de rappeler que si les parties ont jugé nécessaire de saisir World Sailing c’est parce qu’elles ne se sont pas accordées sur les conclusions de l’expertise amiable. Il résulte de ce qui précède que la demande de mise du navire en conformité avec la règle RSO 3.11 après la Route du Rhum 2022 n’est pas fondée et doit être rejetée.

La suite
Si la participation de François Gabart à la Route du Rhum semble acté – à moins que la Class Ultime fasse appel mais on ne voit pas sur quel fondement – le différend entre Gabart et la Class Ultime est loin d’être résolu. Après la Route du Rhum, ce dernier n’aura toujours pas de certificat de jauge. Au moins, l’explication se fera sur l’eau et au niveau sportif sur la Route du Rhum. Ce que demande le public mais aussi les marins. Il est temps de clore ce mauvais chapitre de cette Classe qui se veut innovante, collective dès son origine et de préparer ce fameux tour du monde en Ultim que tout le monde attend.

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Drheam Cup. Xavier Macaire s’impose en Class40, Bourgnon et Follin en Figaro3, Gérard et Brossay en IRC Double

Photo : JB D'Enquin

La course en Class40 s’annonçait haletante. Elle n’a pas déçu avec plusieurs leaders qui se sont succédés tout au long du parcours. Mais c’est Xavier Macaire sur son nouveau Class40 SNEF qui a raflé la mise laissant dans son sillage les favoris et ténors du circuit. Il se qualifie du même coup pour la Route du Rhum-Destination Guadeloupe dont le départ sera donné le 6 novembre prochain.

« Je suis super content ! La course était super, c’était génial, je me suis régalé. J’ai retrouvé le jeu qu’on avait en Figaro, à se positionner par rapport à la flotte ou à la météo, faire des belles trajectoires. Je me suis bien amusé dans ce jeu que je connais bien. Et en même temps je me suis fait plaisir avec mon Class40 Groupe SNEF pour le faire marcher le mieux possible, trouver les réglages, essayer des choses. J’étais content de profiter de cette course pour faire ça. »
« J’ai pris un super départ, j’étais vraiment content. Je garde une bonne place lors de la traversée de Manche puis je me positionne bien le long des côtes anglaises. J’avais une bonne vitesse, je passe Land’s End en tête. Antoine Carpentier a réussi à me passer devant au Fastnet que j’enroule en deuxième position, je suis tombé dans la molle alors que j’avais de l’avance, j’étais dégoûté mais c’est de bonne guerre.
Ensuite je me suis régalé à faire marcher mon bateau dans la descente vers la Bretagne, c’était sport, on a eu de beaux départs au tas ! Je fais deux bons coups : un bon empannage au large de l’Angleterre qui me permet de bien me positionner et de prendre une petite avance, puis un autre à l’atterrissage en Bretagne grâce auquel je creuse bien cet avantage sur mes poursuivants. J’ai bien analysé le plan d’eau, je me suis bien placé et ça m’a permis de recreuser l’écart.
Après je suis resté focus pour bien faire marcher le bateau. La fin a été très longue, j’avais vraiment peu de vent… J’en ai connu des coups de Trafalgar donc tant que la ligne n’est pas franchie, je me méfie… Je ne voulais pas laisser la place à d’autres pour une éventuelle remontée par excès de confiance. »

Quels enseignements tires-tu de cette victoire ?
« Je sais que j’étais attendu en arrivant sur le circuit. Corentin Douguet remporte la 1000 milles des Sables, Ian Lipinski la CIC Normandy Channel Race : je suis content de faire partie de ce trio de vainqueurs des courses d’avant-saison. On a beaucoup travaillé pour en arriver là, et il y a encore du travail… Cette victoire, c’est aussi celle de toute la Team SNEF.
Et puis, cerise sur le gâteau, on est qualifié pour la Route du Rhum ! »

En Figaro

Le Figaro Beneteau 3 Edenred a ouvert la marche des arrivées, cette nuit à 00h 57 min et 54 sec. Basile Bourgnon et Robin Follin s’offrent leur première victoire sur le circuit Figaro Bénéteau. Le skipper Basile Bourgnon, âgé de 20 ans, a rejoint cette série pour la première fois sur cette saison 2022. Dans tout juste un mois, il disputera sa première Solitaire du Figaro, célèbre course que son père avait remportée dès sa première tentative en 1988, à l’âge de 22 ans. 

En début de matinée, Paul Morvan et son père Gildas (Foricher – Fleur d’Ajonc) ont à leur tour rejoint le port de La-Trinité-Sur-Mer. La jeune skipper du Team Vendée Formation – Botte Fondations, Charlotte Yven – seule figariste à avoir disputé les 600 milles du parcours en solitaire (dérogation accordée par la direction de course) – leur a emboîté le pas. Elle termine à la 3e marche du podium, une belle performance saluée par Paul Morvan, le skipper de Foricher – Fleur d’Ajonc (2e) : “Charlotte, on a eu du mal à la dépasser ! À la fin, heureusement qu’elle était un peu fatiguée et qu’on était en double. Elle a dû s’endormir à un moment parce qu’il y avait un coup à faire, il fallait empanner et elle ne l’a pas fait. Vraiment, chapeau à elle !” 

Ludovic Gerard – Nicolas Brossay, premier IRC Double en temps réel

Ludovic Gerard et Nicolas Brossay (Solenn for Pure Ocean) s’offrent la victoire en IRC Double en temps réel. Le duo, qui a remporté la Cap Martinique au départ de La Trinité-Sur-Mer début mai, est parfaitement rodé. Ludovic Gerard : “On a vraiment copié les méthodes de la transat et on a repris nos habitudes, très vite. On s’entend super bien, on rigole, on prend vraiment du plaisir. C’était presque trop court !” Les méditerranéens saluent le parcours de cette épreuve qu’ils disputaient pour la première fois. Ludovic Gerard : “On s’est bien battu, même s’il y avait du bon et du moins bon, notamment le long des côtes anglaises. On vient de Méditerranée, on a pas trop l’habitude !” 

Malheureuse “louiserie”

En IMOCA, Louis Duc (Fives – Lantana Environnement) est privé de classement. En effet, le skipper normand n’a pas respecté une marque de parcours située entre l’Angleterre et le Fastnet : “J’ai fait une “louiserie”, je suis passé à côté d’un avenant avant le départ. Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. C’est dommage parce que je passe à côté du scratch sur le parcours des 1000 milles, je me suis battu, j’étais en rythme course à 100%, malgré le fait que je sois le seul IMOCA. Mais on va passer à côté de ça ! C’était un super parcours, j’étais venu chercher ça, car les navigations en solitaire sont comptées sur ces supports. J’ai pris beaucoup de plaisir, c’est ce que je vais garder !”

Ils ont dit : 

Basile Bourgnon (Edenred), vainqueur en Figaro 3 : “On a pensé à La Solitaire qui part dans exactement un mois juste avant de passer la ligne. Il y a aussi la Solo Guy Cotten dans dix jours, c’est le sprint final qui démarre ! Le plateau de La Solitaire n’était pas là malheureusement, mais on s’est quand même bataillé tout le long de la course, avec les Figaro mais aussi avec les IRC qui nous servaient un peu de lièvres. 
Robin Follin :”C’était top de voir les Figaro 3 au milieu d’autres bateaux, nous qui avons l’habitude d’être toujours entre nous. On s’aperçoit que ça marche quand même bien un Figaro 3. Ça mouille, mais on ne va pas se plaindre ! » 

Charlotte Yven (Team Vendée Formation – Botte Fondations), 3e en Figaro 3 : « J’ai souhaité disputer la Drheam Cup en solo car c’était pour moi la dernière opportunité avant la Solitaire du Figaro de faire un grand parcours, dans la manche, avec des points clés que l’on retrouvera sur le parcours de cette dernière. C’était l’occasion de me remettre dans le rythme, ça m’a permis de voir les points sur lesquels je devrai être vigilante sur La Solitaire. Je me suis dis que c’était un bel événement avec plein de bateaux, chouette comme course ! »  

Ludovic Gerard (Solenn for Pure Ocean), 1er en temps réel en IRC Double : “On s’est vraiment régalés ! C’était top, on s’est bien battu, même s’il y avait du bon et du moins bon, notamment le long des côtes anglaises. On vient de Méditerranée, on n’a pas trop l’habitude ! On s’est refait par la suite, particulièrement au passage du front qui a été un peu dantesque. On a fait des figures de styles assez intéressantes (rires). Ensuite, il y a eu ce long bord de spi vraiment extraordinaire puis la remontée vers la Trinité. On arrive premier en temps réel, on est très contents. Maintenant il faut attendre pour connaître le temps compensé.”

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Route du Rhum. La Class Ultim 32/23 déplore le jugement et se réserve de faire appel le 26 juillet

Selon le jugement rendu, la Classe Ultim 32/23 doit délivrer sans délai une dérogation à la société KRESK DEVELOPPEMENT permettant au trimaran SVR Lazartigue de participer à la Route du Rhum 2022. La Classe fera savoir, mardi 26 juillet, si elle fait appel, ou non, de la décision rendue publique ce jeudi 21 juillet.

La Classe Ultim 32/23 prend acte de la décision rendue ce jeudi par le tribunal judiciaire de Paris. Elle fait suite à l’audience du 23 juin après l’assignation de la Classe Ultim 32/23 par KRESK DEVELOPPEMENT.

« Nous avons pris connaissance du jugement rendu ce jour par le tribunal judiciaire de Paris dans l’affaire qui oppose la Classe Ultim 32/23 à Kresk Développement. Nous en prenons acte mais déplorons que ce jugement, en aucun cas, ne tienne compte des problématiques de sécurité, entre autres. Cet aspect est essentiel dans notre discipline et a toujours guidé la Classe dans ses décisions. Cette dérogation sera donnée sous contrainte et nous préoccupe. Le jugement nous enjoint aujourd’hui à donner une dérogation à Kresk Développement pour la Route du Rhum – Destination Guadeloupe mais ce dernier n’implique pas la suite du calendrier. La Classe regroupe, à ce jour, 5 armateurs, 5 skippers et autant d’équipes. Nous devons décider collégialement de la suite à donner. »
Patricia Brochard – Présidente de la Classe Ultime 32/23

Parmi ces armateurs, on compte Gitana, Banque Populaire, Sodebo et Actual mais aussi Ultim Sailing qui ne s’est pas prononcé sur le différend. Idec Sport qui participera à la Route du Rhum en Ultim devra prendre sa cotisation. Francis Joyon s’est dit quant à lui contre l’exclusion de François Gabart à la Route du Rhum qu’il juge déplorable. Rien en revanche ne filtre sur la réclamation de 18 M€ réclamée par le groupe Kresk.

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Route du Rhum. François Gabart pourra courir la Route du Rhum et se dit “soulagé” !

La justice autorise le Trimaran SVR-Lazartigue à prendre le départ de la Route du Rhum. Dans sa décision rendue le 21 juillet, le Tribunal judiciaire de Paris donne raison au Groupe KRESK dans le litige qui l’oppose à la Classe Ultim permettant ainsi au Trimaran SVR-Lazartigue d’être sur la ligne de départ de la Route du Rhum, le 6 novembre prochain.

L’échéance de la compétition approchant, KRESK avait fait le choix, en mai dernier, de saisir le Tribunal judiciaire de Paris en procédure rapide, pour assurer le respect de ses droits et permettre ainsi au Trimaran SVR-Lazartigue de prendre le départ de la course conformément au protocole d’accord qui avait été signé avec la Classe Ultim . Ce dénouement met un terme à l’incertitude concernant la participation du dernier né des Ultims à la Route du Rhum.

La Classe Ultime devrait réagir à cette décision qui ne règle rien sur le fond. Elle pourrai vouloir faire appel de cette décision. Par ailleurs le Groupe Kresk réclamait 18 M€ d’indemnités et on ne connaît pas encore en détail le délibéré final.

« Je me réjouis de la décision du tribunal judiciaire de Paris qui met fin à l’injustice à laquelle l’équipe du Trimaran SVR-Lazartigue faisait face. Des millions de passionnés pourront suivre la Route du Rhum dans des conditions optimales et cette décision marque ainsi, et avant tout, la victoire des valeurs sportives. J’espère que le dialogue pourra reprendre avec la Classe Ultim de façon plus sereine afin de restaurer un climat de confiance permettant de préparer l’avenir. », témoigne Didier Tabary, PDG du Groupe KRESK et propriétaire du bateau.

« Je suis soulagé de cette décision qui me permet de me concentrer sereinement sur les entraînements et la compétition qui nous attend. Je suis aussi heureux de retrouver les autres skippers sur la ligne de départ. Tous ces bateaux réunis permettront encore de nouvelles courses mémorables pour tous les passionnés qui ont fait preuve d’un soutien sans faille. » commente François Gabart, skipper du Trimaran SVR-Lazartigue.

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Mini. Bon début de course sur Les Sables – Les Açores – Les Sables

Partis mardi en tout début d’après-midi pour la première étape de l’épreuve (1 240 milles à destination de Horta), les 72 Ministes en lice dans la 9e édition de la Les Sables – Les Açores – Les Sables ont, comme prévu, composé avec le passage d’un petit front la nuit dernière sans déplorer d’abandon ni de retour au port.

« Le début de course a globalement été paisible même si les bateaux accompagnateurs ont indiqué que le vent avait soufflé à 20-25 nœuds et même jusqu’à 30 en rafales. Pour l’instant donc, rien à signaler au sein de la flotte hormis des soucis d’énergie rapporté par deux concurrents, Bruno Lemunier (893 – Kalisto) et Fabrice Sorin (968 – Cartoffset) », a indiqué Denis Hugues, le Directeur de course, ce mercredi à la mi-journée. De fait, à ce stade de la course, pas d’abandon ni de retour au port.

Tous les solitaires, qui ont dans un premier temps tiré des bords au près dans un flux d’ouest, évoluent à présent au travers, propulsés par un vent de secteur ouest nord-ouest soufflant à une quinzaine de nœuds. Dans ce contexte, les vitesses des uns et des autres oscillent entre 7 et 11 nœuds, avec un net avantage pour Pierre Le Roy (1019 – TeamWork) qui a, non seulement parfaitement négocié la bascule du vent, mais qui se trouve aussi être le plus rapide du peloton. « Pierre creuse le trou sur le reste du groupe. Il navigue vite et propre mais la course n’est pas finie, loin de là », assure Denis. De fait, le météorologue Lillois, vainqueur en titre de la Mini Transat, régate un cran au-dessus du lot et compte déjà une avance de plus de 15 milles sur Marie Gendron (1050 – Léa Nature) et Jacques Delcroix (753 – Actual) au pointage des Protos, mais le jeu ne fait que commencer. Même chose du côté des bateaux de série où le match est, pour l’heure, bien plus serré puisqu’Ulysse David (1025 – L’aventure d’Ulysse), Thomas André (929 – Frankiz) et Jean Marre (991 – Sport dans la ville – Time for the planet) se tiennent en moins de 2,5 milles et que leurs vingt poursuivants les plus proches restent accrochés à leurs basques, même s’il convient de noter que le paquet s’étale sur plus de 50 milles en latéral. « Cet écart s’explique par le fait que, ces dernières heures, certains ont préféré glisser un peu sous la route pour éviter de faire du près serré », souligne le Directeur de course. La suite ? Elle s’annonce cruciale sur le plan stratégique. Dans un premier temps, les Ministes vont en effet devoir choisir de passer à l’intérieur ou à l’extérieur du DST (dispositif de séparation de trafic) du cap Finisterre. Ensuite, ils devront également trancher concernant le meilleur moment pour traverser l’axe anticyclonique qui va leur barrer la route des Açores pour aller chercher un nouveau front. En clair, deux décisions importantes vont devoir être prises dans les prochaines 48 heures et ces dernières risquent bien d’être déterminantes pour la suite de la course. Autrement dit, les marins vont devoir se gratter la tête mais ils vont aussi devoir être vigilants pour éviter les sorties de pistes car demain, au large de la pointe nord-ouest espagnole, et notamment dans la partie sud du DST, le vent, qui doit adonner d’ici à ce soir et permettre aux Ministes d’envoyer les gennakers puis les spis, va aussi se renforcer pour atteindre les 35 nœuds.

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Ocean Race. Nicolas Lunven co-skipper de Boris Hermann

19/07/22 - Lorient (FRA) - New boat build Malizia - Seaexplorer

Nicolas Lunven rejoint l’équipe Team Malizia de Boris Herrmann aux côtés de Will Harris, Rosalin Kuiper et Antoine Auriol pour The Ocean Race 2022-23.

Boris Herrmann explique : « Je suis très heureux de faire partie d’un équipage aussi prometteur et mélangeant des personnes de différents pays et avec des expériences variées. Nico est un marin incroyablement talentueux et je suis impatient de combiner nos forces en tant qu’équipe. » Holly Cova, directrice de l’équipe, ajoute : « C’est fantastique de faire grandir l’équipe et avec Nico, nous ajoutons un grand marin français qui a déjà fait ses preuves dans des courses IMOCA en équipage et en solitaire, notamment récemment dans la course Guyader Bermudes 1000. »

Nicolas Lunven a commenté : « J’ai rencontré Boris il y a quelques années. Nous nous sommes croisés et avons toujours échangé de manière très agréable. C’est une personne très accessible. Je suis impatient et j’ai hâte de participer à The Ocean Race tous ensemble. Je suis navigateur sur l’eau mais j’ai également participé au développement et à l’optimisation du bateau ces derniers mois. Cela va être une sacrée aventure ! »

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Ocean Fifty. Un nouveau bateau pour Sébastien Rogues

Victorieux de la dernière Transat Jacques Vabre, Sébastien Rogues vient de terminer 2e de la Drheam Cup et entend bien monter sur le podium de la prochaine Route du Rhum. En attendant, le skipper baulois annonce la construction d’un nouvel Ocean Fifty avec son partenaire Primonial qui a resigné avec lui pour 4 ans.

« Signer une telle reconduction n’est pas anodin et je suis enthousiaste à l’idée de poursuivre l’aventure avec le groupe Primonial et mes autres partenaires. La victoire dans la Transat Jacques Vabre a certainement été un élément déclencheur dans cette décision et cela ne pouvait pas me faire plus plaisir. Je tiens vraiment à remercier le groupe Primonial, ainsi que l’ensemble de nos autres partenaires pour leur engagement et leur confiance en notre équipe. » confiait Sébastien Rogues.

Cette reconduction s’accompagne de la construction d’un nouvel Ocean Fifity qui portera de nouveau les couleurs du groupe Primonial. Ce nouveau trimaran de 50 pieds sera une évolution de l’actuel Arkema 4 et cette deuxième version sera confiée à l’architecte Romaric Neyhousser.
« Les planètes sont alignées et avoir la chance de construire un bateau est quand même assez rare dans la vie d’un skipper. Notre Ocean Fifity Primonial actuel est un merveilleux bateau. Ce trimaran de 2009 est quand même le bateau vainqueur de la Route du Rhum 2018 avec Armel Tripon et de la dernière Transat Jacques Vabre que j’ai remporté avec Matthieu Souben. L’objectif est que la mise à l’eau du nouveau trimaran Primonial se fasse courant 2023 et nous avons déjà hâte d’entamer cette nouvelle aventure » commentait Sébastien Rogues.

« Nos valeurs communes que sont l’engagement, l’esprit d’entreprise, l’audace et l’innovation n’ont fait que renforcer nos liens depuis le démarrage de notre partenariat. Nous sommes ravis de prolonger cette aventure avec Sébastien et son équipe pour 4 années supplémentaires. Nos partenaires, nos clients et les collaborateurs du Groupe ont partagé tant de moments forts à ses côtés, le plus beau reste à venir avec son tout nouveau trimaran. »
Stéphane Vidal, Président du groupe Primonial.

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Championnat d’Europe Moth International : 94 marins dans la baie de Quiberon

Jour 3 Mondial Moth
Jour 3 Mondial Moth

L’évènement est attendu. La Baie de Quiberon parfaite pour foiler accueillera du 23 au 29 juillet le Championnat d’Europe de Moth International. Organisé par le Yacht Club de Carnac (YCC) à l’ENVSN, 94 marins venus de pas moins de 19 nations rivaliseront d’audace et de détermination pour briller sur le plan d’eau. La concurrence sera rude pendant les trois jours de qualifications et les deux jours de finales qui permettront de départager des coureurs avides de sensations et de victoire.

Difficile de faire des pronostics, le niveau de la flotte étant élevé, mais certains noms aux palmarès plus que fournis seront à surveiller de près. Plusieurs médaillés olympiques feront le déplacement, dont Dylan Fletcher (GBR), médaille d’or aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020 en 49er et vainqueur de la Foiling Week 2022, Tita Rugero (ITA), médaille d’or à Tokyo en Nacra 17 ou Simon Hiscocks (GER), médaille d’argent aux JO de Sydney 2000, médaille de bronze à Athènes 2004, double champion du monde en 49er et vainqueur du championnat britannique de Moth 2022. Le jeune et talentueux Nicolai Jacobsen (NOR), champion du monde WASZP 2018, vainqueur du pré-mondial Moth 2021 et deuxième de la Foiling Week 2022, sera également de la partie. Robert Greehalgh (GBR), multiple champion en 18 pieds australiens, vainqueur de la Volvo Ocean Race, des Extreme Sailing Series, vainqueur du championnat britannique en 2013 et 3e au Mondial 2016, fera jouer son expérience sur un plan d’eau qu’il connaît bien.

Côté femmes, il faudra compter sur Josie Gliddon (GBR), qui s’est classée première femme au championnat du Monde Moth en 2021, et Tara Pacheco (SPA), multiple médaillée en Nacra 17.

Les Français font bien évidemment partie de la fête et seront notamment représentés par des coureurs de haut niveau tels que Julien Villion, local de l’épreuve, spécialiste des dériveurs solo à foil et multiple vainqueur du Tour de France à la Voile. Sébastien Col, barreur du Défi Français pour l’America’s Cup 2007 et membre de l’équipe de France de match racing avec laquelle il a été vice-champion du monde en 2008, sera également présent. Sans oublier Noé Delpech, plus beau palmarès français en 49er dont une cinquième place aux Jeux de Rio 2016, qui jouera des coudes face à la concurrence. Enfin, il faudra compter sur Benoît Marie, multiple Champion de France en Moth et 7e au Mondial en 2018, pour faire des étincelles.

PROGRAMME

Samedi 23 juillet
10h00 – 12h00 / 14h00 – 18h00 : confirmation des inscriptions

Dimanche 24 juillet
14h00 : manches d’entraînement
19h00 : Cérémonie d’ouverture

Lundi 25 juillet
Courses qualificatives
11h00 : premier signal d’avertissement

Mardi 26 juillet
Courses qualificatives
11h00 : premier signal d’avertissement

Mercredi 27 juillet
Courses qualificatives
11h00 : premier signal d’avertissement

Jeudi 28 juillet
Finales
11h00 : premier signal d’avertissement

Vendredi 29 juillet
Finales
11h00 : premier signal d’avertissement
Dès que possible : remise des prix et cérémonie de clôture

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Drheam Cup. Victoire de Sam Goodchild en Ocean Fifty devant Sébastien Rogues et Erwan Le Roux

22_28748 © Thierry Martinez. LA TRINITE SUR MER - FRANCE . 20 Juillet 2020. DRHEAM CUP 2022, Arrivée La Trinité sur Mer « LEYTON » Sam GOODCHILD (GBR) Vainqueur en OCEAN FITY ( Multi 50)

Sam Goodchild sur Leyton a remporté la 4e édition de la Drheam Cup devant Sébastien Rogues (Primonial) de 23 minutes et Erwan Le Roux. Un beau match qui promet pour la prochaine Route du Rhum.

Après une traversée express de la Manche en à peine plus de trois heures, ils se sont livrés à des duels sans pitié, négociant une vaste zone dépressionnaire avec très peu de vent sur la route directe, et des grains toujours très complexes à gérer en solitaire sur ces engins aussi performants que volages, que l’on compare souvent à des karts au vu des sensations qu’ils procurent à la barre.

Lors du parcours, il y a eu pas moins que quatre leaders successifs : Thibaut-Vauchel Camus (Solidaire en peloton-Arsep) au début, Sébastien Rogues (Primonial) au passage du Fastnet, Erwan Le Roux (Koesio) dans la descente vers la bouée BXA en face de Royan, et enfin le Britannique Sam Goodchild (Leyton) dans la longue remontée vers la Trinité-Sur-Mer, et qui est parvenu à s’échapper dans le final. Il y a deux ans, Sam Goodchild avait déjà remporté l’épreuve, mais à la barre d’un Figaro.

Assis sur le flotteur bâbord de Leyton les pieds dans l’eau, les yeux tirés, Sam Goodchild revient sur cette course un peu folle : « Quelle bagarre avec Seb (Rogues) et Erwan (Le Roux) ! Chacun a eu son petit moment devant, mais heureusement, c’est moi qui l’ai eu à l’arrivée. Je ne sais pas dans quel état sont les autres, mais je ne suis pas frais du tout. Ce qui est sûr, c’est que je n’ai rien lâché. Je suis fier de moi avec ce que j’ai donné. Même sur une étape du Figaro, je n’ai jamais été si loin… Je n’ai jamais aussi peu dormi. Sur un Figaro, tu peux allez dormir, mais sur un Ocean Fifty, tu n’as pas le choix sauf quand le vent est stable, ce qui n’a pas été souvent le cas depuis Cherbourg-en-Cotentin. Sur une Drheam Cup et sur trois jours, tu peux te mettre dans le rouge, mais sur une transat, il va falloir savoir lever le pied pour tenir sur la durée. »
S’est-il fait peur ? « Je me suis fait quelques frayeurs, mais au final, j’ai énormément gagné en confiance en moi-même et sur mon bateau, et c’est ma plus grande satisfaction sur cette course. Quand tu prends une risée à 30 nœuds dans la baie, tu flippes, mais quand tu es tout seul au milieu de la nuit au large, tu es bien obligé de gérer la situation. Là, je n’ai qu’une envie : dormir. »

Quelques minutes plus tard, arrive au ponton Sébastien Rogues (Primonial), magnifique second. Les deux marins se congratulent, et refont immédiatement la régate sur le ponton tandis que les équipes techniques ont repris les commandes des deux trimarans.
Seb Rogues : « Tu as dormi après BXA ? » Sam : « Non, j’avais peur de m’endormir et me réveiller sur les cailloux à Belle Île… » Seb : « Les fichiers annonçaient que le vent allait mollir, et je me suis dit que dès que ce serait le cas j’irais dormir… mais la molle n’est jamais venue et je n’ai pas dormi. J’ai craqué, pris un ris, changé de génois, et suis tombé quinze minutes dans les bras de Morphée. Il le fallait. J’entendais trop de gens qui me parlait dans le bateau. » Sam : « J’ai commencé à avoir des hallucinations. Je voyais des équipiers partir devant manœuvrer, mais non, j’étais bien seul. » Seb : « J’ai eu le catalogue complet des hallucinations, et sur l’AIS je voyais des dizaines de points lumineux. Un vrai jeu vidéo. » Sam : « Ben oui, on a croisé la flotte des Mini 650 qui partaient en course des Sables d’Olonne vers les Açores. J’en ai croisé certains à dix mètres qui m’engueulait, me demandant ce que je foutais là à 25 nœuds ! J’ai répondu : et les gars moi aussi je suis en course. Je fais le Drheam Cup ! » Seb : « Ah bon, je croyais que c’était des pêcheurs. »

Il est temps de sabrer le champagne avant d’aller faire une grande sieste. Les deux marins avouent n’avoir quasiment pas fermé l’œil trois jours durant. On en oublierait presque que Albator mené par Philippe Frantz vient de prendre une belle troisième place en IRC équipage, avec à bord un certain Alexis Loison, le régional de l’étape au départ.

Une heure plus tard, à 14h20, c’était au tour d‘Erwan Le Roux à bord de son Ocean Fifty Koesio, de boucler le parcours de 1000 milles en 72h et 20 minutes.

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Le magazine Course Au Large fête son 100e numéro !

Course Au Large n°100

Le numéro 1 de Course au Large dans sa version magazine actuel est paru en avril 2002, il y a 20 ans dont nous fêtons ce 100e numéro mais la création du magazine remonte à 1975…il y a 47 ans!
Par patrice carpentier

Le premier numéro de Course au Large est paru le 1er avril 1975 à l’initiative de Patrice Roynette et avec le soutien de Jacques Fayard alors président de l’Union Nationale pour la Course au Large. Il ressemblait à un vrai magazine en noir et blanc mais le club parisien situé boulevard Haussmann le dénommait bulletin du club : «un organe de liaison et d’expression des coureurs au large..». Au sommaire de ce numéro 1 figuraient notamment des sujets sur la Quarter Ton Cup, l’Admiral’s Cup, la disparition du Morning Cloud, un papier futuriste sur la navigation à l’âge du Concorde et de l’ordinateur ainsi qu’une enquête sur le succès considérable que connaissaient les Entraînements d’Hiver à La Trinité sur Mer… Dès le numéro 2, je fus invité à rejoindre le comité de rédaction.

46 ans et 100 numéros plus tard, je crois avoir été de toutes les parutions ou presque. Rapidement, je devins rédacteur en chef de Course au Large dont la parution et la pagination ne cessaient de croitre au point de se trouver son lectorat jusque dans les kiosques. Le bulletin tenait désormais son rang de revue très spécialisée parmi les revues spécialisées. A la fin des années 80, l’UNCL confia le «bébé» à un grand homme de l’édition, Claude Perdriel, membre de l’UNCL et propriétaire du 12MJI Sovereign. Peu après, l’épouse de Claude souhaita élargir le lectorat en créant un nouveau nom, Au Large, un nouveau format façon quotidien de l’époque et un nouveau contenu éloigné des sujets techniques qui me tenaient à cœur. Je l’ai fait savoir aux Perdriel qui en guise de remerciement m’ont permis de participer au premier Vendée Globe. En revenant de la course de Jeantot, Claude me céda le titre et je créais la Lettre de Course au Large, une missive hebdomadaire distribuée par abonnement. Tout allait bien jusqu’à l’arrivée d’internet et de l’info gratuite… Grâce au concours d’Alain Goubault, la «Lettre» a évolué avec des parutions événementielles associées à la création des Cahiers de Régate pour les mordus de la compétition. En 2000, c’est de nouveau le Vendée Globe qui m’éloigne de la chose écrite et quand je reviens de mon périple en 50 pieds, le titre a changé de timonier, Pierre Giboire, souhaitant relancer le titre Course au Large avec un magazine de belle facture dont je me retrouvais rédacteur en chef. Ainsi passait le temps jusqu’en 2004 où je donnais ma démission une troisième fois pour cause de Vendée Globe. En 2005, Pierre s’est fort justement dit qu’il serait imprudent de confier la gestion rédactionnelle du magazine à un homme habité par une insatiable envie d’aventures océaniques. Je devins «pigiste» (payé à la tâche) avec pour spécialité des sujets techniques. Ce qui me convenait tout à fait. Depuis quelques années, la revue poursuit sa route sous la férule d’un nouvel éditeur, Ludovic Sorlot, qui me fait l’honneur et le privilège de faire appel à ma signature pour la rédaction de sujets… techniques. Quand je dis à qui veut l’entendre que le nom Course au Large est gravé sur ma personne, je ne dis rien d’autre que la vérité. Et je suis la seule personne au monde à posséder la collection complète des Course au Large en y incluant l’intégralité des Lettres hebdomadaires…

Vous êtes nombreux à nous rester fidèle à chaque numéro, l’attendant avec impatience à chaque parution. Course Au Large continue de tracer son sillage grâce à vous. Merci pour votre fidélité. Merci à nos partenaires.
>> Le sommaire de ce numéro 100 est consultable ici <<

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